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11 juin 2012

 

FRANCE: La descente aux enfers de Ségolène Royal

 

Photo AFP/Xavier Leoty

 

Ce que vit Ségolène Royal, cette longue descente aux enfers politiques depuis cinq ans, incite une nouvelle fois à poser la question : faut-il coûte que coûte s'accrocher après un échec à l'élection présidentielle ?

 

Il y avait déjà l'exemple de Valéry Giscard d'Estaing qui, au lendemain du 10 mai 1981, avait tenté de reconstruire un destin politique en partant du terrain – un simple mandat de conseiller général du Puy-de-Dôme – pour tenter, pas à pas, de se hisser de nouveau au plus haut. Mais jamais l'occasion ne vint. Le pays s'était habitué à vivre sans lui.

 

Il y a désormais l'exemple de Ségolène Royal qui, depuis son échec présidentiel de 2007, a tout fait pour maintenir intacts les moyens de son ambition mais a essuyé en retour une série de revers de nature à décourager les plus résistants, y compris elle, la "Femme Debout".

 

En novembre 2008, elle échoue à prendre la direction du Parti socialiste, victime d'une coalition d'éléphants – Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius –, qui avaient fait le serment de préserver le PS de la révolution royaliste.

 

Trois ans plus tard, en octobre 2011, elle échoue à la primaire socialiste en ne recueillant que 7 % des suffrages. Elle n'arrive qu'en quatrième position derrière Arnaud Montebourg, Martine Aubry, et François Hollande. C'est la même qui, cinq ans plus tôt, avait battu à plate couture Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius en recueillant 60 % des suffrages des militants.

Et dimanche 10 juin 2012, soir du premier tour des élections législatives, c'est la Rochelle qui lui inflige l'estocade. La Rochelle, haut lieu des rassemblements socialistes, la Rochelle où elle se retrouve en duel face à Olivier Falorni, ex-patron des socialistes de Charente-Maritime, ex-proche de François Hollande, aujourd'hui en dissidence et vers lequel pourraient se tourner une partie des électeurs de droite qui veulent la peau à la présidente de la région Poitou-Charentes.

 

Pourquoi tant de haine ?

 

Evidemment, il faut tenir compte du caractère, admettre que Ségolène Royal est une personnalité qui clive fortement. Dans les mandats qu'elle a exercés, elle a beaucoup dérangé ses opposants et bousculé les siens, si bien qu'elle subit un retour de bâton particulièrement violent.

 

Il ne faut pas non plus nier le machisme, présent au PS comme dans les autres formations politiques.

 

Mais il ne faut pas pour autant évacuer la thèse selon laquelle un échec à la présidentielle laisse peu de capacité de rebonds.

Ségolène Royal était la candidate d'un moment . Elle représentait en 2007, comme Nicolas Sarkozy, une tentative de renouvellement.

 

Aujourd'hui, elle n'est plus en situation et les lettres de noblesse qu'elle avance – "quatre fois députée, trois fois ministre, deux fois présidente de région, une fois candidate à la présidentielle" – pour légitimer son souhait de conquérir la première circonscription de Charente-Maritime et devenir présidente de l'Assemblée nationale se retournent contre elle.

Dans la foulée de la victoire de François Hollande, nombre de ses camarades ne voient pas pourquoi ils s'inclineraient devant elle.

 

Source: http://fressoz.blog.lemonde.fr/2012/06/11/la-descente-aux-enfers-de-segolene-royal/?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter#xtor=RSS-3208001

 
 
Tag(s) : #POLITIQUE FRANCAISE

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