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Je ne vais pas avoir la prétention de chiffrer la responsabilité de la France, car pour parvenir à un tel résultat, il faudrait opérer un travail minutieux porté sur l'ensemble des données économiques depuis 1948, date de la création du franc CFA, voire même plus tôt, entre les 2 guerres mondiales.

Mais pour en revenir au Franc CFA, je dirais que c'est à mon sens le plus gros scandale de la 5e république qui est connu et maintenu par tous les présidents qui se sont succédés à la tête de la "métropole".

Son principe est simple. Etabli officiellement en 1948, le franc CFA a d'emblée été arrimé au Franc Français (FF) avec une parité fixe, pour éviter les risques de change.
La manoeuvre visait principalement à sécuriser les approvisionnements en matières premières de la France, mais plus encore - et c'est là que le scandale se fait le plus fort - chacun des pays Africains des Zones Franc (PAZF), à savoir l'UEMOA (Afrique de l'Ouest) et la CEMAC (Afrique Centrale) s'est vu ouvrir un compte d'opérations auprès du ... Trésor Public de France, un organe lié au Ministère des finances, et même pas à la Banque de France.

Le compte d'opérations, à l'image d'un vulgaire compte bancaire, reçoit toutes les réserves monétaires des PAZF, qui sont essentiellement générées par les importations. Le PAZF qui vend à l'extérieur passe par la France (exportation), idem quand il est question d'acheter (importation), car celle-ci soit crédite le compte du fruit de la vente en FF (actuellement Euro), soit le débite pour les importations.
Et au nom du risque de change encouru par la "métropole", qui assumerait seule la pérénité du fameux CFA, la France a jusqu'en 2005, retenu 65% des réserves disponibles sur les comptes d'opération de tous les PAZF!!!
Or prendre 65% des réserves c'est priver de manière considérable ces pays de moyens pour mener à bien une quelconque politique intérieure. Depuis 2005 ce taux de prélèvement est descendu à 50%...

Qui plus est, la dévaluation du CFA unilatéralement décidée par la France en Janvier 1994 (gouvernement Balladur, avec Sarkozy à l'Economie), est survenue simplement parce que les comptes d'opérations étaient débiteurs, et pesaient donc sur la France.
En dévaluant le CFA de moitié, la France parvenait d'un coup à réduire d'autant le découvert sur les fameux comptes.

Du coup, le discours français sur l'aide au développement, ou sur la lutte contre la pauvreté dans des pays qui voient leurs citoyens immigrer, ne peut être crédible tant que la France maintient son total contrôle sur la monnaie CFA. Et parce que tout se décide à Paris, aucune des banques des 2 zones monétaires CFA n'a de marge sur les politiques monétaires locales.
Par exemple, le simple crédit privé, que ce soit pour les entreprises ou pour les ménages, n'existe pas ou très peu dans les PAZF!!!! Le taux d'intérêt auquel tout contribuable est généralement sensible dans son pays, est inconnu dans les PAZF. En tout cas quand bien même il existerait, ce taux d'intérêt resterait très élevé et prohibitif.

Le taux de parité fixe a aussi encouragé l'évasion des devises, et les entreprises françaises qui font des affaires dans les PAZF n'ont que plus de facilités à rappatrier leurs profits, de la même manière que certains dirigeants soucieux de leur seul ventre, vers des comptes étrangers.
Le CFA qui a souvent pâtit de son arrimage à des monnaies de référence fortes (hier le FF et aujourd'hui l'euro), pénalise aussi les marchés africains en les rendant d'office moins concurrentiels que les autres sud-américains ou asiatiques, sans tenir compte de la qualité de la main d'oeuvre éventuelle.

Et enfin avec une orientation à l'export de matières brutes, l'impossibilité de jouer sur les leviers habituels qui favorisent la consommation ou l'investissement local, un budget souvent greffé par le poids de la dette, les économies des PAZF restent sinistrées avec un taux d'industrialisation très faible. D'où le paradoxe des PPTE qui doivent tout importer faute de pouvoir produire localement.

Bref, la France a créé sur ses anciens territoires coloniaux africains (AEF et AOF), deux zones monétaires alors que les économies des pays concernés n'avaient nulle autre convergence que celle de fournir la métropôle en pétrole (Congo, Gabon), Uranium (Niger), Banane, Bois (Cameroun), Cacao, Café (Cote-d'ivoire, Cameroun), Coton, Arachide (Burkina Faso, Mali)... Or quand on voit comment le passage à l'euro s'est fait, avec des restrictions à 11 pays seulement, des critères de convergence stricts (le fameux déficit public annuel inférieur à 3%), et surtout des systèmes économiques similaires (sécurité sociale, TVA, salaire minimum, assurances maladie, etc.), on se demande comment une abbération telle que les zones CFA a pu être aussi longtemps entrenue sans mot dire, y compris chez les grandes institutions "financières" de ce monde!!!!

Bref, l'enjeu est à la hauteur même du discours du nouveau président, Nicolas Sarkozy!!! Il prône l'immigration choisie! Eh bien, que les citoyens des PAZF en réponse, réclament l'officialisation de leur intégration à la France, car celle-ci assure à la fois l'administration économique, influe sur le pouvoir politique et militaire, et rayonne de sa culture à travers la langue et même le code civil locaux.
Ce ne serait jamais qu'une restitution de la réalité qui a prévalu jusqu'en 1960, date présumée des "indépendances" des PAZF, avec la citoyenneté française étendue aux habitants des colonies de l'époque.
Or vu que la monnaie et l'ingérence politique entre 1948 et 1960 d'une part, et depuis 1960 jusqu'à ce jour d'autre part, sont du même accabit, il y a moyen de faire le chantage à la citoyenneté!!!

Et si la France ne veut pas de ces africains qu'elle a contribué à appauvrir, qu'elle commence par démenteler la monnaie de la honte qu'elle a créée, en faisant plus fort que les Anglais qui jamais n'ont ainsi procédé dans leur ancien empire colonial!!!
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Après le barbarisme, le christianisme, l'esclavagisme, le colonialisme, le communisme, le capitalisme, l'islamisme et le mondialisme, l'heure du culturalisme arrivera bientôt...
Les notions d'exception et de diversité culturelles sont déjà en place, et nul doute que pour la suite de ce mouvement, l'Afrique aura beaucoup à apporter au Monde.
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Tag(s) : #Politique Africaine
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