EDITORIAL

Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /2009 21:13

Mes vœux pour l'année 2010: LETTRE OUVERTE AU GENERAL MATHIEU KEREKOU


23/12/2009


Cher Général, Cher Camarade de lutte,


En guise de vœux pour l'année 2010, une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de m'adresser à vous pour sauver l'essentiel de ce qui peut l'être encore, car, de mon point de vue, vous incarnez encore l'essence de la Nation Béninoise.


Mon Cher Général, avant d'aller plus loin, il me plaît de rappeler vos mots de fin janvier 1996 (1):


« Nombreux sont ceux qui pensent, à tort ou à raison, que la politique c'est l'art de la séduction verbale, du bavardage stérile le champ clos des discussions oiseuses, tantôt feutrées, tantôt ponctuées d'envolées lyriques ou pompeuses sur les thèmes récurrents de la ''démocratie'' et de ''l'intérêt supérieur de la ''nation'' derrière lesquels se cachent en fait des motivations égoïstes, malsaines et inavouées. Ainsi la pratique politique est-elle aujourd'hui perçue, au point qu'on en oublie, trop souvent hélas, ce qui, à mon sens, devrait lui conférer son essence véritable et sa finalité la plus noble, à savoir l'action en faveur des couches les plus faibles, les plus fragiles et les plus vulnérables de la société.


Chez nous au Bénin, comme partout ailleurs, ces catégories défavorisées, ce sont les enfants, les jeunes, les femmes, les paysans et les artisans. Envers eux, la classe politique béninoise, toutes tendances et toutes sensibilités confondues, a une dette morale incommensurable dont elle a le devoir impérieux de s'acquitter, faute de quoi elle se rendrait inévitablement coupable, aux yeux des générations montantes et futures et devant l'implacable jugement de l'Histoire , de démission, d'ingratitude et de faillite. Telle est mon intime conviction. »


Mon Général, avec cette confession, le peuple béninois vous a donné un bail de 10 ans !!!


Pour notre part, très séduit par votre aveu, nous avions appelé à voter pour votre candidature en 2001 où nous étions Vice-Président de votre comité de campagne en Europe. Le Président était Monsieur Aristide AMEGAN que vous aviez fait votre Conseiller en Europe après votre ré-élection.


Cher Général, malgré l'hostilité de nos compatriotes de la diaspora envers votre personne, vous étiez arrivé en seconde position, à Paris, lors du premier tour des élections de 2001. Mieux, au second tour, vous aviez fait la course en tête. Nous étions votre représentant personnel au bureau de vote de Paris.


Lors des élections de 2001, nos interlocuteurs au Bénin étaient:


  • Le Ministre Pierre OSHO, votre Directeur de campagne;

  • Le Ministre Sylvain AKINDES

  • Monsieur Aboubakar MAMA SIROU, Directeur de l'Audit et du Contrôle de Gestion de la SONAPRA, le Directeur Financier de votre campagne;

  • L'honorable Dr. Ambroise KOURA, Député à l'Assemblée Nationale.


Nous avions engagé des fonds à hauteur de plus de 300 mille francs français pour vous soutenir. Nous n'avons reçu, en tout et pour tout, que la somme de 35 mille francs français tirée d'un chèque de l'un de vos collaborateurs aujourd'hui en délicatesse avec le régime du change-menteur Yayi Boni.


Les 35000 francs français représentent à peine les frais dépensés pour la venue à notre meeting de Monsieur Albert TEVOEDJRE (déjà lui) que nous avions fait venir de la Suisse suite aux recommandations de votre comité national de campagne. A ce jour, nous n'avons jamais demandé notre reste.

Vous êtes au courant de cette affaire puisque j'ai, en ma possession, une note manuscrite de votre propre main.


Pourquoi je révèle cette affaire aujourd'hui, me diriez-vous mon Cher général. La raison est très simple. Comme vous le savez, je suis entrain d'écrire un livre sur votre « fils putatif », Yayi Boni. Je pensais vous le faire préfacer, mais j'ai changé d'avis, en attendant votre réponse claire et nette.


En effet, j'ai eu l'immense honneur de partager avec vous votre dernier dîner de Président de la République du Bénin lors de votre dernier séjour officiel en France. Dans les salons du palais de Marigny (palais réservé aux hôtes prestigieux de la France), vous nous disiez (à ceux que vous aviez l'habitude de qualifier des « visiteurs de la nuit ... », que vous soutiendrez la candidature du Président Adrien HOUNGBEDJI l'année suivante. Nous vous avions cru. Nous n'étions pas les seuls même si nous avions des raisons objectives de nous méfier de vous.


Rappelez-vous, mon Cher Général.


Après votre élection en 2001, vous aviez installé vos services des Renseignements Extérieurs au Consulat du Bénin en France, sis, rue du Cherche-Midi. Sur les renseignements de ce service, deux nos « amis » furent nommés Conseillers à la Présidence. Personnellement, nous avions refusé toute nomination parce que nous avons un bon job en France. Les Ministres Akindès et Osho peuvent vous le confirmer.


Malheureusement, contre notre avis, vous aviez nommé comme Ambassadeur à Paris, le transfuge de la RB qu'était Yves Edgard MONNOU. Ce dernier vous fera les pires misères, y compris à vos très proches... que nous protégions, à l'époque. Il y a même manquer un incident diplomatique avec la France. C'est à ce moment que vous aviez décidé de réagir, mais il était déjà trop tard !!!


En 2006 donc, vous nous aviez proprement trompé. Toutes vos sorties alambiquées masquaient votre volonté ferme et définitive de soutenir le candidat Yayi Boni.


Alors, aujourd'hui, mon cher Général, permettez-nous de vous poser des questions essentielles pour l'avenir de notre Nation dont vous êtes, nul n'en doute, l'un des meilleurs bâtisseurs:


  • Êtes-vous satisfait de la gestion de notre beau pays par le Dr. Yayi Boni;

  • Appelleriez-vous à un front commun du Nord au cas où l'Union pour la Nation (UN) choisirait un candidat unique pour 2011?

     

  • Seriez-vous prêt à demander au candidat Bio Tchané de retirer sa candidature pour une union du Nord-Bénin?

  • Seriez-vous prêt à voir le Bénin réduit en cendre pour votre postérité?

  • Êtes-vous prêt à rencontrer le Président Adrien HOUNGBEDJI que vous aviez fait votre Premier Ministre?


Cher Général, Cher Président, Cher Camarade de luttes, sur toutes ces questions, le peuple béninois veut vous entendre. Depuis votre retraite de 2006, vous n'avez écrit aucun livre pour donner votre sentiment.


En dehors de votre famille propre, nous qui sommes dépositaires d'un petit parcours de votre itinéraire demandons le droit à l'inventaire. Le peuple béninois a besoin de vos conseils et de vos avis éclairés, sans tabou.


Pour que nous puissions marcher la tête haute, fixez-nous définitivement.

A tous nos compatriotes de l'intérieur et de la diaspora, nous souhaitons de joyeuses fêtes et une alternance dans la concorde et la dignité en 2011.


Vive L'UNION FAIT LA NATION !!!


Vive le BENIN !!!


Et Vive la DEMOCRATIE !!!


Benoît ILLASSA



(1) Mathieu KEREKOU, Préparer le Bénin du Futur, Centre Panafricain de Prospective Sociale, Porto-Novo, 1996


 

 





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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /2009 21:07

Deux aveux pour une politique autre à partir de 2011

 


Mardi 22 décembre 2009 

En 2011, année donnée comme fatidique sur le plan politique, le Bénin indépendant aura juste passé la barre des cinquante ans et devra considérer que les années d’apprentissage politique sont derrière lui et que commencent les années de travail productif, éclairées par un passé dont il faudra tirer le meilleur pour assurer le présent et l’avenir. Partis de coups d’Etat à répétition, qui furent des tentatives de changement avortées, nous avons abouti au Changement grand C en 2006, après être passés par Révolution et Renouveau, qui furent aussi de grands changements.



Et pourtant, au soir de 2009, à l’aube du cinquantenaire de l’indépendance, nous n’avons toujours pas le changement. Pourquoi ?
La raison est simple et s’appelle notre crédulité ou l’abandon de notre sort entre des mains de vendeurs d’illusions. L’un d’eux a eu l’amabilité de nous mettre la puce à l’oreille quelques années avant la fin du siècle dernier : ‘‘Les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient.’’ Et il a récidivé le 29 novembre 2009, au début du siècle nouveau, en s’efforçant de donner du sens à des comportements jugés par lui-même erratiques et déloyaux vis-à-vis de son adversaire politique : ‘‘De là découlèrent mes choix ; non pour nuire, mais pour préserver les miens et nos acquis. Je le regrette profondément, croyez-moi.’’


