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Jeudi 26 janvier, 2012

  

 

SENEGAL: Cheikh Tidiane Diakhaté, l’entêtement d’un juge récidiviste, à la loyauté presque compulsive envers Abdoulaye Wade

 

 

Par Souleymane Jules Diop

 

 

« Il n’y a d’opposition qu’inconditionnelle
dès lors qu’il s’agit de substituer
un système de gouvernement à un autre.
Retoucher, aménager le pouvoir absolu,
c’est déjà composer avec lui »


François MITTERRAND

 

 

Pour la première fois depuis fort longtemps, ce n’est pas ce que va faire Abdoulaye Wade qui va compter pour nous sénégalais, mais ce que va dire Cheikh Tidiane Diakhaté. Depuis deux ans, nous tentons de pousser le chef de l’Etat au choix qui nous semble le meilleur, le seul qui l’honore vraiment, qui le ferait entrer dans le petit cercle des chefs d’Etat africains ayant quitté le pouvoir par la voie pacifique. C’est à la mesure des dangers auxquels nous expose un troisième mandat sollicité en violation de la Constitution, à bientôt 90 ans.

 

D’abord en petit groupe, nous avons ensuite été rejoints par toutes les forces vives de ce pays et la quasi-totalité de nos partenaires au développement. Abdoulaye Wade s’est montré défiant envers son peuple, qui s’est soulevé plusieurs fois pour arrêter ses velléités monarchiques. Il emploie aujourd’hui son chauvinisme déplacé et son arrogance passionnée contre l’administration Obama, dans des termes qui rappellent ceux du sanguinaire Bachar El Assad et du tyrannique Ahmedinejad. Aucun homme religieux ne le défend, aucune organisation crédible ne l’appuie, aucun parti politique sérieux ne soutient son projet. C’est reclus dans son palais avec quelques souteneurs zélés qu’il a confectionné son dossier de candidature à la hâte, dans une précipitation qui révèle l’amateurisme de ses hommes et la gêne qu’ils éprouvent. Et nous voilà, à la veille d’une grande confrontation, soumis à l’attente éprouvante des délibérations du Conseil constitutionnel et de son président. C’est de ces cinq hommes qu’Abdoulaye Wade et ses hommes de main ont pris en otage en faisant semblant de les protéger, que dépend désormais l’avenir du pays. A Cheikh Tidiane Diakhaté aussi, nous avons fait entrevoir la portée de sa décision, qui lui fera entrer dans l’histoire s’il fait preuve courage et d’indépendance en désavouant Abdoulaye Wade. La communauté internationale est trop impliquée dans cette élection, pour qu’il puisse lui arriver quoi que ce soit d’épouvantable, s’il rendait un arrêt défavorable au président Abdoulaye Wade.

 

Mais nous n’avons rien pu faire contre l’entêtement d’un juge récidiviste, à la loyauté presque compulsive envers Abdoulaye Wade et d’une traitrise maladive quand il s’agit de son peuple. Les appels de ses nombreux amis, la peur des membres de sa famille de le voir trahir n’ont en rien entamé sa détermination à se déshonorer. Cheikh Tidiane Diakhaté assume que le coup tordu qu’il se prépare à asséner au peuple sénégalais sera sans conséquence. « Les gens vont manifester un peu et après ils vont se calmer », a-t-il assuré au chef d’Etat octogénaire, content de noter chez son juge un « esprit positif ».

 

Face à une nuée aussi fangeuse que nauséabonde, point besoin d’être plus long. Il faut être court, précis et déterminé : chacun doit se préparer à sacrifier sa vie pour le bien de son peuple. Je dis bien chacun, à commencer par les candidats à la présidence de la République. S’ils veulent justifier le bien fondé de leur prétention à diriger la République, ils doivent commencer par la défendre quand elle est menacée. J’avais dit ailleurs que c’est aux juges du Conseil constitutionnel de dire ce qui doit être, c’est à nous de dire ce qui va être.

 

Tout se résume donc à ce principe kantien qui doit être au cœur de la foi militante de chacun, « agis comme si tout dépend de toi ». J’ajouterai que si Ousmane Ngom nous refuse notre liberté, c’est à nous de la prendre.

 

PS :

Je vais faire un petit commentaire suite à notre défaite en Coupe d’Afrique des Nations, pour dire ceci : les entraîneurs comme les présidents, il convient de bien les choisir.

 

Nous avons désigné un homme qui n’a jamais été brillant en tant que footballeur, se contentant de piètres performances en divisions inférieures. Mais surtout, il n’a jamais pu trouver une place en équipe nationale et nous avons voulu en faire l’entraîneur de cette équipe. Pour terminer, j’ajouterai ceci et que ceux qui sont endeuillés par la défaite de mercredi me pardonnent : c’est avec pieds qu’on joue au foot, mais c’est avec le cœur qu’on gagne un match. Que tout le monde s’y mette pour chasser Abdoulaye Wade du pouvoir et tout ira mieux. C’est un porteur de poisse.

 

SJD

source:

Seneweb.com

 

 



 
 
Tag(s) : #Politique Africaine

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