Mes vœux pour l'année 2010: LETTRE OUVERTE AU GENERAL MATHIEU KEREKOU
23/12/2009
Cher Général, Cher Camarade de lutte,
En guise de vœux pour l'année 2010, une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de m'adresser à vous pour sauver l'essentiel de ce qui peut l'être encore, car, de mon point de vue, vous incarnez encore l'essence de la Nation Béninoise.
Mon Cher Général, avant d'aller plus loin, il me plaît de rappeler vos mots de fin janvier 1996 (1):
« Nombreux sont ceux qui pensent, à tort ou à raison, que la politique c'est l'art de la séduction verbale, du bavardage stérile le champ clos des discussions oiseuses, tantôt feutrées, tantôt ponctuées d'envolées lyriques ou pompeuses sur les thèmes récurrents de la ''démocratie'' et de ''l'intérêt supérieur de la ''nation'' derrière lesquels se cachent en fait des motivations égoïstes, malsaines et inavouées. Ainsi la pratique politique est-elle aujourd'hui perçue, au point qu'on en oublie, trop souvent hélas, ce qui, à mon sens, devrait lui conférer son essence véritable et sa finalité la plus noble, à savoir l'action en faveur des couches les plus faibles, les plus fragiles et les plus vulnérables de la société.
Chez nous au Bénin, comme partout ailleurs, ces catégories défavorisées, ce sont les enfants, les jeunes, les femmes, les paysans et les artisans. Envers eux, la classe politique béninoise, toutes tendances et toutes sensibilités confondues, a une dette morale incommensurable dont elle a le devoir impérieux de s'acquitter, faute de quoi elle se rendrait inévitablement coupable, aux yeux des générations montantes et futures et devant l'implacable jugement de l'Histoire , de démission, d'ingratitude et de faillite. Telle est mon intime conviction. »
Mon Général, avec cette confession, le peuple béninois vous a donné un bail de 10 ans !!!
Pour notre part, très séduit par votre aveu, nous avions appelé à voter pour votre candidature en 2001 où nous étions Vice-Président de votre comité de campagne en Europe. Le Président était Monsieur Aristide AMEGAN que vous aviez fait votre Conseiller en Europe après votre ré-élection.
Cher Général, malgré l'hostilité de nos compatriotes de la diaspora envers votre personne, vous étiez arrivé en seconde position, à Paris, lors du premier tour des élections de 2001. Mieux, au second tour, vous aviez fait la course en tête. Nous étions votre représentant personnel au bureau de vote de Paris.
Lors des élections de 2001, nos interlocuteurs au Bénin étaient:
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Le Ministre Pierre OSHO, votre Directeur de campagne;
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Le Ministre Sylvain AKINDES
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Monsieur Aboubakar MAMA SIROU, Directeur de l'Audit et du Contrôle de Gestion de la SONAPRA, le Directeur Financier de votre campagne;
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L'honorable Dr. Ambroise KOURA, Député à l'Assemblée Nationale.
Nous avions engagé des fonds à hauteur de plus de 300 mille francs français pour vous soutenir. Nous n'avons reçu, en tout et pour tout, que la somme de 35 mille francs français tirée d'un chèque de l'un de vos collaborateurs aujourd'hui en délicatesse avec le régime du change-menteur Yayi Boni.
Les 35000 francs français représentent à peine les frais dépensés pour la venue à notre meeting de Monsieur Albert TEVOEDJRE (déjà lui) que nous avions fait venir de la Suisse suite aux recommandations de votre comité national de campagne. A ce jour, nous n'avons jamais demandé notre reste.
Vous êtes au courant de cette affaire puisque j'ai, en ma possession, une note manuscrite de votre propre main.
Pourquoi je révèle cette affaire aujourd'hui, me diriez-vous mon Cher général. La raison est très simple. Comme vous le savez, je suis entrain d'écrire un livre sur votre « fils putatif », Yayi Boni. Je pensais vous le faire préfacer, mais j'ai changé d'avis, en attendant votre réponse claire et nette.
