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Baudouin K. Hamuli, Ex-vice ministre de l’agriculture de la RDC : à propos de Sarkozy à Dakar. Son discours est « rétrograde, il doit revoir ses copies. »

publié par Loccidental, le mercredi 29 août 2007

« En dehors de la mouvance démocratique : au moyen de quels stratagèmes les systèmes autocratiques se maintiennent ils au pouvoir ? – les cas de la République Démocratique du Congo, du Tchad et du Zimbabwe » tel est le thème du congrès qu’organise l’« Arnold-Bergsrtraesser-Institut » structure universitaire allemande de recherche socio culturelle du 26 au 29 août prochain près de Fribourg dans le Baden-Wurtenberg au sud de l’Allemagne. Baudouin K. Hamuli alter mondialiste et membre de l’équipe gouvermentale sous tchisékédi subjugua non seulement l’auditoire par une communication magistrale et de franchise sur la conférence souveraine nationale dans l’ex Zaïre dont la tenue même « fut un aveux d’impuissance de Mobutu mais surtout de ses soutiens occidentaux face à la détermination des populations civiles. » Dans l’entretien qu’il a ensuite accordé en marge des travaux à loccidental.net, il fustige le discours « rétrograde » de Sarkozy face à la jeunesse dakaroise et plaide pour une élite politique africaine plus responsable et mue par les seuls intérêts de ses populations.

Le sud de l’Allemagne à la lisière de la Forêt Noire reste égal à lui-même en cette matinée du 27 août. Le beau temps en cette période estivale jusque là capricieuse semble s’être joint au directeur de l’institut, le Professeur Dr. Heribert Weiland pour souhaiter la bienvenue au congressistes venus des quatre coins du monde.

Après avoir situé les enjeux du congrès, se voulant un cadre de réflexion sur la démocratie, ses pratiques, ses critères et ses enjeux, de ce que ses conclusions pourraient être prises en compte dans la nouvelle donne de la politique de développement, la parole revint au premier orateur, prof. Dr. Pamphile Mabiala Mantuba-Ngoma qui fit revivre à l’auditoire la République Démocratique du Congo du règne de Mobutu aux Kabila père et fils, fait de « culte de personnalité de cleptocratie, de répression brutale et abusive et de négations de tous genres : des violations de droits les plus élémentaires aux meurtres les plus sordides. En passant par l’aliénation des masses et des élites par le pouvoir de l’argent, moyen essentiel de survie ».

A quelques variations près, le pouvoir aura gardé sous Mobutu comme sous le géniteur et la progéniture Kabila, la même nature : Autocratique, dictatoriale avec quelque allègement sous le fils si infime soit-il. La communication du professeur fut certes instructive mais resta á la lisière de la langue de bois et de la courtoisie.

Celle de Baudouin K. Hamuli, alter mondialiste et homme de terrain, apprivoisa d’emblée l’auditoire. Exposant sur la transition sans fin et la pression de la rue qui imposa la conférence nationale à Mobutu en 19992, il étaya d’abord les causes de la longévité du fils de Gbadolité, l’adepte de la chéchia à peau de léopard. Pour lui, Mobutu doit la longévité de sa dictature à sa roublardise certes mais à la force des appuis extérieurs occidentaux, notamment français, belges et américains qu’il prenait un malin plaisir à opposer les uns aux autres dans la distribution des contrats et autres prébendes auxquelles ses puissances étaient attachées. Sans oublier la guerre froide et ses spécificités auxquelles s’ajoutent les alliances de raison conclues avec les voisins Ougandais, Tanzaniens. Et last but not least, le soutien de la grande famille francophone et des réseaux Jacques Foccart. Mais les uns tout comme les autres ne pourront éternellement résister à la pression de la société civile mue par un désir et une soif de liberté inextinguibles. Qui aura tour à tour raison de tous les subterfuges mais surtout de la dernière énergie meurtrière et dévastatrice du dictateur lorsque, acculé, dans ses derniers retranchements, s’étant réfugié dans son village, il n’hésitait plus à recourir même aux bombardements pour embastiller la rue et les organes de presse.

