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Dakar, le 11 Novembre 2011

  

  

Pr. Iba Der THIAM

 

  

Agrégé de l’Université

 

 

Docteur d’Etat

Ancien Ministre

Député à l’Assemblée Nationale

Villa 5257 Sicap Liberté IV

Tél. /Fax: (221) 824 07 57

DAKAR (Sénégal)

 

 

 

Professeur Iba Der THIAM: Je suis fier de défendre les marchands ambulants

  

 

 

 

Je suis fier de soutenir les marchands ambulants, parce qu’il s’agit de citoyens sénégalais, qui, plutôt que de vadrouiller à ne rien faire, ont décidé de ne vivre qu’à la sueur de leur front, en exerçant un travail ingrat, nuit et jour, sur la chaussée et les trottoirs, parce que, malgré les efforts louables entrepris, depuis 2000, notamment, on ne leur a pas, encore, aménagé des espaces adéquats, pour qu’ils cessent de déambuler, sous la chaleur et au milieu des intempéries, au détriment de leur santé et de leur sécurité.

Je suis fier de soutenir les marchands ambulants, parce que l’Alternance leur doit une dette morale. Ils ont contribué à la victoire du 19 Mars 2000, pour une large part.

Sans leurs voix, nous ne serions, jamais, là où nous sommes, en ce moment.

 

Je suis fier de soutenir les marchands ambulants, parce que le Président Abdoulaye WADE avait, publiquement, proclamé, que son arrivée au pouvoir marquerait «la fin de la politique du bulldozer» et qu’on ne devrait plus déguerpir quiconque (habitat irrégulier comme marchand ambulant), si on ne lui a pas trouvé, en amont, un autre espace d’accueil, pour que l’intéressé puisse continuer à travailler, dignement.

 

Le droit au travail est inscrit dans notre Constitution, au Titre II, Article 8.

C’est une fierté et une gloire pour notre pays.

 

Je suis fier de soutenir les marchants ambulants, parce que leur problème n’est, ni un problème personnel, ni un problème communal, ni un problème régional, ni un simple problème administratif. Il est un problème national, économique, social, politique et culturel.

Il y a, à peine, quelques semaines, les marchands ambulants ont signé avec le Président WADE, un pacte historique et lui ont réservé un accueil inoubliable.

 

Ce qui s’est passé, ces jours-ci, a remis en cause beaucoup de choses. «Œuvre de tant de jours, en un jour effacée», comme aurait dit Corneille. C’est une catastrophe.

Détruire les abris et biens de citoyens, en leur absence, 4 jours après la Tabaski, alors que nombre d’entre-eux étaient retournés au village, pour les mobiliser au service de notre cause, n’est pas bien.

 

Cela dit, personne n’a le droit d’occuper la rue et les devantures des maisons d’autrui, au point de plonger les riverains dans un climat d’étouffement, synonyme d’insécurité permanente, car la liberté de chacun s’arrête là où commence celle de son prochain.

 

Pour sortir de cet imbroglio, il n’y a qu’une seule solution: la discussion, la concertation, la recherche de solutions alternatives, dans la paix, pour recaser tous les déguerpis dans des espaces compatibles avec le patrimoine commercial de chacun. Cela est possible.

La violence n’a, jamais, rien résolu et ne résoudra, jamais, ce problème.

La CAP 21, dès Septembre 2001, l’avait dit et écrit dans ses 109 propositions au Gouvernement.

 

Au nom de tout ce qui précède, je tiens à ce que les choses soient claires. Je ne renoncerai, jamais, à mes convictions. Je serai, toujours, aux côtés des faibles et des déshérités, des laissés pour compte, des travailleurs et des victimes de l’injustice.

 

Ma porte et mon téléphone seront, toujours, ouverts à ceux qui veulent me voir, ou communiquer avec moi.

 

Je n’ai, jamais, pris contact avec quelque marchand ambulant, que ce soit. Ce sont eux, qui m’ont demandé audience et sont venus m’exposer leurs problèmes, pour que j’en informe, qui de droit. C’est ce que j’ai fait, à travers ses plus proches collaborateurs. Si c’était à refaire, je le referais, parce que, là, réside toute l’utilité sociale du mandat, que le peuple m’a confié, devant Dieu et les hommes.

Je suis prêt à en assumer toutes les conséquences.

 

Je le dis, tout haut. Ce qui s’est passé, le Jeudi 10 Novembre 2011, à Colobane, aurait pu être évité, en faisant preuve davantage d’intelligence, de patience, d’ouverture, de volonté de dialogue, de sens des responsabilités, de souci de l’intérêt supérieur de l’Alternance et du Sénégal, mais, surtout, d’humilité et de paix.

 

Ce mois de Novembre 2011 n’a pas besoin de tensions, encore moins, de violences, dans l’environnement national, sous-régional, africain et mondial, que l’on sait.

 

La force de notre pays réside dans sa stabilité.

Le Sénégal a un besoin inextinguible de paix (je répète ce mot, à dessein), de concorde, de concertation et de tolérance, pour conforter l’image, que beaucoup d’Etats lui envient.

 

Si je peux y aider, un tant soit peu, j’en serais satisfait, parce que j’aurais le sentiment d’avoir fait mon devoir, rien que mon devoir, mais tout mon devoir.

 

Professeur Iba Der THIAM


 

 


 

 
 
 
 
Tag(s) : #Politique Africaine

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