Politique Africaine

Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 15:44
  • Propos recueillis à Abidjan par Pierre Prier
    14/12/2009 
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    Crédits photo : Le Figaro

    Le président ivoirien, Laurent Gbagbo, revient sur la situation politique actuelle de son pays et sur la fin de la guerre civile en 2007.

    Après six reports, le président ivoirien Laurent Gbagbo s'est entendu avec l'opposition pour tenir l'élection présidentielle entre fin février et début mars. Le scrutin devrait mettre fin à la période tumultueuse ouverte en 2002 avec une tentative de coup d'État venue du nord du pays. Les rapports de la France avec cet opposant historique au président Houphouët-Boigny se sont dégradés, Paris reprochant à Gbagbo de ne pas jouer le jeu des accords de Marcoussis, encadrés par la France et instaurant un gouvernement d'union nationale, Gbagbo accusant la France de vouloir sa perte.

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    LE FIGARO. L'ONU et d'autres vous pressent de fixer une date pour la présidentielle. Que leur répondez-vous ?

    Laurent GBAGBO. Je n'ai pas de date à donner. C'est la Commission électorale indépendante qui propose. La CEI a beaucoup de travail, car elle délivre en même temps les cartes d'électeurs et les cartes d'identité. La CEI dépend de l'État pour son financement, et je suis bien placé pour savoir que l'État ne dispose pas toujours de l'argent qu'il faut.

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    Quels sont les obstacles à l'établissement des listes électorales ?

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    Nous avons tous sous-estimé les difficultés. Il y avait une voie plus facile. En 2007, après la signature des accords de Ouagadougou (qui ont mis fin à la guerre civile et amené le leader de la rébellion Guillaume Soro au poste de premier ministre, NDLR), j'avais proposé de faire remettre à jour les listes de 2000 par les préfets. On aurait pu tenir des élections en décembre 2007, ou courant 2008. On a choisi une autre solution. On a dépensé des sommes folles pour établir des cartes d'identité numériques, pour un résultat qui n'est pas meilleur. Mais nous sommes presque à la fin du processus.

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    Il reste plus d'un million de cas litigieux. Seront-ils résolus à temps ?

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    Oui. Il n'y a plus de débat politique. Il ne s'agit plus que de cas individuels.

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    Peut-on tenir une bonne élection quand dans le Nord, malgré l'installation des préfets, l'ex-rébellion contrôle les ressources naturelles, prélève des taxes…

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    On peut en tout cas tenir une élection. C'est un débat qui va s'achever bientôt. C'est très difficile de sortir d'une rébellion.

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    Vos relations avec la France ont été tumultueuses depuis le coup d'État manqué de 2002. Avec le recul, comment jugez-vous cette période ?

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    Je témoignerai un jour en détail. Mais je pense que les dirigeants français de l'époque n'ont pas été sages. Ils ont nui à la France, et ils ont nui à l'Afrique.

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    Charles Pasqua a accusé Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l'Élysée, d'avoir «planifié le renversement de deux chefs d'État africains». Tout le monde a pensé que vous étiez l'un des deux concernés par l'allusion. Et vous ?

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    Eh bien, je fais partie de «tout le monde».

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    Pensez-vous toujours que les accords de Marcoussis vous ont été imposés ?

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    Oui, et c'était une très mauvaise idée. S'il fallait recommencer Marcoussis, je ne le recommencerais pas. Mais c'est du passé. On est sorti de la crise par l'accord de Ouagadougou, pas par Marcoussis.

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    Quels sont aujourd'hui vos rapports avec la France ?

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    Je ne porte pas de jugement idéologique. Je dis que depuis que Nicolas Sarkozy a succédé à Jacques Chirac, je me sens mieux. Je me sens plus à l'aise pour mener tranquillement la sortie de crise.

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    Deux juges français viennent de demander l'aide de la Cour pénale internationale dans la disparition du journaliste français Guy-André Kieffer. La demande vise votre épouse et plusieurs autres personnalités ivoiriennes. Que répondez-vous ?

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    Depuis le départ, certains juges français, non seulement font fausse route, mais tiennent à une politisation de la disparition du malheureux Kieffer. Quelle est la raison qui pousserait des personnalités politiques ivoiriennes à faire disparaître quelqu'un qui est somme toute un citoyen lambda ? Ce n'est pas parce qu'il est français qu'il est important. En France, des dizaines de gens disparaissent, et on ne va pas chercher du côté de la présidence de la République. Certes, c'est le droit des juges d'enquêter, mais cela commence à bien faire. Toutefois je ne pense pas que l'exécutif français soit impliqué dans cette demande.

