(Le Nouveau Réveil 11/10/2007)
Prêcher le faux pour avoir le vrai. C'est certainement à ce jeu qu'a voulu jouer un quotidien de la place dans sa parution d'hier. Ce journal très proche de la Refondation pour ne pas dire appartenant à la Refondation, a écrit que selon des sources diplomatiques, Bohoun Bouabré serait le futur gouverneur de la BCEAO. Faux, rétorquent nos sources. Qui soutiennent que l'ancien ministre de l'Economie et des finances dans le gouvernement de la Refondation version Affi N'Guessan ne peut pas être nommé à la tête de cette auguste institution financière sous-régionale. Et cela, pour trois principales raisons. Bohoun Bouabré, actuel ministre d'Etat, ministre du Plan et du développement est certes, un économiste, mais il n'est pas un financier, encore moins un monétariste. Car ici, il faut bien faire la différence entre un économiste et un financier. L'autre raison qui ne milite pas en faveur de Bohoun, c'est qu'en la matière (les finances), il est loin d'être une référence. Cet argument vient un peu en complément du premier. Mais c'est surtout la troisième raison qui "élimine" Bohoun. C'est que les chefs d'Etat et de gouvernement membres de l'Institution financière ont encore en mémoire son passé lorsqu'il occupait le portefeuille ministériel de l'Economie et des finances. Trop d'affaires pas tout à fait propres ont éclaboussé son département. Allant des transferts de fonds au blanchiment d'argent. Pour toutes ces raisons et pour bien d'autres, le pion de Gbagbo n'est pas apprécié par les autres pays membres. Qui, il faut le préciser, sont d'accord que la Banque soit gouvernée par un ivoirien. Mais pas par Bohoun. Et si d'aventure, le chef de l'Etat ivoirien tenait à tout prix à ce que ce soit Bohoun qui succède à Banny, certains pays comme le Burkina, le Niger, le Sénégal et d'autres menacent de se retirer de la communauté. Il en est de même de la France qui garantit la stabilité du Franc CFA. Selon de bonnes sources, l'ancienne puissance coloniale a clairement fait savoir aux pays membres de la BCEAO que le choix de Bohoun Bouabré, s'ils l'acceptaient, serait à leur risque et péril. D'ailleurs, l'on n'exclut pas l'éventualité d'une nouvelle dévaluation du FCFA. C'est tout ceci qui fait que l'on n'a encore pas trouvé un successeur à Banny. Mais les chefs d'Etat y pensent. Ceux-ci ont sur ce point, procédé à une sélection de compétences ivoiriennes déjà en service à la BCEAO pour succéder à Banny. Cette liste se trouve actuellement entre les mains du Président du Faso, Blaise Compaoré. Qui l'a montrée à son homologue ivoirien. Sur la liste figurent entre autres, Jean Claude Brou, Ahoua N'Dohi, un ressortissant du pays Sénoufo dont le nom ne nous a pas été communiqué. En clair, une bonne brochette de compétences ivoiriennes en fonction à la BCEAO depuis longtemps. Savez-vous ce que Gbagbo a répondu à Blaise Compaoré à la vue de cette liste ? "Mais, il n'y a même pas de Bété parmi eux" a indiqué notre source. Car pour le chef de l'Etat ivoirien, le futur gouverneur de la BCEAO doit être un ivoirien de son sérail politique et…ethnique.
YMA
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