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Le Point.fr- Publié le 19/03/2013 à 21:21- Modifié le 19/03/2013 à 21:23

 

Démission de Cahuzac : une victoire pour Médiapart

 

 

Le site Internet avait révélé en 2012 l'existence de comptes bancaires en Suisse du ministre du Budget qui vient de démissionner.

 

 

 

Mediapart a toujours défendu le sérieux de son enquête et son indépendance vis-à-vis des pouvoirs de droite et de gauche. La démission du gouvernement de Jérôme Cahuzac sonne donc comme une victoire pour le site Internet. La justice a estimé mardi que le ministre du Budget était probablement celui qui reconnaissait avoir détenu un compte en banque en Suisse, dans un enregistrement révélé par Mediapart. François Hollande a peu après décidé de mettre "fin aux fonctions de Jérôme Cahuzac, à sa demande" et de le remplacer au Budget par Bernard Cazeneuve, actuel ministre des Affaires européennes,

"L'affaire Cahuzac montre l'utilité de Mediapart "

Le parquet "confirme ligne par ligne l'ensemble des informations mises sur la place publique par Mediapart", s'est félicité son cofondateur Edwy Plenel. "Il conclut logiquement à ce que nous avions dit, c'est-à-dire qu'il fallait une information judiciaire pour mener des investigations internationales", a-t-il ajouté avant de commenter sur Twitter: "L'affaire Cahuzac montre l'utilité de Mediapart, de ses enquêtes, de sa liberté". Et d'appeler dans la foulée à s'abonner au site payant.

"Blanchiment de fraude fiscale"

Le parquet a également décidé d'ouvrir une information judiciaire pour "blanchiment de fraude fiscale" en raison de la nécessité d'enquêter en Suisse mais également à Singapour. Selon Mediapart, le compte détenu par M. Cahuzac chez UBS aurait été clôturé en 2010 et les avoirs auraient été transférés, via des montages complexes, à Singapour.

Ce rebondissement conforte le site internet d'information qui, vilipendé pendant l'ère Sarkozy pour sa proximité supposée avec la gauche, a toujours défendu son image de contrepouvoir indépendant. "Mediapart était indépendant sous la droite, il l'est aussi sous la gauche", avait récemment déclaré Edwy Plenel, lors d'une conférence de presse pour les 5 ans du site.

Tapie, Karachi, Bettencourt, la Libye

Tapie, Karachi, Bettencourt, Libye... depuis sa création en 2008, Mediapart s'est forgé l'image d'un pourfendeur anticorruption de la droite et de Nicolas Sarkozy basée sur le journalisme d'investigation. Dès l'été 2008, le site avait mis au jour les possibles illégalités du jugement arbitral favorable à l'ancien homme d'affaires Bernard Tapie et l'implication de l'ex-ministre de l'économie Christine Lagarde accusée d'avoir trouvé un arrangement à l'amiable avec lui dans ce dossier.

Révélations sur l'affaire Karachi

Suivent, en septembre 2008, des révélations sur l'affaire Karachi, un éventuel détournement de commissions sur des contrats d'armement avec l'Arabie Saoudite et le Pakistan au profit de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, dont l'enquête a récemment été étendue à des faits de blanchiment aggravé de 1993 à mars 2012.

A partir de juin 2010, le site s'attaque à l'affaire Bettencourt, du nom de la milliardaire et héritière de l'Oréal Liliane Bettencourt, un dossier d'abus de faiblesse devenue affaire d'Etat. Depuis les révélations du site et d'autres médias, plusieurs mises en examen sont intervenues, dont celle à deux reprises de l'ancien ministre Eric Woerth, trésorier de la campagne de M. Sarkozy en 2007.

Plainte de Sarkozy contre Médiapart

En juillet 2011, c'est encore Mediapart qui publie des documents tirés des archives de l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, mis en examen dans le volet financier du dossier Karachi, mettant peu à peu au jour les relations occultes liant ce marchand d'armes au premier cercle de Nicolas Sarkozy.

Entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2012, le Premier ministre François Fillon en était venu à accuser le site, qui affirmait que la Libye avait participé au financement de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy, d'être une "officine financée par de riches amis" de François Hollande. Dans la foulée, Nicolas Sarkozy avait annoncé une plainte contre Mediapart, tandis que François Hollande s'en remettait à la justice pour dénouer l'affaire.

Deuxième année bénéficiaire pour Mediapart

Mediapart, fondé par trois anciens du journal Le Monde dont M. Plenel, est contrôlé actuellement par trois groupes d'actionnaires: les fondateurs, les amis de Mediapart et des investisseurs-partenaires, liés entre eux par un pacte qui expire en 2014. Il emploie une soixantaine de salariés dont une trentaine de journalistes. Avec près de 65.000 abonnés, 6 millions d'euros de chiffre d'affaires et 700.000 euros de résultat net, l'année 2012 est la deuxième année bénéficiaire pour Mediapart.

 
 
 
 
Tag(s) : #POLITIQUE FRANCAISE

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