ILS ONT DIT...

Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 21:29

20/12/2009

 

 


La polygamie néfaste pour les femmes et les enfants


 

En France un rapport conclut que la polygamie est « destructrice pour les femmes et les enfants» qui la subissent.


Ces derniers ne peuvent bénéficier de l'éducation qu'ils devraient recevoir, ils sont très tôt privés de leur futur et ils n'ont que peu de chance de vivre une vie normale.

 

 

Ces victimes n'ont pas choisi ce destin, mais il s'impose à eux sous les formes les plus dures : inégalité dans le mariage et soumission pour les femmes, renoncement aux droits fondamentaux à l'intimité, privation d'une éducation digne de ce nom, misère matérielle, peur du lendemain.

 

Son auteur Sonia Imloul, notamment responsable d'une association de prévention de la délinquance, critique « l'absence de données fiables » sur la polygamie.

 

Il y aurait entre 30 000 et 50 000 familles polygames en France, selon Sonia Imloul responsable de l'association «Respect 93 » en région parisienne et ancienne membre du Conseil économique et social.

 

Interdite en France depuis la loi de 1993 dans le cadre des regoupements familiaux, la polygamie est pourtant encore pratiquée essentiellement par des familles originaires d'Afrique noire.

 

L'origine du mot est à chercher dans le grec ancien: de poly(plusieurs) et gamos (mariage).

Dans les sociétés où la polygamie est reconnue(50 pays environs) un homme peut épouser plusieurs femmes.

Le phénomène semble être (aussi vieux que l'histoire de l'humanité)soulignait la Commission consultative des Droits de l'homme dans son rapport sur le sujet en 2006, qui citait parmi les causes probables et antiques la volonté d'une descendance nombreuse et la nécessité de composer(à l'époque) avec une forte mortalité des femmes et des enfants en bas âge.

Souvent considérée comme une fatalité les autorités publiques ont du mal à la combattre.

Elle suscite les pires fantasmes dans l'opinion.

Photo : L'auteur du rapport sur la polygamie en France

Pour Sonia Imloul, il est urgent de lever le tabou et de dénoncer le caractère dévastateur de la polygamie sur les femmes et surtout sur les enfants.

 

Dans ce rapport, l'auteure avance aussi des mesures, notamment pour relancer la politique de décohabitation des co-épouses afin de leur permettre d'aller vivre ailleurs avec leurs enfants ainsi que l'obtention d'un titre de séjour.

Ces situations sont connues des associations qui cherchent des solutions individuelles pour les femmes courageuses qui font le choix de décohabiter.

Mais les travailleurs sociaux sont souvent dépourvus d'outils efficaces pour accompagner les femmes qui viennent vers eux.

Ainsi la loi de 1993 sur l'interdiction des regroupements familiaux en cas de polygamie peut-elle être contournée dans l'indifférence générale.

Sonia Imloul demande également la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire sur le sujet.

 





Par illassa.benoit - Publié dans : ILS ONT DIT...
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Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /2009 18:23

Remplacez le Burkina par le Bénin et vous avez la même réalité !!!

 

I.B.

 

Où sont passés nos intellectuels ?:

« Ils sont tous avec le régime en place »

 

L'Observateur Paalga - 18/09/2009

 

 

Le débat lancé par Alceny Barry dans sa chronique « projecteurs » a tenu en haleine nos forumistes sur le www.lobservateur.bf. Dans cette sélection, les avis sont divergents. Beaucoup pensent que nos intellectuels, compte tenu de la précarité de la vie, préfèrent jouer le jeu du régime en place et que, du coup, ils n’ont pas le courage de se prononcer sur certains sujets.

 

 

Posté le 16 septembre 2009 par sniper de chicado


Comment ! Et nous, les forumistes ? C’est nous, les intellectuels ! Enfin... sauf Le riche. Comme des bolides, nos intellectuels fuient à l’étranger. La frustration au quotidien infligée par le CDP est difficile à supporter. Et jusqu’à une période récente, notre peuple, justement à cause de l’achat des voix du CDP, ne suivait pas les intellectuels dans leur opposition aux dérives du régime. Norbert Zongo a payé un lourd tribut et, vu la façon dont le juge a enterré son dossier, ça donne à réfléchir aux autres.

 

 

Posté le 17 septembre 2009 par Kanzim


Je partage l’opinion de M. Barry Alceny. Oui, et c’est malheureux, au Burkina Faso la proportion d’intellectuels acquis semble la plus importante, vu que les organes de presse officiels leur sont acquis. L’exemple des OGM à ce propos, est assez éloquent, exemple qui nous a donné de voir des intellectuels renier le principe de précaution pour dissoudre leur dignité dans un militantisme politique et commerçant : soutenir coûte que coûte le pouvoir qui, lui, a l’excuse de poursuivre des objectifs stratégiques, politiques et financiers. Des séniles aux plus jeunes, en passant par des perroquets d’une vulgarisation agricole mal maîtrisée, à l’exemple de ce cotonculteur inculte, on a vu du beau monde se déshabiller de toute honorabilité pour se jeter dans des conjectures intellectualistes.

D’autres exemples comme la crise à l’université de Ouagadougou ont illustré des intellectuels qui rugissent et barrissent le jour autour d’autres causes humanitaires et altruistes, mais se rangent du côté de l’arbitraire dans l’ombre. En outre, il suffit de voir tous ces caquètements autour de la Journée du pardon : non content de se ranger en plein jour, des intellectuels ont inventé des théories qui n’ont même pas le mérite d’être intelligentes, du genre de “si Blaise n’existait pas, il aurait fallu le créer en laboratoire”.

 

Posté le 17 septembre 2009 par yalematiga

 

Il n’y a pas d’intellectuels au Burkina. Les intellectuels burkinabè sont tous à l’extérieur. Ceux qui sont au pays sont des aigris ou des collabos de Blaise. Je vais demander aux Burkinabè de l’Europe du Nord, de l’Amérique du Nord de revenir apporter la science à leurs frères restés au pays. On voit bien des gens comme Koro yamyele, kanzim et autres s’essayer à des réflexions intellectuelles, mais ce n’est pas facile. On ne réfléchit bien que quand on a bien mangé. Diaspora, revient combler le vide.

 

 

Posté le 17 septembre 2009 par MOUMET


Pour ce qui est du Burkina, il vous suffit de recueillir les opinions des gens sur certaines questions importantes. Dans la plupart des cas, vous êtes choqué par la qualité des analyses de vos interlocuteurs. Je me dis que la première qualité d’un intellectuel, c’est le courage. C’est un élément important.

 

 

Posté le 17 septembre 2009 par wang

Bonjour à tous. Merci, CQFD. Quand j’ai lu l’intervention de Yalematiga, j’ai été touché dans mon amour propre et je ne savais pas comment lui répondre. Quand on a des problèmes, la solution la plus simple est de les fuir. C’est trop facile de s’expatrier et de croire que ceux qui sont courageusement restés au pays sont aigris ou collabos. Norbert Zongo était peut-être aigris ou collabo ? Je crois que non. Quand on n’a rien à dire, on se tait.

Nous savons tous que la majeure partie de nos intellos expatriés le sont parce qu’ils sont égoïstes. Ils préfèrent avoir beaucoup de blé (en Europe ou aux USA) plutôt que de rester contribuer à l’avancée du pays. Alors, monsieur Yalematiga, faites attention à ce que vous dites.

 

Posté le 17 septembre 2009 par Raogo

 

 Selon yalematiga : “Il n’y a pas d’intellectuels au Burkina. Les intellectuels burkinabè sont tous à l’extérieur. Ceux qui sont au pays sont des aigris ou des collabos de Blaise”. Ecoute, Yalematiga, je pense que tu devrais mesurer tes propos.

Parce que ceux qui sont restés, et que tu n’appelles pas intellectuels, ont eu le courage de rester au Faso, même s’ils se défendent tant bien que mal face au pouvoir en place. Ce sont des patriotes, comparativement à ceux que tu appelles intellectuels et qui sont à l’extérieur. N’insulte pas les gens aigris. Actuellement, le Faso a besoin de personnes qui proposent des solutions, pas d’individus qui critiquent.

 

Posté le 17 septembre 2009 par Fernando LéChé


Question importante et question d’actualité ! L’intellectuel burkinabè a failli à sa mission. La preuve, très peu s’intéressent aux maux qui minent la société burkinabè. Tous ont peur du régime en place et, du coup, deviennent miopes-sourds-aveugles devant le désastre qu’engendre la politique du régime. Très peu proposent ou critiquent. Ils se disent : “Moi, je me cherche”, oubliant béatement qu’ils ont un rôle très important à jouer dans une démocratique. L’intellectuel burkinabè se résume à deux choses : l’hypocrisie et la lâcheté. Certes, certains se démarquent du lot, mais c’est après avoir mal dîné avec le diable qu’ils nous reviennent avec des discours mal en point.

 

 

Posté le 17 septembre 2009 par vvm


Merci à Barry pour son écrit. Toutefois, il faut mettre un bémol quant à la critique de nos intellos. Notre pays n’ayant pas eu les mêmes faveurs de la part du colonisateur qui s’est plutôt servi de nous pour construire et éduquer les autres pays de l’AOF a entamé sa marche indépendante avec des tares et des lourdeurs. Cela a engendré l’émigration massive et non contrôlée de sa frange jeune vers les pays côtiers.

La première révolte contre cet état de fait a eu lieu en 1966. Cette révolte a enfanté, deux décennies plus tard, mai 1983, qui était en réalité notre mai 68. Mai 1983 a enfanté décembre 1998, avec chaque fois des luttes inachevées. Il faut plutôt être content de la qualité des quelques rares intellectuels que nous avons et qui compensent de loin leur faiblesse numérique.

Croyez-vous que si des pays comme la Côte d’Ivoire, le Togo, le Bénin avaient eu Joseph Ki-Zerbo, Thomas Sankara, Norbert Zongo et leurs dignes successeurs, enfants, exécuteurs testamentaires et héritiers que sont tous ceux qui contribuent, à leur manière (Nous du Forum, Les universitaires, les journalistes non acquis, une partie de la société civile), à empêcher notre monarque de dormir tranquille ils seraient très loin dans le développement ?

