(APA 29/08/2007)
APA - London (Royaume-Uni) Les Africains de la Diaspora se sont retrouvés les 22 et 23 août derniers à Liverpool, dans le nord de l’Angleterre, pour assister à l’inauguration du Musée international de l’esclavage, le premier musée au monde à se spécialiser dans l’esclavage transatlantique et ses conséquences.
Durant la dernière décennie, l’Unesco n’a eu de cesse d’appeler la communauté des nations, à faire du 23 août la Journée internationale du souvenir du commerce des esclaves et de son abolition.
Cet évènement international entre dans le cadre de la célébration du bicentenaire de l’abolition de l’esclavage en Grande-Bretagne. Il a permis aux descendants d’esclaves, qui ont pris d’assaut les lieux, de raconter leur propre histoire.
La Journée internationale du souvenir est doublement symbolique. D’abord elle commémore la nuit historique de 1791 quand les esclaves de Santo Domingo se soulevèrent pour briser leurs chaînes et déclencher une insurrection qui aboutira à la révolution haïtienne.
Ensuite, elle rend également hommage à tous ceux qui ont œuvré, à titre individuel ou collectif, au déclenchement du processus irréversible de l’abolition du commerce des esclaves et de l’esclavage dans le monde.
La Grande-Bretagne, l’un des principaux acteurs de cette odieuse entreprise, a non seulement répondu à l’appel, en présentant ses excuses pour cette douloureuse page de l’histoire de l’Humanité, qui a eu des conséquences néfastes sur le monde, mais a également lancé, le 23 août dans toutes ses villes, le premier mémorial annuel du Commerce transatlantique et de son abolition.
Le maire de Liverpool, Lord Paul Clark, a souligné que ce musée représente tout ce que le monde veut entendre au sujet de l’esclavage et de ses conséquences.
Le leader Angus Chukwuemeka, qui s’est dit satisfait de la création de ce musée, a félicité la communauté noire pour son idée d’initier un tel projet.
Il a relevé que ce musée dépasse ses prédécesseurs, notamment en ce qui concerne les structures didactiques, qui permettront aux jeunes générations de raconter l’histoire de l’implication de la Grande Bretagne dans le commerce des esclaves.
Ce nouveau musée est exceptionnel de par la création d’une CONCESSION IGBO, inspirée de la culture Ibgo dans l’est du Nigeria. Il contient également un SANCTUAIRE en la mémoire de millions d’Africains privés de leur liberté, où les visiteurs du monde entier, y compris les touristes, peuvent travailler, se recueillir et réfléchir sur le passé.
Le sénateur canadien, Donald H. Oliver, descendant d’esclave devenu membre du conseil consultatif international d’Amistad, a noté que cette structure serait d’une aide précieuse pour les millions de descendants d’esclaves dans le monde, désireux de remonter leurs origines.
Gregory Belanger, le PDG d’Amistad, une organisation internationale, a expliqué que le projet cherchait un soutien financier dans le monde entier, pour la Sierra Leone et d’autres régions d’Afrique de l’ouest, ayant une douloureuse histoire d’esclavage.
Le Haut commissaire du Nigeria en Grande-Bretagne, Dozie Nwanna, a noté qu’après qu’on a passé des années à rejeter la responsabilité de l’esclavage d’une zone à une autre, l’histoire de cette pratique doit être placée sous un thème différent : « nous devons maintenant admettre la vérité que les Africains ne sont pas totalement innocents de cette entreprise de la honte"
« Voici les questions que nous les Africains devons nous poser : Qu’est-ce qui a causé cet esclavage ? Est-ce la faiblesse et l’ignorance de nos ancêtres qui les ont fait céder à l’esclavage ? Si oui, pourquoi ces facteurs se trouvent encore en nous ?», a t-il préconisé.
Le diplomate nigérian s’est dit déçu (parce que ) « nous avons laissé les habitants de Liverpool et d’autres parties du monde occidental, se faire les chantres de l’histoire de l’esclavage plus que les Africains ». Il a déploré que les Etats du continent tardent à mettre en place des musées aux normes internationales, permettant aux Africains de mieux raconter leur histoire.
Dans le commerce transatlantique, quelque 15 millions « d’articles humains étaient en jeu. Il y a eu aussi les 200 millions et plus d’Africains pris par les Arabes du temps de Jules César ».
Pour sa part, Joanna Rowlands, la chargée de communication du musée, a déclaré que cette structure mettrait un accent particulier sur les questions relatives au racisme et à l’inégalité, tout en faisant ressortir « les merveilleuses réalisations des descendants africains ».
Le Dr David Flemming, directeur des Musées nationaux de Liverpool, a déclaré à APA que ce joyau de 4 millions de livres avait été financé par la municipalité de Liverpool, le secteur privé et d’autres groupes.
La prochaine phase qui s’intéressera au volet éducation, devrait absorber quelque 7 millions de livres, a-t-il dit.
Des artistes sénégalais, haïtiens et sierra léonais ont représenté les régions ayant le plus longtemps subi l’esclavage.
ME/tjm/pos/aft/ib/APA
29-08-2007
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