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DOSSIERS

Dimanche 25 juillet 2010 7 25 /07 /Juil /2010 03:04

25 juillet 2010

  

BENIN: Le blogueur Benoît ILLASSA reçoit le soutien d'OVERBLOG dans le bras de fer qui l'oppose au président béninois, Boni Yayi-Aboumon

  

Non content d'avoir assigné le franco-béninois Benoît ILLASSA devant le T.G.I. de Paris pour diffamation, le roi Boni 1er avait aussi demandé à OVERBLOG de fermer son blog. Le roi auto-proclamé des tropiques vient de recevoir une déculottée cinglante de l'hébergeur OVERBLOG.

 

En effet, comme il fallait s'y attendre, OVERBLOG a décidé de soutenir son blogueur émérite malgré les pressions du dictateur Yayi-Aboumon. Le site hébergeur valide ainsi la décision de Benoît ILLASSA de ne retirer aucun article de son blog en attendant que la justice de son pays dise le droit.

 

Une sacrée humiliation de plus pour le dictateur populiste béninois.

 

I.B.



--- En date de : Dim 25.7.10, Benoit2 Illassa <illassa2.benoit@yahoo.fr> a écrit :


De: Benoit2 Illassa <illassa2.benoit@yahoo.fr>
Objet: Fw : Re: Re : A propos de votre blog - Urgent
À: "BENOIT ILLASSA" <illassa@yahoo.fr>
Date: Dimanche 25 juillet 2010, 0h26



--- En date de : Sam 24.7.10, Nicolas <nicolas@jfg-networks.net> a écrit :

De: Nicolas <nicolas@jfg-networks.net>
Objet: Re: Re : A propos de votre blog - Urgent
À: "Benoit2 Illassa" <illassa2.benoit@yahoo.fr>
Date: Samedi 24 juillet 2010, 17h56

Bonjour,
je vous remercie pour cette réponse détaillée et vous confirme que nous n'interviendrons pas par conséquent sur le contenu de votre blog.

Très cordialement,
Nicolas - Responsable Juridique Overblog



Le 24 juillet 2010 15:32, Benoit2 Illassa <illassa2.benoit@yahoo.fr> a écrit :
Monsieur,
 
J'assume complètement le contenu de mon blog. Par conséquent, merci de ne pas retirer les articles concernés.
 
J'ai confié le dossier à mon avocat.
 
Vous trouverez les pièces justificatives en pièces jointes.
 
Bien cordialement,
 
Benoît ILLASSA

--- En date de : Lun 19.7.10, Nicolas <nicolas@jfg-networks.net> a écrit :

De: Nicolas <nicolas@jfg-networks.net>
Objet: A propos de votre blog - Urgent
À: illassa2.benoit@yahoo.fr
Date: Lundi 19 juillet 2010, 16h46


Bonjour,
nous avons reçu ce jour un courrier d'avocat relatif à votre blog :
illassa-benoit.over-blog.com

Ce courrier demande le retrait de votre blog, ou à tout le moins, le retrait des articles :
- Les deux appartements de Yayi à Paris sont situés dans le même immeuble qui abrite la résidence de l'Ambassadeur de Yai Joseph de l'UNESCO
- Après le bradage en catimini de la SCO les procès et la prison à l'horizon 2011

Merci de nous répondre de toute urgence, soit dans un délai de 24h, à ce mail en nous indiquant :
- si cette demande vous semble justifiée, et si vous souhaitez dans ce cas supprimer immédiatement ces articles
- si cette demande est injustifiée, en motivant votre réponse et en nous attestant (en indiquant prénoms noms adresse) que vous assumez les contenus publiés sur votre blog, et notamment ces 2 articles.

Cordialement,
Nicolas - Responsable Juridique Overblog



Par illassa.benoit - Publié dans : DOSSIERS
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Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /Juil /2010 23:18

BENIN - ICC-Services: La honte de se déclarer

 

22 juillet 2010 par La Presse du Jour 

 

Les préfectures attendent toujours la déclaration des gros épargnants de ICC-Services. Pour l’instant, ce sont de petits épargnants qui se bousculent pour se faire enregistrer avec des larmes aux yeux. Les gros épargnants, souvent des personnalités insoupçonnées, traînent les pas. Ils ont honte de se faire enregistrer.  Une telle attitude arrange les petits épargnants qui profiteront de la honte de se déclarer des gros bonnets pour entrer en possession de leurs fonds. Pourquoi ont-ils peur et honte de se déclarer ? On peut bien l’expliquer. Ils ont honte parce que la société pourrait remettre en cause leur intelligence. Ils ont honte parce qu’ils n’ont pas été assez cartésiens pour détecter la ruse de quelques analphabètes émancipés. Ils ont fin honte parce que leur progéniture  va s’exclamer en rigolades.  Les gros bonnets qui ont mis une grosse quantité d’argent dans cette roublardise de Tégbénou et consorts ont peur de la sentence morale. Ces hommes et femmes ont peur de la critique servile et des poursuites judicaires éventuelles. En effet, comment un fonctionnaire de la catégorie B peut-il justifier Cinq cent millions d’avoirs à moins de cinq ans d’ancienneté. Plusieurs questions vont surgir pour comprendre la richesse de plusieurs de nos compatriotes. Voilà pourquoi ils ont peur car en se déclarant avec leur épargne, ils sont certains d’attirer l’attention de l’opinion et des bandits. Ils ont cerné le danger, à leur corps défendant. Ils pourront se murer dans une tour de silence pour broyer en sourdine leur amertume. Le gouvernement peut les aider en les protégeant. Toutefois, l’enquête judicaire doit aller plus loin en saisissant les données informatiques de la société. De belles révélations  sont en perspectives.
Le juge peut ouvrir des informations judiciaires sur certains avoirs que les détenteurs doivent justifier. A défaut, ils devront être poursuivis conformément à la loi sur l’enrichissement illicite ou sans cause. La tactique du gouvernement st payante. Quel député peut-il avoir le courage de déclarer avoir mis de l’argent dans ICC-services ? Il attirerait ainsi la foudre de la population sur lui pour complicité. C’est le drame que vivent en silence la bourgeoise compradore du pays. L’affaire Icc-services peut désormais prendre une allure de feuilleton-politico-judiciaire. C’est en cela que la méthode du gouvernement est à saluer. Elle a l’avantage de constituer un autre outil de classification dans détenteurs de la richesse. L’affaire ICC-services éclairera désormais les politiques publiques en matière de mobilisation de l’épargne.


Autre élément non moins intéressant, c’est la vérification des comptes de nos comptables publics.  Quoi qu’il en soit, on découvrira des monstruosités au niveau des finances publiques. L’affaire ICC-services est une occasion pour le peuple de mirer dans un miroir. Il appartient aux gouvernants de transformer le drame en méditation pour une meilleure conception des politiques de développement.
Les gros épargnants pleurent en silence leur somme. Ils ont peur de se dévoiler au grand bonheur des plus petits.