Qui se fourvoiera encore à le croire ? Mais nous ne devons pas tenir ces deux aveux pour de banales anecdotes ni leur auteur pour un vilain paria. ‘‘La bouche parle de l’abondance du cœur’’. Ces deux aveux sont des cris du cœur, qui appellent notre gratitude envers leur auteur, que nous remercions de nous avoir dit clairement ce dont nous nous doutions un peu, savoir que la politique au Bénin depuis cinquante ans, c’est ‘‘ça’’ pour tous ceux qui nous gouvernent sans gouvernail. Ni vision ni port en vue, car il s’agit toujours de ‘‘préserver les miens et nos acquis’’, c’est-à-dire le pays réduit à une bande d’amis profiteurs.    Qui nous délivrera de ‘‘ça’’ ? Le peuple seul peut nous délivrer de ‘‘ça’’, le peuple exclu des ‘‘miens’’ et qui n’a pas la moindre part à ‘‘nos acquis’’, le peuple confiné dans ses villages de plus en plus délabrés et sans route d’accès depuis cinquante ans d’indépendance, le peuple sans électricité et sans eau courante depuis cinquante ans d’indépendance. Et si l’on considère que c’est difficile voire impossible de désenclaver nos villages, c’est que, pendant cinquante ans d’indépendance, l’on a préservé les siens pour des acquis de razzia. ‘‘Pendant quatre cents ans, les Portugais n’ont installé dans la ville de Luanda ni eau potable ni électricité’’. Logique. Les Portugais n’étaient pas en Angola pour le développer mais pour le razzier. Sommes-nous devenus indépendants en 1960 pour razzier notre pays et non pour le développer ? Cinquante ans de préservation des ‘‘miens et [de] nos acquis’’, ‘‘ça’’ suffit !


A partir donc de 2011 au plus tard, à partir de l’élection donnée comme fatidique, le peuple exclu pendant cinquante ans devra s’impliquer lui-même, se faire volontariste et exigeant. Nous devrons avoir constamment à l’œil celui que nous aurons élu sur la base de son honnêteté prétendue voire affichée. Dès le départ, c’est-à-dire pendant qu’il sollicite nos voix, il devra nous dire combien de villages du Bénin il est en mesure de désenclaver pendant un mandat de cinq ans, sur toute l’étendue du territoire. Les désenclaver, c’est se situer à l’opposé diamétral des Portugais en Angola, et c’est aussi tracer des routes à la place des sentiers. Le tout se fera au milieu des difficultés économiques et du réchauffement climatique, qui ne seront donc pas invoqués pour justifier l’habituel immobilisme. Si au bout de deux ans sur un mandat de cinq ans nous ne voyons rien venir, il faudra sonner le tocsin.


A partir de 2011, après cinquante ans d’indépendance et d’errance, nous aurons constamment à l’œil le Président de la République pour l’obliger à faire une politique qui fasse République et Nation modernes, en route vers une société de moins en moins inégalitaire et de plus en plus juste. Obliger notre Président de la République à quitter le sentier réducteur et minable des ‘‘miens et [de] nos acquis’’. Nous aurons quotidiennement à l’œil le Président de la République pour qu’il ne se trahisse pas et ne nous trahisse pas.

(Par Roger Gbégnonvi)

 



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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 14:32

INTERVIEW EXCLUSIVE AVEC LEHADY SOGLO : Le sens du pardon demandé par Houngbédji

 

 

20-12-2009

par Philippe Hado

 

Au lendemain de la réconciliation entre Nicéphore Soglo et Adrien Houngbédji, l’initiateur de cette rencontre impromptue, Léhady Soglo, on s’en doute, ne pouvait se taire plus longtemps. Dans cette interview, il revient sur cette réconciliation ainsi que sur les relations de l’Union avec le G 13.

 

Nouvelle Expression : En mars 2008, vous preniez l’initiative de la création de ce creuset de quatre différentes formations politiques, naguère opposées entre elles, à savoir la RB, le PSD, le MADEP puis le PRD. Ce creuset, d’abord connu sous le nom de G4, est devenu depuis peu, l’Union fait la Nation. Près de neuf mois après sa création, si l’initiative était à refaire, que déciderez-vous de faire et quelles orientations lui donneriez-vous ?

 

Léhady Soglo : Je précise que c’est le 12 mars 2008, donc bientôt deux ans que le PSD, le MADEP ; le PRD et la RB ont rendu publique leur déclaration au palais des sports du stade de l’Amitié à Kouhounou-Cotonou. Un creuset communément appelé le G4. Vous n’êtes pas sans savoir que le regroupement ADD faisait pratiquement cause commune avec le PRD dès l’installation de la 5ème législature. A la RB nous nous sommes dits qu’il était judicieux de formaliser cette nouvelle collaboration dans une nouvelle alliance au sein de laquelle se retrouvent des partis attachés à la préservation des acquis de la conférence nationale. C’est ainsi que nous avons décidé de rendre publique une déclaration à l’occasion du 18ème anniversaire de le tenue de cette historique assise dans le courant de février 2008. Mais les préparatifs nous ont conduits jusqu’en mars. Aujourd’hui on parle de moins en moins du G4 parce que la coalition a beaucoup évolué et s’est agrandie. Nous nous apprêtons à revivre une nouvelle étape à savoir l’Union fait la Nation « UN ». Ce qui nous conforte dans l’idée que nous avions eu raison d’aller vers cette alliance du G4. Je puis donc dire que nous avons eu raison de prendre cette initiative et si cela était à refaire, je le referais sans aucune hésitation car l’objectif c’est l’union des filles et fils du Bénin en vue véritablement de son développement.


Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui de cette initiative qui a connu au moins deux mutations. De G4 qu’elle était, elle est devenue entretemps G4 et Force Clé puis récemment l’Union fait la Nation ?

 

 

La véritable évaluation est celle que nous constatons tous les jours de la part des militants des partis membres de l’alliance devenue aujourd’hui Union. La naissance du G4 puis de l’alliance G4-Force Clé puis de l’Union a littéralement transformé le paysage politique béninois. Le processus est venu en écho à la lassitude des populations face à la multiplicité des formations politiques et surtout face aux clivages et aux affrontements récurrents entre les acteurs politiques. La démarche unitaire qui a été renforcée par la signature du protocole d’union le 1er septembre dernier contribue à éclaircir le paysage politique du pays d’autant plus que les protagonistes de l’Union sont allés au-delà en travaillant depuis plusieurs mois non seulement à la fusion des partis signataires mais également à la désignation d’un candidat unique à la prochaine présidentielle et des listes uniques aux législatives et aux municipales à venir. Nous n’avons pas fait comme ceux qui se plaignent de la multiplicité des partis politiques et qui encouragent chaque week-end la création de nouvelles formations politiques. Il s’agit de proposer à nos populations des messages moins embrouillés par nos antagonismes stériles. C’est à espérer qu’il y ait moins de candidats aux prochaines élections afin que nous puissions avoir des débats basés sur des propositions concrètes plutôt que sur des considérations d’ordre ethnique, régionaliste, religieux, raciste ou simplement de personnes.

 

Depuis la signature du Protocole d’Union en 12 points d’informations constituant le G4 et Force Clé, vous aviez manifesté votre volonté d’ouverture à l’endroit des autres formations politiques désireuses de vous rejoindre.
Qu’en est-il à présent d’éventuelles adhésions à votre Groupe ?



Que peut-on retenir de vos relations avec le G13, un autre groupe, tout aussi résolu que l’Union fait la Nation d’assurer l’alternance au sommet de l’Etat en 2011 ?

 

Il existe évidemment des liens très forts entre l’Union et le G13. Nous étions au séminaire d’Abomey-Bohicon ensemble, nous avons été très solidaires sur de nombreux dossiers au parlement. A chaque fois que les questions de violation des libertés fondamentales ou de mauvaise gouvernance se pose G4, G13 et Force Clé ont conjugué leurs efforts. C’est cette unité d’action qui nous a valu la dénomination G et F. Nous sommes conscients que nos compatriotes désirent que ces élites travaillent de concert à la résolution des problèmes du pays. Cela nous condamne à élargir le champ de collaboration avec les partis qui partagent les mêmes préoccupations que nous.