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    La «Françafrique» existe-t-elle encore ?

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    Si des gens songent à renverser un chef d'État dans un pays qui n'est pas le leur, alors, oui, elle existe encore.

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    La France est-elle toujours un partenaire privilégié de la Côte d'Ivoire ?

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    Les rapports de l'Afrique et de l'Occident ont changé avec la fin de la guerre froide. Mandela a été sorti de prison et présenté comme un modèle par ceux-là mêmes qui le qualifiaient de terroriste. Les États africains ont accru leur indépendance. C'est valable pour la Côte d'Ivoire.

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    Mais y a-t-il encore des liens particuliers sur le plan économique ?

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    Les ex-colonies françaises s'ouvrent à tous ceux qui veulent les aider. Certes, elles sont plus à l'aise avec la France. Mais la langue n'est pas un lien qui maintient prisonnier. Le Rwanda, francophone à l'indépendance, est sous nos yeux en train de devenir anglophone. Les peuples africains s'adressent à d'autres pays à cause de la lourdeur et des conditions parfois humiliantes posées par l'ancienne puissance coloniale, ou par l'Union européenne. Aujourd'hui, il est plus facile de discuter avec la Chine, l'Inde ou l'Iran pour l'industrie, et avec les pays arabes pour les prêts. Nous construisons l'autoroute Abidjan-Yamoussoukro avec des prêts de la Banque islamique de développement et de la Banque arabe pour le développement en Afrique. Ce n'est pas antifrançais, mais l'occasion se présentait, et la discussion était plus facile.

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    La Côte d'Ivoire vient tout de même de bénéficier de l'initiative PPTE (pays pauvres très endettés) du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que d'importantes remises de dettes par la France.

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    Quand on est un pays trop endetté, comme c'est le cas de la Côte d'Ivoire à cause des régimes précédents, le FMI et la Banque mondiale sont des recours indispensables, principalement parce que leur label nous ouvre la porte des prêteurs privés.

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    Il y a l'Afrique de l'espoir et celle qui désespère. Est-elle vouée aux juntes militaires, comme votre voisin guinéen ?

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    Moi, je ne désespère pas. Simplement il faut que les Guinéens, et la classe politique trouvent une solution interne et volontariste, comme nous l'avons fait. Mais l'Europe ne doit pas regarder la Guinée avec condescendance. Où en était la France en matière de stabilité, cinquante ans après la prise de la Bastille ? C'est cent ans après les indépendances que l'on pourra juger.

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    En Europe, il a fallu beaucoup de temps et de nombreuses guerres pour tracer des frontières définitives. En ira-t-il de même en Afrique ?

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    La décision de l'Organisation de l'union africaine, en 1963, de ne pas remettre en cause les frontières coloniales a été sage. Mais je pense que les États africains ne resteront pas dans ces frontières. Je ne pense pas à des guerres, mais à des alliances et à des accords. Il y aura des regroupements sous forme de fédérations ou de confédérations, qui ne seront pas construites sur des bases idéologiques mais pragmatiques.

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Source: LE FIGARO.FR

 





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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 16:56

 


[ VIDEO ] Arrestation musclée de certains compagnons présumés de Toumba Diakité par la junte


 


Depuis la tentative d'assassinat contre le chef de la junte, par son aide camp, Aboubacar Toumba Diakité, un important dispositif de sécurité a été déployé à travers le pays.Dans une traque infernale, la junte s'est lancée aux trousses de Toumba Diakité et de ses compagnons, accusés de complot contre le régime du Capitaine Dadis.Quelques heures après la tentative d'assissinat contre le chef de la junte, certains compagnons "présumés" d'Aboubacar Toumba Diakité, sont tombés aux mains des fidèles du Capitaine Dadis. Voici une vidéo exclusive sur leurs conditions de détention à Conakry....

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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /2009 18:18
 

Togo. Kofi Yamgnane assigné à résidence

 

9 décembre 2009

 

Candidat à la magistrature suprême dans son pays natal, Kofi Yamgnane vient d'être assigné à résidence par le ministre de l'Intérieur togolais. Une étape de plus dans la tentative de faire barrage à cette candidature qui inquiète le pouvoir en place.

 

  • (Photo Claude Prigent)

À moins de trois mois de l'élection présidentielle au Togo, la cote de sympathie grandissante de Kofi Yamgnane rendrait-elle fébrile le clan du président sortant, Faure Gnassingbé? On est tenté de le croire après les dernières tentatives d'intimidation dont il fait l'objet. Hier, l'ancien ministre de François Mitterrand s'est en effet vu signifier une assignation à résidence. Une injonction qui lui a été transmise oralement par le ministre de l'Intérieur togolais. «Mon père a décidé de passer outre, et il continue sa campagne», a indiqué au Télégramme sa fille Amina, en milieu d'après-midi.

