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Le Bénin se meurt

 

26 octobre 2011 par  

 

 

La reformulation de la loi référendaire donne, ces temps-ci, une belle occasion d’expression des talents de l’intelligentsia. Il faudrait bien s’en réjouir. Et pour cause, l’intelligence s’éveille et les frontières de la médiocrité reculent.

 

D’abord, des politiques et juristes proches de l’Union fait la Nation ont sorti l’artillerie lourde d’interprétation avec une élégance intellectuelle perceptible dans la presse encore libre. Ensuite, il y a aussi dans la majorité, une voix certes, non juriste mais qui a répliqué avec ferveur. Parole contre parole, c’est la théâtralisation de la décision de la Cour constitutionnelle.

 

Pourquoi la décision de la Cour Constitutionnelle soulève tant de doute et met l’imagination de l’opposition dans une fertilité qui commence à déranger ? Et voilà ! La cour n’inspire plus depuis longtemps confiance à l’opinion. Ces décisions sont élastiques, c’est-à-dire que la cour a coutume de violer sa propre jurisprudence et interprète chaque article du bloc de constitutionnalité différemment dans les mêmes circonstances. C’est cela le vrai problème.

 

La politique étant par nature, une gymnastique élastique, l’opposition n’a pas tort de penser autrement. Mais il faudrait se méfier de la parole qui accuse mais aussi de la parole qui défend. Dans la parole qui accuse, celle donc de l’Union fait la Nation, il y a une sorte de traumatisme chaotique (K .O tique), d’émotion, de susceptibilité et de préjugés. C’est la pratique longtemps observée qui fait douter de la parole de la Cour Constitutionnelle.

 

Lorsque la Cour constitutionnelle affirme que les options de la conférence nationale ne seront pas changées, elle aurait pu aller plus loin pour dire qu’il s’agira d’amender la constitution et non de la changer. En se donnant une marge de manœuvre pour rendre, éventuellement, service, la cour n’a pas rassuré davantage. Le doute épais qui sévit dans le cœur de l’Union fait la Nation doit être dissipé parce que la Nation a besoin de se mettre au travail dans la quiétude. Le secrétariat général de la Cour Constitutionnelle peut régler cela à travers un communiqué pour lever les équivoques. Pour ce faire, la Cour doit clairement dit si à l’étape actuelle, en lien logique avec la conférence nationale, il s’agit d’amender la constitution ou de la changer. L’analyse grammaticale et logique de la décision de la Cour peut laisser croire qu’il s’agit d’un amendement. Mais le député Chabi Sika, initiateur de la loi, tout heureux, bombe le torse et redresse ses moustaches, en signe de victoire. Pour clore la polémique et mettre fin aux commentaires tendancieux, il faudrait que le secrétariat de la cour réponde à la question supra évoquée sans circonvolution lexicale.

 

En droit, l’évidence n’est pas toujours évidente. Si après la clarification tant attendue, l’opposition continue de douter, il va falloir, ….  » Maintenant avancer « . Le débat sur les options fondamentales de la conférence nationale est ouvert. Là encore, sans participer à cette conférence, pour l’avoir suivie depuis la maison, il nous a semblé que la Cour a choisi de réviser l’histoire. Ce qui a été relevé de fort belle manière par l’opposition. Il se pose dès lors un problème de la force de la parole du juge constitutionnel. La parole qui ne prend pas sa source dans le certain, le vraisemblable, perd de sa force puisque devenue ainsi, sans point d’application.

 

Le débat ne sera jamais élucidé puisque les acteurs de la conférence nationale encore vivants refusent de parler. Plus personne ne s’intéresse à la vie politique et publique. D’où vient ce dégoût au point où ce sont des bambins de 1990 et 1992 qui jouent aux politologues devant nos caméras, généralement sans étoffe culturelle, sans mémoire historique, sans cohérence logique.

Parole contre parole

 

 

Herbert Houngnibo

La Presse du Jour



  
 
Tag(s) : #EDITORIAL

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