 

L’initiative de la réconciliation entre les Présidents Soglo et Houngbédji a été perçue par plusieurs comme votre désir de vous éclipser au profit de Houngbédji qui, constitutionnellement ne peut se présenter à la présidentielle au-delà de 2011. Qu’en est-il exactement ?

Ce qui s’est passé le 29 novembre dernier à l’occasion de la célébration du 75ème anniversaire du président Nicéphore Dieudonné Soglo constitue un acte majeur dans la vie politique du Bénin. Il suffit de suivre les réactions de nos compatriotes du Nord au Sud et même ceux de l’extérieur pour se rendre compte de ce que ce geste représente pour eux et au-delà pour la nation toute entière. Je n’ai pas encore entendu un seul Béninois dire que ce qui s’est passé est mauvais même si certains estiment que d’autres gestes devraient suivre.
L’originalité de l’Union fait la Nation est sa référence constante aux idéaux de la conférence nationale de février 1990. L’un des points forts exprimés par les participants c’est l’unité nationale qui a été mentionné dans la Constitution en son article 2 qui dispose que « la République du Bénin est une et indivisible ». L’engouement suscité par le processus devant aboutir à l’union sur toute l’étendue du territoire national est pour nous une grande satisfaction. C’est le même engouement que l’on observe au niveau de nombreux partis politiques qui envisagent de prendre le train de l’unité avec nous. Cette tribune ne me paraît pas assez indiquée pour faire le point de tout ce qui se passe en ce qui concerne les actions pour des adhésions ou de collaboration avec l’Union. Dans les faits vous constatez de vous-même que l’Union mène de nombreuses actions en alliance avec d’autres courants politiques non signataires du Protocole d’Union aussi bien à l’Assemblée nationale que sur le terrain. Dans tous les cas, je suis convaincu que l’Union ira en élargissant ses rangs. Cela est devenu une nécessité de l’histoire politique de mon pays.

C’est dire que nous amorçons désormais une autre manière de faire de la politique au Bénin. Cela dit, la réconciliation entre Nicéphore Soglo et Adrien Houngbédji n’a rien à voir avec le processus de désignation d’un candidat unique de l’Union. Nous avons dit qu’il était nécessaire de panser nos plaies ; ce qui est en train d’être fait. La candidature unique est autre chose. Cela ne concerne pas que la RB et le PRD. Cela concerne tous les partis de l’Union. Personnellement, je n’ai jamais caché mes ambitions de briguer cette candidature unique au sein de l’Union. Le débat n’est pas encore tranché. Mais je rappelle que quel que soit ce choix, le processus d’union continuera son cours normal. Dès que le candidat sera connu, tout le monde s’attellera à le porter sur le terrain auprès des militants. C’est dire que si le groupe décide de désigner un autre que moi, je me plierai tout simplement. Mais nous n’en sommes pas encore là. En attendant, je suis toujours candidat à la candidature unique de l’Union. Je l’ai dit encore une fois lors de mon dernier passage sur la chaîne internationale de télévision Africa 24.

Où en êtes-vous aujourd’hui avec la désignation du candidat unique qui compétirait en 2011 sous la bannière de l’Union fait la Nation, une initiative, qui, faut-il préciser, vient encore de vous ?

La candidature unique sera une réalité, vous pouvez en être sûr. Les instances habilitées à définir les différentes étapes sont à pied d’œuvre. Très bientôt le candidat de l’Union sera présenté au peuple béninois. Personnellement, j’ai souhaité que le choix se fasse par des primaires en bonne et due forme. Mais nos textes prévoient également la possibilité de procéder par un consensus autour d’un nom. Il ne reste que quelques détails à régler au niveau de l’équipe en charge de faire les propositions. J’ai la ferme conviction que nous y arriverons. L’intérêt supérieur du Bénin et du peuple béninois le commande absolument.

 

En savoir davantage sur Léhady Soglo

 

Né le 18 décembre 1960 à Paris dans le 11ème arrondissement, Léhady V. Soglo a commencé ses études secondaires au collège Père Aupiais à Cotonou et puis au Lycée Carnot avant de les terminer au Lycée Turbigo à Paris où il a obtenu son baccalauréat.

 

Ses études supérieures, il les a faites en Amérique du Nord.

Economiste de formation, il a fait un Bachelor en sciences politiques à l’Université de Québec et un Master en Sciences Economiques à l’Université de Montréal. Il a également obtenu un diplôme en Management à MC Gill University.

 

 Ainsi armé techniquement, il a d’abord travaillé à Hydro Québec dans les services de vérification générale. Revenu au Bénin après février 1990, il a été chargé de Mission à la Présidence de la République de 1993 à 1996.

 

Après quoi, Léhady Soglo a décidé d’apporté un plus à sa formation universitaire en intégrant la Kennedy School of Government où il a obtenu en 1998, un Master en Public Policy. Ce qui lui a permis d’entreprendre avec compétence, une carrière de consultant en organisation.

 

Elu Conseiller Municipal du 12ème arrondissement de Cotonou en Mars 2003, il a été porté par ses pairs du Conseil Municipal au poste de 1er Adjoint au Maire.

 

En 2006, Léhady Soglo a été Candidat à l’élection présidentielle au Bénin et a fini 4ème avec un score de 9% des suffrages exprimés.

 

En Mars 2007, il a été élu dans la 15ème circonscription électorale du Bénin, Député à l’Assemblée Nationale. Mais il a préféré abandonner le mandat législatif et continuer de rester dans ses fonctions de 1er Adjoint au Maire de Cotonou pour être plus proche du vécu quotidien des populations et les servir.

 

Après, Léhady Soglo a été élu député en 2007, un mandat législatif auquel il a préféré ses fonctions de Premier Adjoint au Maire à la Mairie de Cotonou, poste qu’il occupe de 2003 jusqu’à présent.

 

Léhady Soglo est marié et père de trois enfants.

 

Source: Le Quotidien Nouvelle Expression



 


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Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /2009 17:14

Contribution


Par Pathé MBODJE

 

19/12/2009

 


De la sociologie et des ( nouveaux ?) sociologues au Sénégal - La Crise de l'Écrit ne Doit pas Signifier la Crise de la Sociologie