La preuve en est que le Ghana, qui a eu la même génération de jeunes engagés, est plus loin en matière de développement que tous ces pays cités plus haut. Que ceux qui luttent continuent de le faire et que les autres “s’applaventrissent”, car tôt ou tard, de la même manière que l’Allemagne hitlérienne n’a pas gagné la Deuxième Guerre mondiale parce que Dieu ne l’a pas voulu, de la même manière le bien prendra toujours le dessus sur le mal.

 

Posté le 17 septembre 2009


Où sont-ils ? Réponse simple : la plupart sont au CDP, et au CDP on ne réfléchit pas. On ne parle pas. On écoute, on applaudit et on mange. Réfléchir au CDP peut avoir 2 conséquences certaines : ou vous êtes 2 pieds sous terre, ou alors vous êtes un banni, avec la possibilité de devenir un refondateur.

Par illassa.benoit - Publié dans : ILS ONT DIT...
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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /2009 19:14
France Télécom : "Des humiliations quotidiennes"

 
LEMONDE.FR | 11.09.09
 
"Un management de la terreur"
 

Alors que les suicides et tentatives de suicide se multiplient au sein de France Télécom, Le Monde.fr a demandé à des employés de témoigner sur leurs conditions de travail. Si certains employés relativisent une "surmédiatisation de drames personnels", d'autres pointent du doigt un management par la terreur et une culture du rendement.

 

  • "Ce que je vois me choque profondément", par Anonyme

Je suis employé à France Télécom dans un service dédié aux clients ayant un chiffre d'affaires élevé. Ce que je vois tous les jours au travail me choque profondément. Je ne parle ni des restructurations, ni des suppressions de postes, mais bien du management au jour le jour. Un management par la terreur. Nous sommes obligés de demander la permission à notre responsable pour aller aux toilettes. Si le temps de pause dépasse une minute, nous devons fournir une explication écrite. Les demandes de congés restent sans réponse. Ces humiliations sont quotidiennes, notamment pour les collègues de plus de 50 ans qui ont accepté ces fameuses mutations, sur des postes inférieurs, pour le bien de l'entreprise. Mon indignation face à de tels comportements m'a attiré une réelle animosité de la part de mes responsables.

 

  • "J'ai vu autour de moi la souffrances de mes collègues", par Catherine R.

Le changement d'ambiance est survenu en 2000-2001. A 50 ans, j'ai accepté une prime pour quitter France Télécom, je n'avais plus assez d'énergie. J'ai vu autour de moi la souffrance de mes collègues : arrêts-maladie, dépression, et les crises de larmes sur le plateau étaient très courants, et je sais que cela ne s'est pas amélioré depuis. On ne se sent pas soutenu par la hiérarchie. Lorsque j'ai perdu brutalement mon boulot aux ressources humaines, j'avoue avoir eu envie le soir en rentrant en larmes de projeter ma voiture contre un platane. C'est la seule fois de ma vie que cela m'est arrivé.

 

  • "On minimise les coûts sans tenir compte des conditions de réussite", par Gérard A.

Je ne travaille plus à France Télécom, mais je suis président d'une association de retraités qui "récupère" chaque semaine des nouveaux adhérents issus de France Télécom, usés, déçus, amers. Personnellement, j'ai vu de l'intérieur comment se préparaient et se déroulaient ces restructurations "indispensables". On paie – cher – un consultant. On minimise les coûts sans tenir compte des conditions de réussite. C'est ainsi que des comptables se retrouvent aux ressources humaines, des techniciens opérateurs sont mutés dans des centres d'appels... Sans formation préalable, ils se retrouvent en situation d'échec. Quant aux managers, ils ne sont ni recrutés ni évalués sur leurs compétences managériales, mais sur leur aptitude à dégager du cash.

 

  • "Combien de temps vais-je tenir avant de craquer à mon tour ?", par Olivia L.

Il y a dix ans, j'étais fière d'avoir signé mon CDI à France Télécom, le travail était intéressant et j'étais épanouie. Depuis, les choses ont bien changé. Le caractère humain a complètement disparu, nous ne sommes considérés que comme des chiffres. Travaillant sur une plate-forme d'appel, la seule chose qui compte maintenant c'est combien d'appels j'ai pris dans la journée et combien de ventes j'ai pu faire. Le stress est permanent et les mutations de services fréquentes, j'en suis à mon sixième poste et je n'ai rien demandé ! On nous demande de nous remettre en question en permanence, de recommencer à zéro à chaque fois et de vendre encore plus. La plupart de mes collègues sont sous anti-dépresseurs. Combien de temps vais-je tenir avant de craquer à mon tour ?

 

  • "Ce n'est plus du travail mais du pilotage à vue", par Daniel Lebrun

Hormis le stress, je dirais que c'est plus la qualité du travail qui est en cause : ce n'est plus du travail mais du pilotage à vue. Il est impossible de comprendre la statégie à long terme de l'entreprise. Les métiers techniques, prédominants il y a quelques années, ont disparu. La recherche et développement est complètement désorganisée. Des personnes passionnées par leur travail se sont retrouvées sur des postes de ressources humaines, de marketing... Des postes qui ne soulèvent pas l'enthousiasme. La dégradation des conditions de travail a commencé à l'instant où notre PDG a décidé que France Télécom devenait une société de services et que la technique devait désormais être assurée par des industriels. Monsieur Lombard [PDG d'Orange] devrait se souvenir de ses débuts dans la maison, de l'ambiance de l'époque.



Par illassa.benoit - Publié dans : ILS ONT DIT...
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Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /2009 01:34
 
 


Enquête   L'impuissance masculine, c'est fini !  
LE MONDE 2 | 21.08.09 
 

'angoisse de la panne virile, passagère ou chronique, hante l'homme depuis toujours. Elle est désormais sans objet : entre médicaments érectiles, psychothérapies et prothèses, il est possible de rendre leur tonus aux plus affaiblis. Enquête au tréfonds de la physiologie et de la psychologie masculines.    

 

1 - Où l'on apprend combien l'homme craint depuis toujours de "manquer de voix"

 

 

 

La panne sexuelle et l'impuissance tourmentent l'homme depuis toujours. Des plaquettes gravées vieilles de 3 700 ans, trouvées dans le temple de la déesse Ishtar de Babylone, en Mésopotamie, contiennent des incantations à la virilité : "Que le vent souffle, que frémisse la futaie ! Que ma puissance s'écoule comme l'eau de la rivière, que mon pénis soit bandé comme la corde d'une harpe." Dans le Satiricon, écrit sous Néron, le poète Pétrone décrit la "honte" d'Encolpe quand son désir "trahit" la jeune Circé. "Indignée ", celle-ci revient avec une magicienne qui passe un fil coloré autour du défaillant, s'écriant : "O Priape, aide-nous de toute ta puissance !" Le dieu Priape, affublé d'un phallus toujours en érection, nous le connaissons : le terme médical "priapisme" vient de lui. Seulement, nous n'avons plus besoin de l'invoquer pour conjurer une panne sexuelle. Aujourd'hui, à écouter les médecins spécialistes de la sexualité masculine, qu'ils soient psychiatres, urologues, andrologues ou sexologues, toutes les faiblesses viriles ou presque peuvent être soignées. L'antique malédiction des hommes est levée. Nous disposons désormais d'une palette de traitements permettant de soigner presque toutes ses formes, fussent-elles chroniques. L'éjaculation précoce se guérit. Même un paraplégique se soigne. Nous ne mourrons plus, comme dit l'argot, au cul de la princesse.

 

 

 

"C'est un moment historique. Il faut comprendre qu'entre les pannes occasionnelles, les défaillances répétées d'origine psychologique, les impuissances associées à des maladies graves comme le diabète ou le cancer, ou encore attribuées aux fatigues de l'âge, beaucoup d'hommes vivaient et vivent encore dans la peur de la perte de leur vie sexuelle. Or, jusqu'à récemment, il n'existait aucun véritable traitement, aucun aphrodisiaque assuré. Beaucoup d'hommes essayaient des produits douteux ou dangereux."

 

Volubile, enthousiaste, Philippe Brenot raconte le changement d'époque. Ce psychiatre, auteur d'une des rares études sur l'histoire de l'impuissance (Impuissance masculine, L'esprit du temps, 1994), vient de publier avec le paléoanthropologue Pascal Picq un ouvrage consacré aux différences entre la sexualité primate et humaine (Le Sexe, l'Homme et l'Evolution, Odile Jacob, 2009). Il est un des animateurs de l'Association inter hospitalo-universitaire de sexologie (AIHUS), qui regroupe cinq cents sexologues, médecins et non-médecins. Elle tenait en mars dernier des assises consacrées au "couple et sa sexualité" où l'on a beaucoup parlé du traitement des "dysfonctionnements érectiles". Philippe Brenot : "Aujourd'hui, les médecins ne parlent plus d'impuissance. C'est un terme vague, inquiétant, qui ne rend pas compte de la diversité des affections de la virilité. Traiter quelqu'un d'“impuissant” signifie qu'“il n'est plus un homme”, plus un être à part entière. C'est une injure, comme “frigide” pour les femmes. Nous préférons parler de “troubles érectiles”, aux causes variées, réclamant chacun des traitements appropriés."

 

 

 

Il faut comprendre que beaucoup d'hommes affectés de pannes sexuelles ne sont pas des impuissants chroniques pour autant. En vieillissant par exemple, la plupart connaissent un allongement du temps de latence entre deux érections. A 25 ans, ce sera quelques minutes. Une demi-heure après 35. Une heure après 45. Une journée après 55. Plusieurs jours après 65. Une semaine après 70 ans. Si, passé la quarantaine, certains s'inquiètent de ne plus se redresser aussitôt, s'ils dépriment devant leur mollesse passagère, ils risquent de développer un blocage psychologique et finissent par se croire impuissants. Mais non, ils vieillissent. Philippe Brenot : "L'érection, ce n'est pas tout ou rien, pas toujours une performance. Ils ne devraient pas s'angoisser autant, car un homme est équipé pour faire l'amour jusqu'à 80 ans et plus. Un vieil homme en forme, désirant, bande encore. Les personnes âgées cessent leur activité sexuelle à cause des maladies, le cœur, les artères, le diabète, le surpoids, pas à cause de leur âge. Or aujourd'hui, même un vieil homme fatigué peut bander s'il est bien traité."

