Taux élevé d’échec à l’université d’Abomey-Calavi:Les conditions qui entravent l’émergence de l’étudiant béninois [11 juillet 2007]Le taux d’échec à l’université d’Abomey-Calavi (Uac) devient de plus en plus croissant et entraîne du coup la démission d’une centaine d’étudiants par an. 60 à 65% d’échec sont enregistrés chaque année à l’Uac. Cet état de choses mérite une attention particulière quand bien même cela n’êmpêche pas la forte incription des bacheliers. ... Jacques est étudiant en deuxième année d’Anglais et pourtant il a déjà passé cinq années à l’université d’Abomey-Calavi. Conséquence il a connu deux échecs successifs en sociologie. Il est actuellement dans la section de la géographie suite à une réinscription par dérogation. Il n’est pas le seul dans le cas ; les investigations ont prouvé que ces cas sont légions et généralement ils démissionnent ou vont se réfugier en Anglais ou en Géographie parce qu’ils estiment que là-bas les conditions de passage sont plus ou moins favorables. Sur 1776 étudiants inscrits en 2005 en première année de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg), seuls 334 ont passé en année supérieure soit un taux de redoublement de 78 %. L’année suivante, d’aucuns ont abandonné et d’autres ont changé d’inscription. Pour le vice-doyen de la Faculté des lettres arts et sciences humaines (Flash), le professeur Christophe Housou, ces échecs sont dus au bas niveau des bacheliers, car a–t-il ajouté, beaucoup s’inscrivent à l’université après le Bac juste pour obtenir des allocations universitaires. Le vice-recteur chargé des affaires académiques, Antoine Vianou renchérit pour signifier que beaucoup viennent jouer à la loterie ou en promenade à l’Uac. « Le taux d’échec monte de manière vertigineuse et le pourcentage d’échec oscille entre 60 et 65% surtout dans les facultés où le phénomène est grandissant » a ajouté le vice-recteur. Il ressort par ailleurs selon certaines sources que la médiocrité gagne du terrain et les méthodes obscures de réussite s’amplifient dans certaines facultés. Sinon comment comprendre que des étudiants fassent cinq ans sur le campus alors qu’ils soient encore en première ou en deuxième année d’études. Aussi faut-il marteler qu’après démission, certains étudiants regagnent les écoles de Bts et d’autres même préfèrent claquer la porte du haut lieu de savoir à la faveur d’autres activités lucratives. Elisabeth Chabi vendeuse de fournitures scolaires a déploré les conditions d’études à l’Uac, lesquelles l’ont contraint à abandonner les cours après bien trois années de perte en première année de Droit. Causes des échecs Les causes de ces échecs sont multiples et multiformes et les responsabilités sont partagées, à en croire Mme Elisabeth Hadonou, chef département de la section allemande à l’Uac. Etudiants, enseignants et parfois les parents d’étudiants ont chacun une part dans cette hécatombe d’échec qui sans cesse réduit le goût des études chez l’étudiant béninois. En effet, la double inscription, la mauvaise orientation après le premier diplôme universitaire, le cumul des cours, la démission de certains parents et les dures conditions d’études à l’Uac sont, selon le vice-recteur Antoine Vianou, autant de raisons qui occasionnent ce déboire académique. Par ailleurs, certains étudiants optant pour une connaissance multidimensionnelle à travers la double inscription, ne possèdent pas souvent les capacités requises. « Pourtant certains sont à la hauteur et tiennent jusqu’au bout », a déclaré tout fier Jonce Riquer, étudiant en Sj4/ et Philo4 qui durant les quatre ans a su bien tenir. Par ailleurs, le cumul des cours pour les apprendre aux derniers moments des examens en est l’une des causes selon Aziz Fondo, l’un des responsables des étudiants. Ce que l’on peut reprocher à certains parents dans ces échecs, c’est la fuite de responsabilité : « Les parents se disent souvent qu’après le Bac, l’étudiant est supposé mature de se prendre en charge », a laissé entendre timidement un étudiant victime de cette démission des parents. Les professeurs eux, a-t-on appris, ne parviennent pas à corriger la totalité des copies de composition et attribuent les notes de façon fantaisiste. A tout ceci s’ajoute le vieillissement du corps enseignant ; la non-actualisation des cours ;la vétusté de la bibliothèque etc…qui sont entre autres des insuffisances à revoir pour non seulement améliorer la qualité de l’enseignement supérieur, mais aussi pour réduire l’échec qui n’est pas toujours une fatalité. Augustin Afouda |
Taux élevé d’échec à l’université d’Abomey-Calavi:Les conditions qui entravent l’émergence de l’étudiant béninois
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