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04-02-2010

 

PRESIDENTIELLE 2011 au Bénin : Un ministre de Yayi se rallie à Bio Tchané

 

 

Écrit par Roger Gbégnonvi

 

Si vous êtes effectivement candidat à la Présidence de la République en 2011, je serai des vôtresPour un ministre de la République, expert et admirateur des belles lettres, on ne peut imaginer autre moyen que celui d’une lettre pour dire son choix à l’occasion d’une présidentielle qui s’annonce avec moult impondérables et surtout pour marquer les esprits. Roger Gbégnonvi, puisque c’est de lui qu’il s’agit, rappelle point par point avec force détails, les trois raisons qui motivent son choix, son ralliement à Bio Tchané.

 

Monsieur le Président,

 

A plusieurs indices et à plusieurs signes, j’estime que la rumeur se fait clameur, et comme jamais aucun démenti n’est venu de vous ou de vos proches, je crois, moi aussi, que l’actuel président de la BOAD, M. Abdoulaye Bio Tchané, sera candidat, est candidat à la Présidence de la République en 2011. Tant mieux !

En disant ‘‘tant mieux’’, je me surprends à prendre position pour vous, alors même que vous ne vous êtes pas encore déclaré candidat, et que ce qui est possible, voire probable, peut ne pas se réaliser. Imprudence de ma part ? C’est possible. Mais je sais, avec le poète, que ‘‘le monde sommeille par manque d’imprudence’’. Je me prononce pour vous et pour votre candidature à la Présidence de la République pour trois raisons qui tiennent à votre personnalité et à l’homme que vous êtes.

La première raison :- Les quelques rares fois que j’ai eu l’occasion de vous approcher, vous m’êtes apparu comme un homme doué d’une vie intérieure, qualité sans laquelle on ne peut pas conduire les hommes. Les grands Maîtres de l’humanité, le Bouddha, Jésus-Christ et Mahomet – pour ne citer que ceux-là – ont tous été des hommes d’une intense vie intérieure. A la tête du Bénin, vous ne serez pas un maître de l’humanité, mais vous avez besoin de leur ressembler fortement pour conduire le petit bout de l’humanité qu’est notre Bénin. J’ai le sentiment que vous pouvez leur ressembler, et cela me rassure.

La deuxième raison :- J’étais Président de Transparency International-Bénin, et vous étiez Ministre de l’Economie et des Finances. Vos tentatives de moralisation de la vie publique, dans vos fonctions ministérielles, m’avaient très favorablement impressionné dans le contexte de laisser-aller général qui prévalait en ces années. On m’avait dit que vous étiez sous pression et susceptible de lâcher prise. J’avais alors décroché mon téléphone de Président, vous avais appelé pour vous demander de tenir bon. Je vous avais senti soucieux et préoccupé. Il me semble que vous avez le sens de la rigueur et de l’intégrité, et cela me rassure.

La troisième raison :- Ministre du Gouvernement de la République, Directeur/Afrique à Washington du Fonds Monétaire International (FMI), Président de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), vous avez acquis un bel éventail d’expériences nationales, internationales et régionales, qui serviront à l’épanouissement du Bénin. Vous pouvez être un homme d’ouverture, capable d’imaginer pour le Bénin une politique de grandeur, et cela me rassure.

Hors ces trois raisons qui tiennent à votre personnalité et à l’homme que vous êtes, il en est trois autres qui tiennent à notre pays et à sa situation actuelle.

La première raison a trait à notre cohésion. Après cinquante ans d’indépendance et pour la première fois de son histoire, notre pays serait confronté à un risque réel d’implosion. Je dis ‘‘serais’’, parce que je ne suis pas Cassandre, je suis plutôt de nature à croire que le meilleur est toujours possible, surtout dans notre pays qui a su, jusqu’à présent, taire ou surmonter vaille que vaille ses contradictions. Mais je suis bien obligé de prendre au sérieux les prévisions pessimistes des Béninois nombreux – parmi lesquels des élus – qui nous voient cette-fois-ci au bord du précipice avec possibilité d’y tomber. Les qualités que je viens de vous reconnaître me font dire que si le peuple vous soutient, vous êtes capable de nous préserver du pire de la division, de restaurer l’unité nationale et de la renforcer. Je vous en crois capable.

La deuxième raison a trait à la justice :- Vous savez parfaitement que l’unité nationale, dans tous les pays, passe par une redistribution équitable des richesses nationales à tous les citoyens. Compte tenu de notre contexte particulier, je vous sais capable de comprendre que l’unité nationale du Bénin passe aujourd’hui par la redistribution la plus équitable possible des postes de direction et de décision entre les cadres du pays sans exclusive, quelles que soient leur origine territoriale et leur confession religieuse. Toute concentration préférentielle et arbitraire de ces postes quelque part entre quelques mains soumises et vénales fait tort à la justice et à notre cohésion nationale. On atteint à l’unité par la justice. Vous le savez, et je vous crois capable de nous mettre sur la voie de la justice pour l’unité nationale.