Kofi accusé d'acheter des cartes d'électeurs

Bref, Kofi fait front. Mais jusqu'à quand? On peut se le demander alors qu'une campagne de dénigrement savamment relayée par quelques médias nationaux à la botte du pouvoir tente d'atteindre sa moralité. Sans la moindre preuve à l'appui, est véhiculée la rumeur selon laquelle les partisans de Kofi achèteraient des cartes d'électeurs auprès de la population, afin de recueillir les 20.000 signatures indispensables pour le dépôt de sa candidature. L'arroseur arrosé... Et un retour du bâton plutôt cruel pour celui qui, il y a encore trois semaines, parcourait l'union européenne en dénonçant la corruption du pouvoir en place. Mais ce n'est pas tout. Lundi, les médias togolais ont relayé l'expulsion d'Eric Bosc, premier secrétaire de l'ambassade de France à Lomé, chargé du suivi de la politique intérieure du pays. Il était vraisemblablement reproché à ce Breton d'origine sa sympathie particulière pour l'ancien maire de Saint-Coulitz. Cette information a été confirmée, hier, par Bernard Valero, le porte-parole du quai d'Orsay. «La France a pris une mesure réciproque, et a demandé le départ d'un diplomate de l'ambassade du Togo», a-t-il précisé.

Les journalistes français indésirables

Pendant ce temps, au consulat du Togo à Paris, l'hôtesse d'accueil téléphonique en charge de réceptionner les demandes de visa, ne fait pas dans la dentelle. «Vous n'avez qu'à vous débrouiller avec le site internet», explique-t-elle avec un aplomb, à la limite de l'impolitesse, aux journalistes désireux de suivre la préparation des élections. C'est un fait: pour entrer au Togo aujourd'hui, la mention «journaliste français», sur la demande d'inscription, est rédhibitoire. On ne vous dit pas «non», on laisse courir. Jusqu'au jour J, où vous êtes déclarés indésirables. C'est ainsi que quatre confrères ont été éconduits récemment à l'aéroport. Plus futés, deux autres journalistes ont réussi à passer entre les mailles du filet, soit en entrant par le Bénin, soit en demandant le visa touriste. Dans le camp de Kofi, on compte bien dénoncer l'ensemble de ces agissements dans les prochains jours «au plus haut niveau des instances européennes». Mais, pour l'heure, on préfère positiver. «Tous les moyens sont bons pour décourager Kofi. Cela confirme que sa candidature est prise très au sérieux».

© Copyright Le Télégramme 2009





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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /2009 13:58

Note de lecture:

Ce problème de la contamination radioactive concerne aussi les populations béninoises où aucune étude sérieuse n'a été réalisée à ce jour. Avec le bradage du port de Cotonou au Groupe Bolloré, de nombreux camions nigériens vont sillonner nos villes et nos campagnes pour convoyer l'uranium pur vers le port.

 

Imaginez des camions vétustes se renversant sur notre sol avec leur cargaison de minérais? Un mode de transport impossible en occident, destinataire final. On aurait pu demander au groupe Bolloré de réaliser le chemin de fer Niger-Parakou avant de lui concéder le port de Cotonou. Mais, comme les change-menteurs ne se soucient guère de la santé de nos populations, la messe a été vite dite.

 

I.B.

 

Samedi 5 décembre 2009

 


L'uranium nigérien - contamination radioactive des populations

 


L’association de défense de l’environnement Greenpeace a publié un rapport sur les mines d’uranium exploités par le groupe français Areva, au nord du Niger. Une équipe de l’organisation s’est rendue sur les lieux du 1er au 9 novembre. Cette étude révèle les risques de contamination radioactive pour les populations locales.

L'association de défense de l'environnement Greenpeace relève des niveaux élevés de radiation dans les rues d’Akokan à l’ouest d’Arlit. « Les enfants qui jouent dans ces rues, explique le rapport, sont exposés à des risques inacceptables des rayonnements radioactifs.» A certains endroits de cette cité minière, la dose de radiation au niveau du sol est 500 fois plus élevée que le niveau naturel constate Greenpeace. « Même les passants peuvent être exposés gravement » note le mouvement écologiste.