Herbert Houngnibo

Par illassa.benoit - Publié dans : DOSSIERS
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Mercredi 21 juillet 2010 3 21 /07 /Juil /2010 14:57

BENIN - SYNDROME ICC SERVICES: Le scandale béninois va-t-il enflammer la sous-région ?

 

Oui, c’est désormais tous les jours, Icc Services à Cotonou, et «Redémarre» à Lomé. Les témoignages des personnes spoliées commencent à sortir du secret des maisons, et montrent par leur drame, combien ceux qui ont appâté autant de citoyens et «acheté» autant de personnalités publiques, assumant de hautes fonctions de l’Etat ou de simples fonctionnaires au Bénin, sont des maîtres dans l’art de la corruption active. N’y a-t-il pas de risque de contagion dans les autres pays de l’Uemoa où le phénomène existe déjà ? Les autorités financières et bancaires de l’Union ne devraient-elles pas réagir vite pour éviter une déstabilisation du système financier et bancaire ? Des questions en suspens.

 

Date de publication : 21-07-2010
Auteur(s) / source : Léon BRATHIER

 

Les promoteurs des structures illégales de placement d'argent, tels des missionnaires du profit magique, ont allègrement abusé de la foi des fidèles de leurs églises, de la naïveté des citoyens, de la confiance et de leur proximité spirituelle avec le pouvoir. Un crime commis d'Abidjan à Cotonou en passant par Lomé, sans que l'on sache encore les effets en chaîne que la crise du placement illégal d'argent est susceptible de provoquer sur tout le système financier et bancaire. De la crise financière à la crise sociale grave : le pas est vite franchi. En ce qui concerne les drames vécus par des familles béninoises, et peut-être bientôt dans d'autres pays de la sous-région, des témoignages émergent, tout aussi émouvants et abasourdissants sur la bêtise généralisée des épargnants. Presque chaque famille béninoise, lieu de travail, endroit de culte, espace public résonnent de ces récits douloureux. Et c'est toute la société qui est pénétrée par le virus du placement d'argent.

 

Le système financier et bancaire est-il infiltré ?

 

Les banques aussi, d'une certaine manière, à travers leurs personnels ou à travers les comptes ouverts dans certaines d'elles, par ces ONG ou groupements d'intérêt économique exerçant illégalement l'activité de placement d'argent, se sont engouffrées dans la spirale du déplacement massif des épargnes des ménages et parfois aussi de sociétés évoluant dans le formel ou l'informel vers des paradis des taux d'intérêts magiques. Une absence étonnante de vigilance des milieux financiers institutionnels, alors même que la Bceao ayant tiré la sonnette l'alarme, se faisait traiter dans une certaine presse, sur instigation des structures de placement non agréées, comme un pourfendeur des succès de l'épargne informelle. Il a manqué de la part des autorités financières publiques qui contrôlent l'activité financière au niveau national, une réaction vive et sans ambiguïté et le scandale que soulève aujourd'hui l'affaire Icc Services explique bien cette léthargie du pouvoir public face au phénomène. Quant au milieu bancaire formel, il semble qu'il n'ait pas eu ni des réactions courageuses, ni des actions appropriées pour faire contrecarrer, cette mauvaise épargne qui était en train de dépouiller la bonne au profit de la mauvaise pour le bénéfice d'un hypothétique marché financier au demeurant douteux. Ceux qui ont parlé de blanchiment d'argent n'ont pas tout à fait tort. Peut-être que par le biais de ces activités nébuleuses, des personnes mal intentionnées tentent d'infiltrer les systèmes financiers nationaux, de les déstabiliser pour le compte d'une opération maffieuse internationale. Qui sait ? C'est pour cette raison que pour avoir le coeur net, les autorités financières de la sous- région Uemoa et Cedao doivent aider les Etats à engager des enquêtes approfondies sur le phénomène, aux plans des structures organisationnelles qui s'en occupent, des circuits de la collecte et du replacement ou non de l'argent, sur un marché financier. Il faut nécessairement rechercher les sources et extirper tout virus maffieux qui se serait introduit dans le système financier à travers ces ONG et Gié qui manipulent l'épargne publique. En attendant, le Bénin continue de payer chèrement, l'incurie et les indélicatesses qui ont entouré cette grosse arnaque. Des familles seront détruites, des hommes et des femmes vont sombrer dans la dépression et la folie. Certains vont mourir de désespoir. Et les cas de ceux qui ont dû se mettre sous calmants pour ne pas commettre l'irréparable sont légion. Comment pouvait-il en être autrement ?

 

Des témoignages émouvants

 

Les témoignages ont une charge de drame inimaginable. L'histoire suivante est saisissante dans ce drame humain vécu par des familles béninoises et de la sous- région. Celle de cette jeune dame à qui son père a confié de l'argent pour payer une augmentation de salaires à ses employés et réaménagé le lieu de travail, alors qu'il avait voyagé. Celle-ci, tentée par les sirènes des intérêts mirobolants payés par un certain Icc Services, est allée tout simplement placer l'argent des employés à Icc services. Ce qui devait arriver, arriva. Elle n'a pas atteint l'échéance avant que cette structure de placement ne tombe brutalement en cessation de payement. Scandale dans la famille...Elle est malade et sous calmant. Une autre mère de famille aurait hypothéqué les biens du couple pour des prêts bancaires qu'elle alla tout bonnement déposer à Icc Services. Imaginez la colère et le désespoir de l'époux ! Une autre histoire rocambolesque, celle d'une dame qui aurait été dans une banque pour faire un retrait de plusieurs dizaines de millions. Les employés de l'agence intrigués, lui ont tout simplement demandé si elle était vraiment dans l'urgence de cette forte somme. Si oui, ils allaient saisir l'agence centrale. Comme on pouvait s'y attendre, elle s'enflamma, jurant de tous les noms et accusant l'outrecuidance des employés qui refusent, selon elle, de lui faire disposer de son argent autant qu'elle voudra. Un briefing aurait eu lieu au siège de la banque, pour la prier de ne prendre pour l'instant qu'une dizaine de millions. Elle accepta après beaucoup d'explications de se contenter de cela en attendant. Cette dame est revenue récemment dans cette agence de banque avec grande émotion, pour remercier, les agents pour l'avoir sauvée. Les 10 millions qu'on lui avait concédés, elle les a placés dans une structure illégale de placement. Le comble c'est qu'elle avait l'intention d'y placer 80 millions ! N'eût été la prudence de la banque, cette clientèle aurait dépossédé son compte de cette forte somme, pour alimenter un placement douteux. Mme X a reçu de son mari, le droit de gérer un compte de l'épargne qu'il alimente depuis des années pour les enfants. Il attendait leur majorité, au cas où le couple ne serait plus là, ou pendant les moments de difficultés financières, que les enfants puissent en bénéficier pour être à l'abri du besoin. Hélas, madame sans avertir monsieur, a discrètement retiré tout l'argent du compte et est partie le placer dans Icc Services. Le mari tomba des nues lorsque sa femme lui avoua sa gourde. On n'imagine bien la fin de cette histoire...Un mari furieux de la sournoiserie de sa femme, dépité par sa cupidité et ne sachant que faire. Le foyer est devenu un enfer, on ne se dit plus bonjour...les enfants sont déboussolés. Tout cela à cause des vendeurs d'illusions. De ces drames familiaux et individuels on en entend beaucoup –qu'ils soient avérés ou non. Mais ces témoignages et rumeurs sont le reflet d'un séisme moral profond. Les Béninois sont choqués par l'ampleur de l'audace des promoteurs de ces placements d'illusions mais surtout par la crédulité générale et la misère des esprits devant l'argent facile.

