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16/05/2012

FRANCE: Qui sont nos nouveaux ministres?

 
  • Par LIBERATION

Revue biographique des ministres du premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Ministère des Affaires étrangères

Laurent Fabius

Laurent Fabius, France's Socialist party member, arrives for the national party committee reunion at the Socialist party headquarters in Paris April 5, 2011. The Socialist Party will present today the party's project for the 2012 presidential election. REUTERS/Benoit Tessier (FRANCE - Tags: POLITICS)

Fabius au Quai d’Orsay, son portefeuille rêvé. Le ministère des Affaires étrangères représente un avantage: représenter la France loin du marigot des bisbilles franco-françaises. Et tenter de faire porter la voix de la France à l’heure où les crises se multiplient.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le plus «jeune Premier ministre» de la Ve République, aujourd’hui 65 ans, est un éléphant au cuir tanné par l’expérience. Il a occupé à peu près toutes les fonctions. Chef du gouvernement (1984 à 1986), président de l’Assemblée nationale (1988-1992), ministre délégué au Budget (1981-1983), ministre de l’Industrie (1983-1984), de l’Economie (2000-2002) ou encore premier secrétaire du PS.

Député de Seine-Maritime depuis 1978 - avec quelques interruptions -, Fabius avait échoué à la primaire socialiste de 2006. Son plaidoyer pour le «non» au Traité constitutionnel européen avait marqué sa rupture avec Hollande sur l’avenir de l’Europe, en 2004. Qu’un flingage en règle en 2011, sur le mode : «Hollande, président de la République? On rêve», n’avait en rien raccommodé...

Son ralliement immédiat à Hollande au soir du second tour de la primaire socialiste a refermé la parenthèse. Fabius a pu poursuivre sa mission sur la première année de mandat pour le candidat socialiste. Et a multiplié, ces dernières semaines, les déplacements à l’étranger.

Ministre de l’Education

Vincent Peillon

Vincent Peillon dans son bureau parisien le 12 avril 2012.Après un parcours complexe au Parti socialiste - on l’a vu notamment près de Lionel Jospin, au NPS avec Hamon et Montebourg, porte-parole de Ségolène Royal en 2007 puis tenté de créer son propre courant contre cette dernière -, le député européen a animé le pôle du candidat Hollande sur l’éducation. Et a ainsi acquis une bonne réputation dans le monde enseignant.

A lire aussi : sa récente interview, quasi programmatique, sur la jeunesse, dans Libération

Vincent Peillon est d’abord un intello. «Si l’on m’avait prédit, même à 30 ans, que je ferais un jour de la politique, je ne l’aurais pas cru», confiait-il au Monde Magazine, l’an dernier. Il est né le 7 juillet 1960 à Suresnes (Hauts-de-Seine). Agrégé et docteur en philosophie, professeur de 1984 à 1997, passionné par Merleau-Ponty, il revendique comme modèles Jean-Pierre Vernant, Georges Charpak, ou Etienne-Emile Baulieu, son oncle.

Directeur de recherche au CNRS de 2002 à 2004, il a travaillé sur Ferdinand Buisson, le cofondateur et président de la Ligue des droits de l’homme et président de la Ligue de l’enseignement. Il a publié plusieurs ouvrages sur Jean Jaurès ou Pierre Leroux, sur l’histoire de la pensée socialiste et républicaine. Bref, Vincent Peillon fait partie des têtes pensantes du PS.

Il a été chargé de mission auprès de Lionel Jospin pour la rédaction de ses discours de campagne, en 1995. De même, il a été délégué auprès du premier secrétaire chargé de la réflexion sur les problèmes contemporains. De 1997 à 2000, il a été secrétaire national aux études du Parti Socialiste. Du phosphore à Solférino.

Peillon est élu député de la Somme en 1997. Il fait alors partie des «bébés Jospin» qui font leurs armes au Palais-Bourbon. Il se fait connaitre avec son compère de l'époque, Arnaud Montebourg, en traquant l’argent sale. Il préside la mission parlementaire d’enquête sur le blanchiment d’argent en Europe. Mais Peillon perd son siège en 2002. En 2004, il est élu député européen où il est réélu en 2009.

Peillon est aussi un fin connaisseur de l’appareil socialiste, un tacticien capable de négociations sans fins avec de puissantes fédérations. Hollande le surnomma un temps «le serpent».

