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En toute sincérité

 

Dangereuse comédie au BENIN !

  

Le débat sur le Programme de vérification des importations (Pvi) prend une allure inquiétante. Le bal des Pro et anti Pvi s’anime sans procurer de la joie à la nation. Au grand théâtre d’ombre du pouvoir, le changement converti à la grande refondation, a son ressort désormais cassé. L’accident est précoce. Mais à force de voguer sur du néant, la République s’est exposée. Au gouvernail, le héros du K.O fonce. Le voyage est mué en odyssée. Avec l’évolution du dossier Pvi, plusieurs inconnues se dressent. Pour la jauge de crédibilité du pouvoir l’indication est au désespoir. A la lecture, le roman de la refondation expédie l’ennui. Au chapitre des réformes au port et du procès de Bénin Control, on a droit à d’intenses moments de rire. La plaidoirie de la défense du gouvernement nous en donne l’opportunité. Le camp Yayi se bat comme un diable pour justifier la résiliation du contrat Pvi. La séquence de la subite acrobatie anti Pvi est très drôle. Les arguments de sauvetage agités sont si insolites qu’ils nous condamnent à l’hilarité. Obsédé par Bénin Control, l’équipage de la refondation en pleine tempête de ses regrets plane sur ses faux nuages.

 

Il y a des vérités qui mettent à nu le jeu dangereux du gouvernement Yayi et cette cabale infondée contre le Pvi. La certitude la plus élémentaire est que Bénin Control n’a pas volé son contrat. Si Talon était reconnu coupable de vol de contrat, on devrait vite jeter le Pvi dans la poubelle sous les ovations du peuple du K.O. Mais jusqu’ici, les griots du yayisme chargés du boulot anti Pvi n’ont pas osé se balader sur ce terrain précieux. La seconde évidence est liée à l’exécution du contrat. Aucun poulain de l’écurie Yayi n’a réussi l’exploit de relever des failles pour Bénin Control. Enfin, les signatures qui accouchent du contrat ne sont pas ceux de ministres de gouvernements étrangers. Plus édifiant, la cheville ouvrière du contrat, l’ex ministre d’Etat aujourd’hui 1er ministre, a toujours la confiance du Chef de l’Etat. Ces soi-disant réformateurs nous prennent décidément pour des décérébrés ou des pithécanthropes. Le peuple mature a pourtant tout compris.

 

Ce gouvernement se croit malin mais multiplie des actes dignes de ces espèces moins habiles. Il allègue la baisse des recettes douanières pour montrer ses muscles et s’adonner à l’exhibition de Django. Du bluff ! Yayi et sa troupe étaient prévenus par la Banque mondiale et le fonds monétaire international d’une pareille situation qui devrait dominer les deux premières années du Pvi. En optant pour la politique de diversion, le pouvoir se fraie le chemin de faux-fuyants. Le reproche de qualité de matériel fait à Bénin Control est le point d’orgue de la farce. L’obligation de résultat l’emporte sur ces détails qui permettent de se réfugier derrière sa propre turpitude. Le gouvernement, en fixant la durée du contrat doit savoir, sauf mauvaise foi, quel type de matériel est recommandé par l’objectif affiché. Il était censé tout prévoir sur le scanning et autres choses et dispenser le peuple de cette querelle primitive. Pourquoi n’a-t-il pas posé ces préalables lors des phases de négociations ? C’est un principe universel que tout opérateur économique fait son fric aux crochets de l’Etat.

 

Le gouvernement n’a qu’une seule solution pour éviter les dégâts. Il lui faut impérativement reconnaître ses erreurs et chercher à rebondir sainement. Ce n’est pas la faute de Bénin Control si le dossier Pvi a été mal ficelé. L’alibi de l’intérêt général ne saurait motiver la résiliation d’un contrat bénéficiant du décret pris en Conseil des ministres accompagné en acte des tournées gouvernementales, signe supplémentaire d’adhésion de tous les ministres. Il ne sert à rien de faire maintenant des émissions en langues nationales et de jeter des gens à l’eau pour un naufrage certain. " Gouverner, c’est prévoir " assure Emile de Girardin.

 

L’Etat, sagement appelé à faire profil bas est mal placé pour bomber le torse. Il y a un contrat et l’urgence est de négocier et de trouver un terrain d’entente. L’épisode judiciaire risque d’être désastreux pour l’Etat. Le pouvoir n’étant pas éternel, les atermoiements de Yayi ne mettront pas à l’abri son successeur en 2016. Et le contribuable condamné à la saignée financière sera la principale victime de la faute du pouvoir de la refondation qui aura manqué de corriger ses maladresses par une attitude d’homme d’Etat de son Chef.

 

Yayi et son gouvernement jouent avec le feu. Si rien n’est fait, la postérité en fera les frais. A l’heure de l’auto proclamation de l’émergence, il vaut mieux en rire de peur d’en pleurer. On aura tout vu avec ce pouvoir-là. Tout vu !

 

 

21/05/2012, Sulpice O. GBAGUIDI

 

http://illassa-benoit.over-blog.com (Ad augusta per angusta)
"Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir" Frantz FANON.
 
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Benoît ILLASSA
 
 



 



 
 
 
Tag(s) : #EDITORIAL

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