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09/07/2010

Le Bénin et les Fusibles

Quelqu’un se souvient-il encore d’un certain Soulé Mana Lawani ? De peur qu’il ne soit comme une orange sucée et jetée au bord de la route aux oubliettes, rappelons que ce cadre de la Bceao nommé argentier de la République, a été sacrifié comme bouc émissaire dans le scandale politico-financier de la Cen-Sad en fin d’année dernière. Il a été puni pour nous distraire et nous apaiser. Sa culpabilité n’a jamais été officiellement établie par la justice, mais il est resté présumé coupable  aux yeux de l’opinion publique. Ce feuilleton des scandales de la Cen-sad tourne en rond sans dénouement ni clarification. Et d’autres feuilletons de l’actualité nationale nous occupent ou nous distraient sans qu’on n’y voie jamais clair : acquisitions de machines agricoles, confection de la Lépi, microcrédits, etc.


Puis survient un nouveau feuilleton qui ne devrait pas être une surprise: la crise concernant les sociétés de placement d’argent. S’ensuit un nouveau fusible : le ministre de l’Intérieur, Armand Zinzindohoué, vient d’être limogé par le président de la République. Finalement, qu’est-ce qu’il y a de plus important ? Que des têtes tombent ou que la vérité soit manifestée ? Calmer la colère populaire le temps que l’amnésie du peuple couvre de son ombre d’oubli le scandale et la crise, ou corriger sérieusement les erreurs et tirer les leçons qui s’imposent ? Une chose est sûre: la crise des épargnants piégés est potentiellement une bombe d’une telle capacité de troubles sociaux qu‘un fusible ou deux, même de la taille d’un Zinzindohoué, ne donnera aucune garantie d’apaisement et aucun espoir d’amnésie.


Les épargnants en courroux sont si nombreux que pour ne les avoir pas protégés et pour avoir donné si vite l’impression de les payer avec l’argent du contribuable, l’Etat risque de devenir, s’il ne l’est pas déjà, l’objet de leur colère. C’est pour cela qu’il faut que, dans ce  dossier tout au moins, la justice elle-même fasse son travail avec la plus grande diligence et un professionnalisme des plus scrupuleux. Il faut que les structures de sécurité financière traquent et punissent les récidives et protègent à l’avenir les citoyens.

 

 

 

Abbé André S. Quenum

La Croix du Bénin

Tag(s) : #EDITORIAL

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