A lire aussi «Peillon de sa personne», son portrait dans Libération.

Garde des Sceaux, ministre de la Justice

Christiane Taubira

Au lendemain d'une réunion à l'Elysée entre Nicolas Sarkozy et des responsables politiques de l'Outre-mer, la députée de Guyane Christiane Taubira dénonce la "carence manifeste" du président de la République sur le conflit en Guadeloupe, jusqu'à son intervention de jeudi. /Photo prise le 19 février 2009/REUTERS/Régis DuvignauEx-candidate à la présidentielle en 2002 sous l’étiquette du Parti radical de gauche, la députée de Guyane a soutenu Arnaud Montebourg à la primaire socialiste. Respectée à gauche mais considérée comme un électron libre, elle avait appelé à voter «non» au référendum sur le traité constitutionnel européen, en 2005.

Economie, Finances et Commerce extérieur

Pierre Moscovici

Pierre Moscovici, campaign manager for Francois Hollande, Socialist Party candidate for the 2012 French presidential election, attends a news conference at the Socialist Party headquarters in Paris April 23, 2012 the day after the first round of the 2012 French presidential election. REUTERS/Charles Platiau (FRANCE - Tags: POLITICS ELECTIONS)Il avait des ambitions, il a désormais le portefeuille. A 54 ans, le député du Doubs et directeur de campagne du candidat Hollande récupère un ministère de premier plan, mieux que celui des Affaires européennes occupé sous Jospin entre 1997 et 2002. De quoi panser quelques gadins mémorables, comme sa candidature avortée à la tête du PS en 2008. Un épisode immortalisé en image lors de l’université d'été de la Rochelle par sa solitude à une table pendant que ses alliés d’hier le trahissent à la brasserie voisine. En 2011, il évoquera une possible candidature à la primaire socialiste pour représenter les idées «social-démocrates» en cas d’absence de DSK. Encore raté, ce ne sera ni DSK ni lui-même.

Accroché au candidat Hollande dès la primaire socialiste, il a fait office de directeur de campagne efficace, même si le dircom Manuel Valls lui a un peu pompé l’oxygène. Le maroquin d’importance qui lui échoie ce mercredi récompense une fidélité sans faille et un profil de techno qui se soigne dans une circonscription à forte histoire industrielle et importante population ouvrière.

A lire aussi «Emancipé», son portrait dans Libération.

Affaires sociales et Santé

Marisol Touraine

Le grand public va découvrir  le visage de cette femme de 53 ans, normalienne et agrégée d'économie, poids lourd féminin du nouveau gouvernement. Députée et présidente du conseil général d’Indre-et-Loire, Marisol Touraine a notamment planché, pour le PS comme dans l'équipe de campagne de François Hollande, sur la sécurité sociale, la santé, les retraites et les handicaps. Cette ex-fidèle de Dominique Strauss-Kahn, qui a rejoint le camp Hollande après l’affaire du Sofitel, n’a jamais été ministre mais a travaillé entre 1988 et 1991 au cabinet du Premier ministre Michel Rocard, un homme qu’elle considère encore comme son «mentor politique». Fille du sociologue Alain Touraine, cette conseillère d’Etat passe pour une technicienne avertie maîtrisant bien les rouages de l’Etat. En 2010, elle fut en charge du projet socialiste sur la réforme des retraites avant de s’opposer activement au projet Fillon à l’Assemblée nationale. Ce portefeuille lui était promis, elle l’a obtenu.

Egalité des territoires et Logement

Cécile Duflot

Les Journées d'été d'Europe Ecologie-Les Verts se sont ouvertes jeudi matin à l'université de Clermont-Ferrand pour trois jours de débats, avec une ovation d'Eva Joly par les militants et les premiers mots de Cécile Duflot prononcés en norvégien.L’écolo du gouvernement n’a pas 40 ans et guère d’expérience dans l’exécutif. Simple adhérente des Verts en 2001, Cécile Duflot connaît une ascension fulgurante dans le parti: cinq ans après son arrivée, elle est élue secrétaire nationale en 2006, avant d’être reconduite en 2008. Candidate aux législatives dans la 6ème circonscription de Paris, grâce à l’accord négocié avec le PS, elle devra se faire élire pour rassurer. Le périmètre riquiqui de son ministère prouve cependant que le score ridicule des écologistes à la présidentielle se paie. Issue d’une famille de gauche, père cheminot et mère enseignante, Duflot a été biberonnée au bon sens écologique. Elève brillante - diplômée de l’ESSEC - elle a milité au groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées et à la jeunesse ouvrière chrétienne. Mère de quatre enfants, elle vit avec le photographe Xavier Cantat (frère de Bertrand).

