Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Barack-OBAMA.jpg

 

 

17/07/2014


 

En prélude à la rencontre des 47 dirigeants africains avec Barack OBAMA : La diaspora africaine a rencontré à Paris les émissaires du Département d’Etat américain.



 

Par Benoît ILLASSA


 

Le mercredi 16 juillet 2014, dans les luxueux salons de l’Hôtel particulier dit Hôtel de Talleyrand (encore appelé Georges Marshall Center), sis au 2 rue Saint Florentin, 75001 Paris, en prélude au prochain sommet des 5 et 6 août 2014 à Washington, la diaspora africaine de Paris a rencontré les émissaires du Département d’Etat américain.


J’étais le seul béninois à honorer cet important évènement au nom de la lutte que mène le peuple béninois pour son émancipation des griffes de Boni YAYI.


L’initiative de cette rencontre fut celle du Cercle Andrew Young, du Cercle Jefferson et de l’Africa SMB Forum avec le soutien du Département d’Etat américain sur le thème :


« L’Afrique : nouvelle frontière économique ».


Le thème est divisé en deux tables rondes :


1)     « Afrique – USA : quel partenariat ? »


2)     « Afrique : des économies en transformation ? »


 

Des africains, des américains et des européens ont massivement fait le déplacement pour cet évènement présidé par un haut responsable de l’ambassade américaine à Paris. On y a même vu le groupe Bolloré représenté par son Directeur du Développement International. En réalité, le premier thème a focalisé l’attention sur les relations institutionnelles avec le pays de l’oncle SAM avec les dirigeants africains invités par Barack OBAMA. Quant au second, les américains ont montré leur intérêt pour le continent prometteur là où les africains présents ont souhaité plus de transparence dans les affaires.


 

I – AFRIQUE – USA : QUEL PARTENARIAT ?


 

Cette rencontre, que le chef de l’exécutif américain avait appelé de ses vœux au terme de sa tournée africaine en juin 2013, vise à « renforcer les liens avec l’une des régions les plus dynamiques » du monde, a déclaré la représentante du Département d’Etat et de l’ambassade américaine à Paris.  Le but de cette rencontre de Barack OBAMA avec les dirigeants africains  sera également de faire « progresser les objectifs de l’administration en matière de commerce et d’investissement en Afrique et mettre en évidence l’engagement des Etats-Unis envers la sécurité de l’Afrique, le développement de la démocratie et de ses habitants.


La diaspora africaine de Paris a pour sa part déploré les promesses non-tenues du président américain qui « avait suscité un immense espoir en Afrique au début de son premier mandat ». Elle saisit l’occasion pour demander à Barack OBAMA de contraindre les présidents africains à respecter les constitutions de leurs pays. En effet, certains dont votre serviteur ont dénoncé le fait que, surtout dans les pays de l’ancienne colonie française, la tendance est à la modification des constitutions pour un pouvoir à vie. Ont été cités pêle-mêle les pays suivants :


Le Togo, le Burkina – Faso, les deux Congo, le Bénin, etc.


Gênée, la responsable américaine à l’ambassade de Paris dira que le problème qui se pose au président américain est de ne pas se voir accuser de l’ingérence dans les affaires intérieures des Etats africains concernés. M. Steven R. EKOVICH, Professeur des relations internationales et des politiques comparées à The American University of Paris objecta :


« M. Barack OBAMA est certes très éloquent et très bavard. Mais, il semble charmer son auditoire que de provoquer un vrai séisme dans ses relations avec les dictateurs africains… ».


Pour les africains présents, l’autre nœud gordien de l’Afrique demeure le problème de l’insécurité. Tous les africains sont unanimes pour considérer que nulle part au monde, sauf en Afrique, des pays délèguent la sécurité de leurs propres citoyens à des tiers. Par conséquent, ils demandent aux USA d’aider l’Afrique à se donner les moyens de sa propre sécurité. Les conflits dans la corne de l’Afrique, le sahel et les terroristes de Boko Haram au Nigéria sont des exemples palpables de l’insécurité galopante dans le continent premier. Et la diaspora de conclure que, sans la sécurité, point d’investissement et point de développement. A l’insécurité pour les investissements étrangers répond l’insécurité pour le pays qui reçoit l’investissement.

 


II – AFRIQUE : DES ECONOMIES EN TRANSFORMATION ?