 

Réaction des autorités communautaires souhaitée

 

Devant l'ampleur de la situation, vu que le syndrome Icc Service est loin d'être un phénomène limité dans les frontières nationales, le risque que la crise du placement d'argent fasse tache d'huile au-delà du Bénin et du Togo déjà aux prises avec les placements illégaux d'argent n'est pas négligeable. La question reste aujourd'hui de savoir quelles réponses les dirigeants des diverses structures financières et bancaires, au sein de l'Uemoa et de la Cedeao, entendent apporter pour neutraliser ce syndrome financier béninois qui risque de contaminer toute la région. Peut-être que cette crise n'est que la partie émergée d' un vaste réseau d'escroquerie et peut-être de blanchiment d'argent qui a infiltré le système social, économique et financier de l'Afrique de l'ouest et du continent. Les instances africaines devraient prendre les taureaux par les cornes, par une rencontre rapide des ministres des Finances puis des chefs d'Etat pour réfléchir sur les moyens d'enrayer ce phénomène, prendre des mesures pour assainir le marché financier, en imposant des règles plus strictes à l'activité régulière de placement d'argent et en élaborant d'autres mesures pour mieux préserver l'épargne des citoyens.



Par illassa.benoit - Publié dans : DOSSIERS
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Mercredi 21 juillet 2010 3 21 /07 /Juil /2010 14:27

BENIN - Affaires Icc-Services : On ne connaîtra jamais toute la vérité

 

20 juillet 2010

  

Tout comme les autres scandales financiers qui ont éclaboussé le régime du changement, l’affaire Icc-Services restera pendant longtemps encore une nébuleuse autour de laquelle on n’aura que des responsables, mais pas de coupables. Ceux qui attendent la manifestation de la vraie vérité qui entoure ce dossier attendront longtemps encore.

  

L’affaire Icc-Services connaîtra malheureusement le même sort que le dossier Cen-Sad. C’est en tout cas l’avis de plusieurs autres Béninois qui observent la manière dont le gouvernement gère cette affaire depuis qu’elle a éclaté au grand jour. Ceux qui attendent la manifestation de la vérité autour de ce dossier attendront longtemps encore, le temps que le régime Yayi, qui a accordé une caution morale à l’activité illégale de Icc-Services, fasse disparaître les preuves qui l’accablent. Les incarcérations tous azimuts (parfois en violation des procédures requises) de certaines personnes ayant trempé dans ce scandale qui rappelle l’affaire Madoff  donne la preuve que le régime Yayi ne veut pas permettre au peuple béninois de connaître la vérité dans ce dossier. Emile Tégbénou, Guy Akplogan, Georges Constant Amoussou, Bio Djibril et consorts sont, depuis, privés de leur liberté à cause de l’affaire Icc-Services. Avant de passer derrière les barreaux, ils ont d’abord été entendus par divers comités et commissions mis en place par le Chef de l’Etat. Selon des indiscrétions, ce qu’ils ont révélé est tout simplement accablant pour le pouvoir du changement et son Chef. Et c’est pour cela que tout le monde doit être réduit au silence, le ministre Armand Zinzin-dohoué sacrifié par celui qu’il a servi avec zèle et dévotion, le premier. C’est exprès que sa garde à vue a été prolongée. Avant de le jeter en prison, il faut bien adopter une procédure claire. Celle du flagrant délit qu’on voulait lui coller n’a pas prospéré. Les différentes réactions enregistrées par son interpellation ont fait baisser la garde au gouvernement qui envisage maintenant de l’envoyer devant la Haute Cour de Justice qui s’occupera de son cas. C’est dire donc que son sort sera bientôt scellé.

  

Deux poids, deux mesures

  

La grande leçon qu’on peut tirer après l’évolution de ce dossier est qu’il y a comme un traitement de faveur fait à certaines personnes dont les responsabilités sont pourtant engagées d’une manière ou d’une autre dans ce dossier. L’affaire Icc-Services ne date pas d’aujourd’hui. Icc-Services a démarré ses activités au Bénin il y a de cela quatre ans. A l’époque, M. Marcel de Souza, actuel Conseiller technique aux affaires monétaires du Président de la République, occupait les fonctions de Directeur national de la Bceao. En dehors des communiqués qu’il a lancés, est-ce qu’il a pu fait grand’chose pour empêcher Icc-Services d’exercer librement ? La réponse est dare-dare non. Passons ! Dans ce dossier, l’interpellation du Capitaine Bio Djibril sonne comme une fuite de responsabilité de la Haute hiérarchie de la gendarmerie nationale. Le capitaine Bio Djibril peut-il agir sans recevoir l’ordre de sa hiérarchie ? C’est aussi non. Que dire alors de la présence du ministre d’Etat chargé de la défense à Aplahoué lorsque le responsable Icc-Services de cette localité a offert un véhicule à la Brigade de gendarmerie ? Dans ce dossier, des gens ont été emprisonnés depuis le jeudi 15 juillet 2010 pour association de malfaiteurs et recel de produits d’escroquerie. Il est de notoriété publique que les responsables de Icc-Services ont escroqué les populations béninoises. Ils ont utilisé les fruits de leur escroquerie pour réaliser des œuvres sociales dans tous les domaines (éducation, sécurité, santé, loisir, assainissement, accès à l’eau potable…). Si on s’en tient à cela, toutes les personnalités qui les ont assistés lorsqu’ils mettaient en service certaines infrastructures sociocom-munautaires  devraient être interpellées, ne serait-ce que par souci d’équité. Mais hélas ! Tel n’est pas encore le cas.

  

Une commission judiciaire, pour quoi faire ?