L'avertissement lancé dans "Sud quotidien" il y a déjà un plus de dix ans (7 Octobre 1998 et "Wal Fadjri" du 18 octobre) n'a pas permis de vérifier la situation de la sociologie au Sénégal, à la lumière de la position de certains intellectuels et chercheurs sénégalais. Bien au contraire, la récente analyse de Aboubacar Abdoulaye Barro (1) rejoint les "déclinologues" français qui s'inquiètent de la décrépitude de leur société face au ramollissement cérébral des intellectuels (2). Le dossier de "Sud" faisait regretter une épistémologie et un curriculum plus axés sur l'abstrait, idéologie dominante chez la plupart des sociologues au Sénégal, ce que n'est pas la sociologie, qu'elle soit européenne ou celle de l'école américaine.De son côté, Barro s'indignait de la piètre prestation télévisée de certains nouveaux sociologues, aussi bien au Sénégal qu'en France et probablement en Amérique aussi, dit-il, pour relever le faible niveau du raisonne ment et de l'heuristique chez ceux qu'il qualifie de puînés ayant envahi la filière, de manière générale.Plus globalement, la question non posée au cours de ces dix dernières années face aux différentes interrogations des uns et des autres se ramène prosaïquement à se demander si la crise de l'écrit (et de l'oral, pour Barro) ne signifie pas, au fond, la crise de la sociologie. Car, au total, le Sénégal tourne en rond depuis dix ans et se perd en conjectures entre la matière et le métier de sociologue, entre une éducation qui semble se réduire de plus en plus comme peau de chagrin et le sursaut de quelques "anciens" indignés par la prestation militante du métier de sociologue. Partagés entre le froid stylistique du laboratoire et la dictature de la dépêche pour ceux appelés à commenter des faits de société qu'ils ne prennent pas le temps de conquérir, de construire et de constater, faute de recul scientifique nécessaire. Barro ne pose pas au fo nd la question mais elle est consubstantielle à sa démarche : quelle formation auraient reçue les nouveaux sociologues sénégalais ?
Pierre Bourdieu est un socle aussi dur et sûr pour la sociologie que l'est le roc Quimper. Il lui semble essentiel (Bourdieu et al., 1973), de ne pas réduire le métier de sociologue à la logique de la preuve mais de travailler à définir une logique de l'invention. Qui ne se trouve que par une activité de ruptures chère à Bachelard.
Michel Crozier y est également une référence, à côté de leurs homologues Cardoso le Brésilien, Amin, Prébisch, Furtado, Mc Clelland et autres Marx, Weber et Durkheim, les fossiles intuitifs ; il n'y a pas eu le néant avant eux, et pas le déluge non plus après. Mais il y a eu une querelle, source d'évolution de la science et d'émergence de nouveaux paradigmes : l'école de l'Amérique a donné naissance, au début des années 60, à la théorie de la dépendance, alors qu'on se perdait en conjectures, au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, entre mécanicistes et théoriciens de la convergence ; avec C. Wright Mills cité par Barro, la sociologie s'était radicalisée. Ce n'était pas, cependant, la mort, toujours programmée, de la sociologie. Il arrive tout simplement, comme s'en désole Barro, que certains sociologues puissent être emportés par leur siècle lorsque leur professionnalisme les confinent plus à la recherche et à l'enseignement qu'à la pratique du métier de sociologue, contrairement à ce qu'il affirme. A l'inverse aussi, l'absence de maîtrise d'une société en mutation dans des formes et normes nouvelles diverses conduit au coup de sang de l'auteur des articles de "Kotch" devant les affirmations à l'emporte-pièce des acteurs des plateaux de télévision.
Par exemple, une relecture du passionnant débat Poulantzas-Milliband sur l'État et l'économie pourrait bien ouvrir de nouvelles voies de recherche aujourd'hui que le système financier international est mal assis et que les modèles d'analyse proposés par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (Fmi) sont radicalement remis en cause à la faveur de la crise financière internationale du dernier semestre 2009.
La sociologie peut être en crise de définition de concepts et d'appréhension de la réalité sociale lorsqu'on ne veut pas dépasser l'intuition de ses pères putatifs ; mais ces moments d'entropie intellectuelle relèvent beaucoup plus, à l'analyse, de la pratique de la sociologie dans le mouvement de conquête, de construction et de constat de l'objet social ; mais parce qu'elle une discipline du concert, elle a toujours su, tel Antée, repartir du bon pied autour de paradigmes nouveaux, acceptés par la communauté scientifique. Si cette société veut bien se départir de son professionnalisme qui est souvent rupture avec le champ scientifique qui ne reçoit plus son impulsion du champ social.
Il y a alors dans le milieu de la sociologie et des sociologues sénégalais une nécessité de redéfinition de la sociologie, étape ultérieure sous-jacente à la démarche de Barro. Elle devra nécessairement s'accompagner d'une autre redéfinition, celle du métier de sociologue. L'exemple de l'Amérique du nord de ces cinquante dernières années est révélateur à ce sujet.
En l'espace de cinq ans (1963-1968), la sociologie et les sociologues nord américains traversent deux crises dont ils ne se remettent que difficilement, crises pour lesquelles la constatation de N. Herpin est sans équivoque : "Un nouveau type de savoir sociologie voit le jour. Du sociologue de profession au militant sociologue, il n'y a qu'une redéfinition du métier de sociologue. Les sociologues américains sont emportés par des transformations sociales qui les dépassent (N. Herpin ; "Les sociologues américains et le siècle", PUF, 1973, page 158).
Les crises en soi n'entrainent pas forcément la disparition de la sociologie mais, plutôt, la culpabilisation du professionnel de la sociologie, avertit Herpin. Le schisme qui résulta de la crise de 63-68, dans la mouvance du projet "Camelot" (1963) et de la création de la "Trans Action magazine", conduisit en août 1968 à la naissance des sociologues radicaux avec C. Wrigh Mills. Sternberg rappelle à ce sujet que "le triomphe de la sociologie "professionnelle" aux USA a sonné le glas à tout développement progressif d'une sociologie pour la population (...)" (Sternberg : "Radical Sociology. A Critical Introduction to American Behavioural Science", USA, 1977, page 108).
L'école québécoise n'a pas connu cette situation de professionnalisation de la sociologie, si l'on en croit Bibeau, Bourgeois, Maheu, Pierrault et Simard ("Spécialisation professionnelle" et sociologie : problèmes du marché du travail, in "Problématique du développement de la sociologie". Modèles d'organisation et gestion académique des programmes d'enseignement supérieur", Université de Montréal, 1977). Cependant, situés au confluent des influences américaine et européenne, les sociologues québécois affichent depuis le début des années 70 beaucoup moins de certitude, suite au Mai 68 de la sociologie américaine et, surtout, depuis 1971-72 avec le suicide de Poulantzas. Nicole-Laurin Frénette, Francine Bernard, Louise Corriveau, Louis Roy, Astride Lefèbre-Girouard commencent alors à se demander quel est le type d'apport de la sociologie et souhaitent redécouvrir le type de formation dans cette discipline scientifique. Barro en est certainement arrivé au même stade, dans ses constatations parues dans le quotidien "Kotch".
Il faut donc savoir gré à la sociologie et aux sociologues sénégalais de s'être, eux aussi, réadaptés à l'éclatement de la société dans des fonctions et normes nouvelles diverses. D'avoir été attentifs aux "ré-ouvertures" des questions sociales telles que pratiquées par les mouvements sociaux (syndicats jaunes, par exemple) et les groupes politiques à court d'imagition sur le type de société à proposer à l'Homo Senegalensis. Quitte à verser dans le dilatoire au début, comme semble le regretter Barro.
Il faut leur savoir gré d'être sortis des amphithéâtres et des laboratoires pour aller revisiter le champ social, celui de la connaissance ; de passer du sociologue professionnel au militant sociologue au logos encore à améliorer sur le plan symbolique, épistémologique, scientifique.
De la pluridisciplinarité ou transdisciplinarité nouvelle, la communauté scientifique est en train de mûrir et de découvrir diversement, selon l'école de formation, de nouveaux concepts, de nouveaux outils d'études et d'analyse de la société sénégalaise. Il lui suffit de se rassembler autour des nouvelles expérimentations en cour s lorsque les sociologues envahissent le champ social, à la recherche de nouvelles définitions et conceptions du vécu social, dans le phénomène d'intégration de l'homme sénégalais dans sa société en mouvement accéléré.
Autrement dit, la crise de l'écrit (du logos) ne doit pas être le prétexte à la crise de la sociologie au Sénégal. L'expérience sur le terrain des rapports de force sociaux favorisera certainement sous peu la définition de nouveaux concepts et l'émergence de nouvelles écoles de pensée, prélude à l'intervention sur le réel.


Pathé MBODJE,Journaliste, sociologue

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ORIENTATIONS BIBLIOGRAPHIQUES


(1) Quotidien « Kotch » n°s 51 et 52 des 15 et 16 décembre 2009

(2) Libération n° 7713 du 24 février 2006 ;
Alain Minc : "Le crépuscule des petits dieux", Grasset, 2006 ;
Nicolas Baverez : "Le nouveau monde français" ;
Pierre Lellouche : "Les illusions gauloises", Grasset, 2006 ;
Anson-Meyer (sous la direction de) ; Le nouveau désordre électoral français : 1995-2002 ;

Ghislaine Oltenheimer : "Nos vaches sacrées", Nathan, 2006.

NOTA : Cette contribution est une version remaniée d'une première intervention en 1998 parue dans "Wal Fadjri" du 18 octobre 1998, dans la foulée du dossier de "Sud quotidien" du 7 octobre 1998).



Par Pathé MBODJE-Journaliste,sociolOGUE


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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 14:42

La tournée insouciante du gouvernement béninois

 

Amos Elègbé, le consolé  de la dernière heure

 

 

17 décembre 2009 par La Presse du Jour 

 

A chaque goulot d’étranglement, le gouvernement  démontre toujours qu’il n’est pas sincère. A la limite, il se présente comme une fauve politique sans état d’âme, un loup à la peau d’agneau. Le gouvernement après avoir lancé les travaux de réalisation de la Lépi non consensuelle, fait semblant de vouloir le consensus. Le mot d’ordre est :  » Poursuivez les travaux, on va les distraire avec un simulacre de dialogue « . C’est la mauvaise foi, une des caractéristiques de ce régime décidément sans foi ni loi.