Dans un article du Monde Diplomatique de juin 2008, Anna Bednik décrivait l'action du mouvement touareg MNJ (Mouvement des Nigériens pour la justice) pour que les collectivités locales nigériennes puissent avoir le contrôle des recettes de l'exploitation de l'uranium. Le Niger est le troisième exportateur mondial de ce minerai. Il est exploité par deux sociétés franco-nigériennes dont Areva NC est l’actionnaire majoritaire. Mais le gouvernement nigérien commercialise désormais une partie de la production directement sur le marché, et le monopole français de l’extraction de l’uranium au Niger est terminé. A. Bednik indique notamment qu'en novembre 2007, Sino-Uranium, filiale de l’entreprise publique chinoise China National Nuclear Corporation (CNNC) qui explore depuis 2006 l’importante concession de Tegguidda, a obtenu le permis d’exploitation du gisement d’Azelik. Au vu des actions de la guérilla touaregs contre la CNNC,
l'hypothèse d'une manipulation de celle-ci par Areva a été avancée pendant un temps, puis démentie par la suite. Une dialectique entre violence des rebelles et le durcissement du gouvernemet de Niamey s'est engagée dans un contexte d'appauvrissement croissant des populations locales et de désertification, avec toutes les conséquences que l'on peut imagine (sur la répression, voir par exemple le témoignage d'Amnesty International en 2007).

Dans une préface au récent livre de Yash Tandon "En finir avec la dépendance à l'aide" (exd. CETIM), l'économiste Samir Amin, contributeur de l'Atlas alternatif, cite la situation du Niger comme illustration de l' "aiguisement des conflits pour l'accès aux ressourcs naturelles de la planète", contexte dans leque les pays du Nord entendent se réserver l'accès exclusif à une "Afrique "utile" (celle des ressources naturelles), et en interdire l'accès aux "pays émergents" " comme la Chine. L'aide au développement (dont les modalités sont définies de façon unilatérale et qui, dans le cas du Niger, représente la moitié de son buget) servant à maintenir les classes moyennes nationales dans une position clientélaire à l'égard des pays riches.

F. Delorca



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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /2009 22:58

Le gros scandale du cacao ivoirien

 

 

05-12-2009

 

L’exemple du cacao ivoirien illustre de manière édifiante comment l’Afrique a perdu le contrôle de ses productions et de son négoce international. Il ne lui reste plus que ses champs. Pour combien de temps ?

 

La Côte d’Ivoire est le premier exportateur mondial de cacao mais elle ne sait pas combien elle exporte. Depuis la mort d’Houphouët-Boigny et l’annonce d’une libéralisation en trompe l’œil, des milliers de tonnes quittent Abidjan et San Pedro en vrac. Les poids réels ne sont connus qu’aux ports d’arrivées.

Quelle aubaine pour les acheteurs ! Mais quel drame financier pour le pays, qui accuserait un manque à gagner de 200 à 300 milliards de FCFA, et pour les producteurs qui ont vu en dix ans leurs revenus fondre de 50%.

Au-delà de l’exemple ivoirien, le plus significatif par les volumes, l’enquête que nous livrerons au fil de nos prochains numéros, s’intéresse aussi à la filière du coton au Mali et au Burkina Faso, de la noix de cajou en Guinée Bissau, de l’arachide au Sénégal...

Partout le même constat. Après avoir vendu leurs flottes, libéralisé leurs ports, sous-traité leurs systèmes de contrôles, les pays africains exportateurs de matières premières, quelque soit leur géographie, sont tous devenus des pays enclavés.

La libéralisation, telle que prescrite par la Banque mondiale, s’est noyée dans les intérêts particuliers et dans l’asymétrie d’information.

 

Enquête menée par Adama Wade et Dominique Flaux, à Amsterdam, Abidjan, Genève, Paris, Dakar, Bamako et Casablanca. A suivre dès le No 101 du jeudi 10 décembre.

 

Source: Les Afriques 



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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /2009 14:10

Guinée: Dadis, le chef de la junte "évacué au Maroc"

 



"Il a été évacué au Maroc", a déclaré le commandant Faro, sans donner davantage d'informations.

Le chef de la junte au pouvoir en Guinée, Moussa Dadis Camara a été "évacué au Maroc", au lendemain d'une tentative de meurtre à Conakry par son aide de camp, a affirmé vendredi à l'AFP un ministre guinéen, le commandant Kélétigui Faro.

 

Une source sécuritaire à l'aéroport de Conakry a confirmé "le départ par avion" du chef de la junte, sans préciser vers quelle destination.

Moussa Dadis Camara n'avait pas voulu prendre l'avion médicalisé que le Sénégal lui avait envoyé pour être soigné à Dakar, avait assuré vendredi matin un responsable sénégalais à l'AFP.



