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26-04-2010

 

BENIN: Véritable casse-tête pour le roi Boni 1er

 

Écrit par Brice Ogoubiyi

 

L’expérience des législative de 2007 qui a vu l’implication personnelle du chef de l’Etat dans le positionnement des têtes de listes FCBE n’a pas du tout été concluante. De nombreuses blessures peinent encore à se cicatriser chez les partisans du pouvoir. On se demande si Boni Yayi aura encore le courage d’arbitrer le positionnement des têtes de listes, en particulier dans les communes à statut particulier. Le cas de Parakou est révélateur de l’immense tâche qui attend le chef de la mouvance présidentielle.

 

 

C’est Henry Lopez qui disait dans Sans Tam-Tam que « les gloires du stade sont rarement égales à elles mêmes d’une époque à une autre, d’une saison à une autre. Ainsi en va-t-il de l’homme et des évènements de la vie. Pour l’homme, seule la source du ruisseau lui reste fidèle ».On pourrait imaginer que Boni Yayi aura certainement du mal à se faire entendre à nouveau par sa coalition, pour le positionnement des têtes de listes dans les différentes circonscriptions électorales. Le cas de Parakou, la 8ème circonscription électorale avait quatre sièges à pourvoir. Samou Adambi, Rachidi Gbadamassi, Chabi Sika et Saka Lafia ont été les quatre députés issus de cette circonscription tant convoitée par le pouvoir du changement. Sur les quatre parlementaires en effet, Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) en avait raflé trois. C’était l’époque de la virginité du candidat Boni Yayi nouvellement élu. Le temps de l’euphorie et des rêves du changement radical avec l’ancien ordre était permis. Aujourd’hui, malheureusement, les données ont changé. Quatre ans après, l’usure du pouvoir se fait ressentir avec acuité. De l’eau a coulé sous le pont, des antagonismes ont vu le jour ainsi que les divergences. Il serait peu exagéré de dire que si Boni Yayi a réellement fait une prouesse dans la construction de la démocratie, c’est d’avoir laissé l’opposition se construire et se consolider sous son régime. Car, c’est la première fois de mémoire d’homme, que l’opposition dans son ensemble, réussit à monter une coalition et à dégager un candidat unique à la barbe du pouvoir en place.


L’appel des arènes


Parakou est symptomatique de la difficulté qui attend désormais le chef de l’Etat dans les 24 circonscriptions électorales du Bénin. Car, qui seront les têtes de listes ? L’actuel maire Soulé Alagbè, président de l’Association nationale des communes du Bénin (ANCB) fidèle des FCBE ne résistera pas à l’appel des arènes. Il voudra faire de sa réélection un défi à relever face à ses adversaires. Rachidi Gbadamassi, le nouveau converti aux idéaux de FCBE, l’apôtre du changement ne manquera pas de prendre sa revanche vis-à vis des ses anciens collègues du G13, qu’il a lâchés pour rejoindre le camp présidentiel. Il aura aussi très envie de faire un bras d’honneur à ses collègues de FCBE qui ne le portent pas vraiment dans leur cœur, et qui pour rien au monde n’accepteraient de faire la part belle à celui qu’ils considèrent comme un intrus. Le député Samou Adambi qui semble avoir tourné le dos à Boni Yayi en créant lui-même son propre parti politique, lequel a adhéré au groupe parlementaire rebelle aux FCBE baptisé

« Sursaut patriotique », va vouloir marquer son terrain et fera tout ce qui est en son pouvoir pour émerger à nouveau afin de se faire valoir aux yeux de sa nouvelle alliance pro Tchané. Ainsi s’annonce en perspective la bataille de gladiateurs. Qui aura donc dans le contexte politique actuel délétère et très vicié, la préférence de Boni Yayi ? Bien malin celui qui le dira à neuf mois des législatives de 2011.

 

Risque de s’aliéner irrémédiablement des amitiés

 

Le président en exercice, s’il marque une préférence excessive à l’un d’entre les candidats, risque à coup sûr de casser son propre groupe, et de s’aliéner dangereusement des amitiés. Fini le temps où son implication personnelle dans la bataille suffisait pour calmer les ardeurs et les frustrations. Car, qu’est ce qu’il aura encore à offrir ou à proposer à ceux qui seront laissés pour compte ? Moralité, les positionnements sur les listes vont constituer un véritable casse tête pour le chef de l’Etat. Idem à Ouidah. Célestine Adjanonhoun se sentant sacrifiée au profit de Marcel De Souza, le conseiller spécial chargé des affaires monétaires du chef de l’Etat a commencé à sortir de sa réserve et menacer ouvertement le pouvoir en dénonçant les dysfonctionnements qui caractérisent la gestion des délestages de la SBEE. En voilà donc une qui va grossir les rangs de l’opposition. Le même problème se pose pour Boni Yayi à Bassila pour la désignation de la tête de liste entre Amissétou Djobo Affo et le Dg de L’ORTB Julien Akpaki. Ce dernier semblant avoir les faveurs du pouvoir pour devenir tête de liste, a constitué un argument de taille à l’actuelle deuxième secrétaire parlementaire, laquelle vient de prendre ses distances et rejoindre la coalition pro-Tchané.

Brice Ogoubiyi



 

Tag(s) : #EDITORIAL
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