La troisième raison a trait à l’éducation, que je tiens personnellement pour la plus grande justice à faire à toute personne vivante. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que le deuxième article des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) s’énonce ‘‘Assurer l’éducation primaire pour tous’’. C’est que le premier droit et devoir de la personne vivante est l’éducation. La personne qui vit sans éducation et sans instruction est semblable à une rose en bouton jamais éclose. On m’apprend que votre père, avant d’être administrateur et Ministre de la République, a d’abord été instituteur. Vous voilà, si j’ose dire, aux sources de l’éducation. A la tête de l’Etat, vous aurez à cœur de prendre le relais de Papa, pour faire de tous les enfants du Bénin, vos enfants à éduquer et à instruire. Il est vital pour notre pays qu’aucun enfant n’arrête le cursus scolaire avant d’avoir fait le CM². Cela relève d’une politique de grandeur. Et si l’on veut appliquer une quelconque mesure de discrimination positive, ce ne peut être que là, dans le jardin de l’éducation, en créant des écoles primaires en priorité partout où il n’en existe pas, en y envoyant des instituteurs qualifiés et en incitant les parents à y envoyer les enfants. L’éducation est vitale. Je sais que vous le comprenez, et je vous sais capable de nous amener à le comprendre pour le développement et pour l’épanouissement de notre pays.

Pour la tâche à faire, la triple tâche de restauration de l’unité nationale, de rétablissement de la justice et de l’éradication de l’analphabétisme, vous ne vous appuierez pas seulement sur vos partisans déclarés, vous devrez aussi tenir le plus grand compte des critiques de votre opposition politique ainsi que de la société civile qui sont, avec les media, les piliers qui soutiennent la démocratie, qui empêchent la médiocrité de s’installer dans tous les rouages de l’Etat, qui font barrage à l’impunité au sommet de l’Etat afin que l’Etat ne fasse pas lui-même le lit de la corruption qui amène à la désagrégation du peuple. Si vous entreprenez de les réduire, voire de les détruire en les désorganisant d’une manière quelconque, par le poison de l’argent facile par exemple, en monopolisant les canaux de l’information, en leur refusant l’accès aux media, etc., vous feriez grand tort à la démocratie, vous scieriez la branche qui vous porte, et vous perdriez, de facto, toute légitimité à conduire le Bénin. Mais je compte sur vous, sur vos qualités humaines et intellectuelles et sur votre sens de la responsabilité, pour respecter scrupuleusement les règles démocratiques qui sont, tout uniment, les règles consacrées de développement des peuples.

Voilà, Monsieur le Président, ce que je tenais à vous dire. Compte tenu de votre personnalité et de l’homme que vous êtes, compte tenu de la rigueur et de l’intégrité dont je vous crois capable, si vous êtes effectivement candidat à la Présidence de la République en 2011, je serai des vôtres.
En attendant, je suis patriotiquement vôtre,

Monsieur le Président,

A plusieurs indices et à plusieurs signes, j’estime que la rumeur se fait clameur, et comme jamais aucun démenti n’est venu de vous ou de vos proches, je crois, moi aussi, que l’actuel président de la BOAD, M. Abdoulaye Bio Tchané, sera candidat, est candidat à la Présidence de la République en 2011. Tant mieux !

En disant ‘‘tant mieux’’, je me surprends à prendre position pour vous, alors même que vous ne vous êtes pas encore déclaré candidat, et que ce qui est possible, voire probable, peut ne pas se réaliser. Imprudence de ma part ? C’est possible. Mais je sais, avec le poète, que ‘‘le monde sommeille par manque d’imprudence’’. Je me prononce pour vous et pour votre candidature à la Présidence de la République pour trois raisons qui tiennent à votre personnalité et à l’homme que vous êtes.

La première raison :- Les quelques rares fois que j’ai eu l’occasion de vous approcher, vous m’êtes apparu comme un homme doué d’une vie intérieure, qualité sans laquelle on ne peut pas conduire les hommes. Les grands Maîtres de l’humanité, le Bouddha, Jésus-Christ et Mahomet – pour ne citer que ceux-là – ont tous été des hommes d’une intense vie intérieure. A la tête du Bénin, vous ne serez pas un maître de l’humanité, mais vous avez besoin de leur ressembler fortement pour conduire le petit bout de l’humanité qu’est notre Bénin. J’ai le sentiment que vous pouvez leur ressembler, et cela me rassure.

La deuxième raison :- J’étais Président de Transparency International-Bénin, et vous étiez Ministre de l’Economie et des Finances. Vos tentatives de moralisation de la vie publique, dans vos fonctions ministérielles, m’avaient très favorablement impressionné dans le contexte de laisser-aller général qui prévalait en ces années. On m’avait dit que vous étiez sous pression et susceptible de lâcher prise. J’avais alors décroché mon téléphone de Président, vous avais appelé pour vous demander de tenir bon. Je vous avais senti soucieux et préoccupé. Il me semble que vous avez le sens de la rigueur et de l’intégrité, et cela me rassure.
La troisième raison :- Ministre du Gouvernement de la République, Directeur/Afrique à Washington du Fonds Monétaire International (FMI), Président de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), vous avez acquis un bel éventail d’expériences nationales, internationales et régionales, qui serviront à l’épanouissement du Bénin. Vous pouvez être un homme d’ouverture, capable d’imaginer pour le Bénin une politique de grandeur, et cela me rassure.