Intérieur

Manuel Valls

Manuel Valls lors d'un meeting de François Hollande le 3 mars 2012.Sa nomination n’est pas vraiment une surprise. Et pour Manuel Valls, qui avait ouvertement fait du ministère de l’Intérieur un objectif personnel, c’est une grosse satisfaction. Longtemps marginalisé au sein du PS par un profil droitier et sécuritaire forcément minoritaire parmi les siens, le député-maire d’Evry, candidat malheureux à la primaire socialiste (6% des voix), s’est imposé au fil de la campagne comme un rouage indispensable de l'équipe Hollande. Officiellement directeur de la communication, un poste qu’il connaît bien pour l’avoir occupé à Matignon sous Lionel Jospin, ce bourreau travail a occupé tout l’espace disponible. Et même un peu plus. A bientôt 50 ans, cet ex-rocardien, proche de Ségolène Royal en 2007, voit son activisme récompensé. Considéré comme un bon spécialiste des questions de sécurité, fort de son appétence pour le sujet et de son expérience d'élu de banlieue, il a aussi profité du forfait de François Rebsamen, un proche de François Hollande qui faisait figure de challenger pour le poste. Fils de réfugiés espagnols, né à Barcelone en 1962, Manuel Valls n’a obtenu la nationalité française qu’en 1982. Désormais premier flic de France, celui qui se rêve en Sarkozy de gauche franchit avec cette nomination une étape importante d’un parcours qu’il espère bien conclure à l’Elysée en 2022. Ou même dès 2017 si les circonstances le permettent.

A lire aussi «Valls le rempart rêve d’Intérieur», son portrait dans Libération. Ministre du Travail et de l'Emploi


 

Ecologie, Développement durable et Energie

Nicole Bricq

Nicole BricqAttention à ne pas créer «des Hollandettes», avait prévenu Nicole Bricq, allusion aux «Juppettes» – qui n’avaient pas décroché de portefeuille important et faisaient les frais d’un remaniement quelques mois plus tard. Rapporteure du Budget depuis le basculement à gauche de la Chambre haute, Bricq, 65 ans, a été proche du Ceres de Jean-Pierre Chevènement jusqu’en 1991, de Ségolène Royal, puis de DSK. Avant de rejoindre Hollande. Elle est conseillère municipale à Meaux (Seine-et-Marne), la ville de Jean-François Copé.


 

Redressement productif

Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg à Dijon en mars 2012.Devenir enfin ministre, il en rêvait. A bientôt 50 ans, l'éloquent député et président du conseil général de Saône-et-Loire, avocat de formation, obtient son premier portefeuille ministériel. Troisième homme surprise de la primaire socialiste (17% des voix), il avait rallié François Hollande au détriment de Martine Aubry durant l’entre-deux tours avant d’occuper le poste de conseiller spécial auprès du candidat socialiste. Désormais passionné par les questions industrielles, secteur stratégique dans le département qu’il préside, Montebourg, partisan d’une «démondialisation», a multiplié les visites dans les usines en difficulté durant la campagne hollandaise.

Arnaud Montebourg a fourbi ses premières armes parlementaires aux côtés de Vincent Peillon avec une mission parlementaire d’information sur le blanchiment des capitaux en Europe. Il s’est ensuite posé en chevalier blanc de la morale publique en attaquant régulièrement le statut pénal du chef de l’Etat, à l'époque Jacques Chirac. Il propose ainsi en 2001 une résolution du Parlement tendant au renvoi du président Chirac devant la commission d’instruction de la Haute Cour de Justice. Elle ne verra jamais le jour après le refus de Lionel Jospin, Premier ministre d’alors. Il a ensuite été rapporteur de la mission anti-blanchiment de l’Assemblée natioanale, qui enquêta sur les paradis fiscaux en Europe et que présidait Vincent Peillon.

