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Limogeage de Charles Adékambi en Février 2006 : Kérékou avait raison
(Le Matinal 16/08/2007)


En limogeant le directeur général des Douanes et Droits indirects, le chef de l’Etat Yayi Boni vient de donner raison à son prédécesseur Mathieu Kérékou, qui le 1er février 2006 avait déjà relevé Charles Adékambi de ses fonctions. Il est accusé de complicité de fraude douanière et de légèreté. Ce qui rappelle de vieux soupçons de l’ancien régime. ...

Des trois limogeages prononcés par le chef de l’Etat Yayi Boni au niveau de la douane et des droits indirects, celui du directeur général Charles Adékambi fait plus couler d’encre et de salive. Ceci pour la simple raison que ce haut gradé de la douane avait connu le même sort sous le dernier régime du général Mathieu Kérékou. Précisément, le 1er février 2006, le conseil des ministres. A décidait purement et simplement de le descendre de son piédestal et de confier les rennes de la maison à Christophe Comlan Quenum. Ce limogeage est intervenu est pleine polémique sur les élections présidentielles de mars 2006. Polémique née de la réticence du gouvernement d’alors à financer le scrutin, prétextant d’une situation désastreuse des caisses de l’Etat. Un argument servi avec insistance par l’argentier d’alors Cosme Sèhlin. Mais pour Charles Adékambi, patron des Douanes à cette époque, c’est un faux prétexte. Son limogeage interviendra quelques jours plus tard. L’opinion publique croit savoir qu’il a été relevé du fait qu’il ait dit autre chose que le pouvoir. La presse non plus n’en doutait pas. Le gouvernement s’en défend et livre Charles Adékambi. Sans donner de détails, il l’accuse de faute professionnelle grave. Le mystère autour du péché de l’autorité douanière semble être levé avec le nouveau régime. L’ex-Dg douane est accusé de complicité de fraude douanière et de légèreté dans l’exercice de ses fonctions. C’est dire que le régime de Kérékou avait raison. Mais dans la frénésie de son raz de marée réalisé en mars 2006, Yayi Boni sans aucun procès rappelle l’intéressé au même poste. Il le regrette déjà. Aujourd’hui, un peu comme le gouvernement défunt, l’équipe de Yayi Boni n’a pas pardonné à l’homme son péché. Une fois encore, l’histoire le rattrape. Le rapport d’enquête de l’Inspection générale de l’Etat accable Charles Adékambi, Marcellin Zannou et le receveur du poste Douane Porga.

Le cas du directeur général déjà limogé le 1er février 2006 par le gouvernement du président Mathieu Kérékou et rétabli à la suite de l’élection du président Yayi Boni avant d’être relevé à nouveau il y a de cela quelques jours en dit long. Les faits qui lui sont reprochés ne datent pas d’aujourd’hui. Ils remontent à au moins trois années dans le passé, voire plus. Pour le moment, c’est ce que laissent croire les collaborateurs du chef de l’Etat en attendant d’approfondir les enquêtes. Rien n’indique pas que le Dg qui vient d’être limogé est le seul complice de cette fraude parmi tous les patrons qui se sont succédé. Si l’on doit aller plus loin on risque de mettre la main sur d’autres complices. Il n’est pas exclu que l’on en arrive là. D’autres peuvent s’ajouter à Charles Adékambi, puisque le cas de fraude constatée révèle une certaine complicité entre l’opérateur économique et les agents de la douane. Entente secrète avec la Cobetrac, collusion avec Daouda Lawal, les responsables seront appelés à répondre de tout cela. Les conclusions auxquelles l’Ige est parvenue établissent une évidente connivence entre la Douane et l’opérateur économique. Pour l’instant et parmi les directeurs généraux, les faits n’ont rattrapé que celui sous qui le pot-aux roses a été découvert. On se pose la question de savoir si Charles Adékambi serait doublement impliqué. Partant du fait que ce dernier avait occupé les mêmes fonctions sous Kérékou, puis limogé avant le déclin de son régime, il y a lieu de croire qu’aujourd’hui, ce sont les mêmes causes qui ont produit les mêmes effets. C’est dire que ce qui a fait partir le Dg Douane à deux reprises est le fait d’une vieille situation qui a eu des conséquences lourdes sur l’économie nationale. La fraude a occasionné des milliards de Fcfa de manque à gagner à l’Etat. L’ancien président de la République ne s’était donc pas trompé en relevant le 1er février 2006 Adékambi de ses fonctions. Plus de 18 mois après, Yayi Boni lui emboîte le pas. S’il faut s’en tenir aux déclarations du conseiller spécial du chef de l’Etat, Faustin Chabi, les mêmes plaintes sont parvenues à l’actuel locataire de la Marina qui a dû instruire l’Ige à faire la lumière sur cette affaire. Et une nouvelle fois l’homme s’est retrouvé dans le collimateur du pouvoir.

Fidèle H. Nanga

 

© Copyright Le Matinal

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Tag(s) : #Actualités Béninoises
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