 

 Aux communales, le gouvernement a abusé de la patience de tous les démocrates. Il refait surface avec les mêmes méthodes dignes de l’époque soviétique. Basta ! que la Mirena soit complète ou non, le gouvernement a un seul objectif, dépenser l’argent. Ce n’est pas étonnant. Le régime a déjà englouti plusieurs centaines de milliards dans des opérations mal pensées : le coton, la sonapra, la Cen-Sad , les primes…In fine, on revient toujours à la case de départ.


 La nouvelle trouvaille, c’est la balade insouciante pour aller expliquer la Lépi aux populations. Ce qui est le travail des organisations de la société civile pour la Lépi. Le Gouvernement en campagne  sans feuille de route fait du tourisme. C’est une indiscipline budgétaire de plus. La gestion budgétairement axée sur les résultats n’est qu’un  souvenir lointain. Les mêmes causes produisent les mêmes effets dans les mêmes conditions. Le gouvernement ne prend jamais la mesure des choses. L’improvisation est son fort. C’est comme si, l’équipe gouvernementale a horreur de la réflexion apaisée. Le forcing, toujours le forcing, encore le forcing…c’est le leitmotiv de ceux qui se passent pour stratèges auprès du chef de l’Etat. Pendant ce temps délicat et préoccupant, Amos Elègbé, le consolé  de la dernière heure, annonce que la guerre civile aura lieu si la Lépi ne se réalisait pas. C’est du terrorisme. Le conseiller politique du chef de l’Etat ne peut pas faire peur à une mouche. Il est l’ennui de la République, l’ennui de la cohésion nationale, l’ennui de l’intelligentsia de Savè.


Il est un  » étranger  » du système Yayi qui devient étrange…Et comme pour  démontrer que la Lépi se fera avec ou sans les députés, une tournée de sensibilisation est en exécution dans les fiefs supposés des ministres populaires. Ainsi les deux ministres les « plus  » populaires  » du gouvernement à Cotonou (Surtout ne riez pas !!!!) Galiou Soglo et Kint Aguiah ont pris d’assaut le quatrième arrondissement de Cotonou, Missesin, pour justifier la Lépi et mobiliser les populations pour un meilleur accueil des respectables  membres de la Commission Politique de Supervision (Cps)…
 Beau rôle non gratuit car il s’agit d’une tournée de travail. Les membres du gouvernement ont abandonné leurs bureaux pour aller  gaspiller de l’énergie pour quelque chose dont la réalisation ne dépend pas d’eux. C’est une tournée insouciante. Elle vise à faire précocement quelque chose dont l’impact n’est quantifiable ni identifiable.

 

Herbert Houngnibo

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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /2009 17:33

Le tiercé des maux béninois

 

Par Jérôme Carlos


Jeudi 17 décembre 2009 

Que diront-ils, qu’écriront-ils les historiens qui, dans cent ou deux cents ans, feront pour leurs contemporains  le bilan de l’année de grâce 2009 au Bénin sous le régime du changement ? Evidemment, ces historiens auront la distance nécessaire par rapport aux faits étudiés et examinés. Ils ne peuvent faire montre que de plus d’objectivité dans leur entreprise.



Le journaliste est, en quelque manière, un historien. C’est, comme on le dit, l’historien de l’instant avec les limites attachées à la saisie immédiate des faits. Le journaliste s’oblige, en effet, de  photographier, donc de figer ce qui est en mouvement, ce qui est en devenir, ce qui est en mutation. Que peut ramener dans son filet de pêche l’historien de l’instant qui s‘amuserait à ce tiercé-ci : déterminer les trois principales préoccupations que les Béninois tiennent en partage, en cette fin d’année 2009, et qui dominent leur vie quotidienne ?

Commençons par l’insécurité. Elle a brutalement atteint un niveau inquiétant. Le pays, à travers ses forces de sécurité,  ne semble pas s’y être préparé. En dépit de tout, nous étions un  havre de paix. Et l’on peut comprendre que celui qui n’a rien à craindre ou qui s’est installé dans l’habitude de ne rien craindre ne se foule pas pour prendre des mesures particulières de sécurité. Voilà que tout change désormais. Le « Far West » fait mieux que d’être à nos portes. Il s’installe à demeure, au coeur même de la vie quotidienne de chacun de nous. Les braquages sont monnaie courante, avec leur cortège de morts. Les armes de guerre circulent et trouvent des mains criminelles pour en faire usage. Et quand on a toutes les raisons de se croire à l’abri de ces braquages, n’ayant pas un sous vaillant pour être de quelque intérêt pour qui que ce soit, une balle perdue peut arriver signifier que les feux de l’enfer de l’insécurité n’épargnent personne.

Pour dire, qu’en cette fin de l’année 2009, l’insécurité est le calvaire le plus largement partagé par les Béninois. Les braqueurs font le coup de feu de jour comme de nuit. Les coupeurs de routes sévissent dans les zones isolées. Ce qui n’a ni réduit ni éclipsé les forfaits des pickpockets et des voleurs à la tire, toujours plus nombreux, toujours plus audacieux, toujours plus entreprenants.

Après l’insécurité, la division du pays, dans ses profondeurs sociologiques, sous l’aiguillon de la politique, nous semble être le second élément du tiercé des préoccupations des Béninois en cette fin de l’année 2009. Nous nous sommes laissé entraîner dans une campagne électorale précoce. Avec ce que cela suppose de passion, de surenchère, de rancœur…Avec ce que cela sédimente dans les esprits et dans les cœurs de vilains sentiments comme la haine, le mépris…Avec ce que cela laisse présager d’atteinte à l’unité et à la concorde nationale.

La dérive verbale est à son comble, charriant une dérive régionaliste et ethniciste jusque là inconnue des Béninois. Nous avons nos tabous et nos interdits et nous savons toujours raison garder, parce que parfaitement informés de jusqu’où nous pouvons aller trop loin. C’était hier. Aujourd’hui, toutes les digues sautent, libérant des tonnes de boues et de détritus longtemps contenus. On comprend que le pays croule sous un amas d’insanités qui ne sont pas seulement le fait de vils propagandistes manipulés à loisir et chargés des basses besognes politiciennes. La Cour constitutionnelle vient tout juste de condamner un ministre de la République pour des propos jugés attentatoires à la démocratie et à la liberté. Sans commentaires.

Le dernier élément de notre triste tiercé, c’est la fronde sociale, baromètre de l’insatisfaction et de la colère persistantes de larges couches de la société. Tous les corps de métiers ronchonnent et se donnent des raisons pour justifier une grève, légitimer un sit-in ou une marche. Il n’est plus juste de dire que les travailleurs ne représentent qu’un pourcentage négligeable de l’ensemble des forces sociales du pays. Quand, par exemple, les médecins se fâchent et se débarrassent de leur blouse blanche ce sont des milliers de citoyens qui se trouvent  condamnés à connaître des nuits blanches. Et le débrayage observé au niveau du personnel du Ministère des Finances laisse sur le carreau des centaines de malheureux  retraités privés de leur pension. C’en est assez pour comprendre ce qu’il peut en coûter à un pays une surchauffe continue du monde du travail, des perturbations fréquentes sur le front social.

Quel citoyen de quel pays peut-il se sentir heureux, en cette veille des fêtes de fin d’année, avec ces trois boulets au pied ? Mais nous avons appris, par expérience, que le bonheur ne tombe jamais du ciel et que les gens heureux axent leurs pensées sur la solution et non sur le problème. S’il en est ainsi, alors nous savons ce qu’il nous reste à faire.

Jérôme Carlos
La chronique du jour du 17 décembre 2009



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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 21:41
La grande enquête sur le stress accable France Télécom
 
LEMONDE.FR avec AFP 14/12/2009
 

ne majorité de salariés n'est plus fière d'appartenir à France Télécom, selon un rapport, présenté lundi 14 décembre. Ce rapport a été établi à partir des résultats d'un questionnaire lancé le 19 septembre, après une vague de suicides dans l'entreprise, par le cabinet d'expertise Technologia, auquel ont répondu 80 000 des 102 000 salariés français. Il montre "une photographie très noire" du groupe selon les syndicats. Globalement, le rapport déplore un "ressenti global très dégradé", une "fragilisation de la santé physique et mentale de certains salariés" et pointe une "ambiance de travail tendue, voire violente".
 