Avec le même Peillon, mais aussi Julien Dray et Benoît Hamon, Montebourg fonde au début des années 2000 le courant Nouveau Parti socialiste (NPS), dont la motion favorable à l’instauration d’une VIe République recueille 17% des voix au congrès PS de Dijon. En 2005, pendant la campagne du référendum européen, pourtant partisan du «non», il respecte le vote interne du parti et ne prend pas part à la campagne. Au congrès du Man, en 2005, il refuse la synthèse et quitte le NPS. Désormais électron libre du PS, il mène sa barque en solitaire, ralliant les majorités au gré des congrès. Dès juillet 2006, il apporte son soutien à la candidature présidentielle de Ségolène Royal. Porte-parole de la candidate socialiste, celle-ci le suspend symboliquement un mois après un plaisanterie lancée sur le plateau du Grand journal de Canal+: «Ségolène Royal n’a qu’un seul défaut. C’est son compagnon». En 2011, il décide de voler de ses propres ailes en se faisant le chantre du protectionnisme européen et de la réindustrialisation.


 

Travail, Emploi et Dialogue social

Michel Sapin

Le député PS Michel Sapin, chargé du programme de François Hollande, le 9 mai 2012 à ParisIl avait été pressenti à Bercy, à la Justice, sur un portefeuille inédit de l'Eurozone. Ce sera le travail pour Michel Sapin. A 60 ans, l'énarque et normalien étoffe encore son CV ministériel. Michel Sapin avait été ministre de l’Economie et des Finances (1992-1993) du gouvernement Bérégovoy, après avoir été ministre délégué auprès du garde des Sceaux. Puis sous Jospin, il prend le portefeuille de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat (2000-2002).

L’ami de trente-cinq ans de François Hollande a toujours cru au destin présidentiel de son camarade de chambrée au service militaire et à la fameuse promotion Voltaire (1978-1980) à l’ENA. Il l’a accompagné, même dans les creux de la carrière de l’ex-premier secrétaire du PS. Au point que lui-même se voyait mal placé pour seconder le chef de l’Etat depuis Matignon. Trop proche.

Entré au PS en 1975, le rocardien est élu pour la première fois en 1981 député de l’Indre - il a aussi été député des Hauts-de-Seine - et, en 1995, maire d’Argenton-sur-Creuse. Il a aussi présidé la région Centre, poste dont il démissionne en 2007 pour cause de cumul des mandats, afin de continuer de siéger à l’Assemblée.

Ce collectionneur de pièces anciennes et de vieux livres avait été chargé de chiffrer le programme du PS en 2011, avant de s’atteler à la rédaction du projet de Hollande pour 2012.

Défense

Jean-Yves Le Drian

En Bretagne, "le président de région", le socialiste Jean-Yves Le Drian qui brigue un nouveau mandat, "a refusé de discuter avec la liste d'Europe-Ecologie", a expliqué la numéro un des Verts. Ce dernier a, selon elle, déjà "fait imprimer ses bulletins pour le 2e tour".Il y avait peu de suspense pour ce portefeuille. Jean-Yves Le Drian, qui fut de 1981 à 1998 maire de Lorient, ancien arsenal, et secrétaire d’Etat à la Mer du gouvernement Cresson, est spécialiste des questions de Défense. Et c’est à Lorient que François Hollande lança sa longue marche vers l’Elysée dès 2009. Le président de la région Bretagne et ex-député du Morbihan, 64 ans, est en effet un fidèle du chef de l’Etat. Le nouveau locataire de l’hôtel de Brienne sera sur le pont dès dimanche prochain, avec le sommet de l’Otan à Chicago. L’un de ses premiers dossiers: les conditions du retrait des troupes françaises d’Afghanistan, promesse du candidat Hollande.

Culture et Communication

Aurélie Filippetti

La députée PS Aurélie Filippetti est arrivée peu après 11h00 vendredi pour être entendue comme témoin par les policiers en charge de l'affaire Banon-DSK, a constaté un journaliste de l'AFP.Jeune pousse de la galaxie Hollande, cette ex-membre des Verts a quitté les écologistes en 2006 pour rejoindre le Parti socialiste et Ségolène Royal, alors candidate à la présidentielle. Elue députée de Moselle l’année suivante, elle a soutenu François Hollande lors de la primaire PS. Chargée de la culture et des médias au sein de l’équipe de campagne, elle a entretenu des relations glaciales avec Fleur Pellerin, responsable de l'économie numérique dans le camp hollandais. Le dossier Hadopi a ainsi donné lieu à un bras de fer entre les deux femmes, Filippetti, bien introduite dans les millieux culturels, étant partisane d’une ligne plus ferme et opposée à la licence globale.