  

La mise en place d’une commission d’enquête judiciaire pour écouter les personnes interpellées dans l’affaire Icc-Services embête certains Béninois. Pour l’honorable Janvier Yahouédéou par exemple,  rien de concret n’est à espérer des résultats des investigations que mènera et mène déjà cette commission. « Les fameuses commissions créées tous azimuts sont des commissions fantoches, des  commissions genres Pognon dans l’affaire Cen-Sad, des commissions créées juste pour blanchir qui on veut et faire tomber quelques têtes pour tromper le peuple », a fait observer l’honorable Yahouédéou le jeudi 15 juillet dernier à l’Assemblée Nationale. Au-delà de ces observations, il faut retenir que ces commissions coûtent cher aux contribuables Béninois pour des résultats très peu objectifs et non exploitables. On aurait pu laisser la justice s’occuper de ce dossier, estiment d’ailleurs certains Béninois qui déplorent le fait que le gouvernement se retrouve juge et partie dans cette affaire.

  

Fin de cavale pour Ludovic Dohou

 

Après plusieurs semaines de cavale, le sieur Ludovic Dohou, Directeur général de Icc-Services, s’est laissé finalement appréhender. Comme ses compères de la pègre Icc-Services, il devra répondre à certaines questions de la commission judiciaire créée par le ministre Pascal Koupaki après avis du conseil des ministres avant de rejoindre ses collègues en prison. Les révélations qu’il fera ne pourront plus malheureusement servir à quelque chose puisque ceux qu’on veut humilier dans ce dossier – Armand Zinzindohoué, Bio Djibril et Georges Constant Amoussou – l’ont été déjà. La preuve est que le Conseiller technique aux affaires politiques du Chef de l’Etat, M. Amos Elègbè a livré le dimanche 18 juillet 2010 sur Golfe TV les présumés coupables Armand Zinzindohoué et  Georges Constant Amoussou à la vindicte du peuple. C’était sans état d’âme.

 

 

Pourquoi on a empêché Zinzindohoué de parler ?

 


Les langues commencent maintenant par se délier au sujet de l’interpellation de l’ancien ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, M. Armand Zinzindohoué. Intervenant le dimanche 18 juillet 2010 dans l’émission dominicale «Questions actuelles» de Golfe TV, le Conseiller technique aux affaires politiques du Président de la République n’a pas eu froid aux yeux pour indiquer que le ministre Armand Zinzindohoué a fait du faux dans l’affaire Icc-Services. Cette sortie médiatique montre à quel point l’interpellation de l’ex-patron des flics du Bénin fait jubiler des gens dans l’entourage du Chef de l’Etat. Cela est bien gênant car on aurait pu laisser  Armand Zinzindohoué aussi parler, surtout au peuple béninois. Comme on sait que ce qu’il dira ébranlera le pouvoir du changement, on a vite fait de le priver de sa liberté, de le bâillonner, malheureusement en violation flagrante des lois de la République. Pour la manifestation de la vérité dans l’affaire Icc-Services et si vraiment on ne se reproche rien, on doit laisser le ministre Armand Zinzindohoué parler. Juste par souci de transparence. C’est de notoriété publique qu’il ne peut pas sortir indemne de ce dossier. Mais cela suffit-il pour le bâillonner comme c’est le cas actuellement ? C’est en tout cas trop facile pour le gouvernement de le priver de sa liberté et de laisser des gens proches du Chef de l’Etat le couvrir de toutes les souillures. Cela ressemble à une manœuvre bien concoctée pour cacher la vérité au peuple. Armand Zinzindohoué n’a pas agi seul. C’est plus que certain même.

 

 

Plusieurs épargnants dans le doute

 

Les opérations de recensement des personnes spoliées dans l’affaire Icc-Services ont démarré depuis le vendredi 16 juillet 2010. C’est par millier que les épargnants se rendent aux guichets ouverts dans les préfectures et dans les communes d’Abomey-Calavi et d’Adjarra pour se faire enregistrer.  Pour ceux qui ont encore sur eux leur livret, le problème ne devrait pas se poser puisque le gouvernement envisage de démarrer les opérations de remboursement en octobre 2010. Mais à l’allure où vont les choses, plusieurs clients de Icc-Services pourraient être laissés pour compte. Nombreux sont-ils à laisser auprès des responsables de Icc-Services leur livret. A eux s’ajoutent ceux dont les contrats ont été annulés et détruits de façon unilatérale par des agents de Icc-Services à la solde de leurs patrons, comme c’est le cas à Ouidah. Cette situation crée déjà le doute dans l’esprit de ces épargnants. Les assurances que donne le gouvernement ne semblent pas les convaincre.

 

 

Les «Vuvuzéla» du changement ont mal tonné

 

La sortie médiatique du Président Adrien Houngbédji le vendredi 16 juillet 2010 au sujet de l’affaire Icc-Services et des autres scandales de l’ère du changement n’est pas restée sans susciter des réactions. Comme on pouvait s’y attendre, cette sortie a engendré des réactions. Amos Elègbè et le Dr Alexandre Hountondji ont occupé l’espace médiatique qu’offre Golfe TV. Le ministre Gérard Kouassi a pour sa part réuni les professionnels des médias à l’Infosec pour une deuxième conférence de presse en une semaine. L’honorable Rachidi Gbadamassi n’était pas du reste. Il a donné de la voix. Comme à ses habitudes, il a plongé le peuple dans une confusion totale. Ce qui est important de retenir est que ces différentes sorties médiatiques n’ont malheureusement rien apporté à la manifestation de la vérité dans l’affaire Icc-Services. Pour certains analystes, ces proches du Président de la République ont tonné comme des «Vuvuzéla» mal fabriqués.

 

 

La presse nationale bâillonnée, la presse internationale pour sauver les meubles

 


La manière dont la presse aborde le dossier relatif à l’affaire Icc-Services n’est pas du goût du gouvernement. Pour gérer à sa guise ce dossier, le gouvernement du Dr Boni Yayi a pris en conseil des ministres une décision mettant en garde la presse. Le ton était si fort qu’on s’est demandé si le Bénin est toujours un Etat démocratique où le droit des populations à avoir accès une information variée est respecté. Heureusement qu’en dehors de la presse nationale, la presse internationale suit avec la plus grande attention ce dossier dans lequel le pouvoir du changement s’est englué sans retenue. Aujourd’hui, Icc-Services sera en gros plan sur Rfi dans l’émission « Appel sur actualité» de Juan Gomez. Ce sera un autre regard (malheureusement piteux) sur le Bénin d’aujourd’hui gouverné par plusieurs banquiers et que des escrocs ont utilisé pour spolier les populations.

