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Faustin AISSI

 

Gaza : La raison sera-t-elle plus forte que la brutalité ? Un cri de coeur du Prof. Faustin AÏSSI

 

Par Faustin AÏSSI

 

Bonsoir mes chers Compatriotes,

 

Tahar Ben Jelloun n’est pas un inconnu pour les Français tant par sa culture que par sa connaissance du monde arabo-musulman. Depuis que Israël massacre les civils palestiniens, l’a-t-on vu une seule fois sur les plateaux de télévision (iTélé, BFM, LCI, TF1, France 2, FR3 etc.) ou entendu sur les chaines françaises de radio (RTL, Europe1, France Inter etc.)  ?

 

Bien sûr que NON car nous n’avons plus de vrais journalistes en France. Ils sont devenus des répétiteurs de ce que les lobbies propriétaires de ces chaines d’information leur demandent de dire. Ceux qui sont invités et qualifiés de spécialistes pour venir commenter l’information sont de véritables affidés payés par ces mêmes lobbies. L’information est donc toujours donnée dans un sens unilatéral.

 

Pour ces gens-là, il n’y a plus de lutte de libération dans le monde et toutes les révoltes des peuples sont toujours présentées sous l’angle binaire de “terrorismes” ou de “djihadistes” etc. Dès lors, cela justifie toutes les turpitudes. Dans une élection, ils font tout pour faire gagner leurs “affidés” et cette élection sera considérée comme démocratique si ce sont effectivement leurs “affidés” qui gagnent. Autrement, ils font changer l’ordre d’arrivée (Gabon, Togo etc.) ou ils éliminent les gagnants non désirés (Algérie, Côte d’Ivoire, Egypte, Ukraine etc.). On vient même d’assister à une caricature d’élection en Algérie où le zombi-président en chaise roulante est bien élu sans que cela ne les émeuve.   

 

Pourquoi voulez-vous que leurs “Sous-préfets” qualifiés de Présidents en Afrique notamment francophone ne les “singent” pas en pire. Prenez la télévision béninoise. C’est à peine si dans ce pays jadis qualifié de “quartier latin d’Afrique” il existe une autre autorité que le Président-docteur. Il n’y a que lui à tous les journaux télévisés et sur toutes les chaînes officielles de radio. On se demande même s’il y existe une opposition dans ce pays. 

 

Pour en venir au scandale à ciel ouvert de Gaza, le pire est que la France montre aujourd’hui son vrai visage tant dans les déclarations que dans les décisions d’autorisation de manifester à géométrie variable voire de “justice” vis-à-vis des manifestants. Israël transgresse toutes les résolutions de l’ONU, les règles de guerre, bombarde à longueur de journée et de nuit des civils dont beaucoup de femmes et d’enfants y compris dans des écoles de l’ONU  mais personne ne dit rien. 

 

Comme le ridicule ne tue pas, on prend au niveau de l’Europe des marchands des mesures de rétorsion contre la Russie qu’on va chatouiller sur ses frontières en déstabilisant le président élu et  légitime de l’Ukraine pour faire élire à sa place un homme de paille avec l’extrême droite. On s’étonne après que toute la zone soit en guerre comme l’est aujourd’hui la Lybie de Kadhafi tout comme l’Irak de Sadam Hussein renversés dans les conditions que nous savons.

 

Oui, la France est tombée bien bas avec ses dirigeants actuels Hollande et Valls qui se sont empressés de chausser les bottes de Sarkozy. Vous comprendrez pourquoi j’ai arrêté la politique cette année en ne me présentant plus aux élections du mois de mars dernier car il y a un certain dégoût à côtoyer ces gens qui se disent encore de “gauche”. Révoltant ! 

 

Pauvre France mais l’Histoire a toujours donné raison au peuple comme le dit si bien Tahar Ben Jelloun et “la Raison finira par être plus forte que la Brutalité”. Tôt ou tard, la Palestine vaincra et ses enfants n’auront pas été martyrs pour rien.

