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11/10/2013

 

 

CENTRAFRIQUE : Faut-il mettre la RCA sous tutelle ?

 

 

Chaotique ! Cadavérique ! Apocalyptique !... Les épithètes abondent pour qualifier la situation qui prévaut actuellement en République centrafricaine. La semaine dernière, les heurts entre chrétiens et musulmans ont fait 14 morts, selon la police et un évêque ; « les troubles ont commencé mardi dernier lorsque les chrétiens ont organisé un défilé pour protester contre les exactions commises à Bangassou par les combattants de la Seleka, en majorité musulmans », ajoute Le Figaro du 07/10. Cette situation ne laisse pas indifférents les Centrafricains de la Diaspora.

 

Samedi 05 Octobre 2013, Paris. C’est dans un restaurant italien, à une encablure de la mairie du dix-huitième, que Maître Michel LANGA a convié quelques-uns de ses amis – des Congolais des deux rives, des Camerounais, des Béninois, des Togolais, des Français, etc -, pour débattre de la situation en Centrafrique. Avocat au barreau de Paris, il y a peu Me Michel Langa n’évoquait pas le chaos centrafricain, par pudeur et il en souffrait en silence. Mais, face au drame que vivent ses compatriotes, il se doit de dire ce qu’il en pense: « Je n’ai aucune légitimité en parlant de la RCA, et pour cause, je vis loin de la terre de mes ancêtres. Mais je suis Centrafricain et la Centrafrique est mienne. » Et de poursuivre : « La question aujourd’hui est de savoir s’il faut mettre la RCA sous tutelle ou pas. Car, à la lecture de ce qui s’y passe, je suis forcé de constater que mon pays est un désert de fortes personnalités, capables de s’élever et de penser à la Centrafrique. » 

 

Inexistence de l’Etat ! Pas d’armée mais des chefs de guerre plus armés qu’une armée régulière ! Que faire ? Face aux rebelles de la Séleka, en effet, les 1300 soldats de la force africaine n’ont pas les moyens de protéger les populations. Razzia, viols, sont devenus le quotidien du peuple centrafricain, surtout à Bossangoa où la Séleka règne en maître. Le mur qui sépare musulmans et chrétiens s’épaissit de jour en jour, ces derniers accusant les premiers d’appartenir tous à la Séleka. « Une conséquence ou une cause du chaos ? demande Michel Langa. Certainement les deux. » Mais pas question pour autant de désigner la Séleka comme seule responsable du chaos centrafricain. L’ex-président François Bozizé en prend aussi pour ses grades : « Il est comptable de l’anarchie en RCA ; il a été l’initiateur de ce chaos ; il est dépourvu de gravité », constate Michel Langa.

 

Pendant ce temps, l’exploitation des ressources minières continue de battre son plein. Plus grave encore, le silence assourdissant de la Communauté internationale. «  C’est une diplomatie à géométrie variable », peste Nelly, une Centrafricaine venue à la réunion en voisine. Pourtant, à l’initiative de la France, la crise centrafricaine a bien été évoquée, ou plutôt mise sur le devant de la scène, lors de la dernière Assemblée générale des Nations Unies qui s’est tenue à New York, fin septembre.

 

« La Centrafrique est loin des préoccupations de certains grands pays »

 

« Après le Mali, c’est la Centrafrique qui doit nous alarmer », a dit en substance le président français dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations-Unies.  Et de demander au Conseil de sécurité un mandat et un soutien « financier et logistique » à la Misca (Mission internationale de soutien en Centrafrique). La France était même prête à envoyer 300 soldats supplémentaires à Bangui, en plus des 450 actuellement. Hélas ! La Crise centrafricaine laisse indifférente la communauté internationale, l’appel de fonds en faveur de la RCA n’a mobilisé que des « contributions désespérément insuffisantes » : « Seuls 37 pour cent des 150 millions requis ont été financés. » En fait, parmi les membres du Conseil de sécurité, le Rwanda, les USA et la Grande-Bretagne ne veulent pas d’une résolution sur la Centrafrique, pour diverses raisons – pour les Américains, la Centrafrique ne constitue pas une priorité et la Grande Bretagne doit sauvegarder ses intérêts miniers, etc. Laurent Fabius, d’ailleurs, a reconnu le 01/10 dernier devant la Commission des Affaires étrangères du Palais Bourbon, la difficulté d’un vote d’une Résolution sur la Centrafrique. Avant le vote d’une éventuelle résolution de maintien de la paix en RCA, a-t-il poursuivi, il faut au préalable s’assurer que la paix règne déjà en RCA. Ce qui est loin d'être le cas.  