 

 

 

D'autres encore vont se croire impuissants parce qu'ils n'ont pas fait l'amour pendant longtemps et éprouvent des difficultés à recommencer. En fait, disent les médecins, leur faiblesse provient avant tout du manque d'activité. En effet, nous le savons aujourd'hui, une verge fléchit quand elle ne sert pas. Le manque d'entraînement lui est néfaste, elle perd en vigueur. C'est le " syndrome du veuf ", très courant au siècle dernier. Après deux ans d'inactivité, le malheureux éprouve une grande difficulté à bander. Ce n'est pas un manque de désir, mais une affaire de "capacité érectile". Philippe Brenot : "Il y a encore trente ans, un tel homme consultait en vain un psychanalyste ou un psychiatre. Aujourd'hui, avec un accompagnement psychologique et un médicament érectile, il fait l'amour. Les affections sexuelles, de l'impuissance aux “obsessions”, ont été psychiatrisées au XXe siècle. L'impuissance était toujours considérée comme un blocage psychogène. Ce faisant, la dimension physiologique de l'érection a été négligée. Tout a changé dans les années 1960."

 

 

 

2 - Où un chirurgien découvre les vertus érectiles de l'opium

 

 

 

Que se passe-t-il dans les années 1960-1970 ? La guerre du Vietnam. Beaucoup de jeunes soldats américains reviennent au pays paraplégiques, impuissants. Il faut soigner ces héros blessés, souvent mariés. Nous sommes dans les décennies de la révolution des mœurs, les recherches sur la sexualité s'en trouvent libérées. Des médecins, des physiologistes expérimentent des nouveaux traitements. Les résultats restent mitigés. Mais, pour la première fois au XXe siècle, les problèmes d'érection échappent aux psychiatres. L'intérêt se déplace du psychique au physique, du mental au génital. Dans les années 1970, des milliers d'accidentés de la route, des motocyclistes en particulier, se pressent dans les hôpitaux. Des hommes jeunes souvent. Les médecins cherchent à leur rendre leur virilité. Peu à peu, une médecine spécialisée du pénis se met en place autour des urologues : l'andrologie (de andros, homme en grec), l'équivalent masculin de la gynécologie.

 

 

 

En 1980, tout s'accélère avec l'extraordinaire découverte faite par un chirurgien vasculaire, Ronald Virag. Voici l'histoire. Il tentait de soigner un "solide Normand" de 48 ans qui faisait flanelle depuis cinq ans. Tabagique, un taux de cholestérol élevé, peu de sang arrivait dans son membre. Le médecin lui pratique un pontage entre une petite artère abdominale et sa verge, espérant en augmenter le débit sanguin. Mais comme l'artère se contracte, il injecte de la papavérine, un alcaloïde extrait de l'opium, pour dilater les vaisseaux. Aussitôt l'homme entre en érection. Inquiet, Virag ralentit le débit du sang, mais le sexe de son patient reste dressé. Plus de deux heures. Que se passe-t-il ? Laissons Ronald Virag, qui exerce toujours à Paris et a publié depuis un ample ouvrage grand public sur la physiologie du "truc" (Le Sexe de l'homme, Livre de Poche), raconter la suite : "Je me suis demandé si ce n'était pas le produit lui-même qui déclenchait une érection réflexe, et non le sang. Je décidais de m'injecter de la papavérine dans la verge à l'aide d'une fine aiguille, pour vérifier. J'ai connu aussitôt une forte érection. La papavérine agit directement sur le pénis."

 

 

 

Quand en 1982 Ronald Virag publie ses résultats dans le Lancet, l'hebdomadaire médical britannique ("Intracavernous injection of papaverine for erectile failure", The Lancet, 23 octobre 1982), une véritable révolution s'ensuit dans nos conceptions scientifiques sur le fonctionnement du pénis, la sexualité masculine et la manière de traiter les troubles érectiles. L'expérience étant reproductible, des dizaines d'équipes médicales se mettent au travail pour comprendre les mécanismes intimes de l'érection. Ronald Virag se rappelle : "Grâce à ces recherches, nous avons compris le rôle essentiel des muscles lisses, comment le pénis fonctionne sur un mode automatique, comme les autres organes, indépendamment du cerveau supérieur, sous la dépendance d'une biochimie spécifique. Une page était tournée." En effet, si une simple injection "intracaverneuse" d'un produit aussi répandu que l'extrait d'opium suffit à déclencher une érection durable, beaucoup d'hommes considérés comme des impuissants psychogènes incurables, mais encore des diabétiques, des accidentés, des paraplégiques peuvent bander à nouveau. Autre avantage décisif : ils peuvent se traiter eux-mêmes, sans l'aide d'un médecin, et reprendre confiance.

 

 

 

Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, l'impuissance est vaincue, et de plus les pannes chroniques ou occasionnelles peuvent être traitées. Dans le même temps, une seconde révolution commence, pharmacologique. Grâce aux recherches souvent financées par les grands groupes pharmaceutiques, de nouvelles molécules ciblant la biochimie du pénis sont expérimentées. Un médicament simple, moins inquiétant qu'un produit à injecter, est cherché comme un nouveau Graal – et une nouvelle mine d'or. Au début des années 1990, tout à fait par hasard, le laboratoire pharmaceutique Pfizer découvre les propriétés érectiles inattendues d'un anti-angineux, le sildenafil. En 1998, après des années d'expérimentation, Pfizer met sur le marché le Viagra, le premier médicament oral efficace, sans effet secondaire notable, contre beaucoup de cas d'impuissance et de pannes sexuelles. Il connaît bientôt une demande et une gloire planétaires.

 

 

 

3 - Où l'on pénètre à l'intérieur d'un pénis

 

 

 

Difficile de comprendre pourquoi les hommes débandent, pourquoi l'opium et le Viagra agissent, sans s'intéresser à la physiologie du pénis. Trois cylindres oblongs forment l'intérieur. Dessous, un fuseau élastique, le corps spongieux ; au-dessus, les deux corps caverneux, tous trois riches en capillaires. Ces corps sont constitués d'un muscle lisse, échappant au contrôle conscient, proches de ceux couvrant nos intestins ou l'utérus des femmes. Composés de centaines de milliers d'alvéoles, à la façon d'une éponge, ils sont irrigués par l'"aorte honteuse" (souvenir de l'anatomie du XVIe siècle, sous surveillance de l'Eglise). Ces trois fuseaux extensibles sont enveloppés d'une fibre épaisse d'un bon millimètre, presque ligneuse et multicouche, appelée l'albuginée – du latin albus, blanc– et fait le sexe dur. Au bout de cette tuyère gonflable, la couronne du petit prince, le gland, prolongation du corps spongieux. Cet embout de chair présente une peau fine et diaphane, quadrillée d'un réseau serré, exceptionnel, de nerfs émotifs que chaque homme bénit.

 

 

 

Cette grande éponge s'emplit de sang grâce à un ingénieux système d'écluses vasculaires, gouverné autant par les sensations que par la subjectivité. Quand aucun désir sexuel ne trouble l'homme, le sang n'y entre pas. Un canal de dérivation lui fait éviter l'artère honteuse. Le sang n'irrigue alors que l'enveloppe externe du pénis. C'est l'état chiffe. Flaccide.

 

Comment vient l'érection ? Sa quasi-instantanéité cache l'extrême complexité d'une chorégraphie capricieuse. Tous les physiologistes le disent : anatomiquement, un homme est fabriqué pour bander tout le temps. Cependant, cet homme travaille, dort, mange, marche… Dans ces moments, sa verge pend. Elle n'est pas passive, elle est rétractée. Le système nerveux sympathique qui contrôle ses viscères, ses bronches ou sa vessie, la tient contractée. Mais pas tout seul. "Le mâle humain, explique Marc Galiano, urologue-andrologue de l'Institut Montsouris, est un bandeur inhibé par son système sympathique, mais aussi par son cerveau conscient." Un bébé, par exemple, fait pipi au lit, se masturbe beaucoup, s'abandonne aux plaisirs sans retenue, comme un jeune chien. Le cerveau conscient n'intervient pas. Bientôt ses parents lui apprennent le contrôle de son pénis, la bienséance sociale. Ils lui enseignent à se servir de son néo-cortex. A contenir ses pulsions. C'est, dit Freud, l'éducation du surmoi.

 

 

 

Que se passe-t-il quand le cerveau conscient suspend sa surveillance, suite à une caresse par exemple ? Emus, les nerfs dorsaux de la verge, cheminant dans le périnée, vont activer les centres nerveux de la moelle épinière. Marc Galiano explique la suite : "De là, les influx nerveux chargés d'informations agréables préviennent le cerveau limbique – ou primitif, émotionnel. C'est lui qui déclenche l'érection, sans passer par la conscience. C'est tout l'avantage des “apéritifs amoureux” et des préliminaires." Dans ces moments, le système nerveux dit "parasympathique" envoie des informations qui décrispent la verge contractée. Il lève l'inhibition. A cet instant, la paroi interne des capillaires du pénis libère du monoxyde d'azote, un composé chimique bien connu pour ses propriétés vasodilatatrices. L'éponge pénienne s'allonge aussitôt, son accordéon intérieur s'étire et le sang pénètre les alvéoles des corps érectiles qui se dilatent, faisant gonfler la verge. Ce faisant, les alvéoles gonflées écrasent les veines contre la paroi du pénis, bloquant toute fuite sanguine. La pression augmente dans la verge, ce qui lui donne sa belle rigidité. L'homme bande. Il est en voix.

 

 

 

C'est en inhibant la production de l'enzyme qui dégrade le monoxyde d'azote et provoque la contraction du pénis que le sildenafil ou Viagra – tout comme ses successeurs le Cialis et le Levitra – déclenche sa dilatation. Attention, ne rêvons pas. Une belle érection est fragile et capricieuse, même médicamenteuse. Le désir doit agir. Les hommes ne sont pas des robots. Une parole déplacée, une odeur rédhibitoire, un souvenir dérangeant, un je-ne-sais-quoi, l'érection se défait. Elle est indécidable. Elle s'amorce et s'arrête sans passer par la volonté. Elle est spontanée. Cette irrémédiable toquade de l'érection explique beaucoup des blocages, pannes ou affolements qu'éprouvent certains hommes devant l'exigence d'être ardent. Quand une femme leur intime de les aimer alors qu'ils ne sont pas inspirés, c'est comme si elle criait à un timide : "Ne sois pas peureux !" C'est une sollicitation impossible, un ordre inexécutable, une prière toujours inexaucée. L'homme bande toujours un peu par hasard, dans une certaine ambiance, en liberté.

