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13/12/2013



BENIN: Yayi, le faux cul et l’anti Mandela !



 Hommage planétaire à Nelson Mandela. Quelques intrus se sont invités à Jo’burg pour souiller la terre de Madiba. Le roi Yayi, contraint à la discrétion dans les travées de Soccer City Stadium, a ruminé sa volonté de jouer le rôle de chef d’orchestre. On connaît sa propension à faire la mouche du coche et à offrir le spectacle sur la route sablonneuse en quête de gloire. Mais le fardeau de la mal gouvernance traîné dans le gouffre de la refondation contraste avec le deuil simulé après la disparition de Tata. L’anecdotique semaine de deuil décrétée ajoute un grain de diversion à l’agitation du dirigeant cauri dont l’hypocrisie apparaît au grand jour. Pour une énième fois, Yayi secoue les apparences, mais la tentative de dominer l’évidence reste toujours infructueuse.


Le roi béninois quitte l’Afrique du sud après avoir reçu en pleine figure l’âpre vérité à valeur de coup de marteau. La parole pédagogique et punitive  vient du démocrate Obama. « Il y a trop de dirigeants qui se disent solidaires du combat de Nelson Mandela pour la liberté mais ne tolèrent pas d’opposition de leur propre peuple » se désole le locataire de la Maison Blanche.  L’homme du K.O s’en sort humilié et désormais placé sous le contrôle de l’œil de la conscience. L’anti Mandela trône au pays en refondation et rame à courant des valeurs du père de la Nation arc-en-ciel. L’archevêque anglican Desmond Tutu a sans doute les échos du désastre moral orchestré sous le parrainage du Born Again au pouvoir. C’est au nom de Dieu que le roi ouvre les portes à Satan. A la mort de Rolihlahla, le dictateur traîne le flacon de poison anti démocratique et participe au concert de louanges. Mais dans sa sale tanière, le loup est rattrapé par son hurlement. 


Le héros Mandela a forgé sa réputation avec les valeurs de tolérance, d’égalité de fraternité qui ont fait de lui un homme exceptionnel. Yayi a préféré être l’anti-héros en choisissant de ne pas désapprendre l’intolérance et donc d’épouser les anti-valeurs. Yayi s’oppose à Mandela le champion de la paix.  Son modèle de vie se construit dans la tension perpétuelle et les crises. Avec Yayi, la République est transformée en foyer de tension.  Le roi joue l’incendiaire et trouve sa santé dans le feu. L’anti Mandela, jongleur de la refondation, a mis la nation en lambeaux. Accoucheur de la division, sa Majesté avait  déjà « tué » Madiba.

 

Politiquement, l’infini fossé entre Madiba et Yayi rappelle le contraste entre le jour et la nuit. Mandela quitte le pouvoir après un mandat. Yayi se requinque avec une réélection à polémique  puis enfile ses loques révisionnistes dans le bas-fond d’un K.O opaque. Le soi-disant héros de la refondation pique une fièvre de vices. Madiba incarne la vertu. La gouvernance de l’un est axée sur la manipulation et le recours à la rue pour les prières égoïstes et les tendancieuses marches de soutien. Alors que l’autre, figure emblématique mondiale, a mis son humilité  au service du développement de son pays.


L’anti Madiba creuse l’écart moral. Yayi est réfractaire à la réconciliation. Mandela a fait de cette vertu le moteur du développement et la boussole de toutes ses actions. Excité par des affaires de tentatives  d’empoisonnement et de putsch, l’un subit la foudre des camouflets mais se refuse à se débarrasser de sa blouse de vengeance. L’autre  durant toute sa vie a respiré l’air frais du pardon et de la réconciliation  en utilisant le ciment de l’unité nationale.  


Enfin la drôle de vision de Yayi l’oppose à Madiba. Pour le roi orgueilleux et prétentieux, tout « le monde est petit » dans le royaume  et la classe politique est qualifiée de « médiocre ». Or Mandela le « produit de l’histoire » a laissé  à son peuple le privilège d’apprécier sa grandeur. Yayi peut grossièrement et impunément  inciter  « le Bénin profond » à l’affrontement. Le président Mandela n’a jamais joué sur les leviers régionalistes et appelé  une quelconque « Afrique du sud profonde » au soulèvement fratricide. 


Curieusement, l’anti Mandela pleure la mort de Madiba. Les larmes de crocodile versées sont malheureusement sans promesse de reconversion morale. La fin de mandat s’annonce tumultueuse. Les tares de la gouvernance sont volumineuses sur fond du non respect de la parole donnée , de vengeance, de la chasse aux sorcières, de cabale contre les hommes d’affaires nationaux, de provocation, du cafouillage dans la gestion du pouvoir… Avec Yayi, l’anti Mandela, la crédibilité a volé en éclats,  cédant à des débris et à la honte. Tata Madiba  symbolise en revanche l'honneur de l’humanité. 


Boni Yayi et Nelson Mandela : deux êtres que tout oppose et qui ne partagent que la couleur de la peau. Desmond Tutu, légende vivante, devrait sourire devant la comédie funèbre du roi. L’acteur Yayi n’a pas la cote. Sa présence aux obsèques de « l’icône planétaire » fait plutôt pleurer. 


Sulpice Oscar Gbaguidi

www.notrebenin.com

 

 
  
  
Tag(s) : #EDITORIAL

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