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Politique nationale : Boni Yayi seul maître à bord

18 septembre 2007

par Angelo DOSSOUMOU

Yayi Boni - 5.6 ko
Yayi Boni
 
Le Président Boni Yayi et ses partisans jouent en solo dans l’animation de la vie politique nationale. Faute d’opposants politiques déclarés ou engagés, le chef de l’Etat béninois continue, plus d’un an après son accession au pouvoir, de jouir de l’état de grâce. La léthargie de la classe politique béninoise ne partageant pas la vision ou la gestion du Dr Boni Yayi n’est pas innocente. Il faut simplement reconnaître que le contexte actuel ne se prête à une quelconque critique des actions de l’homme du changement. En effet, jouer aujourd’hui à l’opposant face à un président qui a le vent en poupe signifie, dans une moindre mesure, aller contre les intérêts du peuple. Car le bilan du président est très impressionnant et il ne cesse de capitaliser des acquis. On se rappelle qu’à l’orée des élections présidentielles de mars 2006, le Bénin traversait une situation de crise non seulement économique mais aussi de confiance entre le peuple et ses leaders politiques. L’autorité de l’Etat n’existait pas, la politique se résumait à un culte de personnalité entretenu par le président de la République, l’argent ne circulait pas ou circulait mal. Bref, le peuple béninois en avait marre et il s’est offert un sauveur en la personne de Boni Yayi. L’homme du changement, reconnu pour ses qualités de gestionnaire à la tête de la Boad n’a pas, contrairement à ce que d’aucuns pouvaient penser, pris du temps pour s’affirmer à la tête de l’Etat béninois. Et apparemment, le peuple, après un an et demi de gestion est satisfait de son joker. Sous sa houlette, l’autorité de l’Etat est réinstaurée, une lutte implacable se mène contre la corruption et l’assainissement de l’économie évolue à grands pas. Pour tout couronner, il est en contact permanent avec le peuple qui à son tour, donne aussi l’impression d’être derrière lui. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle, dit-on. La tâche des potentiels opposants dans le contexte du changement n’est donc pas du tout aisée. Il est évident qu’avec la nouvelle donne, ils n’ont pas d’autres choix que de chercher d’autres formules, plus affinées que celles auxquelles ils ont habitué jusqu’ici le peuple, s’ils veulent être crédibles. Evidemment, la démarche prend du temps en raison des bonnes performances du pouvoir. La deuxième raison qui amène les potentiels opposants à se terrer est l’éternel problème du statut de l’opposition. La Renaissance du Bénin qui est restée dix ans dans l’opposition l’a toujours réclamée. Mais jusqu’ici, rien n’y fit. Malheureusement, cet état de choses déteint sur l’animation de la vie politique au Bénin. Peut-être qu’avec les avantages énormes afférents à ce statut, les choses auraient été tout autres. Quand on sait qu’avec les marchés publics, l’Etat a déjà un grand pouvoir de dissuasion, il est à craindre que se déclarer opposant devienne, dans le contexte béninois, un grand risque. La peur d’être écrasé par les barons du régime ne serait certainement pas aussi tenace. Seulement, à un nouveau type de tactique gouvernementale, s’impose une nouvelle tactique pour l’opposition. La survie de la démocratie béninoise en dépend.

Angelo DOSSOUMOU

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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