 

Le PDG du groupe Didier Lombard et le numéro deux Stéphane Richard n'étaient pas présents à la remise du rapport, a précisé Nabyl Beldjoudi du syndicat Force ouvrière (FO). Ils ont toutefois réagi en fin de journée, reconnaissant "une photo sans concession, mais sans surprise qui confirme les constats" établis par la direction. La direction affirme que "France Télécom de demain est en route", précisant que huit réunions de négociation avec les organisations syndicales "ont fait avancer les choses". Elle cite notamment certaines des mesures prises ces derniers mois comme l'arrêt de la mobilité pour les salariés à moins de trois ans de la retraite, ou un réexamen total des conditions de travail.

 

En effet, seulement 39 %

 des salariés de France Télécom se disent "aujourd'hui" fiers d'appartenir à leur entreprise, alors qu'ils sont 96 % à affirmer qu'ils étaient fiers "auparavant", selon des éléments communiqués par les syndicats. La fierté d'appartenance est "un indicateur fort, dont Technologia nous a dit que c'est le dernier qui se dégrade. Cela en dit long sur le ressenti du système de management", a souligné M. Beldjoudi.

 

"SITUATION DE RISQUE"

 

Selon le rapport, un quart des salariés (25,4 %) sont dans "une situation de risque", et connaît au moins un des trois facteurs de risques identifiés par Technologia à France Télécom : des "conditions de travail difficiles", le
"désajustement professionnel" et des "relations sociales dégradées".

 

Les salariés se disent à 55 % "plutôt pas satisfaits" sur le plan professionnel, a indiqué Pierre Morville (CFE-CGC). De même, 65 % des salariés affirment que leurs conditions de travail se sont dégradées, contre 30 % qui disent qu'elles sont restées inchangées et 5 % qui les ont vu s'améliorer. Le sentiment de dégradation est très fort chez les non-cadres (75 %) et chez les salariés ayant le statut de fonctionnaires (72 %). "Technologia a indiqué que les conditions de travail étaient nettement plus défavorables à France Télécom qu'ailleurs en France", a indiqué M. Beldjoudi.

 

"TRÈS FATIGUÉS OU STRESSÉS"

 

52 %  des salariés interrogés disent aussi qu'il leur est arrivé de se sentir "très fatigués ou stressés dans les douze dernier mois", 40 % que cela leur arrive "souvent" et 8 % que cela ne leur est pas arrivé. Ils ne sont par ailleurs que 39 % à dire que leur santé s'est dégradée ces cinq dernières années, 60 % qu'elle s'est maintenue et 1 % qu'elle s'est améliorée. Selon M. Morville, le rapport montre que "beaucoup de personnes pensent que les valeurs qu'elles défendent sont entrées en contradiction avec le management ou les objectifs de l'entreprise".

 

"DISPARITION DU COLLECTIF"

 

Le rapport souligne également "des relations sociales dégradées" liées "à la pression managériale et la disparition du collectif des collègues", a précisé M. Beldjoudi. Il révèle également des métiers "à risques" : ceux "liés à la vente et à la clientèle, comme la distribution, les centres d'appels, les interventions chez les clients", a ajouté M. Morville.

 

Le résultat "confirme les tendances révélées par l'Observatoire du stress", créé en 2007 par les syndicats SUD-PTT et CFE-CGC, a insisté M. Morville. "Le diagnostic est révélateur de la situation interne et cela corrobore tout ce que la CFTC a dénoncé dans cette entreprise", a ajouté Patrice Diochet (CFTC). "J'espère que ce diagnostic va être un détonateur, on doit se servir de cet outil pour faire pression", notamment sur les négociations en cours sur le stress, censées se conclure à la fin de l'année.

Technologia devrait présenter en fin d'après-midi un bilan des expertises des comités "Hygiène et Sécurité" et de la médecine du travail remis à France Télécom depuis deux ans.

 

Pour en savoir plus :

 

-"On est passé d'une culture de service public à une machine à cash", compte-rendu du "chat" avec Ivan du Roy, journaliste et auteur d'Orange stressé.

 

-L'entreprise est "allée trop loin", selon le numéro deux de France Télécom (Le Monde.fr)

 

-Trente-deux salariés de France Télécom se sont suicidés depuis 2008 (Le Monde.fr)

 



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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 19:39

14 décembre 2009


Lettre ouverte de Paul Gnimagnon à Yayi Boni: « Mr le Président, les Béninois ne sont pas fiers de vous »



Téméraire et courageux, le très engagé inspecteur des Douanes, Paul Gnimagnon est en colère contre le chef de l’Etat, comme l’exprime le contenu de la lettre ouverte qu’il vient de lui envoyer. En trois ans et demi de gouvernance par Yayi Boni, c’est la déception totale, le recul de la démocratie, l’échec de la lutte contre la corruption et l’impunité, la déconfiture du tissu économique et social, la menace sur la paix et l’unité nationale. Ce sont là, la palette des maux dont souffre le Bénin, sous le régime de Changement, se désole Paul Gnimagnon, tout comme bon nombre de Béninois, croit-il fermement. « Les Béninois et les Béninoises dans leur majorité ne sont pas fiers de vous.. », écrit-il au chef de l’Etat. Dans son réquisitoire, l’opposant et président du Parti Nouvel Elan pour la patrie-Mixalodo se présente comme une victime des tares du régime. Lire en intégralité sa lettre ouverte.


Excellence Monsieur le Président,

 

Je me trouve à la fois peiné et réconforté de m’adresser à vous, peiné de constater que vous jouez mal la partition qui est la vôtre dans l’œuvre patriotique commune qui incombe à nous tous béninoises et béninois, réconforté de m’acquitter d’un devoir civique pour ne pas être comptable devant l’histoire du désastre dans lequel vous enfoncez notre pays le Bénin. En guise d’information et d’avertissement, il me plaît de soumettre à votre méditation les deux citations suivantes de Jean Jacques Rousseau. « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir ». « Quand les intérêts particuliers commencent à se faire sentir et les petites sociétés à influer sur la grande, l’intérêt commun s’altère et trouve des opposants, l’unanimité ne règne plus dans les voix, la volonté générale n’est plus la volonté de tous, il s’élève des contradictions, des débats, et le meilleur avis ne passe point sans dispute…s’ensuit-il de là que la volonté générale soit anéantie ou corrompue ? Non, elle est toujours constante, inaltérable et pure ». J’ai commencé par ces citations de Jean Jacques Rousseau, l’un des pères fondateurs de la philosophie politique, pour indiquer qu’en politique il faut avoir des repères éthiques et moraux, ce que Montesquieu, un autre père de la pensée politique dans son ouvrage célèbre « l’esprit des lois », appellerait la vertu politique.

 

En mars 2006, le peuple béninois n’avait pas fait l’unanimité autour de vous. Loin s’en faut ; personnellement, c’était la mort dans l’âme que je reçus l’appel de l’alliance Add dans laquelle je me retrouvais à voter pour votre personne. En effet je sais que les intellectuels carriéristes, ceux-là qui ne viennent en politique qu’opportunément c’est-a-dire à la faveur de certaines conjonctures ne sont rien d’autres que des opportunistes ou ne deviennent que des opportunistes sans boussole ou avec la boussole-argent. Ils sont des hommes sans conviction citoyenne et patriotique et pour eux, la politique n’est qu’un moyen d’accomplissement personnel. Vous en êtes l’illustration. Cela dit, votre élection à la tête de notre pays avec un suffrage aussi écrasant,74,32%, en même temps qu’elle exprimait un désaveu des candidats en lice s’analysait comme un contrat social à travers lequel le peuple vous confiait une lourde et exaltante mission que je me permets de résumer en quatre points essentiels.

 

- La consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit.

 

- La construction de la paix et de l’unité nationale.

 

- La lutte contre la corruption et l’impunité.

 

- La relance économique pour le bien-être social.

 

Je me dois de vous dire que si j’étais à votre place, quelles que puissent être mes tares, je m’efforcerais, contre vents et marrées, de mériter cette confiance et de conduire à terme ce pacte social. Dans votre cas, vous ne vous êtes jamais donné ce défi et pour causes : Sur le plan de la démocratie et de l’Etat de droit, le recul constaté par le peuple béninois en 3 ans et demi de gouvenance est si grave et fait penser sans équivoque que si vous aviez été au pouvoir dans les années 70 vous auriez été un tyran de l’ère que l’on sait ; à l’allure où vont les choses vous n’en êtes pas d’ailleurs loin.