 

 

Le peuple meurtri doit sanctionner, selon l’Ong Lca

  

La principale victime de la nébuleuse Icc-Services est bel et bien le peuple béninois. Réduit à la misère, il vient d’être pris dans l’engrenage d’une vaste machine d’escroquerie pilotée par des gens qui ont bénéficié d’une manière ou d’une autre de l’appui du régime en place. Tout en réclamant des acteurs politiques la détente  nécessaire pour ne pas distraire le peuple meurtri, l’Ong Le Citoyen d’Abord (LCA) appelle toutes les Béninoises et tous les Béninois à tenir compte dans les consultations à venir, du «rôle responsable» que les politiciens toute tendance confondue jouent dans la résolution du dossier Icc-Services.

  

Communiqué

  

Le peuple est victime, avec des  complicités au sommet de l’Etat, d’une escroquerie innommable perpétrée par des structures illégales de collecte d’épargne et de placement d’argent. Alors qu’il urge de prendre des mesures idoines pour sortir de leur lamentation les familles dupées, le pouvoir a opté pour des actions encore incertaines. L’opposition, quant à elle, ne propose aucune solution concrète pour sortir les pauvres de cette impasse.


 Le peuple se trouve ainsi orphelin d’un  gouvernement qui n’a pas su le protéger, et d’une classe politique qui a manqué d’attirer son attention sur les risques du placement de fonds dans ces structures incriminées.


L’attitude critique de nos gouvernants et celle du camp qui aspire à les remplacer doivent être un sujet de réflexion pour le peuple tout entier.
Citoyenne, citoyen ! Tu traverses en ce moment des moments difficiles. Tu es exposé à des manipulations de tout genre. L’ONG Le Citoyen d’Abord (LCA) t’invite à la vigilance, à analyser  toutes les actions et déclarations des politiques afin de distinguer les manipulateurs de ceux qui sont sensibles à ta douleur.


En cette veille de l’élection présidentielle et des législatives, LCA demande à chaque électrice et chaque électeur à prendre conscience de sa responsabilité dans l’avenir de ce pays. Cela passe par le choix de dirigeants  soucieux d’un destin meilleur pour le Bénin.


Tout en réclamant des acteurs politiques la détente  nécessaire pour ne pas distraire le peuple meurtri, LCA appelle toutes les Béninoises et tous les Béninois à tenir compte dans les consultations à venir, du «rôle responsable» que les politiciens toute tendance confondue jouent dans la résolution du dossier ICC Services. Il s’agit d’aborder la période post-cinquantenaire de l’indépendance du Bénin avec des leaders capables de faire face aux défis des temps modernes.

 

Le Président
Romain Léandre Kiki

 

 

 

Yahouédéou accuse

 

L’honorable Janvier Yahouédéou est indigné de la manière dont l’affaire Icc-Services est conduite. Pour lui, le risque que l’affaire se noie est grand. C’est en tout cas la substance de la déclaration qu’il a faite  le jeudi 15 juillet dernier au Parlement.


« Le scandale ICC a porté au grand jour le vrai visage du Gouvernement qui nous dirige en ce moment. Le Chef de l’Etat, le Président Boni Yayi est en train de prendre le peuple béninois pour plus bête qu’il ne l’est. Icc-Services  a démarré ses activités il y a quatre ans, et à l’époque M. Marcel de Souza, le beau frère du Président, était le Directeur national de la Bceao. Qu’est-ce qu’il a fait pour faire suspendre Icc ? … Le Président Boni Yayi lui-même, ce n’est pas lui qui a autorisé ? Est-ce que vous savez qu’Icc-Services a un agrément signé par l’administration béninoise sur instruction du Chef de l’Etat, suite à une audience accordée au Pdg de Icc ?  Et ils viennent nous dire aujourd’hui qu’ils ne sont pas au courant ? Que le Chef de l’Etat vienne expliquer au peuple béninois là où ils trouvent  autant d’argent pour organiser des marches. Où il a trouvé  l’argent pour financer à 400 cent millions, la marche populaire qu’il y a eu pour soutenir ses ordonnances du 26 Juin 2010 ? Monsieur le Président, Chers Collègues, les fameuses commissions créées tous azimuts  sont des commissions fantoches, des commissions genre Pognon au moment du dossier Cen-Sad, des commissions créées juste pour  blanchir qui on veut et faire tomber quelques têtes pour tromper le peuple. Savez-vous Monsieur le Président, qu’il y a certains membres de cette commission qui sont totalement empêtrés  dans le dossier ICC ?  Est-ce que vous avez appris Monsieur le Président, que des dossiers des épargnants sont volés la nuit, et jetés ? Comment est-ce qu’on pourra faire ces recoupements là ?

 
Monsieur le président, un peuple qui oublie les erreurs du passé, est un peuple qui est appelé à les répéter ! Et l’histoire est en train de bégayer au Bénin. Rappelez-vous du scandale  »Kovacs », une affaire dans laquelle le Capitaine Janvier Assogba a découvert  qu’il y avait corruption au sommet de l’Etat à la veille du 26 octobre 1972. Voulant le dire, il y a eu tellement de remue ménage qu’il a été coffré sous prétexte qu’il voulait faire un coup d’Etat. Et nous avions vu une Commission d’enquête spéciale mise en place pour étudier le dossier. Cette commission a donné quoi comme résultats ? L’arrestation de Janvier Assogba pour dix ans de prison et l’affaire Kovacs étouffée pour blanchir qui on sait. Ces commissions que nous sommes en train de voir naître devant nous, intelligents que nous sommes, sont en réalité des commissions chargées de protéger qui de droit. Le Président Yayi ne devrait pas piloter ce dossier. Si c’était même possible, il devrait être écouté aussi et gardé à vue. C’est pour empêcher centaines personnes de parler qu’on les fait arrêter, pour les bâillonner. J’ai rendu visite hier au Ministre  Zinzindohoué !  Je l’ai écouté ;  j’ai rendu visite au Procureur Général de République ; je l’ai écouté. D’abord du point de vue de la  procédure, si je prends le cas du Procureur Général de la République, il ne revient pas à une commission de l’écouter ! Le dossier doit être transmis à la Cour Suprême qui instruit. Mais on est où ? On est dans une République démocratique ou pas ? De toutes les façons, complice ou pas,  coupable ou pas, le chef de l’Etat Boni Yayi est responsable de ce qui nous arrive. Et au vu du désastre économique, nos femmes des marchés ont mis leur argent dedans, leurs capitaux. Il y a une El Hadja qui n’allait plus au marché. On la questionne, « tu n’es pas allée au marché aujourd’hui ? » Et à chaque fois, elle répondait « Plus rien ne va au marché » ; Une autre fois  »El Hadja tu ne vas plus au marché ? » Elle brouille encore les cartes en répondant, « c’est parce que je suis fatiguée », maintenant  que le scandale ICC éclate, El Hadja se met à se lamenter et avoue  «J’avais placé tout mon argent dans Icc-Services ». Tout le système économique béninois s’effondre avec l’épargne populaire évaporée. Moi je pense qu’avec ce qui s’est passé, le Président Boni Yayi ne peut plus diriger ce pays. Il a montré ses limites et il a l’obligation, conformément à la constitution, conformément au serment qu’il a prêté, puisqu’il a l’obligation de protéger les citoyens, il doit tout simplement  démissionner.
Monsieur le Président je vous remercie ».

