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Publié le 17 juin 2012

 

S(égo) Royal: Falorni M'A TUER

 

Hervé ROUACH
Agence France-Presse
Paris

 

 

Défaite aux législatives à la Rochelle (ouest), Ségolène Royal a subi dimanche un nouveau revers cinglant, doublé de l'embarras d'avoir été entraînée à son corps défendant dans un imbroglio politico-sentimental avec la Première dame de France.

Comme beaucoup de ses amis le craignaient, la candidate socialiste à la présidentielle de 2007 a été sévèrement battue dimanche par un dissident de son propre parti, Olivier Falorni, au terme d'une campagne enflammée par l'affaire du tweet de Valérie Treirweiler, la compagne du président français, qui a publiquement soutenu son adversaire.

 

Il y a cinq ans, cette femme de 58 ans avait porté les espoirs de toute la gauche. Audacieuse, bousculant les codes, elle avait eu l'ambition de devenir la première femme à diriger la France. Mais elle avait échoué face au conservateur Nicolas Sarkozy.

Cette année, après la victoire à la présidentielle de son ancien compagnon François Hollande qui l'empêche de facto d'occuper une fonction gouvernementale, elle briguait la présidence de l'Assemblée nationale, un poste largement honorifique qui lui semblait promis. Mais il lui fallait pour cela être élue députée.

 

Dans la soirée de dimanche, en annonçant elle-même sa défaite face à un adversaire qui a obtenu près de 63% des voix, Ségolène Royal n'a pas dissimulé son amertume et sa tristesse.

«C'est le résultat d'une trahison politique puisque la mobilisation de l'UMP (droite) a été associée à l'utilisation malhonnête de l'étiquette majorité présidentielle» par le dissident socialiste, a dit à chaud Ségolène Royal.

«Toujours la trahison trahit le traître», a-t-elle ajouté, précisant qu'elle voulait continuer à «peser sur les choix de la politique nationale».

 

À cette défaite politique est venue s'ajouter une blessure personnelle.

 

En prodiguant sur Twitter ses encouragements à Olivier Falorni, alors que le chef de l'État et l'ensemble de l'establishment socialiste soutenaient Ségolène Royal, la Première dame a déclenché la première crise du mandat Hollande et laissée «meurtrie» celle qu'elle considère toujours apparemment comme sa rivale.

 

Car Ségolène Royal a partagé pendant près de trois décennies la vie du nouveau président, avec qui elle a eu quatre enfants et formé l'un des rares couples en politique. «Je ne suis pas un robot (...) Je demande le respect par rapport à une mère de famille dont les enfants entendent ce qui se dit», a-t-elle dit après cet épisode qui a fait les délices de la presse.

«Je pense que ça n'a pas arrangé les choses, pourrais-je dire pudiquement», a-t-elle encore commenté dimanche.

Personnalité marquante de la vie politique française, cette femme élégante, à l'aise devant les médias et les objectifs des caméras, aura essuyé échec sur échec depuis 2007.

En 2008, elle n'était pas parvenue à prendre la tête du Parti socialiste, battue par la maire de Lille (nord) Martine Aubry, au terme d'un vote interne entaché de soupçons de fraude. Elle n'a pas exclu dimanche de briguer une nouvelle fois cette fonction.

À l'automne 2011, elle repart au combat pour essayer d'arracher l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2012 lors d'une primaire ouverte pour la première fois à tous les électeurs, et pas seulement aux militants socialistes.

 

Elle se positionne plus nettement à gauche qu'en 2007, mais la défaite est particulièrement douloureuse. Ségolène Royal, arrivée quatrième sur six candidats, fond en larmes. «C'est beaucoup de choses données, beaucoup de déceptions pour tous ceux qui m'ont soutenu... c'est très dur», confie-t-elle alors. «Je m'en remettrai parce que je suis forte», ajoutait-elle immédiatement.

Quelques jours plus tard, elle se ralliera à François Hollande, le mieux placé des socialistes pour battre Nicolas Sarkozy. Elle avait ensuite fait campagne pour son ex-compagnon avec loyauté, mais en observant un certain retrait.

 

Battue aux législatives, Ségolène Royal reste présidente de la région Poitou-Charente (ouest), une fonction qu'elle occupe depuis 2004 et à laquelle elle a été réélue en 2010. Se relèvera-t-elle, une fois encore, de cette déconvenue ?

 
 
Tag(s) : #POLITIQUE FRANCAISE

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