(source officielle)

 

AFP 04.12.09 | 11h59


 

 

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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 19:33
Mainmise sur les terres africaines ?
 
 
La multiplication d’achats ou d’affermages de terres africaines par des étrangers inquiète
 
L’acquisition ou l’affermage de millions d’hectares de terres africaines par des sociétés étrangères a provoqué un intense débat parmi les agriculteurs, les responsables politiques et les économistes du continent. Afrique Renouveau examine les questions que posent ce phénomène et les controverses qu’il provoque.

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 dimanche 29 novembre 2009 / par notre partenaire Afrique Renouveau

La multiplication d’achats ou d’affermages de terres africaines provoque des inquiétudes à travers le continent comme en dehors de l’Afrique. Le phénomène a fait les gros titres de la presse qui le dénonce sans ménagement.

Cette levée de boucliers s’explique par l’histoire du continent où les puissances coloniales et les colons étrangers s’emparaient arbitrairement des terres africaines et déplaçaient les populations qui y vivaient. Mais des considérations pratiques ont aussi une grande importance. Nombre de ces transactions se font sans contrôle, sans transparence, en l’absence de toute réglementation et sans garanties pour l’environnement ni pour la protection des petits paysans contre la perte de leurs droits d’usage coutumiers sur ces terres.

 

Des millions d’hectares en jeu

 

L’importance des surfaces concernées a aggravé les inquiétudes. Le projet d’affermer 1,3 million d’hectares à la société sud-coréenne Daewoo a été un facteur clé dans la mobilisation qui a abouti à l’éviction du président malgache Marc Ravalomanana au mois de mars. Au Kenya, le gouvernement peine à surmonter l’opposition locale à la proposition de donner au Qatar le droit d’exploiter 40 000 hectares de terres dans la vallée de la rivière Tana en échange de la construction d’un port en eau profonde. L’Afrique est particulièrement ciblée par cette explosion de l’investissement agricole, car elle est perçue comme disposant de vastes ressources en terres et en main-d’œuvre, bon marché et disponibles, comme d’un climat favorable.

Une étude récente de l’Institut international pour l’environnement et le développement (IIED), estime que cinq pays (Éthiopie, Ghana, Madagascar, Mali et Soudan) ont à eux seuls cédé l’exploitation de près de 2,5 millions d’hectares de terres agricoles africaines à des entreprises étrangères. Des entreprises chinoises seraient en train de négocier des contrats portant sur 2,8 millions d’hectares en République démocratique du Congo (RDC), surfaces qu’elles destinent à des plantations de palmiers à huile, et sur 2 millions d’hectares en Zambie destinés à la culture du jatropha, une plante utilisée dans la production de biocarburant. Le Soudan a pour sa part accepté d’affermer 690 000 hectares à la Corée du Sud pour cultiver des céréales. Des sources suggèrent que l’exploitation de près de 6 millions d’hectares de terres agricoles a été ou est potentiellement assignée à des entreprises étrangères, ceci sans compter la proposition faite par la RDC à un syndicat d’agriculteurs sud-africains de leur affermer 10 millions d’hectares.

 

Perspectives favorables et risques

 

Ces transferts de terres massifs offrent à la fois des perspectives favorables au développement et des risques certains, déclaré à Afrique Renouveau Olivier De Schutter, Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation qui a écrit que bien que ces investissements offrent certaines perspectives de développement, ils représentent aussi une menace à la sécurité alimentaire et à d’autres droits humains élémentaires. “Les enjeux sont énormes”, a-t-il expliqué à Afrique Renouveau. Malheureusement, “ces contrats dans la forme sous laquelle ils ont été conclus jusqu’à présent ne présentent que des obligations très faibles pour les investisseurs.”

 

Cependant, pour les pays africains les bénéfices potentiels de ce genre de transactions sont séduisants. L’agriculture africaine attire rarement des investissements et une aide au développement importants – et la récession mondiale actuelle a encore raréfié les sources de financement extérieures – autoriser des sociétés et des gouvernements étrangers à exploiter de larges surfaces agricoles non cultivées peut apparaître comme un moyen de stimuler un secteur sous-développé et de créer de nouveaux emplois.

 

De nombreux analystes avertissent que dans les faits les bénéfices réels de l’investissement agricole se révèlent beaucoup plus faibles que ceux projetés.