 

 

Dossier réalisé par Affissou Anonrin

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Mardi 20 juillet 2010 2 20 /07 /Juil /2010 15:08

19-07-2010

 

Rapport sur la situation générale des prisons et des détenus au Bénin

  

Écrit par Edgard ZINSOU

  

Le rapport du Médiateur de la République, remis vendredi dernier au chef de l’Etat, était assorti d’un autre rapport, celui relatif à la condition pénitentiaire au Bénin. Nous publions ci-après un large extrait du document qui retrace la situation des différentes prisons et maisons d’arrêt visitées par l’expert commis à la tâche, le magistrat Joseph Gnonlonfoun, ancien ministre de la Justice.

 

1) Maison d’arrêt de Cotonou


a) – Quartier général


L’effectif carcéral de la prison à la date du 4 juin 2010 est de 2094 pour une maison d’arrêt qui est prévue pour prendre 300 personnes. A la suite d’un transfert des condamnés à la prison d’Akpro-Missérété, l’effectif qui était de 2500 détenus est revenu au chiffre précédent. Les détenus sont répartis dans 14 dortoirs. Certains dortoirs sont affectés à de hautes personnalités et un, aux prisonniers atteints de maladie contagieuse. Le reste des prisonniers est de 300 par dortoir dont la capacité est normalement de 40 places. Ce surpeuplement oblige des prisonniers à se coucher à tour de rôle, ou à dormir accroupis, ou à ne dormir que le jour. Dans la grande cour existe un endroit dénommé « ghetto » qui a besoin de connaître un large assainissement.

  

La congestion de la maison d’arrêt de Cotonou est en réalité due à la pléthore d’inculpés et de prévenus qui sont 1838 alors que les condamnés après transferts à Akpro-Missérété sont de 156. Le ratio condamnés/inculpés et prévenus qui est de 1/11 est trop important pour que l’attention ne soit pas appelée là-dessus. Il a été signalé également que la durée de détention préventive est parfois trop longue : entre 3, 5, 7 ans et même, pour un cas, 11 ans alors que des personnes dont le maximum de la peine est de 3 ou 5 ans passent plus d’un an ou deux ans ou peut-être même plus en détention préventive. Il y a des dossiers qui sont perdus, ce qui maintient en détention des personnes qui ne méritent pas d’y être. On a noté que certains individus après leur inculpation restent plusieurs mois ou années sans le premier interrogatoire au fond.

  

Les détenus sont nourris deux fois par jour : midi et soir. Mais la ration alimentaire n’est ni riche ni variée parce que l’Etat reste devoir d’importantes sommes aux restaurateurs.

Le problème qui se pose au niveau de la prison civile de Cotonou pour les prestataires a été relevé dans toutes les prisons. Ils ne sont pas payés à temps. Depuis trois ans, les prestataires qui nourrissent les prisonniers ne sont pas rétribués et pourtant, l’administration continue de leur demander d’entretenir les détenus.

Le personnel pénitentiaire prévu pour la sécurité est de 80 agents dont 50 gendarmes et 30 militaires pour le renfort externe et la tenue des miradors. Mais seule la moitié de ce personnel est mise à disposition. Ce déficit amène à recourir à une quarantaine de détenus de différentes spécialités (secrétariat, informatique) pour y suppléer. C’est d’ailleurs eux qui font fonctionner le greffe où il n’y a qu’un greffier.

La prison de Cotonou est vétuste et tous les équipements (électricité, plomberie) sont frappés d’obsolescence. Dans cette prison, il est certain que les détenus meurent en cas de délestage, dans les dortoirs par étouffement.

 

b) – Quartier des femmes


La cour est étroite. En saison des pluies, il y a inondation ; en saison sèche, il y a grande sécheresse. Sur l’autorisation de leurs responsables et toujours en compagnie du capitaine Régisseur, j’ai eu à visiter un de leurs dortoirs. Il leur manque des lits même si ce sont des lits superposés, car pour des femmes d’un certain âge, c’est toujours délicat de se retrouver à 10 ou 20 dans des salles d’autant que certaines ne sont pas habituées à vivre ensemble. L’exiguïté des dortoirs nécessite des brasseurs d’air.

 

c) – Quartier des mineurs


La cour est assez spacieuse. Ces jeunes sont bien habillés et en chemise blanche. Il faut dire que le régisseur a prévu des habits distinctifs selon les catégories de prisonniers. Certains sont en jaune, d’autres en bleu et les mineurs sont en chemise blanche. Ils reçoivent des cours d’alphabétisation. Deux cas méritent attention : un qui a son BEPC et allait passer en classe de seconde ; un autre avec son BEPC était en seconde quand il a commis son infraction.

 

 

2) Maison d’arrêt de Porto-Novo

 

L’effectif total de la prison à la date du 13 juin 2010 est de 373 détenus dont 313 hommes, 42 femmes et 18 mineurs. Les inculpés et les prévenus sont au nombre de 283 pour 90 condamnés. Ici aussi, le ratio condamnés/inculpés et prévenus qui est de 1/3 est trop élevé pour une prison à l’origine prévue pour une capacité de 250 personnes.
La cour est dans un état avancé de dégradation avec au milieu un trou dans lequel on dépose des ordures et détritus. Les fosses septiques ne sont pas vidées d’où odeur nauséabonde. Les dortoirs : 10 pour hommes, 4 pour femmes et un pour les mineurs sont exigus. Evidemment avec si peu de dortoirs, les inculpés, prévenus et condamnés vivent ensemble.
Malgré le transfert de 571 condamnés et inculpés à la prison d’Akpro-Missérété et vu l’état de délabrement de la prison civile de Porto-Novo, et compte tenu de l’exiguïté des lieux, cet établissement ne devrait contenir que des inculpés et prévenus pour faciliter leurs déferements au tribunal.

Ainsi, des dortoirs pourraient être libérés pour accueillir les femmes et les mineurs qui sont dans des réduits ou pour installer des ateliers.
En tout état de cause, il y a nécessité d’un profond assainissement de la prison civile de Porto-Novo qui en banco a subi beaucoup de replâtrages.