 

 

 

4 - Où l'on apprend combien la femme reste le grand aphrodisiaque

 

 

 

"J'ai un patient, un homme marié, qui a perdu toute confiance en lui en trois semaines. Un soir une maîtresse d'occasion lui dit : “C'est extraordinaire comme j'ai éprouvé du plaisir avec toi. Pourtant mon mari a un plus gros sexe que le tien.” Cela a suffi. Il n'a entendu que la deuxième partie de la phrase. Il est venu me consulter pour des pannes répétées. Il avait perdu confiance en lui, il y pensait en faisant l'amour, débandait et ensuite craignait que cela ne se répète. C'était le cercle vicieux." Le docteur Marie Chevret-Méasson exerce à Lyon. Psychiatre, spécialiste de l'infertilité, elle a suivi une formation en sexologie et psychosomatique en hôpital. Sans rien dévoiler de ses patients, elle raconte beaucoup d'histoires similaires où des hommes s'enferment dans une spirale de l'échec. "Cela arrive aux plus anxieux. Passé 50 ans, beaucoup d'hommes s'angoissent de ne plus être performants. Pas seulement au lit. Au travail. Face à la concurrence des jeunes, ou même de leurs enfants. C'est l'histoire du père que son fils dépasse au ski. Il arrête le ski. Nous sommes dans une société de compétition, cruelle, qui licencie les seniors. Tout dépend des représentations que chacun se fait de l'âge, s'il accepte de vieillir. Les femmes connaissent les mêmes peurs."

 

 

 

Les femmes jouent un rôle décisif, pour la plupart des hommes, dans ces histoires d'impuissance. Sous Viagra, sans désir, un homme ne bande pas. Les femmes restent le grand aphrodisiaque, comme la source d'angoisse majeure. Nombre des réactions masculines dépendent de la manière dont elles jugent "l'oreille basse". Si beaucoup réagissent avec compréhension, d'autres peuvent la regretter, ou se plaindre. Alors l'homme se sent mal. Aujourd'hui, de nombreuses femmes sont indépendantes financièrement, gagnent parfois plus que les hommes, les concurrencent au travail, imposent de partager les tâches domestiques. Au lit, elles entendent prendre du plaisir, épanouir leur sexualité et parfois, constatent les médecins, développent elles aussi une forme de culte de la performance. Elles veulent que leur vie sexuelle soit réussie, parfaite. Ou encore, désormais libres, elles disent : "J'attends d'avoir envie", ou "Je n'ai pas à me forcer". L'homme doit s'y plier. Or un homme n'est pas toujours prêt, inspiré, au moment désiré. Face à ces fortes femmes, beaucoup d'hommes sont déstabilisés – c'est devenu un cliché d'époque, bien analysé par le sociologue Daniel Welzer-Lang (Nous, les mecs. Essai sur le trouble actuel des hommes, Payot, 2009). Cela se répercute jusque dans les figures de l'érotisme masculin, ses "cartes affectives" comme les appelle le psychologue américain John Money (Lovemaps. Fantasmes sexuels, "cartes" affectives et perversions, Petite bibliothèque Payot, 2009).

 

 

 

Fondés en partie sur l'imagerie de la domination de femmes accueillantes, les grands archétypes du désir mâle se troublent. Alors les hommes débandent. En retour, paradoxe d'époque, les femmes le leur reprochent : comme le constatait Elisabeth Badinter dans Fausse route (Odile Jacob, 2003), un certain archaïsme des rôles, un certain masochisme fait aussi partie du désir sexuel féminin (du moment qu'il se cantonne au lit, dit-elle). Marie Chevret-Méasson : "Toutes ces frictions du désir suscitent des malaises, des débandades. Nous les traitons désormais assez bien en associant une thérapie conjugale avec les médicaments érectiles. Il est important que le couple réfléchisse sur lui-même, sur les désirs de chacun, les réticences. La pénétration n'est pas une fin en soi. Bien souvent, les troubles sexuels viennent d'un manque d'imagination érotique, ou même de sens du jeu. La sexualité est une forme de théâtre, de mise en scène fantasmatique, qui suffit bien souvent à faire monter le désir, quel que soit l'âge."

 

 

 

Aujourd'hui, tous les médecins le disent, nous disposons d'une boîte à outils, tant pharmacologique que psychothérapeutique, permettant de guérir à peu près toutes les défaillances viriles. Certaines résistent malgré tout. Pour les impuissants psychogènes rétifs à tout traitement, de nouvelles prothèses en silicone existent, que le chirurgien glisse sous la peau de la verge, entre les corps caverneux, tandis qu'il loge une petite pompe dans les testicules. J'ai rencontré un homme équipé de ce dispositif. Il s'en trouve satisfait. D'une part, l'objet est invisible. Ensuite, il est facile d'usage. Il permet de faire l'amour longtemps. N'altère aucune sensation. Seul inconvénient, disait-il, sa partenaire ressent la prothèse quand elle lui fait une fellation.

 

 

 

Donnée d'époque, beaucoup de médecins constatent l'influence grandissante du porno dans les troubles sexuels et érectiles des adolescents. Si le cinéma X peut aider un adulte à fantasmer, retrouver les archétypes qui l'enthousiasment, il sert bien souvent d'éducation sexuelle aux garçons de 10 à 18 ans, comme le montre l'enquête récente d'une journaliste de Marie-Claire (Ados : la fin de l'innocence, Géraldine Levasseur, Max Milo, 2009). Pour commencer, le sexe imposant des "hardeurs" traumatise nombre d'entre eux. Ils pensent qu'un tel mandrin donne la norme de la taille. Résultat, les adolescents font des complexes, croient être sous-équipés et ne bandent plus. Beaucoup d'hommes jeunes consultent des andrologues après avoir vu un film porno et demandent à se faire agrandir ou épaissir le sexe. Le pilonnage sexuel des films impressionne aussi beaucoup ces jeunes, qui se croient nuls s'ils ne tambourinent pas leurs copines. Quant aux actrices toutes soumises, rampant aux pieds des hommes, se jetant sur leur pénis, se faisant prendre par plusieurs athlètes bodybuildés en même temps, ils s'étonnent de n'en rencontrer aucune parmi leurs petites amies. La réalité les désillusionne. Alors ils s'accrochent au porno. Et débandent dans la vie. Laissons l'andrologue Marc Galiano, de l'Institut Montsouris, conclure : "Aujourd'hui, après la vague féministe, beaucoup de femmes ne savent plus jouer les courtisanes, donner du plaisir, faire bander les hommes. Quant aux hommes, ils ignorent l'univers de la volupté, des caresses, du tantrisme, savoir se retenir. Certains tombent dans le porno. Il ne suffit pas de leur donner des pilules, il faudrait reprendre toute l'éducation érotique."

 


Frédéric Joignot

Les mots pour en parler

• Dans le Dictionnaire érotique du linguiste Pierre Guiraud (préfacé par Alain Rey, Payot, 2006), on trouve de savoureuses expressions littéraires, populaires et argotiques pour dire l'impuissance : "mourir au cul de la princesse" , "s'endormir sur le rôti", "rester en affront", "attraper les mouches", "lever le siège", "faire flanelle", "faire Charlemagne", "rester court", "remettre son bonnet", "perdre haleine", "manquer de voix", "être froid de l'article", "mettre les chaussettes à la fenêtre", "marquer six heures", "tricoter", "avoir le pousse-mou", "… l'oreille basse…", " ...la limace…", "la mort dans le dos".

• Dans son journal, Le métier de vivre (Folio), l'écrivain italien Cesare Pavese écrit en 1937 : "C'est le tragique fondamental de la vie, et il vaudrait mieux qu'il ne fût jamais né l'homme qui éjacule trop rapidement. C'est là un défaut qui justifie le suicide." Peu de temps avant de se tuer, le 26 août 1950, il confie dans une lettre : "Puis-je te dire, mon amour, que je ne me suis jamais éveillé avec une femme à mon côté, que les femmes que j'ai aimées ne m'ont jamais pris au sérieux et que j'ignore le regard de reconnaissance qu'une femme comblée adresse à un homme."

• Dans son roman Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (Folio), Romain Gary donne voix au monologue intérieur d'un homme d'affaires de 59 ans qui devient impuissant, Jacques Rainier.




Les films qui en parlent

Dans Le Bel Antonio (1960), Mauro Bolognini met en scène Marcello Mastroianni, en jeune Sicilien taciturne qui cache son impuissance. Il épouse Barbara (Claudia Cardinale), mais le couple divorce un an plus tard : le mariage n'a pas été consommé.

La Débandade, de Claude Berri (1999), raconte l'histoire d'un commissaire-priseur qui multiplie les pannes sexuelles. Inquiet, il consulte des médecins, prend du Viagra. Sa femme, Marie, s'angoisse beaucoup moins que lui et s'adapte à la situation avec humour et gentillesse.

• Dans 1900, de Bernardo Bertolucci (1976), dont la crudité a choqué l'Italie, le vieux propriétaire terrien joué par Burt Lancaster entraîne une paysanne dans une étable. Il lui demande de le toucher, comme elle fait avec les brebis. La fille obtempère, riant, "Mais on ne trait pas les boucs !". Il la repousse, les doigts de la jeune femme n'agissent pas. Il est devenu impuissant. Il lui dit : "Va dire que le maître est mort", et se pend à une poutre.



Article paru dans l'édition du 21.08.09



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Samedi 23 mai 2009 6 23 /05 /2009 07:53

 


 

Vendredi 22 mai 2009

 


Miss Sénégal Fatoumata Diallo : « Chez nous les peulh, la virginité reste sacrée »


 

Comment avez-vous vécu votre passage de Miss Sénégal à Miss CEDEAO ?

