Des avantages partagés Pourtant, malgré leurs différences, les deux pays ont tout intérêt à coopérer. Etat francophone de 116 000 km2 peuplé de 8 millions d’habitants, "le Bénin représente pour le Nigeria une terre d’opportunités", selon l’économiste nigérian Olaniyi Akangun. Il fait allusion à sa stabilité sociopolitique et sa position géographique qui fait de lui une porte d’entrée sur le marché de l’UEMOA, dont son pays ne fait pas partie. De l’autre côté, le Nigeria, Etat anglophone neuf fois plus étendu et vingt fois plus peuplé, offre d’énormes avantages au Bénin. "Son marché est un débouché sûr pour les produits béninois, estime Martial Assah. De même, l’investissement nigérian, jusque-là orienté vers le Ghana et l’Afrique du Sud, est important et nous devons tout faire pour l’attirer." La révision, en cours, du Code béninois des investissements devrait contribuer à attirer les investisseurs, notamment nigérians, de même que la Zone franche industrielle de Sèmè-Kraké, non loin de la frontière avec le Nigeria, censée accorder aux opérateurs économiques des conditions plus favorables (eau, téléphone, exonérations fiscales…). Il reste toutefois à résoudre d’autres problèmes comme l’insécurité transfrontalière et l’accès des investisseurs à la terre, souvent objet de litiges au Bénin. En attendant, la voie de l’intégration des deux économies semble bien balisée. *Cedeao : Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest : Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra-Leone, Togo) Uemoa : Union économique et monétaire ouest-africaine (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo). |