 

Élaborer une approche stratégique

 

Ces analystes conseillent aux pays africains de placer les investissements fonciers étrangers dans la perspective stratégique du développement rural. Les deux parties doivent évaluer avec rigueur et réalisme la faisabilité, les bénéfices et les coûts de chaque projet spécifique. Comprendre clairement leurs effets sur le plan social et sur celui de l’environnement, y compris sur la sécurité alimentaire, est également crucial. Dans son rapport, M. De Schutter présente un certain nombre de recommandations concernant ces transactions foncières :

* Libre et complète participation à l’étape préliminaire de toutes les communautés concernées et leur accord collectif — pas uniquement celui de leurs dirigeants * Protection de l’environnement basée sur une évaluation approfondie qui fait la preuve de la validité environnementale du projet * Transparence totale et obligations claires et applicables pour les investisseurs accompagnées d’une législation définissant des sanctions appropriées selon les nécessités * Mesure de protection des droits humains, des droits des travailleurs, des droits fonciers et du droit à l’alimentation et au développement.

 

Un code de conduite pour les gouvernements qui accueillent les investissements et les investisseurs étrangers pourrait contribuer à ce que les transactions foncières bénéficient aux deux parties et aux communautés locales. M. De Schutter préfère lui mettre l’accent sur la législation internationale des droits de l’homme existante qui peut être appliquée aux grandes transactions foncières et pour forcer les États à respecter leurs obligations envers leurs citoyens.

 

Quoi qu’il en soit, les spécialistes sont d’avis que les pays africains doivent avoir la volonté et la capacité de faire respecter la loi. “Il est vital de renforcer les capacités de négociation”, affirme M. De Schutter ; et pas uniquement les capacités de l’État, mais aussi celles des communautés locales et des parlements nationaux. Nombreux sont les observateurs qui pensent que cet objectif sera le plus difficile à réaliser.

 

Une analyse de Roy Laishley, Organisation des Nations Unies, Afrique Renouveau

 

Lire aussi :

- Ces Etats qui accaparent les terres agricoles en Afrique





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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 23:23

Epouses d’émigrés de Louga : Elles ne sont pas les mieux loties

 

22/11/2009

 

 Contrairement à ce qui semble être une évidence, certaines épouses d’émigrés sénégalais  sont tenaillées par la pauvreté. Une enquête  réalisée dans la région de Louga, où le taux d’émigrés est très important, révèle que les épouses de «modou modou» vivent dans des conditions moins enviables que celles des femmes de résidents. Dans ce terroir, le statut d’épouse d’émigré confère une certaine position sociale, mais dans les faits ce statut est moins enviable.
 
Les épouses d’émigrés ont tendance à abandonner leurs activités génératrices de revenus qu’elles exerçaient avant avant le mariage. Une certaine considération  dans les zones rurales voudrait que le statut d’épouse d’émigré ne soit pas compatible avec un certain type d’activités. Il s’agit,  par exemple,  de la vente des cacahuettes, des fruits et des légumes au marché. Et pourtant, les sommes d’argent qu’ envoient les époux émigrés  à leur femmes sont extrêmement dérisoires.

 

Elles perçoivent, en moyenne, 15.000 francs par mois

 

D’aprèsThierno Mbaye, assistant au Groupe d’études et de recherche sur les migrations, qui a réalisé une enquête dans la région de Louga, la moyenne des transferts d’argent  est de 15.000 francs Cfa par mois. La somme la plus importante que le chercheur a pu trouver et qui est unique  au niveau de la population enquêtée est de 35.000 francs Cfa.

 

«La migration, contrairement à ce que certains pensent appauvrit les dames dès l’instant qu’elles n’acceptent plus  de continuer certains types d’activités parce qu’elles ont un mari à l’étranger », commentent M. Mbaye dans une interview  avec Kanal 150.

 

Pour le doctorant, ce rejet de certains types  d’occupations «constitue un handicap et un facteur d’appauvrissement  que les les décideurs politiques  ne prennent pas en compte». Ainsi  le chercheur suggère que, pour tout projet de  développement visant à aider les femmes, toutes y soient  inclues.

«Tous les programmes, toutes les politiques de développement ou de réduction de la pauvreté  doivent s’intéresser  à toutes les femmes   dans ces terroirs». Cela parce que la situation des épouses des résidents est parfois de loin  meilleure que celle des épouses d’ émigrés.

 

Les pratiques ostentatoires, l’autre problème

 

Louga, malgré son fort taux d’émigrés, n’est pas la région  la moins affectée par la pauvreté au Sénégal. Et  malheureusement, les  femmes abandonnent leurs activités pour « des sommes symboliques » que leur envoient leurs époux. «On pense que dans la région de Louga, la pauvreté est moins prégnante que partout ailleurs au Sénégal. Cela est lié à un certain nombre de  pratique ostentatoire», indique M. Mbaye.