En effet, j'ai eu l'immense honneur de partager avec vous votre dernier dîner de Président de la République du Bénin lors de votre dernier séjour officiel en France. Dans les salons du palais de Marigny (palais réservé aux hôtes prestigieux de la France), vous nous disiez (à ceux que vous aviez l'habitude de qualifier des « visiteurs de la nuit ... », que vous soutiendrez la candidature du Président Adrien HOUNGBEDJI l'année suivante. Nous vous avions cru. Nous n'étions pas les seuls même si nous avions des raisons objectives de nous méfier de vous.
Rappelez-vous, mon Cher Général.
Après votre élection en 2001, vous aviez installé vos services des Renseignements Extérieurs au Consulat du Bénin en France, sis, rue du Cherche-Midi. Sur les renseignements de ce service, deux nos « amis » furent nommés Conseillers à la Présidence. Personnellement, nous avions refusé toute nomination parce que nous avons un bon job en France. Les Ministres Akindès et Osho peuvent vous le confirmer.
Malheureusement, contre notre avis, vous aviez nommé comme Ambassadeur à Paris, le transfuge de la RB qu'était Yves Edgard MONNOU. Ce dernier vous fera les pires misères, y compris à vos très proches... que nous protégions, à l'époque. Il y a même manquer un incident diplomatique avec la France. C'est à ce moment que vous aviez décidé de réagir, mais il était déjà trop tard !!!
En 2006 donc, vous nous aviez proprement trompé. Toutes vos sorties alambiquées masquaient votre volonté ferme et définitive de soutenir le candidat Yayi Boni.
Alors, aujourd'hui, mon cher Général, permettez-nous de vous poser des questions essentielles pour l'avenir de notre Nation dont vous êtes, nul n'en doute, l'un des meilleurs bâtisseurs:
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Êtes-vous satisfait de la gestion de notre beau pays par le Dr. Yayi Boni;
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Appelleriez-vous à un front commun du Nord au cas où l'Union pour la Nation (UN) choisirait un candidat unique pour 2011?
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Seriez-vous prêt à demander au candidat Bio Tchané de retirer sa candidature pour une union du Nord-Bénin?
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Seriez-vous prêt à voir le Bénin réduit en cendre pour votre postérité?
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Êtes-vous prêt à rencontrer le Président Adrien HOUNGBEDJI que vous aviez fait votre Premier Ministre?
Cher Général, Cher Président, Cher Camarade de luttes, sur toutes ces questions, le peuple béninois veut vous entendre. Depuis votre retraite de 2006, vous n'avez écrit aucun livre pour donner votre sentiment.
En dehors de votre famille propre, nous qui sommes dépositaires d'un petit parcours de votre itinéraire demandons le droit à l'inventaire. Le peuple béninois a besoin de vos conseils et de vos avis éclairés, sans tabou.
Pour que nous puissions marcher la tête haute, fixez-nous définitivement.
A tous nos compatriotes de l'intérieur et de la diaspora, nous souhaitons de joyeuses fêtes et une alternance dans la concorde et la dignité en 2011.
Vive L'UNION FAIT LA NATION !!!
Vive le BENIN !!!
Et Vive la DEMOCRATIE !!!
Benoît ILLASSA
(1) Mathieu KEREKOU, Préparer le Bénin du Futur, Centre Panafricain de Prospective Sociale, Porto-Novo, 1996
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En 2011, année donnée comme fatidique sur le plan politique, le Bénin indépendant aura juste passé la barre des cinquante ans et devra considérer que les années
d’apprentissage politique sont derrière lui et que commencent les années de travail productif, éclairées par un passé dont il faudra tirer le meilleur pour assurer le présent et l’avenir. Partis
de coups d’Etat à répétition, qui furent des tentatives de changement avortées, nous avons abouti au Changement grand C en 2006, après être passés par Révolution et Renouveau, qui furent aussi de
grands changements.
Que diront-ils, qu’écriront-ils les historiens qui, dans cent ou deux cents ans, feront pour leurs contemporains le bilan de l’année de grâce 2009
au Bénin sous le régime du changement ? Evidemment, ces historiens auront la distance nécessaire par rapport aux faits étudiés et examinés. Ils ne peuvent faire montre que de plus d’objectivité
dans leur entreprise.