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19/06/2013


 

BENIN – YAYI BONI ET SES FAUCONS : « Assommons le peuple Béninois pour conserver le pouvoir en 2016 !!! »



 

Par Benoît ILLASSA


 

Une expression obsède YAYI BONI et ses faucons : « réformes de la constitution ». Il faut donc croire qu’il y a d’autres réformes, plus anodines, mais qu’on ne saurait plaisanter avec les réformes « de structure », si profondes, vitales et sans doute douloureuses. La litote sert à désigner les mesures destinées à rempiler sans coup férir, au besoin en reléguant la démocratie béninoise aux calendes grecques.


« Assommons les pauvres ! », enjoignait cruellement Charles Baudelaire dans Le Spleen de Paris (1869). Dans cette fable grotesque composée entre 1864 et 1865, il ne proposait pas de les assommer pour s’en débarrasser, mais pour les sauver. YAYI et ses faucons en sauveur du peuple béninois par la ruse ? Comme le personnage de Baudelaire, « revenu des promesses » d’une période optimiste,  il se met à rouer de coups un vieux mendiant au lieu de lui faire l’aumône. Surprise ! « L’antique carcasse » se rebelle, et rend alors les coups de manière si convaincante que l’agresseur partage alors volontiers son bien. Baudelaire nous a-t-il indiqué, à nous béninois, la meilleure voie pour sortir de la tanière de YAYI ?


Assommer les pauvres Béninois, la solution ne paraît pas si absurde aux « réformateurs de structures », ces nouveaux « entrepreneurs de bonheur public ». Ils assurent chaque jour, à travers marches de soutien et prières dans les mosquées, les églises et les couvents, que la modification opportuniste de notre constitution est le meilleur moyen de garantir du travail aux pauvres, de participer à l’enrichissement collectif pour ouvrir la fameuse mallette du bonheur.


YAYI et ses faucons raillent les résistances et les peurs, vaines tentatives d’aller contre la nécessité de modifier notre loi fondamentale. Après une telle débauche d’arguments, comment les pauvres Béninois n’accepteraient-ils pas d’être assommés pour leur bien-être ?


Telle l’inquisition jadis, promettant aux pécheurs un gain futur (le paradis ou la prospérité) au prix d’une peine présente, il leur est commandé, pour tirer demain quelques bénéfices, de faire aujourd’hui sacrifice.


Mis devant la responsabilité d’agir, ou de mourir, les voilà enfin sommés, ces assistés, ces tricheurs, de s’en sortir par l’initiative et le courage ! Ainsi parlent les adversaires de la modification de notre constitution.


Baudelaire, qui avait partagé les espérances de 1848, entouré de ces « livres où il est traité de l’art de rendre les peuples heureux, sages et riches en vingt-quatre heures », fut lui-même assommé par les journées de juin 1848 qui virent l’armée de la République massacrer les adversaires de la modification de la constitution.


Puis ce fut le coup d’Etat de décembre 1851.


Nous y sommes en plein au Bénin !!!


 

IB

 

  
  
Tag(s) : #Politique Béninoise