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La secrétaire d'État souligne l'aspiration de l'Afrique à la liberté économique et à la bonne gouvernance.

On trouvera ci-après le texte de l'allocution que la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, a prononcée le 18 juillet, de Washington, à l'intention des participants au sixième forum de l'AGOA qui se tenait à Accra (Ghana).

(Début du texte)

Bonjour à tous. Je suis heureuse d'avoir cette occasion de parler avec vous aujourd'hui. J'ai assisté aux forums précédents de l'AGOA et je regrette vraiment de ne pas pouvoir être en personne avec vous aujourd'hui, à Accra. Je sais que la délégation des États-Unis est dirigée avec compétence par notre représentante pour le commerce extérieur, Susan Schwab, et je tiens à la remercier pour son rôle dirigeant et pour son action en faveur du libre-échange.

Comme vous le savez, la période actuelle est particulièrement difficile au Moyen-Orient et surtout en Irak. Le président m'a demandé de rester à Washington cette semaine. Nous travaillons très dur pour favoriser la paix et la stabilité dans cette région en proie à des troubles, et je vous prie de m'accorder votre soutien.

Je tiens à exprimer ma profonde reconnaissance au président Kufuor, à son gouvernement et au peuple ghanéen pour leur offre généreuse d'accueillir le forum de l'AGOA cette année. Je me réjouis à l'idée de me rendre au Ghana dans un avenir proche.

C'est bien sûr une grande année pour les Ghanéens et les Ghanéennes. C'est le cinquantième anniversaire de l'accession de votre pays à l'indépendance. Le Ghana a été le premier pays de l'Afrique subsaharienne à obtenir son indépendance, et dès le tout début, vous avez œuvré en faveur de la libération de toute l'Afrique. Il y a cinquante ans, la liberté politique était à l'horizon pour l'Afrique. De nos jours, nous nous employons à renforcer la liberté économique et la bonne gouvernance dans tout le continent, afin que les Africains puissent bénéficier, dans leur vie quotidienne, de la réalisation des promesses de l'indépendance.

Le renouvellement des promesses de l'indépendance est visible dans des pays tels que le Ghana, qui connaissent une nouvelle prospérité parce que leurs dirigeants gouvernent avec justice et ont entrepris des réformes économiques. Il est aussi visible en République démocratique du Congo, qui vient d'organiser ses premières élections libres depuis quarante ans. Il est également visible, bien entendu, au Liberia, où un gouvernement démocratique et responsable remplace un passé marqué par la guerre par un avenir empreint d'espoir et de possibilité.

Ces dernières années, les Africains et les Américains ont bâti un partenariat pour la paix et appuyé les efforts mis en œuvre pour mettre fin à six des conflits les plus meurtriers du monde : au Liberia, en Sierra Leone, en Angola, au Burundi, au Congo, ainsi qu'à la guerre qui dure depuis des dizaines d'années entre le nord et le sud du Soudan.

Nous élaborons un partenariat pour la santé et la vie. Nous appuyons les initiatives que vous mettez en œuvre pour lutter contre de terribles maladies par le truchement de l'Initiative du président contre le paludisme et le Plan d'urgence du président en matière de lutte contre le VIH/sida (PEPFAR), un engagement historique dont le président Bush a demandé au Congrès de doubler la dotation.

Nous établissons un partenariat pour appuyer l'atténuation de la pauvreté et la bonne gouvernance, multipliant par quatre notre aide à l'Afrique, œuvrant pour effacer des dizaines de milliards de dollars de dette pour les pays africains les plus pauvres, et canalisant une assistance renforcée vers les gouvernements qui sont attachés à la réussite de leur peuple. La Société du compte du millénaire a désormais signé des accords d'une valeur supérieure à 2 milliards de dollars avec certains des gouvernements d'Afrique les plus responsables, notamment avec le Ghana et le Mozambique et, avant la fin du mois, avec le Lesotho.