 

3) Prison Civile de Ouidah

 


La caractéristique première de la prison de Ouidah c’est qu’elle n’est pas entièrement clôturée. Son effectif est, à la date du 17 juin 2010, de 308 détenus. Il semble que ce chiffre ait été obtenu grâce à la nouvelle équipe du parquet de Ouidah qui a décidé de nettoyer un peu la prison en accélérant l’étude des dossiers. Ainsi à Ouidah le ratio inculpé et prévenu/condamnés est de 2 avec quelques détentions de très longue durée : 11 ans (association de malfaiteurs, vol qualifié ou bien depuis 13 mois on a posé l’inculpation, pas d’interrogatoire au fond ; ou 6 ans à l’instruction pour viol… pour des infractions commises en dehors de la juridiction.

Si les sept (7) dortoirs des hommes (condamnés et inculpés) sont chargés les deux (2) des femmes sont acceptables de même que celui (1) des mineurs. Mais la vétusté est le grave problème de cette prison. L’assainissement de l’établissement est nécessaire.

La caractéristique aussi de Ouidah est que la prison dispose de deux ateliers de taillerie et de coiffure qui marchent à l’intérieur. D’autres bâtiments en dehors de la grande cour peuvent abriter un atelier de menuiserie. Mais du fait de la non finition de la clôture on ne peut y faire travailler des détenus. Beaucoup de prisonniers comme dans toutes les autres maisons d’arrêt, sont rassemblés dans la cour et vivent dans un parfait désœuvrement. J’ai tenu une séance de travail avec les responsables prisonniers de cour, et de dortoirs (hommes, femmes et mineurs). Ils déplorent eux-mêmes leur nombre élevé dans un espace réduit ; ils n’ont pas de produits d’entretien (savon, crésyl…). Ils sont obligés de se cotiser pour acquérir ces produits, ce qui provoque des vols à l’interne.

 

A Ouidah il y a un malade mental, et une femme psychologiquement perturbée.

L’un et l’autre devraient être dans un asile. Les responsables ont été obligés pour l’homme de l’enfermer dans une cellule à part en attendant que le juge prenne une ordonnance à cet effet.


4) Maison d’Arrêt de Lokossa


La maison d’arrêt de Lokossa fait partie de celles qui ont été construites ces 15 dernières années ; elles sont de petites capacités et elles ont été érigées sur une grande superficie sur laquelle on peut installer des ateliers, un verger et des jardins. Mais elle n’est pas clôturée. Lokossa abrite 479 détenus pour une capacité initiale de 150 personnes à la date du 17 juin 2010. On y dénombre 31 prévenus, 286 inculpés dans les cabinets d’instruction et 162 condamnés. Le ratio prévenu, inculpé et condamné est ici aussi un peu élevé.
Le bâtiment n’est pas vétuste. Mais le sureffectif est important au niveau des hommes ; ce qui fait que dans la journée tous s’entassent dans une cour extrêmement réduite.
La quinzaine de femmes inculpés et condamnés se meuvent dans un petit espace qui pourrait être élargi mais du fait de la configuration des lieux ce vœu qu’elles ont exprimés ne semble pas réalisable. On y dénombre une femme psychologiquement perturbée qui n’a pas sa place en ces lieux.

En ce qui concerne les mineurs, ils sont peu nombreux et ils ont un dortoir pour eux. Au milieu de ce groupe il y a un mineur malade mental qui revient de Jacquot.
Une machine à coudre est dans leur cour avec un maître tailleur détenu qui était en action pendant l’une des deux visites effectuées.

En réalité la prison de Lokossa, au bénéfice de certains aménagements, et de la réduction drastique de l’effectif pourrait être une maison d’arrêt modèle, car elle est à visage humain et si l’espace est bien clôturé, les détenus qui sont pour la plupart des ruraux peuvent entreprendre des travaux champêtres et même entretenir un verger, un petit modèle étant en expérimentation.

Alors que dans la plupart des maisons d’arrêt le personnel gendarme est renforcé par des militaires, à Lokossa aucun renfort militaire n’a été fourni alors que la prison couvre une superficie ouverte de plusieurs hectares.

 

5) Prison Civile de Parakou

 


Le logement des employés noirs des TP de 1939 a été érigé, suite à quelques aménagements, en prison civile en 1958. Je l’avais visitée il y a une dizaine d’années, elle n’était pas clôturée ; lors de ma visite la partie ouest était encore en travaux, ce qui fait qu’il n’existe pas de grande cour à la prison de Parakou parce qu’elle est ouverte.
La prison de Parakou largement ouverte avec un grand portail alors que l’on peut y accéder du côté ouest aujourd’hui fermé.

Dans la cour intérieure particulièrement insalubre s’entassent les détenus. Il n’y a pas de parloir. Le personnel n’a même pas de résidence à l’intérieur. Si l’on sait que la prison de Parakou couvre une large superficie et la commune de Tchaourou qui est la plus vaste commune du Bénin et que le département longe les frontières du Nord du Nigéria, il y a nécessité de prévoir une autre maison d’arrêt dans la région.

Lors de cette visite il y avait :
- Hommes : 622 ;
- Femmes : 18 ;
- Mineurs : 9, tous à l’instruction.
Sur ce chiffre 161 sont des condamnés. Ceux qui restent sont à l’instruction ou sont des prévenus.

La prison dispose de 9 bâtiments-dortoirs dont un pour mineur et un pour les femmes. Du fait de l’exiguïté des dortoirs 250 détenus en bonne saison dorment dans la cour intérieure de la prison.

Au niveau des femmes il a été signalé le cas d’une dame dont l’affaire dure depuis 10 ans. Les responsables (infirmier) ont attiré mon attention sur la situation de certaines personnes qu’ils disent psychotiques surtout au niveau des femmes dont certaines sont repliées sur elles-mêmes.

Les mineurs ont leur bâtiment à part et il y a un centre pour l’alphabétisation.

 

6) Prison Civile d’Abomey

 


La Maison d’Arrêt d’Abomey est bien vétuste. Elle est la plus insalubre de nos maisons d’arrêt. Je n’ai jamais vu un établissement pénitentiaire d’un tel délabrement.
La prison civile d’Abomey est construite en banco en 1950.
N’étant pas clôturée entièrement, elle ne présente aucune garantie de sécurité. Sa partie sud fait directement limite avec la rue. La prison est située sur une côte, ce qui fait qu’il y a pénurie d’eau de novembre à mars
quand la SONEB n’assure plus l’approvisionnement.


L’effectif est de 1203 pensionnaires à la date du 8 juin 2010 dont :

- Condamnés : 119 dont 9 femmes ;
- Inculpés : 707 dont 84 femmes ;
- Prévenus : 345 dont 14 femmes ;
- Mineurs 32 dont 3 filles dorment dans les mêmes dortoirs que les femmes.
Tous les bâtiments coulent malgré les replâtrages. La prison dispose de 12 dortoirs dont deux pour les femmes et un pour mineurs. La prison devrait contenir 150 à 200 personnes au maximum. L’exiguïté actuelle des locaux fait que, aussi bien chez les femmes, que chez les hommes et chez les mineurs ils passent leurs journées dans une totale oisiveté dans leurs cours respectives dans une promiscuité.