 

Face à la percée de la Chine et d’autres puissances émergentes en Afrique, les conseillers économiques de Barack OBAMA l’exhortent régulièrement à renforcer la présence diplomatique américaine sur le continent. Au début de sa tournée africaine, le président avait cependant cherché à minimiser les rivalités entre investisseurs étrangers en Afrique, estimant qu’il n’y avait pas de « guerre froide » en cours sur le continent.


Pour la diaspora africaine, les USA sont surtout attendus dans les investissements dans les secteurs stratégiques avec une nouvelle approche que celle des Institutions de Bretton Woods des années 1990.


C’est ainsi que, depuis quelques années, certains pays africains affichent des taux de croissance fictifs qui ne profitent pas aux populations. A quoi sert un taux de croissance de 12% si le panier de la ménagère continue d’être désespérément vide ?

La raison résiderait dans l’absence de cap et d’une stratégie de développement de nombreux gouvernements africains. En d’autres termes, quelles sont les priorités de chaque Etat ? L’énergie, l’éducation, etc. Et aux participants de citer l’exemple d’un pays comme le Nigéria dont on a peine à définir la politique gouvernementale du pays.


Concernant les PPP (Partenariat Public Privé), la diaspora se demande comment les réaliser si « le temps de l’Afrique » se fait sans les africains ? En d’autres termes, les partenaires privés demeurent des étrangers alors que les nationaux sont laissés en rade. Car, selon les experts, 1.850 milliards de dollars sont en circulation dans le monde et à la recherche d’investissements. Pour attirer ses « dollars », la diaspora a son rôle à jouer. En effet, même si nos frères du continent sont compétents, ils manquent l’expertise nécessaire dans le domaine des contrats internationaux. Ce sont pour la plupart des contrats léonins qui exposent nos Etats à des cries sans fin.

C’est ainsi qu’il a été recommandé, surtout pour les contrats miniers, de limiter la date d’échéance à au plus 15 ans. Et de demander, pour chaque contrat, un transfert des compétences, une contribution à l’éducation des nationaux et une participation au développement des locaux qui sont proches des sites exploités pour éviter des révoltes et sauvegarder l’environnement.


Concernant les contrats miniers, l’exemple du Congo-Brazzaville fu cité. En effet, c’est TOTAL qui exploite le brut congolais qui détermine le nombre de baril du brut extrait. Pour n’avoir pas formé des congolais, l’Etat congolais n’a aucun moyen de vérifier le nombre de baril réellement sorti du pays. Idem pour l’uranium du Niger. Armes de souveraineté économique, si dans quinze ans les économies africaines se retrouvent dans les mains des étrangers, aucun salut pour les africains.

La diaspora constate amèrement que les opposants historiques arrivés au pouvoir en Afrique ne sont pas si rassurants qu’on aimerait le penser. Certains sont parfois pires que les dictateurs qu’ils dénonçaient naguère.


Barack OBAMA n’avait visité l’Afrique subsaharienne qu’en coup de vent au début de son premier mandat, avec un arrête au Ghana. Mais il avait ensuite accueilli à la Maison Blanche plus d’une centaine de jeunes africains lors d’un sommet informel en 2010, pour le 50e anniversaire de l’accession à l’indépendance de 17 pays d’Afrique. Lors de cette rencontre, le président avait exhorté ces jeunes à enraciner les principes démocratiques dans leurs pays, et à ne pas suivre les pas de la génération des indépendances qui s’est, selon lui, accrochée au pouvoir.


Pour notre pays le Bénin, nous étions quelques-uns à vouloir faire le déplacement de Washington pour manifester contre Boni YAYI dans sa volonté toujours intacte de vouloir tripatouiller notre Loi fondamentale pour faire sauter le verrou des deux mandats non renouvelables. Malheureusement, à ce jour, aucun sponsor n’est venu à notre secours. Comme toujours d’ailleurs depuis que certains d’entre nous ont choisi de se battre pour que personne ne mette un éteignoir à notre démocratie conquise de haute lutte. Nous continuerons de nous battre avec nos propres économies parce qu’il s’agit de la défense d’une cause noble et d’une conviction sans faille.


Nous avons payé au prix fort le sens de notre engagement mais comme nous sommes « justes », les magistrats de France et de Navarre ont toujours reconnu la justesse et la noblesse de notre combat. Alors, pourquoi faiblir  maintenant ???

 


IB

 

 

 

 

 

 
  
  
Tag(s) : #Politique Internationale

Partager cet article

Repost 0