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Publié le 30 septembre 2011

 

 

Adidjatou Mathys, Ministre de l’Economie et des Finances

 

 

Le budget des ministères a été diminué de 25%. De source généralement bien informée, il nous est revenu que le budget de tous les ministères a subi un abattement de presque le quart. En clair, les dépenses d’investissement et de fonctionnement de tous les ministères connaîtront de fortes perturbations.

 Selon nos informations, cette situation provient de la baisse relative des recettes de l’Etat. De fait, une note de la direction générale du Budget indique que les prévisions mensuelles de recettes projetées par les régies financières sont chiffrées à 297 856,8 millions de FCFA à fin juin 2011 pour l’ensemble des Administrations Financières. En rapportant les recettes recouvrées au montant attendu, il se dégage un écart négatif de 4 329 millions de FCFA puisqu’au total 293 527,8 millions ont été effectivement recouvrés, soit 98,5% des résultats attendus.

Est notamment en cause l’administration douanière où les recouvrements à fin juin ont été réalisés 93,2% avec un gap de 9 961,7 millions de FCFA. Cette contreperformance s’explique essentiellement par les grèves répétées et la lente reprise de l’activité économique. L’abattement du budget des ministères n’est toutefois pas un fait nouveau. En 2010, la même situation a été observée. Presque clandestinement, l’Etat revoie ses ambitions à la baisse.

Dans le Budget Général de l’Etat pour la gestion 2011, les crédits ouverts au profit des Institutions de l’Etat, des Ministères et des Organismes dont le budget annexe et les autres budgets se chiffrent à 987 902 millions de FCFA. Le budget général 2011 s’équilibre en dépenses et en recettes à la somme de 1 099 375 000 000 f CFA, un montant que certains spécialistes jugent irréaliste. Le budget a été rejeté par l’Assemblée nationale mais adopté par ordonnance du Chef de l’Etat.

 Intervenant en avril 2011 lors d’une rencontre du Réseau des journalistes économiques du Bénin, Grégoire Balaro, macro-économiste en service à la Cellule d’analyse des politiques de l’Assemblée nationale (CAPAN) avait parlé de « fétichisme budgétaire » de la part du ministère des finances.

 « Ni l’Assemblée nationale, ni la Cour Constitutionnelle, ni le Conseil économique et social, ni le secteur privé ne sont associés à l’élaboration du budget », a-t-il laissé entendre avant d’ajouter : « le budget est confectionné comme un fétiche. Il s’impose à tout le monde. » Dans une note d’analyse publiée en décembre 2010, un groupe d’experts de la Coalition ABT 2011 avait indiqué également que le projet de Budget 2011, « présente des insuffisances assez graves qui augurent d’un échec certain de sa réalisation » Et d’ajouter :« Les prévisions de recette pour la gestion 2011 sont trop optimistes et irréalistes.

 

 Les hypothèses macroéconomiques ne peuvent pas être atteintes en raison des conséquences négatives sur la gestion 2011 des mauvais choix du gouvernement en matière de finances publiques. » De toute évidence, ces prévisions négatives commencent à se réaliser.

 

Olivier ALLOCHEME

L'Evènement Précis


 

 
 
 
Tag(s) : #Politique Béninoise

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