 

Je vais vous raconter une petite anecdote : lors de l’élection miss Cedeao, j’ai été éliminée d’office… Par erreur. Le speaker s’est trompé au moment d’appeler les candidates retenues pour la finale. Il a appelé le nom de la représentante du Ghana à ma place. J’étais complètement abattue. Je me suis mise à pleurer. Un véritable choc parce que j’étais venue pour gagner. J’étais inconsolable jusqu’à ce que le jury me dise que c’était une erreur de la part du speaker. Finalement le jury a décidé de maintenir la Ghanénne jusqu’au tour suivant. Cependant, en dépit du fait que je sois retenue au finish, j’ai été déconcentrée, assez déconnectée puisque je m’étais démaquillée. Mais en définitive, c’est moi qui ai remporté la couronne pour devenir miss CEDEAO pour la paix. Ce qui fait de moi une ambassadrice pour la défense des idéaux de paix

 

Comment s’est dessiné ce triomphe d’aujourd’hui. Par où avez-vous commencé ?Cela vous a permis de mieux vous connaître ?

 

Ben oui j’ai eu à faire beaucoup de petites choses sur le plan professionnel pour subvenir à mes besoins. En dehors du mannequinât, j’ai eu à faire de petits boulots comme baby-sitter par exemple, j’ai fait de petits commerces, j’ai assuré la gérance d’un télécentre entre autre… Je payais moi-même mes études, je suis issue d’une famille modeste. J’ai tellement galéré que je restais parfois des heures sans manger, mais je tenais toujours sur mes pieds, parce que j’avais l’espoir qu’un jour, tout cela ne serait qu’un mauvais souvenir. La preuve, aujourd’hui j’ai deux voitures alors qu’il y a six quelques mois je prenais le bus comme tout le monde. « Yalla wakhoul kéne dara »

 

Avez-vous un petit ami ? Le mariage fait-il partie de vos projets ? Que pensez vous de la virginité ?


(Rires) …Je ne veux pas en parler. Oui je compte me caser d’ici 2010 inchaallah. De nos jours, les jeunes filles ont tendance à la dévaloriser, mais elle reste toujours importante. C’est ce qui fait notre fierté. En tout cas chez nous les peulh, la virginité reste toujours sacrée chez une fille.

 


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Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /2009 00:05
Emission "point de vue": LA RANCOEUR D'OLYMPE BHELY-QUENUM
 
*Garrigues-Sainte-Eulalie, 20/04/09

VIEILLE LUNE, mais je suis amusé qu'on revienne sur de tels problèmes; il y a quelques semaines, j'ai adressé la requête ci-dessous au site:*
http://www.sonangnon.net/newsonangnon qui a répondu:
"Une demande de contact a été formulée par e-mail via
http://www.sonangnon.net/newsonangnon de la part de

Olympe BHÊLY-QUENUM <
azanmado@aol.com>

" Garrigues-Sainte-Eulalie, 29/03/09

Bonjour,

J'ai trouvé dans mes archives un texte paru dans Le Matin, du 16 mars 1998, intitulé Emission "point de vue" LA RANCOEUR D'OLYMPE BHELY-QUENUM, signé Yves C.Agondanou.

Décidé à ne pas baisser les bras face aux agissements et à la déliquescence qui caractérisent la politique de notre pays, je vous serais reconnaissant  de réimprimer ce texte significatif; je voudrais néanmoins qu'il y soit corrigée la coquille dans le mot : crois du sud; il s'agit de la Loge La Croix du Sud dont je suis le principal fondateur.
D'autre part, ceux qui me connaissent réellement savent que je ne suis. rancunier: je joue toujours cartes sur table même si je devais perdre; beaucoup de gens souffriraient si j'étais rancunier.

Cordialement

O.B-Q"

J'interviens aujourd'hui pour répéter et maintenir que le problème ne concerne pas seulement la représentation; ce n'est pas parce qu'un ou deux ressortissants d'un Etat membres auront été hissés à un grade P5, D1 D2 ou DDG ADG quele problème sera résolu: il y a sous-utilisation de compétences et du racisme aussi dans une organisation du système des Nations unies telle que l'UNESCO; mon texte paru le 16 mars 1998 à Cotonou, dans Le Matin,se référait sans ambages à un des aspects des problèmes. Mes lettres à deux directeurs généraux de cette organisation étaient sans mystère.Qu'on lise:

1° mon interview dans *L'Afrique des profondeurs,40ème anniversaire d'Un piège sans fin.Mélanges offerts à Olympe BHÊLY-QUENUM* où j'ai dénoncé des faits en citant les noms des acteurs;je subis encore les séquelles de tels agissements; j'en conviens, je ne rampe jamais, ni ne mets un genou par terre quand les faits me donnent raison.
2° dans mon roman intitulé *C'était à Tigony,* j'ai décrit des actes qui avaient eu lieu, tant au siège de l'Uneco que sur le terrain, en Afrique; la presse française a étouffé cet ouvrage; n'empêche,des fonctionnaires de l'Organisation l'ont lu et l'un d'eux, en gardant l'anonymat, m'a téléphoné pour me dire: "...*/on vous aurait sous-estimé et humilié et vous avez attaqué, c'est légitime et on n'osera pas réagir...il paraît que vous sembliez tenir une sorte de journal, qu'en pleine réunion des fonctionnaires vous aviez risposté contre un ADG qui vous menaçait.../*"

J'ai éclaté de rire car c'était vrai. Voilà mon souvenir de l'UNESCO; j'espère qu'à ma mort on n'y commettra pas l'hypocrisie d'afficher ma photo en présentant les condoléances à ma famille.

Olympe BHÊLY-QUENUM

www.obhelyquenum.com 

Faible représentation des Béninois dans les institutions internationales
 
20-04-2009 - LA NOUVELLE TRIBUNE  

 


J-R AhoyoIl y a dix ans Jean-Roger Ahoyo dénonçait déjà le fait


 
Au nombre des recommandations issues de la deuxième conférence des ambassadeurs tenue  du 26 au 28 février dernier sur la relance de la diplomatie béninoise, il y figure celle qui traite de la problématique du placement des cadres béninois dans les institutions internationales ».
Or, en 2000 déjà, l’ancien conseiller régional de l’Unesco pour la Culture, Jean-Roger Ahoyo avait attiré l’attention du président Mathieu Kérékou sur la mauvaise politique du Bénin en la matière. L’état des lieux fait il y a près de dix ans par cet ancien ministre de Soglo est plus que jamais d’actualité et mérite qu’il soit porté à la connaissance des autorités gouvernementales et tout le peuple béninois.

United Nations Educational, scientific and Cultural Organization
Organisation des Nations Unies pour  l’Education, la Science et la Culture
 REGIONAL OFFICE lN DAKAR
BUREAU REGIONAL DE DAKAR
12. avenue L.S. SENGHOR
Boîte Postale: 3311 DAKAR
République du Sénégal
Téléphone: 235082
Câble UNESCO-DAKAR
Télex: 51410 SG- 21735 SG
Facsimilé 823 4949
UHDAK (a) UNESCO. ORG


Dakar le 23 février 2000


A

Son Excellence le Président Mathieu KEREKOU, Président de la République du Bénin, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement à COTONOU

Objet : Pour la définition et la mise en œuvre d’une
Politique hardie de placement des cadres béninois
dans les Organisations Internationales

Excellence Monsieur le Président de la  République

Le 7 Mai 1999, au cours de l’audience que vous avez bien voulu m’accorder, j’ai eu à évoquer devant vous, pour le regretter, le cas de notre compatriote, Monsieur Théophile KOMACLO, qui venait d’échouer après sa candidature au poste de Directeur Général d’AIR-AFRIQUE!

Des années avant lui, notre compatriote Moïse MENSAH avait déjà échoué après sa candidature au poste de Directeur Général de la FAO !
Actuellement, nous ne sommes que trois cadres béninois occupant des postes assez importants à l’UNESCO:
- Monsieur Nouréini TIDJANI-SERPOS, Sous-Directeur Général de l’UNESCO, chargé du Département Priorité Afrique.

- Monsieur François GUEZO, Administrateur du Bureau d’Haïti

- et moi-même, Conseiller Régional de l’UNESCO pour la Culture en
Afrique de l’Ouest.

En cherchant bien ou trouvera certainement deux à trois cadres en plus comme les Jeunes AHANHANZO-GLELE et KOSSOU qui sont les fils de Monsieur Maurice AHANHANZO-GLELE et de feu Basile KOSSOU. Mais c’est bien tout, c’est à dire peu de monde en définitive!
Les autres Béninois qu’on peut rencontrer à l’UNESCO sont des chauffeurs ou des gardiens. Ils ne sont pas membres du Secrétariat!
Je connais encore quelques cas de Béninois présents au H.C.R., à la  F.A.O., à  l’O.M.S., au FNUAP, au F.M.I., à la Banque Mondiale, au PNUCID, au P.N.U.D, à l’lJEMOA, à l’O.U.A.; mais dans chacune de ces Institutions, on peut les compter sur les doigts d’une seule main!
J’ai commencé par ces constats amers pour vous souligner deux  phénomènes complémentaires qui nuisent énormément à notre pays:
- L’impréparation de nos cadres à affronter la compétition internationale et, par conséquent,
-Notre très faible présence dans les Organisations Internationales ou Interrégionales, pour ne pas parler de notre quasi-absence.
Monsieur le Président, il est urgent de corriger cette situation si nous voulons que notre pays relève, dans de bonnes conditions, le double défi de l’intégration régionale et de la mondialisation. La définition et la mise en œuvre d’une politique de formation et de placement de cadres compétents dans les Organisations internationales peut nous y aider.
Mais avant d’en arriver là, voyons encore une fois l’exemple Sénégalai.

