Le dossier de la cocaïne fume et intoxique toujours à la police nationale. Sur instruction du ministre de l’intérieur, le Contrôleur général de police Apollinaire Akuété et le commissaire Roger Talon, directeur général de l’Ocertid ont été mis aux arrêts de rigueur de 60 jours à cause des soupçons qui pèsent sur eux dans le dossier de saisie de cartons de cocaïne que la police a opérée suite à l’échouage d’une barque sur les rives d’une île dénommée Djondji dans la commune de Ouidah, et qui a coûté la vie à deux trafiquants dont les origines ne sont pas encore connues jusqu’à présent. Mais des pistes révèlent qu’ils seraient tous deux d’origine ghanéenne.
Cependant, l’opacité de la gestion de ce dossier a laissé perplexes plus d’un, car des cartons de cocaïne ont été soustraits par certains habitants des localités environnant le lieu de l’accident. Aussi le Contrôleur général de la police Apollinaire Akuété, originaire d’une île de la région serait-il accusé d’avoir gardé par devers lui des cartons de ce produit narcotique, car ayant remis à la police deux autres cartons des heures après l’opération de saisie.
Des cartons de cocaïne seraient dans un garage de soudure à Parakou
De source proche de la famille d’Abel Obélakoun déposé à la prison civile de Cotonou depuis mardi dernier, 16 cartons de cocaïnes seraient acheminés vers Parakou pour embrouiller les pistes de l’enquête. Aux dernières nouvelles, il est révélé que 2 des cartons ont été vendus à des trafiquants nigériens à des centaines de millions de nos francs.
Mais dans la famille Obélakoun, on menace de faire des révélations troublantes pour qu’Abel Obélakoun soit libéré. Selon les membres de la famille, ses premières déclarations lui seraient conseillées par ceux qui craignent d’être jetés en prison. Ces derniers lui ont proposé de grosses sommes d’argent s’il acceptait faire le jeu. Ils lui ont même proposé de le sortir après un mois de détention.
Mais que s’est-il réellement passé ?
Une barque qui transportait de la drogue a échoué dans le sable de Djondji à Ouidah, vers l’embouchure de Djègbadji. Les trafiquants qui étaient au nombre de trois ont été maîtrisés par la population des lieux. Deux étaient probablement de nationalité ghanéenne et le troisième un Blanc sud américain nommé Hernandez Gonçalves originaire de Guatemala. De source proche du village, un certain A. qui savait que la barque est chargée de cocaïne, a, aidé de quelques jeunes, tué les deux Ghanéens. Le Blanc, pour sauver sa vie leur a remis sa mallette qui était remplie de liasses de dollars. A. et ses acolytes l’ont aidé à fuir par voie terrestre. Ils ont emporté toute la cocaïne et brisé la barque pour justifier la thèse de la mort par noyade.
Du flou
La constance est qu’aujourd’hui, les investigations menées par plusieurs unités de la police et des journalistes sur le terrain montrent que cette affaire comporte plusieurs points d’ombre.
Au sujet de la quantité de cocaïne saisie par la police, des doutes existent. Contrairement aux déclarations du Chef de l’Ocertid face à la presse, au lieu de 18 cartons de 20 kg de cocaïne, c’est probablement 27 cartons qui auraient été saisis et transportés en dehors de Ouidah. Un certain Abel Obélakoun, un des chefs de file des ramasseurs de cocaïne a livré contre l’orthodoxie procédurale au contrôleur général de la police nationale Apollinaire Akuété une quantité importante de cocaïne. Cette masse de cocaïne aurait transité par Fidjrossè entre les mains du capitaine de l’armée Saturnin Obélakoun, proche parent de l’intéressé avant d’échouer dans des conditions douteuses dans les mains de la police. Le jeune Abel Obélakoun a été arrêté par deux fois par deux différents services de police. Au cours de son interrogatoire sommaire consécutif à son interpellation, celui-ci n’est pas allé par quatre chemins pour dire son mécontentement face aux tracasseries policières, étant donné qu’il aurait déjà servi aux hauts gradés de la police leur part du gâteau comme c’était le cas il y avait environ six ans dans une affaire similaire. Ce qui est constant, c’est que le Contrôleur général Apollinaire Akuété concerné par cette ténébreuse affaire s’est hâté toutes les deux fois d’user de son influence pour arracher aux fonctionnaires de police le sieur Abel Obélakoun qu’il dit être son cousin. D’autres informations de sources policières semblent établir que ce haut gradé de la police pourrait probablement détenir 2 cartons de 20kg de cocaïne, ce qui constitue la principale pomme de discorde au sein de la hiérarchie policière. Les uns souhaiteraient couvrir cette faute grave mais d’autres sont partisans purs et simples de la loi comme dans le cas d’autres fonctionnaires de police qui croupissent actuellement en prison pour des quantités inférieures de cocaïne. D’autres informations font état de ce que, à l’annonce de la nouvelle de l’accident de Djondji, la première personne reçue par les populations reste le même contrôleur général qui s’est transporté sur les lieux pour rencontrer les siens à qui il a prodigué des conseils pour la conduite à tenir face à la police. Il aurait conseillé aux populations de restituer à la police 4 cartons sur 10 dans l’espoir de vendre le reste en raison de la pauvreté de l’île. C’est après cette démarche qu’il aurait informé l’actuel directeur général de la police nationale. Celui-ci a dépêché sur les lieux une équipe composée de l’actuel commandant de la brigade anti criminalité, du chef Ocertid et du contrôleur général, assistés d’un officier de la Bac. Ce sont ces personnes qui ont géré les premières saisies de cocaïne sur l’île. Le témoin gênant a argué d’arguments fallacieux pour échapper à la rigueur de la mafia qui semble lui imposer l’omerta (la loi du silence dans la mafia).
Des têtes vont encore tomber
Certains responsables de la police seront encore écoutés pour leur implication dans ce dossier. Dans les jours qui viennent, le propriétaire du magasin dont nous taisons le nom pour le moment sera interpellé par la commission mise sur pied.
Signalons que le Contrôleur général Apollinaire Akuété est gardé à la Bac à Akpakpa et le Dg de l’Ocertid à la base de l’unité Raid.
Léandre ADOMOU, 30 août 2007
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)