Hors ces trois raisons qui tiennent à votre personnalité et à l’homme que vous êtes, il en est trois autres qui tiennent à notre pays et à sa situation actuelle.

La première raison a trait à notre cohésion. Après cinquante ans d’indépendance et pour la première fois de son histoire, notre pays serait confronté à un risque réel d’implosion. Je dis ‘‘serais’’, parce que je ne suis pas Cassandre, je suis plutôt de nature à croire que le meilleur est toujours possible, surtout dans notre pays qui a su, jusqu’à présent, taire ou surmonter vaille que vaille ses contradictions. Mais je suis bien obligé de prendre au sérieux les prévisions pessimistes des Béninois nombreux – parmi lesquels des élus – qui nous voient cette-fois-ci au bord du précipice avec possibilité d’y tomber. Les qualités que je viens de vous reconnaître me font dire que si le peuple vous soutient, vous êtes capable de nous préserver du pire de la division, de restaurer l’unité nationale et de la renforcer. Je vous en crois capable.

La deuxième raison a trait à la justice :- Vous savez parfaitement que l’unité nationale, dans tous les pays, passe par une redistribution équitable des richesses nationales à tous les citoyens. Compte tenu de notre contexte particulier, je vous sais capable de comprendre que l’unité nationale du Bénin passe aujourd’hui par la redistribution la plus équitable possible des postes de direction et de décision entre les cadres du pays sans exclusive, quelles que soient leur origine territoriale et leur confession religieuse. Toute concentration préférentielle et arbitraire de ces postes quelque part entre quelques mains soumises et vénales fait tort à la justice et à notre cohésion nationale. On atteint à l’unité par la justice. Vous le savez, et je vous crois capable de nous mettre sur la voie de la justice pour l’unité nationale.

La troisième raison a trait à l’éducation, que je tiens personnellement pour la plus grande justice à faire à toute personne vivante. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que le deuxième article des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) s’énonce ‘‘Assurer l’éducation primaire pour tous’’. C’est que le premier droit et devoir de la personne vivante est l’éducation. La personne qui vit sans éducation et sans instruction est semblable à une rose en bouton jamais éclose. On m’apprend que votre père, avant d’être administrateur et Ministre de la République, a d’abord été instituteur. Vous voilà, si j’ose dire, aux sources de l’éducation. A la tête de l’Etat, vous aurez à cœur de prendre le relais de Papa, pour faire de tous les enfants du Bénin, vos enfants à éduquer et à instruire. Il est vital pour notre pays qu’aucun enfant n’arrête le cursus scolaire avant d’avoir fait le CM². Cela relève d’une politique de grandeur. Et si l’on veut appliquer une quelconque mesure de discrimination positive, ce ne peut être que là, dans le jardin de l’éducation, en créant des écoles primaires en priorité partout où il n’en existe pas, en y envoyant des instituteurs qualifiés et en incitant les parents à y envoyer les enfants. L’éducation est vitale. Je sais que vous le comprenez, et je vous sais capable de nous amener à le comprendre pour le développement et pour l’épanouissement de notre pays.
Pour la tâche à faire, la triple tâche de restauration de l’unité nationale, de rétablissement de la justice et de l’éradication de l’analphabétisme, vous ne vous appuierez pas seulement sur vos partisans déclarés, vous devrez aussi tenir le plus grand compte des critiques de votre opposition politique ainsi que de la société civile qui sont, avec les media, les piliers qui soutiennent la démocratie, qui empêchent la médiocrité de s’installer dans tous les rouages de l’Etat, qui font barrage à l’impunité au sommet de l’Etat afin que l’Etat ne fasse pas lui-même le lit de la corruption qui amène à la désagrégation du peuple. Si vous entreprenez de les réduire, voire de les détruire en les désorganisant d’une manière quelconque, par le poison de l’argent facile par exemple, en monopolisant les canaux de l’information, en leur refusant l’accès aux media, etc., vous feriez grand tort à la démocratie, vous scieriez la branche qui vous porte, et vous perdriez, de facto, toute légitimité à conduire le Bénin. Mais je compte sur vous, sur vos qualités humaines et intellectuelles et sur votre sens de la responsabilité, pour respecter scrupuleusement les règles démocratiques qui sont, tout uniment, les règles consacrées de développement des peuples.

Voilà, Monsieur le Président, ce que je tenais à vous dire. Compte tenu de votre personnalité et de l’homme que vous êtes, compte tenu de la rigueur et de l’intégrité dont je vous crois capable, si vous êtes effectivement candidat à la Présidence de la République en 2011, je serai des vôtres.
En attendant, je suis patriotiquement vôtre,

Roger Gbégnonvi

Source: Le Quotidien Nouvelle Expression



 

Tag(s) : #Politique Béninoise
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