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09 Septembre 2011
 
 
 
 
Mais comment a-t-on pu en arriver là alors qu’il y a encore deux mois, la fusion entre Reunica et ProBTP s’annonçait sous les meilleurs auspices ?
 
C’était sans compter les jeux politiques.
Petit retour en arrière : on se souvient des pressions exercées par l’AG2R qui voyait dans ce rapprochement s’éloigner la possibilité d’absorber REUNICA et de résoudre en même temps que ses problématiques informatiques une situation financière critique.
 
Nous n’irons pas jusqu’à dire que si cette fusion capote comme cela semble s’annoncer, cela fera les affaires d’AG2R-La Mondiale.
 
A vouloir à tout prix respecter ses engagements et faire ce qu’elle avait dit, REUNICA va certainement devoir renoncer à une belle opportunité qui présentait un réel intérêt économique tant pour elle au regard du potentiel d’économies de gestion envisagé, que pour le secteur dans la mesure où la majeur partie de ces économies aurait été réalisée au bénéfice de la retraite complémentaire.
 
Erreur tactique, naïveté ou excès de loyauté ? Toujours est-il que pour ne pas prêter le flanc aux attaques, et afin que la fusion avec Pro BTP soit irréprochable, REUNICA avait adopté une ligne de conduite claire et tout à fait honorable qui consistait à affirmer haut et fort qu’elle respecterait scrupuleusement les recommandations des fédérations AGIRC-ARCO. Notamment l’article 17 qui impose une organisation avec sommitale unique dans le cas de rapprochement entre deux organismes de protection sociale.
 
C’est certainement là l’erreur (ou le piège).
 
De son côté, Pro-BTP a encore récemment réaffirmé le caractère professionnel de son organisation et estimé, compte tenu du poids représenté dans l’alliance, qu’il n’y a aucune raison d’y renoncer. Pro-BTP, ou du moins son directeur général, aurait, semble t-il proposé durant l’été une alternative qui sonne davantage comme un ultimatum que comme une ouverture. Il laisse le choix entre :
D’une part le projet de rapprochement initial avec le maintien d’une gouvernance à deux sommitales (une sommitale à caractère professionnel côté Pro-BTP et une sommitale paritaire pour REUNICA)
 
D’autre part la possibilité d’un traité de coopération en matière de prévoyance et une plate-forme informatique commune sous la direction de Pro-BTP.
Autrement dit la fusion à nos conditions sinon rien !!
 
On s’interrogera sur les raisons d’une telle intransigeance et comment un DG peut à ce point négliger les intérêts économiques pour privilégier une lecture politique. Reconnaissons pour sa défense, que rien n’empêche de penser que l’AGIRC-ARCO, en imposant à REUNICA de respecter la règle de la sommitale unique, avance masqué. Pro BTP peut en effet considérer que l’intention de l’autorité régulatrice, sous couvert de répondre aux recommandations des pouvoirs publics qui visent à encourager les mouvements de concentration, est de mettre tout simplement son nez dans les affaires d’un groupe puissant dont le caractère professionnel lui garantissait jusqu’à ce jour une forme d’indépendance.
 
En attendant, REUNICA reste une belle à marier dont la dote permettrait à AG2R La Mondiale de satisfaire les critères de SOLVENCY II. Mais les prétendants ne manquent pas. Gageons qu’ils ne tarderont pas à se manifester dans les prochains mois, le puissant Malakoff-Médéric en tête…
 
A suivre
 
Source: MEDIAPART
 


 
 
 
Tag(s) : #POLITIQUE FRANCAISE

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