L’autre quadrature du cercle est que la Séleka comporte en son sein des Tchadiens. Or ces derniers ont été en première ligne dans la guerre de la France contre le terrorisme au Mali. La France n’est donc pas prête à critiquer le président tchadien Idriss Deby, d’avoir envoyé des militaires ou des mercenaires à Bangui. Reste le cas des Somaliens qui peuplent les rangs de la Séleka. « Comme la Centrafrique est loin des préoccupations de certains grands pays, bonjour la somalisation de la RCA », déplore Michel Langa. Avec la somalisation de la RCA, c’est tout le Bassin du Congo qui pourrait être contaminé par ce virus. « D’où l’urgence de notre initiative : que faut-il faire pour ressusciter la RCA ? La tutelle ne serait pas une mauvaise idée. »

 

Bedel Baouna  

 

 

 

 

Centrafrique : les jeunes déclarent la guerre au pouvoir


 

jeudi 10 octobre 2013 / par Houssam Ankili

 

 

Face à la situation critique qui sévit en Centrafrique en général et dans la commune de Garga en particulier, la jeunesse centrafricaine se dit désemparée et prête à descendre dans les rues pour exprimer son ras-le-bol.


Dans un communiqué de presse publié par le Rassemblement de la Nouvelle Génération Centrafricaine (RNGC), celle-ci accuse le pouvoir de ne pas protéger sa jeunesse. Elle tire la sonnette d’alarme et menace de mener bientôt des manifestations contre le gouvernement si rien n’est fait. « Si aucune solution n’est trouvée, bientôt nous sortirons dans les rues pour exprimer notre ras-le-bol comme au temps de Bokassa », souligne le communiqué.

 

Une jeunesse massacrée

 

Le Rassemblement de la Nouvelle Génération Centrafricaine annonce un bras de fer contre le gouvernement si celui-ci ne trouve pas de solution à la recrudescence des hostilités et des massacres à grande échelle perpétrés sur la jeunesse centrafricaine. La fermeté de la RNGC attire l’attention en particulier sur la situation qui sévit à Garga, la localité de la sous-préfecture de Yaloke située à près de 260 km au Nord de Bangui. La nouvelle génération centrafricaine accuse les auteurs de ces crimes d’organiser le massacre et le génocide de la jeunesse du pays « à des fins machiavéliques ». « Nous interpellons directement le chef de l’Etat de transition pour qu’il nous donne des explications claires à propos de ce massacre organisé ».

 

Une charte avant la révolution ?

 

Le communiqué signé par la jeunesse centrafricaine se veut comme un avertissement avant son intervention qui s’annonce musclée. « Dans quelques jours, nous organiserons un débat autour duquel nous convierons tous les acteurs politiques sur ce sujet. Ils doivent immédiatement trouver une solution pour faire cesser ce massacre sans délai ». Pour sa protection, la jeunesse centrafricaine rappelle certains articles des droits de l’Homme. Comme les articles 3 et 5, déclarant respectivement : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne », « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ». Le communiqué signé depuis Fès (Maroc) est sans appel pour le RNGC, prête à en découdre pour sa liberté et sa protection.

 

Reste à voir si le gouvernement centrafricain prendra en compte ces menaces.

 

 

        



 
  
  
Tag(s) : #Politique Africaine

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