1) LE PALMARES DU SENEGAL
 
Le Sénégal est certainement le pays francophone d’Afrique qui a le plus grand nombre de cadres dans les Organisations Internationales et Interrégionales.
De 1974 à 1987, pendant 13 ans, c’est le Sénégalais Amadou- Mahtar M’BOW, qui a été Directeur Général de l’UNESCO. C’est le Seul Directeur Général à  avoir fait 13 ans! Ceux qui l’ont précédé ou suivi ont fait 4,5 ou 12 ans.
La Banque Africaine du Développement (B.A.D) a été dirigée pendant dix ans par le Sénégalais Babacar NDIAYE avant d’être remplacé par le Marocain qui est là actuellement.
Monsieur Jacques DIOUF vient d’être reconduit Directeur Général de la F.A.O.
Monsieur Kéba MBAYE est actuellement Vice-Président du C.I.O. après avoir été Juge à la Cour Internationale de la Haye.
A la Banque Mondiale nous rencontrons deux Sénégalais à des postes importants:
D’abord Monsieur Pape Ousmane SAKHO ; et, depuis Août 1999, Monsieur Cheikh FALL au poste de Vice-Président et de Secrétaire Général de la Banque, après une longue carrière à la B.A.D.
Depuis 1992, Amnesty International est dirigé par un Secrétaire Général Sénégalais du nom de Pierre SANE.
Monsieur Ibrahima FALL occupe depuis 1997 le poste de Sous-Secrétaire Général aux Affaires Politiques à l’O.N.U.
Monsieur Moussa TOURE est le Président de la Commission de l’UEMOA.
Monsieur Lamine DIACK vient d’être porté à la tête de la Fédération Internationale d’athlétisme amateur (F.I.A.A.)
La Confédération africaine de Tennis (C.A.T.) est dirigée par
Mamadou DIAGNA  NDIAYE.
Faut-il ajouter Monsieur Aziz DIEYE, Président d’Honneur de la Fédération Internationale des Experts Comptables francophones (FIDEF) !
Enfin, last but not the least, notre multinationale AIR-AFRIQUE a été dirigée à sa création par le Sénégalais Cheikh FALL ; et c’est encore un Sénégalais qui a pris les commandes de la Compagnie avec l’élection de Pape Sow THIAM début 1999.
Monsieur le Président, voilà bien une bonne dizaine de Sénégalais qu’on retrouve à la tête de leurs Institutions ou aux toutes premières loges. Je suis convaincu que si nous descendons un échelon plus bas et que nous pénétrons à l’intérieur de ces Organisations, ce n’est plus une  dizaine de Sénégalais que nous compterons, mais bien des dizaines pour ne pas parler d’une centaine au moins!
Comment nos frères Sénégalais ont-ils pu réaliser cette performance? Par une politique délibérée de placement de leurs cadres dans les Organisations Internationales.
Il est grand temps que nous nous décidions, Monsieur le Président, à imiter nos frères Sénégalais.

Il QUELQUELS ELEMENTS POUR LA DEFINITION D’UNE POLITIQUE

Je me souviens, Monsieur le Président, que quand je vous ai parlé du cas de mon promotionnaire et ami Théophile KOMACLO, vous avez évoqué la jalousie béninoise pour expliquer son échec.


Le résultat de cette politique ne s’est pas fait attendre et s’étale lamentablement devant nos yeux: Au sein des cadres désormais, c’est l’opportunisme érigé en règle de conduite, et l’abandon de l’effort pour une lutte confuse fondée sur l’appartenance politique ou le népotisme.
Cette manière de gérer le personnel, qui ne permet aucun suivi sérieux des dossiers en instance, est de toute évidence contre productive et, en définitive, ruineuse pour un développement harmonieux.
Si nous voulons vraiment aller de l’avant, nous ne pouvons pas continuer à changer, du jour au lendemain, des cadres techniquement valables et compétents, par des médiocres pour des raisons politiques ou par pur népotisme.
Nous devons sécuriser nos cadres pour leur permettre de s’épanouir pleinement afin que nous puissions choisir les meilleurs parmi eux, le moment venu, sur des bases claires et solides.
Deux mesures fondamentales me semblent nécessaires pour parvenir, à terme, à ce résultat:

a)Généraliser le concours de recrutement dans la Fonction Publique
Depuis et à cause des programmes d’ajustement structurel, nous avons dû recourir aux concours pour recruter dans certains secteurs de notre Administration.
Nous devons généraliser cette méthode de recrutement  par voie de concours pour trois raisons :
-D’abord le concours est la méthode la plus démocratique pour départager des candidats à un poste. C’est une invention de la Révolution Française qui s’est imposée à tous les Etats Modernes, et plus précisément aux Républiques Modernes. Contrairement à l’arbitraire royal, le concours assure l’égalité des chances entre les citoyens d’une République Moderne.
-Ensuite, avec le développement de la scolarisation à tous les niveaux (primaire, secondaire, supérieur!) nous avons désormais plus de postulants que de postes à pourvoir dans notre Administration. Il faut bien les départager.
-Enfin, le concours garantit un recrutement de qualité. Et nous devons désormais tabler sur la qualité dans  notre Administration. Elle ne sera vraiment performante qu’à partir du jour où elle sera constituée d’agents  de qualité  et bien rémunérés.

b)Revenir à la gestion coloniale
Ne soyez pas choqué, Monsieur le Président, par ce retour que je propose à la période coloniale. En effet les colons appliquaient, dans la gestion des cadres et agents, deux principes qui me paraissent excellents:
-D’abord, la promotion par ancienneté.
Au cours de la période coloniale, c’est le plus ancien dans le grade  le plus élevé qui est responsable. En réalité ce sont le mérite et l’ancienneté qui sont les critères de promotion.
Au lieu qu’aujourd’hui on voit souvent des « jeunots » « bombardés }) Directeurs prématurément pour des raisons politiques ou de népotisme, et qui, après, sont relégués dans des « bureaux-garages » !
Cette gestion « coloniale » n’est en réalité qu’une gestion inspirée par le bons sens. Elle est prudente et suffisamment juste pour permettre à chacun d’élaborer et de suivre un véritable Plan de carrière. Cela est nécessaire pour que les gens s’épanouissent dans l’accomplissement de leurs fonctions et révèlent le meilleur d’eux-mêmes en le donnant.
-Ensuite la mobilité territoriale
Sous la colonisation le fonctionnaire savait qu’il pouvait être affecté partout où besoin  sera.
Le meilleur exemple pour moi est celui de mon père, Instituteur formé à l’Ecole Normale William Ponty de Gorée et sorti en 1927 ! Il a servi dans toute la colonie du Dahomey dans les localités ci-après: Kandi, Djougou, Porto-Novo, Allada, Athiémé, Parakou (où votre humble Serviteur est né !), Ouidah et enfin Abomey, chez lui, où il a pris sa Retraite.Pendant sa carrière, il a donc parcouru toutes nos anciennes provinces à savoir l’Atacora, Atlantique, le Borgou, le Mono, l’Ouémé et le Zou. Cette « promenade » lui a permis de mieux connaître le pays et de contribuer à la formation des Jeunes esprits dans plusieurs de nos communautés ethniques. Si bien que partout où je vais au Bénin aujourd’hui, il y a toujours un ancien élève de mon père pour m’accueillir! ! !
L’exemple de mon père m’a toujours fait penser qu’il faudrait instituer au niveau de l’affectation des cadres et agents un système de rotation qui leur permette au cours du déroulement de leur carrière, de découvrir et de connaître leur pays à travers ses régions.

3.- Une Structure de suivi
Une fois les cadres bien formés et mis dans les meilleures conditions pour une compétition loyale, il faut mettre en place une structure de suivi de leurs carrières pour sélectionner, le moment venu, les meilleurs.
Je me suis laissé dire qu’il existe, au niveau de la Présidence de la République du Sénégal, une Cellule de Suivi des cadres de la Nation. Je n’ai pas pu vérifier cela, mais je pense qu’une pareille structure est nécessaire au niveau de notre pays. Elle devrait être basée à la Présidence, avec, éventuellement, des correspondants dans les Ministères.

Je propose trois fonctions essentielles pour cette Structure de Suivi.
a) La gestion des CV des Directeurs
Le but poursuivi est de positionner nos cadres dans la Fonction Publique Internationale.
Les Directeurs et Directeurs-Adjoints de nos structures nationales sont donc les candidats potentiels pour ces postes

La Structure de Suivi doit rassembler leurs CV à la  Présidence pour les gérer.
Chaque fois qu’un cadre accède à un poste de direction ou de responsabilité élevée, il doit envoyer son CV à la Cellule de Suivi pour être pris en compte.
Je pense même qu’il faut recruter plus large en envoyant à la Cellule les CV des cinq (05) ou dix (10) « plus anciens dans le grade le plus élevé » dans chaque Structure. Car nous ne devons pas viser seulement les postes de premiers responsables des Organisations Internationales. Nous devons avoir comme ambition de placer autant de cadres que nous le permet la politique des quota ou de répartition géographique pratiquée par les Agences des Nations-Unies.


b)Un rôle de prospection et de prospective.
La Structure de Suivi doit connaître parfaitement les Organisations Internationales et Inter-régionales et les suivre dans leurs politiques de recrutement.
Elle doit connaître le quota qui revient à notre pays dans chaque Organisation et le nombre de postes occupés effectivement par notre pays.
Elle doit aussi établir un calendrier précis des changements de mandat à la tête des Organisations et préparer des candidats nationaux en conséquence. Cette préparation peut inclure une formation complémentaire pour améliorer un profil.

c) Une tâche d’appui et de protection
Notre Etat ne peut pas se donner tout ce mal pour positionner un cadre et l’ « oublier» ensuite dans la Jungle de la Fonction Publique Internationale, le laisser se débrouiller tout seul.
Beaucoup de réseaux, dont certains sont pratiquement mafieux, sont présents ou sévissent dans les Organisations Internationales.
La Structure de Suivi doit accompagner les cadres positionnés pour les appuyer (en vue d’une promotion !) ou les protéger (contre les coups bas et les complots) en cas de besoin. Je parle en connaissance de cause après avoir fait un peu plus de deux ans à l’UNESCO!
Voilà, Monsieur le Président, quelques éléments pour la définition et la mise en œuvre d’une politique de formation et de placement de mes cadres dans la Fonction Publique Internationale
Nous devons rompre résolument avec la pratique artisanale actuelle qui consiste à laisser pratiquement nos cadres se débrouiller tout seuls pour se trouver des strapontins dans les
Organisations Internationales.
Le placement de nos cadres dans les organisations internationales et interrégionales doit devenir pour nous une  priorité d’Etat. En effet il est bénéfique pour nous sur trois plans :
-Primo - Il nous permet de participer à la gestion des affaires du monde aux côtés des autres peuples de la Planète.
Secundo - Il aide nos cadres à acquérir un surplus de formation professionnelle, de compétence technique qu’ils reviennent mettre à la disposition de leur pays à la fin de leur mandat. C’est pour cette raison que la Conférence Nationale du Bénin, de Février 1990, a préféré choisir le Premier Ministre de la Transition parmi eux.
-Tertio - Il drainera vers notre pays des projets et des financements pour impulser son développement.
En conclusion, Monsieur le Président, nous n’avons pas le droit d’hésiter à adopter une politique d’Etat dans ce domaine.
Je ne doute pas que vous partagez cette conclusion et que vous mettrez tout en œuvre pour doter notre pays d’une telle politique.