Selon mes informations il s’y développe l’homosexualité ; il semble que des femmes aient été violées durant leur détention.

Les 8 gendarmes dont le régisseur qui assurent la sécurité des hommes et des biens sont secondés par 16 militaires, un greffier et une infirmière. Comme l’ont fait remarquer certains responsables de la prison, ici l’espèce humaine n’est pas bien traitée. En réalité la Prison civile d’Abomey devrait être rasée car l’assainissement ne règlerait pas le problème. Un établissement serait en cour de construction.

 

7) Prison Civile d’Akpro-Missérété


A) Généralités


La prison civile d’Akpro-Missérété, ouverte il y a trois ans est d’une capacité théorique de 1000 détenus. Elle était conçue à l’origine pour être un établissement de haute sécurité pour n’abriter que des condamnés à des peines de longue durée. C’est pour cette raison qu’elle dispose d’une ferme d’un hectare non mise en valeur pour défaut de mesure de sécurité et défaut de personnel d’encadrement. Prison de haute sécurité dont les murs sont élevés mais dont l’espace aérien est largement ouvert et capable de recevoir même un hélicoptère, car la cour intérieure est très vaste, ce qui, pour l’harmonisation de la prison elle-même, est une bonne chose.

La prison Civile d’Akpro-Missérété étant une maison qui reçoit des prisonniers transférés d’ailleurs devrait recevoir sur chacun un dossier d’identité, un dossier pénal et un dossier permettant de localiser les parents dans l’espace et dans le temps.


B) Effectif


L’effectif de la prison est de 967 détenus :
- Condamnés : 534 dont 8 du Tribunal Pénal International pour le RWANDA ;
- Inculpés : 433.

Tous les détenus, (il n’y a ni femme, ni mineur) ont été transférés, pour la plupart, de Porto-Novo et quelques-uns des autres prisons. Comme précisé plus haut il ne devrait pas avoir d’inculpés, car les juges d’instruction auraient du mal à poursuivre leur information. Dix nationalités étrangères sont représentées à Akpro-Missérété dont la plus importante est nigériane (73).

Parmi les condamnés béninois on dénombre 14 condamnés à mort qui sont logés à part. Ils étaient 16 et deux sont décédés. Les condamnés du TPIR étaient 9, un est mort et son corps a été rapatrié il y a quelques semaines.

La prison dispose de 32 dortoirs dont certains sont sans serrure, et de 23 cabines individuelles réservées prioritairement aux pensionnaires du TPIR.

 

Seize gendarmes et 8 militaires assurent la sécurité de la prison.


Pour le moment, la prison civile d’Akpro-Missérété semble être la plus humaine.


8) Prison Civile de KANDIJe n’ai pas eu à visiter la prison civile de Kandi que je connais. Elle fait partie des trois nouveaux établissements construits il y a quelques années grâce à la coopération française. Donc il n’y a pas de problème de vétusté.
Suite au questionnaire adressé au régisseur grâce à la bonté du Procureur Général près la Cour d’Appel de Parakou, j’ai obtenu les informations qu’il me fallait pour la rédaction du présent rapport.

 

A la date du 14 juin 2010 la prison de Kandi abrite 372 détenus dont 119 condamnés, les 253 restants sont ou des prévenus ou des inculpés. Ici aussi le rapport est trop important pour que l’attention ne soit pas appelée là-dessus.

Bien que de construction récente, la prison de Kandi présente des défectuosités qui provoquent, en temps de pluies des suintements, ce qui n’est pas nouveau.
La prison civile de Kandi est devenue trop petite pour les détenus qu’elle abrite, car sa capacité initiale ne devrait pas dépasser 200 personnes, d’autant qu’en saison sèche, ces détenus courent des risques de méningite à cause de l’intensité de la chaleur.
Elle a besoin d’être élargie face à la situation actuelle.

 

9) Prison Civile de Natitingou


Transférée d’un bâtiment délabré de l’enceinte du marché de Natitingou dans un nouvel établissement construit sur financement français il y a une dizaine d’années, la prison civile de Natitingou fait partie des bâtiments relativement neufs. Suite au questionnaire reçu par le régisseur que je lui ai fait transmettre par le Procureur général près la Cour d’Appel de Parakou, j’ai pu être informé de nouveau de l’opinion que j’avais de cette prison lors de ma visite d’il y a cinq ans.

La prison de Natitingou compte 463 prisonniers dont 17 femmes et 14 mineurs. Les inculpés sont au nombre de 306 dont 13 femmes et 14 mineurs. Ils sont répartis dans 6 dortoirs dont un pour femme, et un pour mineurs.

La caractéristique de ces prisons construites il y a quelques années sur les fonds de la Coopération Française, c’est qu’elle n’ait pas de clôture extérieure, ce qui fait qu’il est impossible que les prisonniers se livrent ici à des activités de jardinages dans la cour extérieure.

Par ailleurs, bien que l’établissement soit récent, il y a des lézardes dans les murs et la dalle coule en temps de pluie.

 

10) Centre de Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence d’Agblangandan


Il s’agit de l’ancien central national de Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence qui, depuis la décentralisation vers Aplahoué et Parakou, a perdu son caractère national. Mais il a la caractéristique d’être un internat où séjournent 19 pensionnaires mineurs. Ils ne sont admis que sur ordonnance d’un juge des mineurs ou d’un juge d’instruction statuant en qualité de juge des mineurs. Mais des mineurs en danger moral y séjournent envoyés par des Organisations Non Gouvernementales du secteur de l’enfance. Le cadre de vie semble agréable. L’espace y est pour des jeux ; mais les anciens ateliers : menuiserie et taillerie… ne fonctionnent plus. Des Organisations Non Gouvernementales aident à alphabétiser les jeunes. Mais les dortoirs commencent à pâtir de la dureté du temps. Ce centre a besoin d’une nouvelle vie. Du fait de la disparité du niveau des pensionnaires, il y a nécessité d’une équipe de surveillants et d’éducateurs spécialisés pour la protection de ces jeunes, qu’ils soient dans le centre ou suivis en milieu ouvert. Il importe que l’éducation et la formation de ces mineurs dont le plus jeune a 8 ans environ privilégient la prise en charge personnelle et assistée pour éviter la récidive.



Le personnel médical est simplement réduit à des infirmiers qui se relaient sans le soutien d’aucun médecin alors que pour cet effectif, la prison devrait être dotée d’au moins un médecin.

  

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