Ensemble, nous accroissons notre partenariat le plus crucial par le truchement de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) afin de libérer la créativité et valoriser le savoir-faire des peuples d'Afrique. Ce partenariat prend de l'ampleur. Cette année, nous sommes heureux de pouvoir faire bénéficier le Liberia de l'AGOA et d'en faire bénéficier à nouveau la Mauritanie, qui a maintenant réitéré son engagement en faveur de la démocratie et de la règle de droit.

Notre partenariat en vertu de l'AGOA se modifie continuellement et s'adapte au rôle croissant que joue l'Afrique dans l'économie mondiale. Lors du forum de l'AGOA de l'année dernière, l'une des principales questions que les participants avaient soulevées avait été la nécessité de proroger certains des avantages conférés par l'AGOA qui venaient à expiration, notamment dans les secteurs des textiles et des vêtements.

Nous n'avons pas été sourds à vos demandes et, en décembre, avec l'appui de notre Congrès, le président Bush a été heureux de promulguer la Loi AGOA sur les investissements qui permet aux exportations africaines d'accéder aux marchés américains des textiles et des vêtements jusqu'en 2015. C'était la troisième fois que le président et le Congrès étendaient les avantages de l'AGOA et cette mesure symbolise l'appui durable et politiquement bipartite des États-Unis pour les efforts que poursuit l'Afrique aux plans des échanges et du développement.

Ces dernières années, nous avons élargi notre coopération. Nous avons lancé l'Initiative sur la croissance et la compétitivité africaines afin de renforcer la capacité concurrentielle des États africains au sein de l'économie mondiale. Nous avons créé le Fonds de diversification de l'AGOA en vue d'aider les pays bénéficiaires de cette loi à diversifier leur économie. À présent, nous renforçons encore ces excellents efforts par une nouvelle initiative. Les marchés mondiaux sont essentiels à la réussite de l'Afrique sur le plan économique, en particulier dans le domaine agricole. Pour optimiser leur compétitivité et gagner des parts de marché, les produits agricoles africains doivent répondre aux normes sanitaires des pays développés. Afin de vous aider à atteindre ce but, nous procédons à la création d'un Programme d'échanges universitaires destiné à permettre à certains des meilleurs agronomes africains de venir faire des études dans des universités américaines.

Au cours de la première année de ce programme, deux universités américaines, Ohio State et Texas A&M, accueilleront sept professeurs d'université venus de six pays admis à bénéficier de l'AGOA. Je crois savoir que deux d'entre eux sont présents aujourd'hui parmi vous à Accra. Je tiens à les féliciter, ainsi que les autres membres de ce nouveau partenariat prometteur.

Mesdames et Messieurs, peut-être plus fortement que dans toute autre relation sur la face de la terre, les peuples des États-Unis et de l'Afrique partagent un lien durable. C'est celui de l'histoire et d'une expérience commune. Certes, c'est une histoire qui comporte une lourde part de tragédie et d'injustice, mais c'est aussi une histoire d'espérance et de renouveau, de rédemption et de délivrance.

En effet, ce sont les fils et les filles volés à l'Afrique qui ont montré à l'Amérique ce qu'étaient les vraies promesses de sa propre indépendance, la véritable signification de cette notion bouleversante selon laquelle « tous les hommes naissent égaux ». C'est la lutte de l'Afrique pour la libération, il y a un demi-siècle, qui a inspiré les descendants de l'Afrique dans mon pays, dans ma ville natale de Birmingham en Alabama, des patriotes impatients qui étaient persuadés que si les Africains pouvaient vivre en liberté en Afrique, alors le jour approchait où les Américains de race noire comme moi pourraient vivre en liberté, eux aussi.

Le lien entre l'Afrique et les États-Unis est donc inaltérable : il est à la base de notre partenariat, un partenariat qui vise à aider l'Afrique à renouveler les promesses de son indépendance et à aider d'autres peuples du monde à réaliser à leur tour leur indépendance véritable, celle de la promesse de liberté et de progrès pour tous, et, pour chaque pays et chaque être humain, un espace égal de dignité et de respect.

Je vous remercie.

Condoleezza Rice

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Tag(s) : #Politique Africaine
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