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 LA CHRONIQUE DU PRESIDENT: Et si on relativisait tout

 

 

Publié le 18 avril 2012

 

 

 
 

Chers lecteurs, je sais beaucoup de choses, tu sais beaucoup de choses, oui, nous savons beaucoup de choses mais nous ignorons aussi beaucoup de choses.

 

Fort de ce que nous savons, nous avons confiance, nous partageons avec les autres ce que nous savons mais nous devons avoir aussi l’humilité de croire que les autres aussi savent des choses qui nous sont utiles.

 

Pendant longtemps au Bénin, je passais mon temps à critiquer les autres. Je trouvais toujours à redire sur les agissements des autres. Même devant un match de football, je trouvais toujours que le joueur devait plutôt faire ceci et non cela.

 

Un jour, je suis allé au judo et le maître était mon beau-frère. Après mon premier échauffement, je lui ai dit que c’était trop facile, que je veux montrer aux autres comment gagner un combat. Il m’expliqua, que le simple fait de tomber s’apprend et qu’il me faut du temps pour tout apprendre avant mon premier combat. Je lui ai répondu que c’est lui qui n’a pas compris.

 

Il finit par se décider à me laisser m’humilier. Il choisit pour moi une fille et me l’a imposée. A peine j’ai tenu son kimono que j’étais au tapis trois fois de suite avec un mal terrible de dos et une incapacité d’aller à l’école pendant trois semaines.

 

Cher ami lecteur, la certitude est une servitude.

 

Un jour, un élève arrive à la maison et récite sa leçon, « Tout corps lancé en l’air, revient sur son poids ». Son père lui demanda où il a eu cette information. Il répondit que c’est une leçon de classe. Le père l’invita alors à le suivre en classe et devant tout le monde, lance sa pipe en l’air qui se bloque sans revenir sur son poids. Il demande alors aux élèves d’ouvrir leur cahier et dit « ouvrez les parenthèses et écrivez que cela dépend du lanceur ».

 

L’Afrique est le continent par excellence où tout est possible alors, relativisons toute chose.

Le Président OUATTARA voulait se débarrasser d’un Président du Conseil Constitutionnel qui change de décision comme de tenue. Nos chers spécialistes de droit lui disent que la constitution ne lui permet pas de le faire. Dieu merci, il existait autour de lui quelqu’un qui a compris qu’au lieu de chercher les impossibilités, il faut chercher les possibilités. Et c’est lui qui dit au Président que la Constitution ne lui fait pas interdiction de le changer. Au lieu de chercher ce que les textes n’ont pas prévu, cherchons ce que les textes n’ont pas interdit.

Si le monde est aujourd’hui malade de ces économistes qui continuent de proposer les traitements qui ont échoué au lieu de s’inspirer des pays comme la Chine qui ont prouvé qu’on peut réussir contre toute théorie économique, il l’est aussi et surtout, de tout individu qui croit détenir la science infuse alors même que ses difficultés de tous les jours lui enseignent de relativiser.

A 24 ans, j’ai été un excellent Directeur Administratif et Financier de la Polyclinique Atinkanmey au Bénin. Au finish, j’ai déçu plus d’un car malade de mes certitudes. A 29 ans, J’ai créé une école gratuite de formation de sixième à l’université qui a donné à des centaines de Béninois une chance pour retourner brillamment dans le système éducatif mais j’ai fini par décevoir plusieurs personnes car mes certitudes m’ont obstrué le chemin.

A Bamako, au Mali, des merveilles mais encore une fois trop de certitudes, trop d’orgueil.

Ma force aujourd’hui, c’est que je crois en moi, mais je crois aussi en chacun des êtres vivants, j’apprends de tous, je lis tous les mails, je réponds à tous les mails, je respecte les autres, je donne aux autres le temps de comprendre, de me faire comprendre. J’ai compris la différence entre avoir raison et réussir à atteindre son objectif. Combien de relation j’ai perdu pour avoir eu raison.

 

Une femme est convaincue que son mari couche avec la bonne. Un jour, elle donne congé à la bonne pour le week-end sans pour autant informer le mari. Cette nuit-là quand ils vont au lit, le mari lui dit : «Excuse-moi chérie, j’ai des maux de ventre» et il s’en va aux toilettes. La femme entre furtivement dans la chambre de la bonne, elle se glisse dans son lit et éteint la lumière.

Il vint en silence un homme et sans perdre du temps, ils commencèrent à faire l’amour. Apres avoir fini, la femme s’écria : «Sûrement que tu ne t’attendais pas à me voir dans ce lit, n’est-ce pas ?» Et elle alluma la lampe. « Non Madame…répondit le gardien ». Elle vient de commettre l’adultère pour avoir transformé ses soupçons en certitude.

 

Un homme riche était au plus mal. Il prit un papier et un stylo pour écrire ses dernières volontés. «Je laisse mes biens à ma sœur non à mon neveu jamais sera payé le compte du tailleur rien aux pauvres. Mais le mourant passa l’arme à gauche avant de pouvoir achever la ponctuation de son billet. À qui laissait-il sa fortune ?

Son neveu décide de la ponctuation suivante : «Je laisse mes biens à ma sœur ? Non ! A mon neveu. Jamais sera payé le compte du tailleur. Rien aux pauvres.» Mais la sœur n’est pas d’accord. Elle ponctuerait le mot de la sorte : «Je laisse mes biens à ma sœur. Non à mon neveu. Jamais sera payé le compte du tailleur. Rien aux pauvres.»

Le tailleur demande la copie de l’original et ponctue à sa manière : «Je laisse mes biens à ma sœur ? Non à Mon neveu ? Jamais ! Sera payé le compte du tailleur. Rien aux pauvres.» Là-dessus, les gueux de la ville entrent dans la maison et s’emparent du billet. Ils proposent leur version : «Je laisse mes biens à ma sœur ? Non à Mon neveu ? Jamais ! Sera payé le compte du tailleur ? Rien. Aux pauvres.»

Ainsi va la vie : elle nous propose une version de l’existence sans point ni virgule, c’est à nous de la ponctuer, un jour dans un sens, un autre jour dans l’autre sens … et c’est cette ponctuation qui fera toute la différence.

 

« Entre le point d’exclamation de la vie et le point d’interrogation de la mort : tout n’est que ponctuation. » Tristan Maya

Par Coach Patrick Armand POGNON

Président de l’Association des Coachs d’Afrique

Tag(s) : #EDITORIAL

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