A lire aussi L’interview croisée d’Aurélie Filippetti et Fleur Pellerin

Normalienne et agrégée de lettres classiques, elle a été professeur de lettres avant de se lancer en politique. En 2003, elle a publié le livre les Derniers Jours de la classe ouvrière, où elle évoque sa famille de mineurs lorrains et l’histoire de son grand-père résistant. En mars 2009, elle loupe le coche des élections européennes dans la circonscription Nord-Est. Egalement bonne spécialiste des questions environnementales, elle se distingue de la position du PS en mars 2011, après l’accident nucléaire de Fukushima, en qualifiant celle-ci de «vision dépassée». Avec Najat Vallaud-Belkacem, autre incarnation de la relève hollandaise, elle s’est chargée de chauffer les salles dans lesquelles le candidat socialiste a tenu ses grandes réunions nationales. Elle qui a assuré jusqu'à la victoire de François Hollande qu’elle ne lorgnait pas un portefeuille ministériel, fait partie, à bientôt 39 ans, des benjamins de la nouvelle équipe.

Enseignement supérieur et Recherche

Geneviève Fioraso

Au sein de l’équipe de campagne, elle planchait sur les questions d’innovation et le «Pacte Productif» envisagé par le candidat socialiste pour soutenir la compétitivité. Députée de l’Isère depuis 2007, Geneviève Fioraso, 57 ans, est engagée depuis les cantonales de 1985 auprès de Michel Destot, maire (PS) de Grenoble. Cette ancienne professeur d’anglais - puis cadre chez France Telecom- y est d’ailleurs chargée des dossiers «économie, recherche et université». A l’aise dans les milieux économiques et auprès des chercheurs grenoblois, mais originaire d’Amiens, elle est, depuis 2004, PDG de la SEM Minatec entreprises, centre européen sur les micro et nanotechnologies.

Droit des femmes et porte-parole du gouvernement

Najat Vallaud-Belkacem

Najat Vallaud-Belkacem, spokesperson for Francois Hollande, Socialist Party candidate for the 2012 French presidential election, arrives for a meeting at Hollande's campaign headquarters in Paris April 23, 2012 the day after the first round of the 2012 French presidential election. REUTERS/Jean-Paul Pelissier (FRANCE - Tags: POLITICS ELECTIONS MEDIA)Porte-parole de Ségolène Royal en 2007 puis de François Hollande en 2012, cette élue lyonnaise couvée par le maire, Gérard Collomb, vole aujourd’hui de ses propres ailes. Jeune espoir de la génération Hollande, engagée dans un combat législatif courageux dans la circonscription historique de Raymond Barre, elle devrait connaître à 34 ans, sa première expérience ministérielle.

En 2002, elle n’avait pas voté. Dix ans plus tard, la voilà au gouvernement. Où elle sera sûrement la benjamine de l’exécutif. Elle ne veut pas être une icône de la diversité, elle s’horripile avec raison quand les journalistes la comparent à Rachida Dati.

Najat Vallaut-Belkacem a été propulsée sur la scène publique lors de la précédente présidentielle, en 2007, quand elle devient porte-parole de Ségolène Royal. Une campagne «dure», confiait-elle récemment mais qui lui a tanné le cuir. «Elle n’est pas stressée ou hystérique, c’est plutôt rare en politique», apprécie l’ancienne candidate PS. Elle parle avec calme et le sourire jamais trop loin. Même si elle est capable de se déchaîner sur twitter.

Najat Vallaud-Belkacem est née au Maroc, deuxième d’une famille qui comptera sept enfants, et a rejoint son père en France, à 4 ans, dans la région d’Amiens. Boursière, elle fait des études de droit, sciences-po où elle rencontre son futur mari...à la bibliothèque. Puis elle rentre au cabinet de Gérard Collomb, le maire de Lyon, qui fait office de mentor pour ses débuts en politique.

En 2004, élue pour la première fois, elle siège à la tribune pour la séance inaugurale du conseil régional Rhône-Alpes. Elle se découvre un «complexe d’imposture», raconte-t-elle dans son portrait de dernière page dans Libé, que chaque nouvelle promotion ranimera. «C’est comme si vous étiez à un mariage où vous n’êtes pas invité : vous avez toujours peur que quelqu’un vous dise qu’il faut partir, que vous n’êtes pas à votre place.» Aujourd’hui, elle a trouvé une de place, une bonne.

