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Nucléaire irannien : la filière africaine [Numéro 70 du 22 mars 2007 - 2]

 

Le Gri-Gri sur le PAF (multimedias - voir ci-dessous)

Nucléaire iranien : la filière africaine

Depuis quelques mois, les ultraconservateurs au pouvoir à Washington n’ont qu’une obsession : bombarder l’Iran pour contrarier les projets d’acquisition de l’arme atomique des mollah. « Toutes les options sont sur la table », rappelle Dick Cheney, l’homme le plus dangereux du monde avant la marionnette Georges Bush. Dans cette guerre, devenue quasiment inévitable, compte tenu de la détermination de Mahmoud Ahmadinejad à conduire jusqu’à son terme le processus de nucléarisation de son pays, trois présidents africains font figure de très probables victimes collatérales. Dans le désordre, ce tiercé de veinards a pour noms, Mamadou Tandja (Niger), Joseph Kabila (RDC), Omar Bongo (Gabon). Leur tort ? A la tête de pays producteurs d’uranium, ils sont suspectés de vendre sous le boubou cette précieuse matière première à l’Iran. Info, intox ou fantasme, une chose est certaine : les « faucons » qui trônent à la Maison Blanche ont décidé d’« atomiser » le plus de monde possible. A la fois pour faire diversion sur l’échec américain en Irak, et rompre le lien entre Téhéran et cette Afrique de tous les trafics. En 2003, pour justifier leur entrée en guerre contre l’Irak, les dirigeants américains n’avaient pas hésité à falsifier des documents selon lesquels le régime de Saddam Hussein avait acheté du Yellow Cake (précipité chimique contenant environ 75 % d’uranium) au Niger en vue de fabriquer une bombe atomique. L’ex-ambassadeur US au Gabon et au Niger, Joseph Wilson IV, a démonté la supercherie. En représailles, le camp présidentiel a divulgué le statut d’agent secret de son épouse. Coïncidence troublante : le 6 mars dernier, alors que l’ancien directeur de cabinet de Cheney, Lewis « Scooter » Libby était condamné par la justice de son pays pour des charges en rapport avec la foireuse opération Yellow Cake du Niger, le Congolais Fortunat Lumu, Commissaire à l’énergie atomique de la RDC, se faisait arrêter à Kinshasa.

« Nous sommes en 1974. La France vient de signer l’accord Eurodif, dans le cadre duquel il est prévu de livrer de l’uranium à l’Iran (…) Une fois l’uranium extrait de la mine par la COMUF, il est enrichi au CIRMF. Ensuite, il faut l’acheminer vers sa destination (…) L’uranium n’a plus qu’à embarquer, dans un avion ou un bateau, et à rejoindre le pays client de la France. » En l’occurrence l’Iran…

Selon le Procureur Tshimanga Mukeba, il est accusé d’« orchestrer des contrats illicites pour produire et vendre de l’uranium ». A qui ? A la Corée du Nord dont quelques ingénieurs avaient – de manière avérée – séjourné au Congo en 1999 ? Non ! D’après le Sunday Times et une bonne partie de la presse occidentale, la destination finale de cette contrebande est Téhéran. Les mêmes vieilles ficelles ! En ce début du mois de mars, Paul Wolfowitz, président de la Banque mondiale et grand ami de Bush, séjournait à Kinshasa. Ce n’était qu’une autre coïncidence. A la place de Joseph Kabila, on s’inquiéterait… Troisième cible des cow-boys américains, le Mollah Omar B. Le doyen des chefs d’Etat africains paierait, en réalité, le prix de sa servilité vis-à-vis de la France. Le Gabon ayant, depuis une décennie environ, épuisé ses réserves et fermé les mines de COMUF (Compagnie minière d’uranium de Franceville, NDLR), dans le Sud-Est, il ne saurait être accusé de commercialiser un produit qu’il n’a plus. Toutefois, selon nos informations, les Yankees s’appuieraient sur une certaine littérature et des rapports de la CIA pour mouiller le Mollah. Entre autres thèses, il y a celle développée par Dominique Lorentz dans un livre-choc, « Une guerre ». Dans son enquête, la journaliste pointe le CIRMF (Centre international de recherches médical de Franceville) comme cache-sexe utilisé par la France en vue d’enrichir l’uranium destiné à honorer un contrat passé avec l’Iran. « Nous sommes en 1974. La France vient de signer l’accord Eurodif, dans le cadre duquel il est prévu de livrer de l’uranium à l’Iran (…) Une fois l’uranium extrait de la mine par la COMUF, il est enrichi au CIRMF. Ensuite, il faut l’acheminer vers sa destination (…) L’uranium n’a plus qu’à embarquer, dans un avion ou un bateau, et à rejoindre le pays client de la France. » En l’occurrence l’Iran…Une affaire à suivre, le pire étant devant nous ! Chaka Hama Zulu

 

 

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Tag(s) : #Politique Internationale
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