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L'Observateur  7561 DU MERCREDI 03 FEVRIER 2010

 

 

Présidentielle togolaise : Quand Yamgnane est-il né ?

 

Abdou Assouma, le président de la Cour Constitutionnelle, est un magistrat réputé pour son intransigeance et son sens de la parole donnée. Bien qu’il soit né dans la région de Kara de parents haoussa et qu’il ait été un proche du défunt président Eyadéma, ce géant (1,83cm) septuagenaire aux cheveux grisonnants n’hésite pas à faire entendre une voix discordante à l’occasion de la prise de certaines décisions du RPT, le parti au pouvoir.

 

 

C’est l’institution que préside cet homme-là qui vient donc d’opposer une fin de non-recevoir aux ambitions présidentielles de Kofi Yamgnane, ce 2 février 2010, soit 4 semaines avant la présidentielle togolaise. Plusieurs raisons, selon la Cour, constituent autant d’irrégularités qui invalident la candidature du fils de Bandjéni :

 

 

 

apposition d’empreintes et non de signatures d’électeurs sur le document de parrainage ;

 
doute sur la date de naissance : le passeport français de M. Yamgname indique le 11 octobre 1945 et celui togolais mentionne le 31 décembre 1945.

 

Si sur toutes les anomalies énumérées ci-dessus l’institution judiciaire a passé l’éponge ; par contre sur la question de la date de la venue au monde de l’ancien maire de Saint- Coulitz (Finistère), elle a brandi l’argument suivant : « Cette situation (double date de naissance) est de nature à semer la confusion sur l’identité de la personne et, par voie de conséquence, à fragiliser la sécurité juridique et judiciaire inhérente à la magistrature suprême du pays ».

 

Apparemment, l’antienne que répète à l’envi le recalé, à savoir : « En France, je suis chez moi, au Togo je suis également chez moi » (lire son interview dans l’Observateur Paalga du 27 janvier 2010), n’a pas convaincu les juges de la Cour constitutionnelle. Exit donc Kofi Yamgnane. Un remake de ce qu’a vécu pratiquement Gilchrist Olympio en 2005 et aux présidentielles antérieures. Après donc les valses-hésitations du président de l’Union des forces du changement (UFC) pour cause de maladie et, sans doute, pour des raisons politiciennes, voilà un autre candidat envoyé au tapis par la Cour constitutionnelle.

 

Mais au-delà de l’argumentaire, du reste juridiquement imparable, de cette Cour, certaines questions politiques forcément ne peuvent pas ne pas effleurer l’esprit. C’est tout de même un candidat à la présidence qu’on a écarté de la ligne de départ ! Et généralement, comme politique et droit ne font pas bon ménage...les partisans de Sursaut-Togo, le mouvement de l’ancien secrétaire d’Etat de Mitterrand, ne sont pas loin de penser qu’il s’agit d’une manœuvre pour écarter un adversaire sérieux. On ne peut pas leur donner totalement tort :

 

 

 

Bandjéni, son fief, est dans la région de Kara (Nord), autant dire dans le vivier électoral naturel des Gnassingbé, et il se murmure que Yamgname a fait un formidable travail de sape dans cette partie septentrionale du Togo, une œuvre qui pourrait faire basculer une bonne partie de cet électorat dans le giron de Sursaut-Togo ;


Enfin on est mémoratif qu’il y a 3 mois, un diplomate français en poste à Lomé a été renvoyé à Paris parce qu’il avait des atomes trop crochus avec Yamgnane. A-t-on voulu, par ce recalage, adresser un message fort à la France ?

 

 

Toujours est-il qu’en éliminant le patron de Sursaut-Togo, le nombre de candidats passe de 8 à 7, parmi lesquels pas plus de 3 prétendants valables de l’opposition (moyens, envergure nationale, assise électorale). Ce qui facilite la tâche au président sortant, Faure Gnassingbé, surtout que le mode de scrutin, à un seul tour, s’apparente, pour les opposants africains, à un aller simple pour l’abattoir politique...

 

Par Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

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Tag(s) : #Politique Africaine
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