Ragarder son interview baby-foot par Libération

Agriculture et agroalimentaire

Stéphane Le Foll

Les enquêteurs auditionnent toutes les personnes qui, selon Tristane Banon et sa mère Anne Mansouret, auraient été informées des accusations portées par la jeune femme contre Dominique Strauss-Kahn, des faits allégués qui remonteraient à 2003 dans un appartement du centre de Paris.Un autre fidèle récompensé. Directeur de cabinet de Hollande à Solférino dès 1997, Stéphane Le Foll, qui était responsable de l’organisation de l’équipe du candidat PS pendant la campagne, est chargé de l’Agriculture. Le député européen de 52 ans, né au Mans, a la connaissance des terres rurales de la Sarthe. Mais il avait eu beau labourer celles de la 4e criconscription, l’ancien professeur d’économie en lycée agricole avait perdu dès le premier tour aux législatives de 2007 face au candidat UMP... François Fillon.

Réforme de l'Etat, Décentralisation et Fonction publique

Marylise Lebranchu

Marylise Lebranchu, French Socialist Party member and former French Socialist Justice Minister, delivers her speech during the final day of the French Socialist Party National Congress in Reims November 16, 2008. The three-day congress ended today after Socialist party delegates met to agree on a new policy line for the party and to install a leader capable of challenging right-wing President Nicolas Sarkozy. REUTERS/Benoit Tessier (FRANCE)Marylise Lebranchu est un profil expérimenté. La députée du Finistère a été secrétaire d’Etat aux PME de Lionel Jospin avant de se voir confier un ministère régalien, la justice, poste occupé entre 2000 et 2002. Ces derniers temps, elle menait campagne à l’Assemblée nationale pour obtenir le perchoir, promis à Ségolène Royal. L’absence au gouvernement de Martine Aubry -dont elle est proche- a favorisé sa présence dans la liste du jour.

Outremer

Victorin Lurel

Il est l’homme fort de la gauche en Guadeloupe dont il est député et président de région. Lors de la campagne présidentielle de Ségolène Royal en 2007, il était le porte-parole de la candidate pour l’Outre-mer et se charge de ce dossier pour le PS depuis sept ans. Lors de la primaire de 2011, il a soutenu François Hollande. Lequel a obtenu, les 22 avril et 6 mais,l des sores historiques aux Antilles et à la Réunion.

Député constamment réélu depuis 2002, Lurel, 60 ans, est vice-président du groupe PS à l’Assemblée nationale et se représente dans la 3e circonscription de Guadeloupe face à Marie-Luce Penchard... la ministre de l’Outre-mer de Nicolas Sarkozy. L’un des faits d’arme de ce militant socialiste de longue date, élu pour la première fois au conseil municipal de Vieux-Habitants en 1989: avoir ravi la région en 2004 à l’inamovible Lucette Michaux-Chevry, mère de Marie-Luce Penchard.


 

Sports, Jeunesse, Education populaire et Vie associative

Valérie Fourneyron

French Socialist Presidential election candidate Francois Hollande (L) and Rouen Mayor Valerie Fourneyron (R) arrive to attend the Six Nations rugby union match between France and Ireland at the Stade de France in Saint-Denis near Paris February 11, 2012. REUTERS/Charles Platiau (FRANCE - Tags: SPORT RUGBY)Chargée de ce dossier dans l’organigramme de campagne de François Hollande, Valérie Fourneyron, 52 ans, était naturellement pressentie pour le poste. Comme médecin du sport au CHU de Rouen, elle a notamment soigné l’équipe de France de volley-ball, avant de devenier inspectrice régionale jeunesse et sport. Issue d’une famille de la bourgeoisie rouennaise, elle entre en politique lors de la campagne municipale de 1995. Durant le mandat (1995-2001) du socialiste Yvon Robert à la mairie de Rouen, elle devient adjointe au sport puis première adjointe.

Elue députée haut la main en 2007 sur la 1re circonscription de Seine-Maritime, cette fabiusienne réputée bûcheuse ravit, en mars 2008, la mairie de Rouen au sortant centre-droit dès le premier tour.

Fourneyron a déjà fait un passage au sein du ministère des Sports. C’était en 1989. Elle était à l’époque chargée de l’organisation de la médecine sportive et de la corrdination des médecins des équipes de France et participa alors à la rédaction de la loi antidopage.

 
 
 
 
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