 

En effet, selon le petit Larousse le mot démocratie se compose de deux mots latins : « demos » qui signifie peuple et « cratos » qui veut dire pouvoir et signifie donc pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple ; je voudrais vous inviter respectueusement non seulement à en percevoir le sens mais aussi et surtout à méditer et à vivre du plus profond de votre foi « chrétienne » le sens et l’essence de ce mot qui pour vous ne signifie rien.

 

Les élections municipales et communales que vous avez organisées démentent à la face de l’opinion publique nationale ces définitions car tout est mis en œuvre pour reprendre les élections en vue d’imposer par la fraude, donc par la corruption que vous prétendez combattre ceux que le peuple n’a pas élus ; tel aurait été le cas dans les localités comme : Idigny, Lalo, Covè, Seto, Adanhondjigon, Matéri, Avrankou et j’en passe, ou même une occasion de jeter en prison des citoyens gênants sur la base d’arguments fallacieux servant de prétextes, tel a été le cas de Monsieur Clément Gnonlonfoun Maire de la commune de Dangbo.

 

Vous êtes si allergique à la démocratie et aux libertés publiques que la séparation des pouvoirs dont vous n’avez jamais voulu l’effectivité, a donné lieu à des rapports conflictuels permanents entre institutions de sorte que l’Etat démocratique a perdu de son essence. Il est évident que ce faisant vous ne faites qu’allumer des foyers de tensions qui menacent gravement la paix et l’unité nationale. Vous convenez avec moi, à moins de tricher avec votre conscience, que le séminaire organisé sur la paix n’est alors qu’un subterfuge.

 

Aujourd’hui vous piétinez allégrement toutes les lois de la République ; la loi n°90-032 du 11 décembre 1990 portant constitution de la République du Bénin, la loi n° 2001-36 du 14/10/02 portant statut de l’opposition, la loi n°200l-2l du 21 février 2003 portant charte des partis politiques. Les exemples suivants l’illustrent bien :

 

1- A la suite de la conférence de presse organisée par mon parti le 04 juillet 2009, vous avez intimé l’ordre à votre Ministre de l’Economie et des Finances de m’affecter du poste du chef de Brigade de Cotonou Aéroport que j’occupais au secrétariat Général de son Ministère.

 

2- Par arrêté préfectoral 2009 n°2/150/DEP-ATL-LITT/SG/STCCD/D3 du 17/07/09, le Préfet Jules Honorat Hessou a interdit toutes manifestations publiques relatives au dossier Cen/Sad.

 

3- Dans la même logique, la marche pacifique des femmes militantes et sympathisantes de mon parti a été interdite le samedi 18 juillet 2009 maIgré l’accomplissement des formalités réglementaires en la matière.

 

4- Des informations font état de la tenue de réunions secrètes commanditées par vous et auraient eu comme préoccupation centrale de mettre hors d’état de nuire l’opposant déclaré que je suis. Je voudrais vous informer au passage que de simples citoyennes et citoyens ne cessent de me dire « fais attention, Yayi Boni est capable de tout, il est même capable du pire ». Lorsque des enfants en arrivent à dire cela du père de famille, lorsque vos compatriotes en arrivent à penser cela de vous, on est en droit de dire que c’est tout simplement malheureux et dangereux pour notre pays.

 

5 - De sources concordantes,

vous auriez demandé de faire des investigations à la Recette des Douanes de Cotonou-Port sur la période allant de 2005 à 2007 aux fins de me coller une affaire pour me mettre en prison. Je voudrais vous dire que c’est peine perdue car, comme certains de mes collègues, je ne suis pas un douanier vulgaire ; j’ai de la tenue, de la retenue et le sens de la probité. Si vous

connaissiez Dieu et si vous aviez été informé de l’histoire de Paul, vous auriez su que vous perdez votre temps en complotant contre moi.

 

6- Enfin, votre Ministre marionnette n’a trouvé qu’à m’affecter dans l’Atacora-Donga à moins de deux ans de ma retraite au mépris des pratiques et usages de la corporation.

 

Qu’est-ce qui aurait justifié au sein de l’administration publique cette affectation politique si ce n’est dans le dessein machiavélique de m’anéantir politiquement et de me liquider physiquement comme ce fut le cas de Hessou Pamphile et du juge Coovi. C’est ainsi que les nécessités politiques du machiavel béninois que vous êtes ont supplanté la notion administrative de nécessité de service. Pour moi, dans le combat citoyen que je mène, aucun sacrifice n’est de trop et le peuple béninois sait aujourd’hui que vous n’auriez été que l’instigateur et le principal auteur d’un assassinat éventuel et d’une machination quelconque qui s’abattraient sur mes proches, ma famille et moi-même.

 

Vous ne ratez aujourd’hui aucune occasion pour frapper toute velléité de contestation.

Des sources proches de vous racontent aujourd’hui que vous convoquez à la Présidence de la République des personnes que vous insultez, que vous intimidez et que vous menacez même de tuer. Le peuple béninois sait et les honnêtes citoyens dénoncent aujourd’hui cette répression qui consiste à mettre le service des impôts aux trousses des opérateurs économiques qui ne s’accordent pas avec votre méthode de gouvernance, l’Inspection Générale d’Etat aux trousses des syndicalistes. De façon ironique, on entend dire que les pasteurs évangélistes, protestants, célestes et les vodounnons à qui vous donnez de l’argent dans la perspective des élections de 2011, n’ont qu’à se préparer pour des contrôles inopinés de l’Inspection Générale d’Etat. Cela fait honte et illustre sans équivoque que le Bénin est malade de ses cadres politiques et intellectuels cupides. Depuis la dernière grève des agents des douanes et la déclaration d’appartenance de mon parti à l’opposition vous vous apprêtez contre vents et marrées à modifier le statut desdits agents pour les réintégrer dans les Forces Armées Béninoises. Je voudrais porter à votre connaissance ce qui suit : En application des dispositions de l’article 02 de la loi n° 90-016 du 18 juin 1990 portant création des Forces Armées Béninoises, l’administration des Douanes n’est pas une composante des Forces Armées Béninoises ; elle est régie par la Loi n° 86-013 du 26 février 1986 portant Statut Général des Agents Permanents de l’Etat.

Elle n’a ni une mission de défense, ni une mission de sécurité publique. Elle a une mission fiscale, une mission économique et une mission de protection. Sur le plan de l’unité nationale je me dois de vous enseigner et dans l’intérêt de tous qu’on ne regrette pas ce que l’histoire a fait et qu’on ne se venge pas de l’histoire. Et que lorsque l’on accède à une position aussi sacrée que celle qui est la votre aujourd’hui, on s’oublie et on ne pense que l’intérêt national. Dans votre cas, je suis au regret de constater que c’est tout à fait le contraire. Les honnêtes gens, ceux que vous n’avez pu tenir par le ventre en raison de leur intégrité morale s’inquiètent du sentiment ethnocentrique que vous nourrissez et mettez en avant dans la gestion des affaires d’Etat, de votre réponse laconique à la représentation nationale sur la déclaration du Ministre Fagnon, des manœuvres de corruption politique aux fins de diviser les partis politiques et les députés, des nominations régionalistes au sein des institutions de la République.

 

Je veux savoir parce que j’en ai le droit en tant que citoyen, le peuple a besoin de savoir pourquoi sur soixante dix sept (77) communes que compte le Bénin, les Hauts responsables de l’armée ne sont nommés pour la plupart que dans le rang des cadres militaires ressortissants d’une seule commune ? Le peuple béninois a besoin de savoir pourquoi les affectations à la douane se font toujours à la Présidence de la République, ce qui donne l’occasion à certains conseillers et chargés de mission de vendre des postes ? Le peuple béninois a besoin de savoir pourquoi depuis votre arrivée au pouvoir, le chef de service du dépôt des douanes est toujours issu d’une seule et même région ? Il est donc notoire qu’aujourd’hui vous faites le lit au régionalisme et à l’ethnocentrisme dans toutes vos démarches. Sur le plan de la lutte contre la corruption, il est raconté publiquement que vous ne nommez dans votre gouvernement et à la tête des structures et sociétés importantes que les gens qui connaissent le « code » de l’enrichissement immédiat et sans cause, qui savent amener les mallettes d’argent à la présidence de la République, dans votre Qg ou chez ce Ministre originaire du Nord que vous avez choisi pour centraliser les fonds détournés. Le peuple est informé de l’insatisfaction de la dernière mission du Fond Monétaire International et de la Banque Mondiale par rapport à la gestion du banquier de son Etat et de l’économiste de renom et souhaiterait être éclairé. Le peuple sait que vous le trompez sur le dossier de la Cen-Sad car les gens disent que des sociétés fictives auraient été créées par vous et vos proches pour vous faire attribuer des marchés de gré à gré et qu’aucun ministre n’avait le droit de faire la moindre objection.

