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 31/12/2012

  

CENTRAFRIQUE : Comprendre l’Art de la guerre de la SELEKA

  

Par le Colonel Pierre DE LACAN

  

La coalition dite rebelles unie au sein de l'Alliance (Seleka en sangö) a impressionné le monde militaire par le talent hors normes de ses officiers commandants.

 

Offensive brutale par le Nord, consolidation des positions acquises, contre-offensives aux contre-offensives, ils ont 20/20.

 

Mais comment ont-ils fait ?

 

Toute guerre envisagée se doit d'être très soigneusement préparée en amont, afin de dégager une tactique claire d'offensive.

 

Et la guerre est déjà gagnée, selon que la tactique est réaliste ou pas.

 

La première arme de toute armée, ses yeux en quelque sorte, c'est l'espionnage, l'infiltration chez l'ennemi d'hommes en charge de recueillir des informations.

 

Aussi:

 

1 -L'ESPIONNAGE

 

Depuis 2 ans, les forces de la Seleka ont infiltré l'Etat-major des FACAS, les forces armées centrafricaines. Et en réussissant à corrompre des officiers supérieurs, ils ont ainsi pu connaître la capacité militaire des FACAS, forces et faiblesses.

 

 

2- LA CONNAISSANCE DU TERRAIN

 

 

Une patiente mise en place de la cartographie du terrain, des routes à suivre, des voies de dégagement, des villes.... fut savamment établie.

 

Ceci dans les mains de l'Etat-major aidera à la mise en place de la TACTIQUE.

 

3- LA CHAINE DE COMMANDEMENT

 

 

Le soldat sur le terrain doit recevoir des ordres clairs émanant d'une seule autorité. Une hiérarchie en cascade doit être mise en place avec des outils de communication discrets mais audibles par tous.

 

4- LA TACTIQUE

 

C'est la conséquence des 3 points précédents. C'est le comment faire.

 

Le Commandant en chef de la Seleka a utilisé une vieille tactique allemande datant de la première guerre mondiale, dite la Tactique de Huttier.

 

Qu'est-ce que c'est ?

 

A- C'est un processus militaire d'agression, consistant à la mise en place d'équipements de combat légers et très mobiles.

 

Ils se positionnent dans l'arrière garde ennemie, en veillant bien à contourner les 'strongpoints' (points forts de l'armée adverse), puis à les isoler.

 

 

B- IMPRESSIONNER par une action militaire décisive.

 

Et c'est là que s'ajoute à cela la tactique deVon Manstein, brillant Maréchal Allemand de la dernière guerre, l'homme qui terrassa la FRANCE en moins de 2 jours. C'est la guerre éclaire.

 

De fait, les premières villes en Centrafrique tombèrent très vite dans les mains de la Seleka, prenant les FACAS par surprise.

 

La conséquence fut la démoralisation radicale des soldats ennemis.

 

Ces attaques de la Seleka, ont été menées par une infanterie légère, qui pénétrait les points faibles ennemis, et déviaient les positions ennemies dans de fausses lignes de front.

 

Cela est d'autant plus vrai que la ruse consistait à ne pas avoir de ligne de front.

 

C- AVANCER TRES VITE

 

Les FACAS, sous-équipés, et mal entraînés, ce que la SELEKA savait déjà, fort des informations de ses espions, furent très vite débordés et démobilisés.

 

Et les confrontations directes furent rares et toujours en faveur de la SELEKA;

 

Même la contre-offensive à Bambari fut un de nouveau un pitoyable échec.

 

D- L'EVITEMENT

 

Parvenus à DAMARA il y a 48h, la Seleka se trouvait face aux forces de la CEECA, lui intimant l'ordre de ne pas dépasser cette ville, le dernier verrou sur la route de Bangui.

 

Et c'est là que le Général en Chef de la Seleka a utilisé la tactique d'évitement de Von Manstein, à savoir 'L'évitement'.

 

Rappel. En 1939, la FRANCE était fière de sa ligne Maginot, cette barrière vendue comme infranchissable pour des armées d'agression.

 

Et que fit Von Manstein ? Il avait tout simplement contourné cette barrière, en passant par les Flandres.

 

La SELEKA reprit cette tactique à son compte, en contournant tout simplement DAMARA, laissant les forces de la CEECA face à du vide.

 

BRILLANT !!!!

 

  

E- LA BATAILLE DE BANGUI

 

La chose est en cours. Mais là, c'est la situation de siège, bien connue des militaires.

 

Et à 90% dans les guerres modernes, la solution est souvent politique et plus militaire.

 

Par ailleurs, contrôlant déjà plus de 60% du territoire centrafricain, il n'y a pas urgence à entrer dans Bangui.

 

 

La SELEKA peut d'ordres et déjà instaurer un gouvernement provisoire dans une des villes déjà conquises. Bangui n'est plus une priorité militaire, à part pour le symbole, c'est la capitale du pays.

 

Les Facas étant décapitées, le temps est venu de conforter la victoire, mais là, c'est la Politique qui doit entrer en jeu.

 

L'action militaire est terminée.

 

Colonel Pierre DE LACAN

 

 

Source :La Nouvelle Centrafrique

 

 
Tag(s) : #ILS ONT DIT...

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