 

Faustin AÏSSI

Professeur émérite de 

l’Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO)

Communauté d’universités et d’établissements

de Lille - Nord de France (COMUE - LNF)

faustin.aissi@outlook.fr   B.P. 70008

59651  Villeneuve d’Ascq Cedex                                 


 

Gaza : la raison sera-t-elle plus forte que la brutalité ?

Le Point.fr - Publié le 28/07/2014 à 14:42

Pour Tahar Ben Jelloun, on ne peut pas reprocher aux Palestiniens de lutter contre l'occupation, et la solution ne peut venir que de la société civile israélienne.





On apprend l'histoire à l'école, on oublie d'enseigner comment lire l'histoire. Non seulement la guerre actuelle entre Israël et les habitants de Gaza est mal lue, mais elle s'est engagée dans une spirale sans issue. Un simple constat : jamais une terre occupée, un peuple colonisé ne le sont restés éternellement. Tôt ou tard, les valeurs de liberté, de justice et de dignité l'emportent sur toutes les brutalités, quelles que soient les armes utilisées. Il fut un temps où personne n'aurait osé imaginer une Algérie indépendante ou une Afrique du Sud débarrassée du système de l'apartheid. Et pourtant l'histoire a été plus forte que l'irrationalité et la prétention des hommes.

Une majorité d'Israéliens est persuadée qu'avec la force on peut atteindre la paix. Dominer, humilier, harceler en temps dit normal ne peut qu'exacerber davantage les esprits et installer de manière profonde et irréversible la haine et la détermination à atteindre la libération. Que ce soit à travers un discours religieux ou nationaliste, les populations palestiniennes mènent le combat pour que l'histoire leur rende justice. On peut discuter leurs méthodes, refuser leurs discours, mais on ne peut pas leur reprocher de lutter contre l'occupation doublée d'un embargo inhumain. Certes, le Hamas ne représente pas tous les Palestiniens, mais il existe par la volonté d'électeurs qui pensent que l'occupant ne désire pas la paix, en tout cas pas la coexistence entre deux États. L'Autorité palestinienne a fait tellement de concessions qu'elle se trouve aujourd'hui nue et sans moyens pour reprendre ne serait-ce que les négociations. Israël a assez prouvé par son comportement et par ses choix stratégiques que son désir de paix est un leurre, une illusion à laquelle il ne donne aucune réalité, et qu'il ne fait rien pour aller dans le sens d'un dialogue sincère. Il ne croit qu'à la force et pense qu'avec des massacres, des bombardements des populations civiles, des écoles et des lieux publics, il fera plier le Hamas et fera taire tous les Palestiniens. C'est l'inverse qui se produit : l'ensemble des peuples arabes et musulmans et même une partie de plus en plus importante de la société civile dans le monde, y compris en Israël, sont horrifiés par cette guerre.

Terrorisme intellectuel

Il y a une base juridique à tous ces événements : la résolution 242 des Nations unies que tous les États du monde reconnaissent comme légitime à l'exception de l'État d'Israël. Depuis des décennies, tous les gouvernements qui se sont succédé en Israël ont indiqué que pour que ce soit défini le statut de ces territoires occupés, deux conditions étaient nécessaires : la reconnaissance de l'existence de l'État d'Israël par les Arabes et les Palestiniens, condition remplie par les traités avec l'Égypte et la Jordanie et avec l'Autorité palestinienne. La deuxième condition est l'existence de frontières israéliennes sûres et reconnues et la cessation de tout acte hostile. Israël n'a cessé de coloniser les territoires occupés et d'empêcher, de ce fait, tout accord pour l'existence de deux États. Aucune concession n'a été accordée à Mahmoud Abbas, pas plus qu'à son prédécesseur Yasser Arafat. Il a construit un mur qui n'a rien résolu.