Pour certaines femmes, le statut d’épouses de «modou modou» doit se traduire dans le port vestimentaire et le mode de vie. Ainsi, elles n’hésitent pas dépenser tout l’argent envoyer par l’époux dans l’habillement et dans les cérémonies (mariage, baptême, et même funérailles), histoire de se faire remarquer.

 

Il critique le fait que «les politiques migratoires en Afrique ne s’intéressent qu’aux migrants qui réussissent, qui envoient de l’argent tandis que plus de 50% de ceux  qui partent sombrent dans la galère».

C’est pourquoi, il invite les gouvernants à une prise de conscience  afin de chercher à comprendre et à prendre en charge «les migrants qui ne résussisent pas». Cela devra se faire dans une démarche désintéressée  et non empreinte à de ‘’populisme ou d’opportunisme».

« Les migrants  et leurs conditions n’intéressent pas les gouvernants. Ils ne sont pas (non plus) intéressés par  une véritable politique nationale migratoire  qui aura sa place dans le développement national. Tout ce qui les intéressent ce sont les fonds qui sont (de l’Union européenne) et comment faire pour les capter», pense le chercheur



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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 23:11

Macky drague les émigrés : Des taxes en moins, la diaspora en 15e région

 

22/11/2009


Eriger une quinzième région du Sénégal qui embrasse toutes les zones d’émigrations de la population sénégalaise à l’étranger, permettre aux émigrés qui vivent dans ces contrées de pouvoir faire entrer au Sénégal leurs véhicules âgés de plus de 5 ans. Ce sont là deux des points soulevés par Macky Sall le président de l’alliance pour la République lors d’un meeting organisé ce samedi dans la banlieue parisienne. Le leader de l’Apr qui a bouclé une tournée européenne qui l’a mené en Espagne et en Italie a connu l’un de ses plus grands rassemblements en France où il devait être rejoint par son affidé Me Alioune Badara Cissé. Au milieu de plus de 2000 militants et sympathisants Macky Sall a sous entendu son intention de se présenter comme candidat à l’élection de 2012, l’ancien premier ministre annonçant les deux mesures précitées en tant que président de la République. « Si je deviens président de la République, j’érigerais en quinzième région du Sénégal, la Diaspora » a dit le leader de l’Apr qui donne comme charge administrative aux dirigeants de cette structure la résolution des problèmes rencontrés par les émigrés, notamment la régularisation des sans papiers. Une telle probabilité traduit un pas de plus franchi par Macky Sall qui bien que membre de la coalition de l’opposition BennoSiggil Sénégaal, théorise la multitude de candidatures issue des rangs de l’opposition pour faire face à Abdoulaye Wade. Macky Sall qui n’en fait pas moins appel à l’implication de tous les partis de l’opposition pour mettre un terme au règne de Abdoulaye Wade, le leader de l’Apr soutenant que c’est une mission qu’un seul parti politique ne peut réussir, a promis comme autre mesure à l’endroit des émigrés, la modification de la loi limitant l’importation des véhicules d’occasions à celles qui n’ont pas plus de 5 ans de circulation.     




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Par illassa.benoit - Publié dans : Politique Africaine
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 01:58

Dirigeants africains

 

Qu’ils nous fassent l’économie de ces présidentielles !

 

 

23/11/2009

 

 

Teodoro Obiang Nguema, le président équato-guinéen, est un très grand démocrate : tous les sept ans, il se donne beaucoup de peine pour organiser une élection, dans l’espoir de voir un de ses compatriotes prendre la relève.

 

Malheureusement, faute de candidats pour lui faire ombrage, il la gagne toujours : ainsi, la dernière présidentielle, il l’a remportée avec un score de 97%. Excusez du peu.

 

 

Le combat était donc très serré, et il s’en est fallu de peu que quelqu’un d’autre le remplace, afin qu’il cultive désormais son propre jardin. Mais, comme les habitants du pays manquent d’ambition, autant continuer à faire leur bonheur malgré eux.

Tenez, cette année encore, il va leur donner une énième chance : une présidentielle aura lieu dimanche prochain. Le combat sera encore impitoyable, puisqu’il y a quatre autres candidats, dont Placido Mico Abogo, le seul opposant à siéger à l’Assemblée nationale, considéré comme le challenger.

 

Le vrai empêcheur de gouverner en rond, Severo Moto, en exil en Espagne, que l’homme fort de Malabo ne veut même pas voir en peinture, n’a pas fait acte de candidature. Certainement qu’il a le palu.