 

Dans l’affaire qui a éclaté au service du dépôt des douanes en février 2009 et dans laquelle votre frère Bawa Adam se retrouve en prison, c’est encore vous qui êtes indexé ; le rapport d’enquête aurait omis des noms de ceux-là qui sont proches de vous, de votre famille et de votre entourage immédiat. Le peuple qui vous a élu, qui est souverain et à qui vous devez rendre compte, attend des explications sur les multiples et ténébreuses affaires de la République que je me garde de citer car, vous les connaissez mieux que quiconque. Il y a tellement à dire sur votre gouvernance et je voudrais m’en arrêter là pour l’instant pour ne pas écrire tout un livre. Sachez tout simplement qu’en dehors de la poignée de biches et de moutons bêlants qui ne peuvent se fâcher contre la rivière, les béninoises et béninois dans leur majorité ne sont pas fiers de vous. Je serais à votre place que je ne chercherais pas un deuxième mandat.

 

Recevez mes salutations patriotiques.

 

Source: LEMATINAL

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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 14:31

BENIN: Le CNHU et les hôpitaux publics tuent, par manque de matériels

 

Le Bénin, un Etat assassin ?

 

11-12-2009

Par Brice HOUSSOU

Les centres publics de santé du Bénin sont pires que ceux d’un pays nouvellement sorti de la guerre et qui est en manque cruel de matériels de soins. Au Centre national hospitalier universitaire Hubert Koutoukou Maga de Cotonou par exemple, un centre dit de référence, il n’y a pas de matériels propres à l’utilisation escomptée. La sortie des praticiens hospitaliers du CNHU nous aura donc permis de nous rendre compte de la réalité : il n’y a pas de simples ciseaux médicaux pour couper le cordon ombilical à la naissance, sauf peut-être de vieux ciseaux rouillés qui, plutôt que de préserver la vie, auront vocation à tuer en inoculant le tétanos aux nouveaux-nés. Les Béninois ont pu suivre à la télévision, scandalisés, que les salles d’accouchement et peut-être également les autres services de nos hôpitaux publics fonctionnent avec des matériels rouillés. Autrement dit, ces centres sont des lieux de transmission de maladies, au lieu d’être des lieux de guérison. Car il ne sied plus d’appeler hôpital un lieu où il faut mettre de l’eau sur une paire de ciseaux ou un autre matériel médical atteint par la rouille pour les rendre utilisables, ceci parfois en pleine intervention chirurgicale.

 

Voilà mon pays, le Bénin. Un pays où l’Etat refuse délibérément de soigner ses citoyens ; un pays où l’Etat assassine ses fils, par déni de santé. Un pays où l’hôpital dit de référence manque du minimum, tandis qu’en face, juste à quelque mètres, il y a une nouvelle bâtisse de la Présidence de la République, construite à plus de 15 milliards de FCFA, surtout avec une épaisse clôture presqu’entièrement en béton. Certainement parce qu’il est plus possible de toucher des pots-de-vin dans le ciment que dans les matériels de santé adéquats et modernes.

 

Dès lors, on comprend les praticiens hospitaliers dans leur lutte qui s’est radicalisée en grève sans service minimum pour compter du 1er décembre 2009. C’est à croire que personne ne s’émeut lorsqu’il y a grève dans le domaine de la santé, un secteur sensible et vital. Or la vérité est que les conditions actuelles de travail dans ce secteur sont désastreuses et nécessitent une lutte quotidienne contre la pénurie. En effet, l’article 4 de l’ordonnance N°73-14 du 8 février 1973 instituant le code de déontologie médicale dispose qu’ « en aucun cas, le médecin ne doit exercer sa profession dans des conditions qui puissent compromettre la qualité des soins et des actes médicaux ». Le fait pour eux de continuer à exercer leur métier dans les conditions actuelles de nos hôpitaux est purement et simplement en désaccord avec cet article de leur code de déontologie.

 

Lire ci-dessous certaines de leurs déclarations assez troublantes sur leurs conditions de travail.

 

Amoussou Guenou Marcellin :

« Ici, comme vous le voyez, c’est des pinces qui datent de la création du Cnhu »

 

Kiki Ahouandjinou, membre du Cph

« Nos revendications prioritaires à l’heure actuelle concernent :

L’équipement des hôpitaux à hauteur de 5 milliards, l’adoption et l’application des décrets portants statuts des praticiens hospitaliers et des hospitalo-universitaires, la mise en œuvre de la 2ème clause du protocole d’accord du 22 mai 2008 concernant le logement des médecins et l’incitation à la fonction hospitalière, la revalorisation des indemnités de risque au personnel paramédical, la prise de l’arrêté concernant les gardes et astreintes, la mise en application des conclusions de la commission interne du 26 mai 2008 portant sur la nomination des responsables à la tête des établissements hospitaliers, le recrutement d’au moins 50 médecins dans les établissements hospitaliers publics et le reversement dans la fonction publique des contractuels locaux, le rétablissement transitoire sans délai du conseil d’administration du CNHU conformément aux statuts en vigueur, la prise du décret portant restructuration de l’espace hospitalier universitaire ».

 

Docteur Hans Marie-Reine Houinsou

Actuellement, on ne peut pas faire une radio pulmonaire à l’hôpital de Porto-Novo. Il y a eu des mois où on n’a pas pu faire la glycémie et on est obligé d’envoyer les malades à la CM. C’est le monde à l’envers.

 

Témoignage du Docteur Cohovi Dètongnon

Si on montrait nos boîtes d’accouchement aux patients ou aux maris des femmes que nous recevons, ils ne voudront jamais faire accoucher leur femme dans nos centres parce que tout est attaqué par la rouille. Les ciseaux ne peuvent même pas couper le cordon ombilical. Les pinces elles sont dans un état de dégradation très avancé et on n’arrive pas parfois à les décoincer et nous sommes souvent obligés d’ajouter de l’eau en pleine intervention chirurgicale.



Source: FRATERNITE


Par illassa.benoit - Publié dans : EDITORIAL
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 18:50

Doyen O.B.Q. à Andoche AMEGNISSE: J'approuve sans ambages votre contestation...

 

 

Garrigues-Sainte-Eulalie, 10-12-09

Bien cher Andoche,

Merci de m'avoir communiqué les textes que j'ai lus très attentivement ; sans délai je les transfère vers d'autres Béninois tant en Europe qu'aux USA; ainsi ils cerneront davantage l'image de l'homme pour qui moi aussi j'avais, hélas! appelé à voter; ils verront aussi ce qu'un dictateur qui a du sang sur les mains semble, de plus en plus, avoir la haute main sur la justice; n'est-ce pas singulier qu'aucun procès n'a lieu quand ses sbires zigouillent des citoyens? Je ne suis pas juriste mais j'ai coché dans votre lettre au juge siégeant le passage où vous écrivez:

"[...*je conteste la qualité puisqu’elle a été nommée par décret au poste de Directrice de Cabinet du Ministre de la Justice et ne devrait donc plus faire office de Procureur de la République tant qu’un autre Décret ne la renomme pas à ce poste, je voudrais soulever avant tout débat au fond dans ce dossier où je suis injustement accusé, une exception constitutionnelle très importante dont je vous prie de tenir compte.*"

*J'approuve sans ambages votre contestation qui est une réfutation formelle: quand bien même l'intéressé aurait été procureur de la République, le processus de désignation qui le recrée **procureur de la République, alors qu'il était directeur de Cabinet **du ministre de la Justice, est /entaché de vice de forme/.
Je souhaite que le **Juge siégeant en Chambre de Citation Directe* *ainsi que l'armée d'avocats du chef de l'État béninois tolèrent de moins en moins la violation des droits de l'homme. Le moment viendra très vite où le peuple réagira.

Fraternellement,

Amitiés d'Olympe BHÊLY-QUENUM
** *

*
*


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