Cela explique le succès électoral du Hamas dans la bande de Gaza. Le Hamas se sert de l'absence de tout résultat tangible dans le processus de paix pour revenir à l'action armée avec des attentats désespérés et des attaques sans efficacité. L'intransigeance de l'État hébreu est directement responsable de la montée en puissance du Hamas et du soutien qu'il rencontre dans la population palestinienne de plus en plus étouffée par un embargo économique, sanitaire et humain que tous les observateurs du monde entier, y compris dans les médias américains peu susceptibles de sympathie excessive pour la cause palestinienne, considèrent comme catastrophique et inacceptable. Israël méprise les nombreuses résolutions des Nations unies, et aucun État, aucune puissance, n'est en mesure de faire pression sur lui. C'est ainsi. Celui qui critique cette politique est traité d'antisémite. Depuis quelque temps, des intellectuels ont entrepris un travail militant pour faire de l'antisionisme une attitude antisémite. Cette équation, qui relève du terrorisme intellectuel, est une défaite de la pensée, un renoncement à l'objectivité. Je suis personnellement contre la politique coloniale d'Israël. Pour autant, je ne suis pas antisémite. C'est me diffamer et m'insulter que de prétendre le contraire.

Dans Palestine, mon pays, le poète Mahmoud Darwich écrit : "L'Israélien dicte au Palestinien la langue et les intentions qui doivent être les siennes. L'alibi des Israéliens que constitue leur lutte pour la survie exige en permanence que l'autre soit sauvage. Son antisémitisme doit justifier l'occupation, et toutes les occupations à venir, destinées à consolider les précédentes." (Éditions de Minuit ; 1988.) Cela entraîne la débâcle de la pensée, laissant la place à un discours culpabilisant, manichéen et passionnel.

Politique de deux poids, deux mesures

Les images des centaines d'enfants tués par les bombes israéliennes ont fait le tour du monde, et Israël, malgré ses soutiens traditionnels et automatiques en Europe et aux États-Unis, ne pourra rien pour se laver de ce crime contre l'humanité. On connaît la litanie des dirigeants : la responsabilité de ces morts reviendrait au Hamas qui utilise les populations comme boucliers et lance des roquettes sur Israël. On vient d'apprendre par un dirigeant de la police israélienne que le kidnapping et l'assassinat des trois adolescents n'ont pas été commis par le Hamas, mais par un groupe qui échappe totalement à ce mouvement. Le Hamas aurait dû, comme l'a fait Mahmoud Abbas, condamner ce crime horrible. Mais il a commis une erreur et une faute politiques. Cela justifie-t-il ce que l'armée Tsahal a fait depuis trois semaines, atteignant au 27 juillet 2014 le chiffre fatidique de 1 000 morts ?

Il est normal qu'un citoyen français de confession juive se sente solidaire d'Israël. Je ne le lui reprocherai pas. Pourquoi refuser aux Arabes de France d'exprimer leur solidarité avec un peuple qui subit des bombardements de plus en plus meurtriers ? N'en déplaise à Manuel Valls, cette politique de deux poids, deux mesures est, hélas, bien réelle, et si j'étais à sa place, je tendrais l'oreille pour entendre ce que les populations du Maghreb disent aujourd'hui de la France et de ses dirigeants. Politique à courte vue. Pas de vision. Tout cela est bien navrant.

Dans une interview récente au Nouvel Observateur, l'historien israélien Zeev Sternhell pense que "la droite israélienne est porteuse d'un désastre sans nom qui est en train de s'abattre sur nous. [...] Elle veut conquérir la Cisjordanie sans le dire tout en l'annexant. Elle veut que les Palestiniens acceptent de leur propre chef leur infériorité face à la puissance israélienne."

L'espoir de sortir de cet enfer, même s'il est mince, viendra de l'intérieur d'Israël, de la société civile, lucide et courageuse



Tag(s) : #Politique Internationale

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