Cette fois-ci, si la « terreur » Placido Mico Abogo ne gagne pas, ce sera tant pis pour lui. Toujours est-t-il que celui qui préside aux destinées du pays depuis le coup d’Etat fait à son oncle en 1979 promet un score meilleur que celui de 2002.

 

Ce n’est tout de même pas sa faute s’il est adulé par le peuple ! Dans quelques années, quand il sera usé par l’âge ou lorsque ses sujets ne voudront plus de lui – ce qui est improbable -, il y aura une pièce de rechange, qui ressemble point par point à l’original, prête à l’emploi :

il s’agit de son fils, Teodorin. Pour le moment, il n’est que ministre de l’Agriculture et de la Forêt. Pour la cause nationale, il gravira vite les échelons afin de parvenir à la magistrature suprême. Le bonheur, seuls les Obiang peuvent le partager. C’est génétique, et ils n’y peuvent rien.

 

Ainsi vit le nouvel Eldorado africain, depuis la découverte du pétrole en 1995 et son exploitation, qui a aussitôt suivi. Tout cela, grâce à Teodoro Obiang Nguema !

 

Dans cette contrée du continent, qui est la seule à parler espagnol si fait qu’elle s’est inscrite à la Francophonie, tout le monde ne vit et ne travaille que pour le roi : du maître d’hôtel au serveur en passant par le conducteur de taxi qui vient prendre le visiteur, à l’aéroport. Tout le monde a la carte des services secrets. Le désordre n’est donc pas permis.

 

Il n’y est pas rare qu’un directeur d’aéroport, qui a eu l’outrecuidance de laisser un aéronef voler dans l’espace aérien national pendant que celui du président décollait, soit conduit dans un lieu sûr et questionné avec un grand professionnalisme.

 

Et, rassurez-vous, la présence d’un représentant des droits humains n’est pas nécessaire, puisque l’interrogatoire sera fait dans les normes. Si le patron de l’aéroport en ressort ensanglanté, c’est qu’il aura raté une marche.

Dans ce pays, les prisons ne désemplissent pas. C’est la preuve que la Justice travaille. Et le peuple doit bien aimer ces méthodes, puisqu’à chaque fois il élit les Obiang ; mieux, la Guinée équatoriale bénéficie de la magnanimité des puissances occidentales, qui ferment les yeux sur cette gestion exemplaire du pouvoir.

 

Au Nord, il fait bien froid pendant l’hiver, et il ne faut surtout pas manquer de pétrole pour le chauffage. Alors, autant ne pas frustrer le fournisseur et baisser pudiquement les yeux lorsque les esprits chagrins parlent de certaines pratiques chez les Teodoro Obiang. Ne vaut-il pas mieux aller voir là où ça ne va pas, en tournant le regard vers les pays qui n’ont pas d’or noir par exemple ?

 

Les élections passent et Teodoro Obiang Nguema demeure. Et s’il gagne moins de 97,1% à l’issue de l’élection du 29 novembre 2009, ce sera un drame national. C’est d’ailleurs la norme presque partout en Afrique, où beaucoup de chefs d’Etat sont trop aimés du peuple :

en Egypte, en Ethiopie, au Zimbabwe ou au Burkina par illustration. Et Dieu seul sait combien ça ne coûte pas, ces présidentielles qui confirment leur popularité ; en investissements humains, matériels et surtout financiers.

Mais, comme les bons dirigeants, on n’en trouve pas à tous les coins de rue, il faut bien faire des sacrifices pour que celui qui occupe le plus moelleux des fauteuils y reste. Car le coût des élections ne révulse personne.

 

A titre d’exemple, au Burkina, pour la présidentielle 2005, le logiciel Oracle, qui a permis l’informatisation du fichier électoral, n’a coûté que 98 millions de francs CFA. Le montant de l’ensemble de l’informatisation s’est élevé à 2 598 660 375 F CFA ; sans compter les autres grosses dépenses, dont les factures sont tout aussi insignifiantes. La démocratie n’a pas de prix, diront les têtes bien pensantes. Soit.

 

Mais ne serait-il pas plus sage d’investir cet argent, servant à élire toujours le même candidat, dans le développement local ? Puisque le bien-aimé dirigeant suprême est aimé à vie par les populations, ces dernières voudraient qu’il se tourne vers d’autres préoccupations : qu’il y ait plus de barrages, de fontaines ou de centres de santé. De toutes les façons, quand les sujets ne voudront plus du leader national, ils passeront par la rue pour le lui faire savoir et le remercier par la même occasion pour les énormes sacrifices qu’il a consentis pour eux.

Issa K. Barry

Source: L'observateur Paalga du Burkina Fasso



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