Soyez assuré, Monsieur le Président, de mon profond respect.
Jean-Roger AHOYO
Conseiller Régional de l’UNESCO pour la Culture en Afrique de l’Ouest

Vous avez certainement raison et nous ne devons pas écarter la jalousie comme facteur d’explication à ce genre d’échecs dans notre pays.
Mais nous devons, précisément à cause de cela, nous attacher à définir une politique de recrutement et de placement de nos cadres, et prendre toutes les dispositions utiles pour sa mise en œuvre effective, malgré les obstacles subjectifs.
Permettez-moi de vous proposer ci-après quelques éléments pouvant contribuer à définir une pareille politique.

1.Une formation solide
Nous ne pouvons envoyer compétir sur le plan international que nos éléments les mieux formés.
Une formation solide constitue donc la première condition pour affronter la concurrence aussi bien sur le plan régional que mondial.
Autrement dit, nous devons commencer par définir et appliquer une politique de l’excellence qui nous donnera les éléments bien armés et préparés pour participer victorieusement à la compétition internationale.

2.Une dépolitisation de notre administration ou fonction publique.
C’est la condition sine qua none pour que nos cadres s’épanouissent entièrement dans l’accomplissement de leurs fonctions.
Le fonctionnaire béninois ne peut pas concevoir et suivre un plan de carrière s’il sait qu’il est à la merci d’un remaniement ministériel. En effet chaque nouveau ministre qui arrive se croit obligé de changer tout le monde jusqu’au planton!
   

Mots clés : ahoyo, beninois, insitutions

 
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Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /2009 11:32

A propos de la Lépi: Clotaire Olihidé soutient les déclarations de Yahouédéou

 

19 mars 2009 - LEMATINAL


A travers une lettre ouverte, Clotaire Olihidé, a félicité le député Fcbe Yahouédéou qui a déclaré « aucun citoyen sérieux ne peut être contre la Lépi qui amènera la guerre dans notre pays ». L’auteur de cette lettre se déclare prêt à apporter un soutien intellectuel et technique à son correspondant si ce dernier nourrissait l’idée de éventuellement de créer un cadre de réflexion et d’échange sur la formule la plus adaptée pour la réalisation de la Lépi au Bénin. (Lire le texte intégral de la lettre).

Honorable,

Je n’ai pas le privilège de me compter parmi vos connaissances, parce que je ne suis ni de votre génération, ni de votre région, encore moins du sérail politique. Jusqu’au samedi 21 février 2009, il ne m’est jamais venu à l’esprit que je pourrais regretter cet état de chose. Or, c’est bien le cas depuis ce jour où vous avez commis le « péché » inhabituel au Bénin de faire passer publiquement le point de vue du technicien avant celui du politicien. D’autant plus que ce point de vue est complètement aux antipodes de celui de la famille politique à laquelle vous appartenez et surtout de son chef à qui apparemment peu de gens osent dire la vérité.

Honorable,

Comme je l’ai dit plus haut, je ne suis pas du sérail politique. Je me réclame plutôt de la catégorie de ceux que l’on appelle « cadres », même si je ne peux prétendre au titre de « docteur » qui est très prisé depuis quelques temps dans notre pays. Seulement, je me demande si appartenir à cette catégorie de personnes confère encore aujourd’hui la même valeur éthique, morale et professionnelle d’antan. Loin de moi l’idée de vouloir vilipender les cadres qui, qu’on le veuille ou non, ont le mérite d’avoir accumulé des connaissances et des expériences dont le pays a besoin pour réussir un véritable décollage et prétendre un jour à tutoyer les nations réputées les plus prospères. Cependant, le constat est que, de plus en plus de cadres prostituent leurs compétences ou se taisent purement et simplement, de peur de déplaire au Prince et de perdre quelques prébendes que leur position au sein de l’appareil d’Etat leur permet de recueillir de temps en temps. L’intellectuel objectif, techniquement honnête et irréprochable cède progressivement le pas au politicien rangé, presque muet, à la limite servile qui se garde de tout avis, même constructif, parce qu’il tient à conserver un « poste » où il se la coule douce. Lorsque, dans cette ambiance pas très saine, un homme, une personnalité, mieux un élu du peuple de votre trempe ose donner publiquement un avis technique qui de surcroît tombe sous le sens et relève de la logique la plus élémentaire, cela mérite d’être reconnu à sa juste valeur.

Honorable,

Je n’appartiens ni aux Fcbe, ni au G4, mais j’ose prétendre à l’appellation d’ « observateur attentif de la vie politique au Bénin depuis l’avènement du Renouveau Démocratique ». Je me garde de me prononcer sur votre position par rapport aux « révélations » de votre collègue le député Issa SALIFOU, bien que j’imagine un peu ce que vous devez subir actuellement de la part de vos amis Fcbe et que, par rapport à cela, je ne vous envie pas beaucoup. L’hommage que je tiens à vous rendre ici est plutôt relatif à votre opinion claire et sans ambiguïté au sujet de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Encore une fois, je ne vous connais pas personnellement, on ne s’est jamais rencontré, mais je me rends compte que nous avons exactement les mêmes appréhensions techniques et politiques sur la Lépi. Dans mon ouvrage intitulé « Elections Communales et Locales 2008 au Bénin : Autopsie d’un cafouillage organisé » dont le lancement officiel le 28 novembre 2008 est passé presque inaperçu à cause du séminaire des G et F à Bohicon, j’ai émis de sérieux doute sur le réalisme et l’objectivité du rapport des experts et donc sur la possibilité d’avoir une Lépi fiable pour les élections de 2011. Au lendemain du dépôt du rapport définitif au Chef de l’Etat en décembre 2008, j’ai adressé une lettre ouverte au premier magistrat de ce pays pour l’inviter à éviter le passage en force. Dans cette lettre ouverte, j’ai apporté quelques éléments techniques et politiques qui font de ce rapport une simple vue de l’esprit dans un contexte comme celui du Bénin. Dans le même ordre d’idée, sur l’émission « Dites-le avec des mots » enregistrée le lundi 16 février 2009 à Canal 3, j’ai à nouveau réaffirmé la quasi impossibilité de réaliser une Lépi sérieuse pour 2011. J’ai insisté sur la nécessité de mener un débat de fond sur la question en faisant appel à toutes les forces concernées, car jusqu’à présent on a focalisé l’attention sur l’organe qui doit réaliser la Lépi et sur les milliards à dépenser. Coïncidence pour coïncidence, cette émission « Dites-le avec des mots » a été diffusée sur Canal 3 ce même samedi 21 février 2009 où vous avez fait votre déclaration à Bohicon. Permettez alors que, pour une fois, je m’écarte du cartésianisme pour y voir ce que l’autre a appelé la main de Dieu.

Honorable,

me réjouis qu’une personnalité de votre rang commence enfin à poser les vraies questions au sujet de la Lépi. Votre mérite est grand. Et je pense qu’il sera encore plus grand lorsque vous réussirez à réunir vos collègues ainsi que les membres des autres institutions, sans oublier les forces sociales dans un cadre de réflexions et d’échanges qui permettra de situer tout le monde en toute objectivité pour qu’ensemble, on décide en toute connaissance de cause de la formule la plus adaptée pour la réalisation de la Lépi au Bénin. Si, en plus de vous avoir doté des moyens que je n’ai pas, Dieu vous a donné le discernement dont vous avez fait preuve, Il attend certainement de vous que vous alliez plus loin. Dans ce combat, je puis vous assurer de l’entière disponibilité de ma modeste personne à vous accompagner, non pas financièrement comme vous vous en doutez bien, mais intellectuellement et techniquement. Si vous me demandez ce qui me meut, je vous répondrai tout simplement en vous paraphrasant vous-même : « Aucun citoyen sérieux ne peut être contre la Lépi. Mais, nous ne voulons pas d’une Lépi qui amènera la guerre dans notre pays ». Sur ce, je vous renouvelle mes félicitations et vous encourage à assumer votre responsabilité devant l’Histoire.

 

Clotaire Olihide

 

NB : Auteur de l’ouvrage Elections Communales et Locales 2008 au Bénin : « Autopsie d’un cafouillage organisé 

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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /2009 16:21

Lignes Ennemies
par Souleymane Jules Diop

 

 


[ CHRONIQUE ] Le tyran et le philosophe


 

« Le tyran n’aime pas qu’on raisonne ;
et c’est qu’il craint en lui-même un raisonneur
qui se tournerait contre lui »

ALAIN

 

Abdoulaye Wade, fier de sa noble stature, aime attirer dans son sillage ceux qui lui semblent supérieurs en intelligence, pour  se mesurer à eux et les rabaisser par la suite. Les plus brillants universitaires n’ont jamais trouvé grâce à ses yeux. Ils ont passé en moyenne deux mois dans son gouvernement. Sémou Pathé Guèye ne sera pas de ceux-là. Il pourra dire, du fond de sa tombe, « j’ai tenu tête à cette morne caricature ».


 Le président de la République a tout fait pour le séparer du reste de la bande de Xaar-Yalla et couper le Pit de son épine idéologique. Pendant longtemps, il lui a chuchoté dans les oreilles les propos les plus élogieux et les qualificatifs les plus flatteurs : « Sémou, tu sais que n’ai pas de problème avec toi. Je veux que tu entres au gouvernement. Mais le problème, c’est Amath ». C’était pour l’amadouer, puisqu’il s’était déjà plaint d’avoir été injurié par le même homme. Mais Sémou n’a jamais cédé. Il est le seul qu’Abdoulaye Wade a toujours voulu avoir, sans l’avoir jamais eu. C’est tout à l’honneur de celui qui vient de nous quitter. Sémou Pathé Guèye a été pendant cinq années non interrompues, mon professeur de philosophie et mon ami. Il a aussi été un camarade de parti quand nous avons décidé, avec un petit groupe d’étudiants, de ranimer le mouvement des élèves et étudiants du Pit.

