Le navire douanier serait-il en train de prendre de l’eau ? La question s’incruste dans une forme obsédante de réflexion suite à cette flopée de gaffes qui pave la douane.
L’affaire de fraude douanière a suscité le mois dernier un séisme à la direction générale de la douane en emportant le patron Charles Adékambi et le chef brigade port Marcellin Zannou. L’incurie, le laxisme et la complicité de fraude avaient été révélés dans le scandale de Porga.
L’administration apparaît comme un nid de corrompus, un terreau de la mal gouvernance. Le paiement de 642 millions Fcfa par l’opérateur économique cité dans le fumant dossier de la fraude vient attester les irrégularités dans la gestion du Dg limogé Charles Adékambi. Le dernier élément séquentiel offert par le versement au trésor des pénalités est la preuve que le Dr Boni Yayi a raison de traquer les parrains de la mafia douanière.
Mais à peine a-t-on commencé par faire l’autopsie de la magouille de Porga que des affectations maculées de graves insuffisances sont étalées à la douane. Selon la liste publiée par la presse, Marcellin Zannou déboulonné de la brigade du port serait nommé directeur régional Atlantique-Littoral et Charles Adékambi le Dg en disgrâce et éjecté de son fauteuil serait projeté au ministère du budget. En clair, dans l’ensemble, les mutations sonnaient comme une prime à la corruption. Ces affectations précipitées laissent percer le goût prononcé pour l’opacité et la promotion du clan des prédateurs de l’éthique.
Soucieux d’accroître les recettes douanières, le Dr Boni Yayi s’est évidemment soustrait à la logique établie par les abonnés à la mal gouvernance. En effet, le chef de l’Etat a fait annuler toutes les affectations pour faire de la transparence la reine des priorités dans la construction d’une douane purgée de la délinquance économique. L’économie béninoise est essentiellement fiscale et si les douaniers qui ont à charge la perception des droits sur les marchandises importées ou exportées devraient fondre dans la corruption, le chaos pourrait s’installer. L’annulation des mutations est une étape dans le processus d’assainissement du milieu douanier. L’avènement du Bénin émergent exige une lutte implacable contre la corruption. Dès sa prise de fonction à la présidence de la République, le Dr Boni Yayi a décrété la corruption ennemie N° 1 du régime du changement. Et la douane est plus que jamais dans la mire de la machine à écraser les corrompus.
Sulpice Oscar Gbaguidi, 10 septembre 2007
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