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Doyen OBQ

 

 

 

 

CENTENAIRE DE L’ASSASSINAT DE JEAN JAURÈS : LA BIBLE ET SOCRATE CONTRE THOMAS BONI YAYI. Par le Doyen O.B-Q

 

 

 

Par Olympe BHÊLY-QUENUM.

 

 

Un camarade socialiste qui est aussi prêtre m’a téléphoné : « Olympe, que fais-tu à propos du centenaire de l’assassinat de Jaurès ? » J’ai répondu :

 

« Je me suis replongé dans Critique littéraire et Critique d’Art[1] ; éblouissant, sidérant ; l’inculture de ceux qui font la loi aujourd’hui fait froid dans le dos. »

 

Je m suis ensuite souvenu d’avoir écrit un texte sur Jaurès, lecteur de la Bible ; je l’ai envoyé à mon camarade ecclésiastique ; voici sa réaction : «… ça ne m’a pas surpris, mais qui connaît cet aspect de Jaurès ? il faudrait bien diffuser ton texte… »

 

Le voici.

*

 

LA BIBLE ET SOCRATE CONTRE THOMAS BONI YAYI

 

 

Par Olympe BHÊLY-QUENUM.

 

 

« To o do gbi gbà wè » ; il y eut un petit silence et il ajouta d’une voix très fatiguée :

« To o gbà … Olympe, je te connais, je sais que tu ne baisseras jamais les bras. »

 

Cardinal Bernardin GANTIN

 

 

Le président a de fortes lacunes culturelles qu’il ne reconnaîtra jamais ; une des conséquences de ces lacunes culturelles est son incapacité à diriger le pays ; je ne vais pas rouvrir Protagoras ; j’invite néanmoins les intellectuels et leaders politiques du Bénin à lire ou à relire cet ouvrage dans lequel Platon rapporte de son Maître Socrate le fait que voici : Socrate  en ironisant félicite les Athéniens qui savent de leurs sciences de constructeurs de navires et d’édifices, etc., parce qu’ils avaient appris leurs métiers; mais ces excellents techniciens pensaient pouvoir administrer et diriger la cité sans avoir été formés à cet art.

 

Nous voilà dans le domaine de la politique de l’échec ; la Politique, le gouvernement de la Cité est un art, voire le Grand Art dont les normes avaient été prescrites avant Machiavel. Or, Monsieur Thomas Boni Yayi, président de la République du Bénin, n’avait jamais exercé de mandat électif dans le pays qu’il a été, hélas ! élu pour diriger ; avoir été un bon banquier ne suffit pas pour administrer un pays ; vouloir pallier l’incompétence par l’achat des consciences et les prébendes génère la dictature et l’oppression. Le peuple regimbe. Il faut donc que, les mains nues, avec les syndicats, les travailleurs, la population béninoise tout entière s’insurge contre les méthodes d’un tel homme.

 

Et me vient à l’esprit un ouvrage acquis en 1954 ; je le rouvre à un passage que Monsieur Thomas Boni Yayi n’appréciera pas, bien que les injonctions viennent de la Sainte Bible ; pas celle des évangélistes mais de l’Ancien Testament auquel se référait Jean Jaurès :

 

« C’est dans la lecture de la Bible, traduite partout en langue vulgaire, que les peuples apprendront à penser, dans la Bible batailleuse et âpre, toute pleine des murmures, des cris, des révoltes d’un peuple indocile dont Dieu, même quand il le châtie et le brise, semble aimer la fierté, dans cette Bible où il faut que les chefs, même prédestinés, persuadent sans cesse les hommes et conquièrent, à force de services, le droit de commander, dans ce livre étrangement révolutionnaire où le dialogue entre Job et Dieu se continue de telle sorte que c’est Dieu qui a l’air d’être l’accusé, et de ne pouvoir se défendre contre le cri de révolte du juste que par le tapage grossier de son tonnerre ; dans cette Bible où les prophètes ont lancé leurs appels à l’avenir, leurs anathèmes contre les riches usurpateurs, leur rêve messianique d’universelle fraternité, toute leur ferveur de colère et d’espérance, le feu de tous les charbons ardents qui brûlèrent leurs lèvres. C’est ce livre farouche que la bourgeoisie industrielle a mis aux mains des hommes, des pauvres travailleurs des villes et des villages, de ceux-là mêmes qui étaient ses ouvriers ou qui allaient le devenir, et elle leur a dit: Regardez vous-mêmes, écoutez vous-mêmes. Ne vous abandonnez pas aux intermédiaires. Entre Dieu et vous la communication doit être immédiate. Ce sont vos yeux qui doivent voir sa lumière. C’est votre esprit qui doit entendre sa parole. »

 

Jean Jaurès. L’Armée Nouvelle  ( cf. page 370-371.)

Edition populaire l’Humanité. Paris 1915

 

 


[1] Edits Fayard, Paris 2000



 
 
  
  
Tag(s) : #EDITORIAL

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