 
Je ne peux pas chasser de mon esprit les images de notre dernière rencontre à l’université de Dakar. Il était reclus au fond d’un petit couloir du département de philosophie. Sa suite se résumait à ses livres, aux mémoires de ses étudiants et à une vieille machine à café délicatement posée sur sa table de formica. Je me suis demandé comment on pouvait être aussi grand et mener une vie aussi simple. C’était sa cuirasse idéologique. Mais il y avait, sous ces dehors simples, un esprit d’une rigoureuse complexité. Idrissa Seck m’avait chargé de le convaincre de la pertinence d’entrer dans son gouvernement. Amath Dansokho avait poliment refusé, et nous pensions qu’il était le seul à pouvoir infléchir la position du Pit. J’ai passé deux heures à vouloir le convaincre de la nécessité de bien entourer Abdoulaye Wade et de sauver l’alternance pour laquelle nous nous étions tous battus. Il lui a suffi d’une dizaine de minutes pour m’expliquer pourquoi rien n’était plus possible avec Abdoulaye Wade. Il était à la fois le plus têtu et le plus érudit du groupe qui comprenait d’éminents intellectuels comme Amath Dansokho, Magatte Thiam et Ibrahima Sène. Il était l’idéologue et le porteur des formules assassines comme la « mal-gouvernance ». On l’a entendu récemment déclarer que « Diouf avait sa Casamance, Wade a son Kédougou ». Il venait au secours de son autre ami, Amath Dansokho. Les deux hommes se sont connus en 1971, à Paris. Amath arrivait de Prague. Sémou Phathé Guèye était déjà réputé pour sa maîtrise de sa philosophie et des Lettres classiques. Le jeune étudiant portait déjà une grosse barbe et ne se séparait jamais de sa pipe, un goût d’époque.


Sur les cendres du Pai finissant, ils préparent le Parti de l’indépendance et du travail (Pit). Avec de jeunes enseignants issus des universités, Sémou lance les comités de lutte qui deviendront plus tard le Syndicat unique des enseignants du Sénégal (Sudes), en avril 1976. Senghor venait de dissoudre le Syndicat des enseignants du Sénégal (Ses) d’Iba Der Thiam. Il défend énergiquement l’indépendance du syndicat et refuse son inféodation aux dogmes du marxisme révolutionnaire.


Cette ligne indépendante, le philosophe l’adoptera sur tous les champs de bataille, même quand le Pit entre au gouvernement dit de « majorité », en refusant de donner sa caution à la modification de l’article 47 du Code du travail. Dansokho répondait toujours aux agacements de ses alliés qu’il n’avait « qu’une seule voix au Pit ». Sémou Pathé était, curieusement, celui qui appelait le plus au consensus et au dialogue. C’était par réalisme et par engagement doctrinaire. Les théoriciens de l’école de Francfort sont passés par là. Ils sont les premiers à déranger les certitudes de l’époque, en avouant que « sur beaucoup de points, Marx s’est trompé ». Le consensus était devenu comme un besoin vital des démocraties modernes, mais c’était aussi à la lumière de ce qui se passait autour de nous en Afrique. Si les hommes ne s’entendent pas, ils font entendre leurs armes. Face à la violence électorale et à la série d’évènements macabres de ces derniers jours, il est difficile de convaincre que la mort d’un seul homme peut peser plus lourd sur le destin de notre pays que les voix des électeurs.


Mais ce brillant sujet s’éteint au moment où, pas loin de chez nous, les derniers évènements nous ramènent à ce qu’il a toujours élevé au rang d’une exigence, l’éthique de la discussion.
Je le dis parce que chez nous, notre tyran goulu a une conception tout à fait différente du consensus. Les idées ne servent chez lui qu’à justifier ses pratiques. Quand des oubliés de son parti décident de rompre avec sa monocratie, il leur donne un ultimatum. Des députés dénoncent ses pratiques, il les exclut sans ménagement  de l’Assemblée nationale. Des sinistrés manifestent devant les grilles du palais de la République, il les envoie en prison. Des syndicalistes se battent pour améliorer leurs conditions de vie, il les exclut du système éducatif. Au moment où cette lumière s’éteint, une nuit sombre s’abat sur le mouvement syndical sénégalais. Et le comble de l’ironie, c’est que celui qui est chargé par Abdoulaye Wade de liquider les syndicalistes est lui-même un ancien du Sudes et du Pit. Je veux parler de Kalidou Diallo, qui affirme sans honte qu’il est de la « génération du concret ». En voulant prouver aveuglément à ses employeurs qu’il n’a pas été nommé pour rien, il réussit le pari inespéré d’unir tous les syndicats enseignants autour de la même cause. Abdoulaye Wade le méprise tellement qu’il ne lui a même pas donné un bureau pour s’installer, la meilleure preuve qu’il quittera son poste une fois sa sale besogne terminée. Pour quelqu’un qui se dit historien, c’est la pire des insultes qu’on puisse faire à l’histoire syndicale de ce pays. Au moment de jeter tous les acquis syndicaux au bûcher, c’est un ancien camarade qui apporte le plus gros du fagot, pardi.


Même Iba Der Thiam s’était gardé de tant de bouffonnerie. Abdoulaye Wade, ivre de son génie, pensait avoir trouvé en lui la bête noire du mouvement syndical. Il a pris sa naïveté pour de l’intelligence. De tous les anciens du Sudes et du Pit, c’est le seul que le chef de l’Etat a pu trouver à sa taille. Puisque nous parlons d’intelligence, disons toute notre déception. On s’attendait sans doute à trouver dans le crâne du chef de l’Etat, le plus diplômé du « Caire au Cap », plus de matière grise. On espérait aussi trouver dans la bouche d’un homme de sa trempe, des propos plus responsables que ceux qu’il a prononcés à Kolda.
SJD


 


 


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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /2009 21:39

Rama Yade: Le Bénin est un pays sur lequel on porte en général un regard très afro-pessimiste

"Je reviens juste du Bénin et, en arrivant ce matin, j'ai eu un sentiment d'extrême tension dans le pays à cause des questions sociales qui préoccupent nos compatriotes et également de la situation en Guadeloupe qui est tendue avec l'annonce d'un mort", a-t-elle indiqué devant l'Association des journalistes parlementaires.

 

"Après trois jours au Bénin, un pays sur lequel on porte en général un regard très afro-pessimiste, je suis frappée par la force, le poids des inquiétudes des Français", a confié Mme Yade.

 

En Guadeloupe, "il y a une tension qui est forte, que j'explique essentiellement par des raisons sociales". "Les questions identitaires ne se développent que sur un terreau social favorable".

 

"Il faut plaider pour l'apaisement, il faut garder son sang froid. Il n'y a pas d'autre solution que la concertation et le dialogue. Ce n'est pas sur les barricades que se trouvent les solutions", a-t-elle mis en garde.

 

Interrogée sur un éventuel dérapage vers une situation similaire à celle en Nouvelle-Calédonie à la fin des années 80, la ministre a estimé que "les histoires ne sont pas les mêmes". "Il ne faut pas plaquer l'histoire des Antilles sur celle de Nouvelle-Calédonie".



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Mercredi 4 février 2009 3 04 /02 /2009 23:44
 
 
 

Le cancer n’est pas « une maladie de Blancs »

La journée mondiale contre le cancer est consacrée aux pays en voie de développement

Le chiffre est alarmant. D’ici 2020, il pourrait y avoir un million de nouveaux cas de cancer en Afrique. La journée mondiale contre le cancer qui se tient mercredi, est consacrée aux pays en voie de développement, les plus touchés par cette maladie. A l’origine de la prolifération de ce fléau, les gouvernements qui n’appliquent pas des programmes de santé publique adéquats.



mercredi 4 février 2009, par Stéphanie Plasse


Les pays en voie de développement sont au cœur de la journée mondiale contre le cancer qui se tient mercredi. Contrairement aux idées reçues, le cancer ne toucherait pas que les pays riches. En 2008, sur les 7,6 millions de décès dus au cancer, 67 % concernaient des populations des pays pauvres. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la maladie ferait plus de victimes dans les pays en voie de développement que le sida, le paludisme et la tuberculose. « Ce n’est pas ‘une maladie de Blancs’, il faut déconstruire ce mythe. Pour preuve, il y a eu 72 % de nouveaux cas de cancer en Afrique pour l’année », estime le Dr Adama Ly, joint par Afrik.com.

 

Les gouvernements africains inactifs

 

Pour ce cancérologue, président d’Afrocancer, une association internationale à but scientifique et médical, ces chiffres sont « le résultat du désintéressement des gouvernements africains envers cette maladie ». Si les Etats persistaient dans ce sens, il pourrait y avoir un million de nouveaux cas en Afrique d’ici 2020. « On préfère appliquer des plans de santé publique pour le sida et le paludisme qui sont des maladies dont on connait les agents causals et qui nécessitent moins d’examens réguliers que le cancer », explique Adama Ly.

 

Ainsi les cancers du col de l’utérus, du foie et de la prostate, très fréquents en Afrique, pourraient être évités si des programmes de santé spécifiques, comprenant notamment des campagnes de sensibilisation, étaient mises en place. « J’aimerais que les gens aillent voir le médecin même quand ils ne sont pas malades. Par exemple, les femmes devraient faire, chaque année, un frottis pour détecter d’éventuelles lésions précancéreuses », précise le cancérologue. D’après l’OMS, on pourrait guérir un tiers des cancers s’ils étaient détectés à temps et traités correctement.

 

Les risques du tabagisme

 

Mais fautes de moyens, d’infrastructures adéquates, de médecins spécialisés et de médicaments, l’Afrique reste l’un des continents les plus touchés par cette maladie. Et les usines de tabac qui s’implantent sur le continent et proposent des paquets de cigarettes à bas prix ne risquent pas d’inverser la tendance. « Le tabagisme est en hausse en Afrique, ce qui multiplient les risques de cancers du poumon et de la gorge », précise Adama Ly. Son association qui réunit des chercheurs et des médecins essaye de lutter contre ce fléau.

 

Actions de sensibilisation, rapports, témoignages de malades, colloques… Depuis sa création en 2005, Afrocancer alerte les politiques sur cette maladie, en vain. Les gouvernements persistent à faire la sourde oreille pendant que la population africaine se bat contre le cancer…

 

A consulter :

- le site Afrocancer
- 
le journal africain du Cancer

Lire aussi :

- Dr. Adama Ly : « le cancer doit devenir une priorité de santé publique en Afrique
- 
Comment lutter contre le cancer au Gabon
- 
Côte d’Ivoire : méfiez-vous du cancer de l’utérus
- 
Métastases camerounaises



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