L’exposé de Baudouin K. Hamuli, l’homme de terrain aura aussi séduit l’auditoire par ses détails croustillants comme par exemple le fait d’installer des services de presse entiers, voire des imprimeries dans des véhicules et autres engins mobiles pour les rendre difficilement repérables par les escadrons de répression á la solde du dictateur. Tout comme sur le détail – une fois n’est pas coutume sous nos cieux – de l’engagement de l’église au côté de la société civile. Chrétiens dont le meurtre a par ailleurs sonné le commencement de la fin de Mobutu contraint á la reddition. Qui l’a contraint à accepter – quand bien même du bout des lèvres – le premier ministre Tchisekedi. Ce qui marquait la fin d’un temps.

Voulant en savoir plus, loccidental.net, profitant de la pause d’entre deux s’est entretenu avec le conférencier, coordonnateur national de la conférence international sur la paix dans la région des grands lacs et par ailleurs Directeur du Centre National d’Appui au Développement et à la Participation Populaire CENADEP – dont les activités peuvent être consultées ici : www.cenadep.net – sur les questions du moment ; à savoir le désormais célèbre discours de Dakar de Nicolas Sarkozy, la nature des traités post indépendances signés par les puissances coloniales et les colonies, la nature du gouvernement Kabila fils qui ne serait, selon un hebdomadaire allemand « qu’un régent » á la solde des institutions financières occidentales.

Fidèle à son franc-parler, Baudouin K. Hamuli traitera le discours du chef de l’Etat français de « rétrograde » Il ira même plus loin : « Sarkozy a parlé aux étudiants de Dakar comme s’il parlait à nos parents... » Même si nous ne pouvons nous isoler, vivre en autarcie parce que le monde est aujourd’hui plat, toujours est il que l’Afrique ne saurait durablement faire l’économie du droit de regard dans ses propres affaires comme ce fut le cas jusqu’à maintenant. Chaque Etat devant définir ses propres intérêts et choisir ses partenaires en fonction de ceux-ci. Devenant plus concret il évoquera le cas du contrat d’Areva au Niger tout comme il trouve inconcevable que l’Etat ivoirien en soit à louer les locaux de la présidence de la République en terre ivoirienne à l’ancienne puissance colonisatrice : la France. Si les arrières petits fils des tirailleurs Sénégalais et autres peuples étaient hier soumis aux desiderata des colonisateurs français, belge, ou même britannique, leur étant mains et pieds liés, la tendance semble prendre un cours irréversible aujourd’hui, commenta t’il.

Seule la société civile comme force alternative est à même de contrarier « l’empire de la honte » que dénonce Jean Ziegler, sociologue suisse et alter mondialiste reconnu. L’exemple du CENADEP en République Démocratique du Congo est il l’espoir tant attendu, fera tâche t’il d’huile ? loccidental.net le lui souhaite vivement.

Par la suite, le congrès se pencha sur l’analyse d’une étude de l’institut faite de sondage pour évaluer la culture démocratique de la République démocratique du Congo encore en proie aux soubresauts de la guerre aux souvenirs encore vivaces. Si ceci n’enlevait rien à sa valeur, du moins, le débat très engagé et fort à propos qu’il souleva donnera à coup sûr une autre orientation au caractère non figé de la démocratie et son aspect difficilement quantifiable sans parler de la méthode de phraséologie qui – dans sa version qu’il nous fut donnée de voir – semblait avoir fi du contexte de guerre encore ambiant. Ce que nombre de congressistes ne manquèrent pas de relever avec perspicacité. Laissant présager une conclusion des travaux des plus discutées et éprouvées.

Tels sont entre autres les discussions qui ont passionnés les congressistes en fin de session hier. Avec loccidental.net, restez au cœur du débat.

Envoyé spécial Desiré-Christoph Oulai

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Tag(s) : #Politique Africaine
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