| | 19/10/2007 | | | DOSSIER | | Premières épreuves pour Sarkozy | | | Les syndicats français se sont mobilisés en nombre, jeudi 18 octobre, pour protester contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, spécifiques à certaines catégories d'employés de l'Etat. Le même jour, Nicolas et Cécilia Sarkozy, le couple présidentiel, a officialisé son divorce. La grève se poursuit vendredi et constitue un premier test pour Nicolas Sarkozy, déterminé à voir cette réforme mise en oeuvre. | | | die tageszeitung (Allemagne) - http://www.taz.de/nc/1/archiv/digitaz/artikel/?ressort=me&dig=2007%2F10%2F19%2Fa0122&src=GI&cHash=a5989e97c6 | | Selon Dorothea Hahn, Sarkozy n'a pas choisi la bonne tactique. "Cinq mois après son entrée en fonction survient une première 'rupture'. Toutefois, cette rupture concerne uniquement sa vie privée et son épouse actuelle, et elle était prévisible depuis plusieurs mois déjà. Le fait que Sarkozy annonce son divorce juste le jour où il est confronté aux premières manifestations sérieuses contre sa politique est obscène. L'annonce faite par l'Elysée fait l'effet d'une manoeuvre visant détourner l'attention du mouvement de grève. Cette manoeuvre n'a pas réussi. (...) Ce résultat montre bien que la méthode Sarkozy ne fonctionne pas. Il voudrait pouvoir imposer des réformes sociales en profondeur sans avoir négocié au préalable." | | | The Guardian (Royaume-Uni) - http://www.guardian.co.uk/leaders/story/0,,2194576,00.html | | Le quotidien souligne, dans son éditorial, que "les leaders syndicaux ont été prompts à rappeler au président que le taux de participation à la grève était de 6 % plus élevé qu'en 1995, lorsque l'avant-garde des ouvriers, après trois semaines de grève, avait contraint Jacques Chirac à abandonner des réformes similaires. Sarkozy se retrouve seul à plus d'un titre, et peut-être croit-il pouvoir profiter d'un avantage politique en posant en victime des événements. La journée d'hier a laissé plus qu'une impression de manipulation médiatique, alors que le drame du divorce présidentiel a volé la vedette aux milliers de grévistes qui défilaient dans les plus grandes villes de France. (...) Sarkozy doit manoeuvrer avec précaution. Il ne peut pas céder dès la première démonstration de force des syndicats. Il a été élu pour réformer le code du travail, après dix ans d'échec dans ce domaine. Mais une confrontation menée à la Thatcher ne fonctionnera pas non plus s'il veut se préserver les faveurs de l'opinion publique." | | | Libération (France) - http://www.liberation.fr/actualite/politiques/285927.FR.php | | Pour Jacques Julliard, "depuis hier [jeudi 18 octobre], c'est une certitude : la magie Sarkozy a cessé d'opérer. (...) Qu'une grève déclenchée sur un objectif aussi discutable, aussi impopulaire que la défense des régimes spéciaux de retraite ait fait l'unanimité des syndicats, entraîné la grande majorité des intéressés et provoqué si peu de protestations des usagers est le signe que la fusée Sarkozy est rentrée dans les couches basses de l'atmosphère. Pourquoi ce changement de climat ? Pour une raison évidente : le pouvoir vient de passer des réformes gratifiantes (l'héritage, les heures sup, le bouclier fiscal) aux réformes pénalisantes (les régimes spéciaux, la franchise sur les médicaments, la traque des immigrés). Les premières bénéficiaient principalement aux couches aisées de la population ; les secondes frappent d'abord les couches populaires. De sorte que la vraie nature du régime Sarkozy, sa nature de classe comme on disait naguère, est en train d'apparaître au grand jour." | | | ABC (Espagne) - http://www.abc.es/20071019/opinion-editorial/huelga-contra-sarkozy_200710190248.html | | L'éditorialiste du quotidien conservateur prédit "un automne sombre à Nicolas Sarkozy. Tôt ou tard devait se terminer l'idylle qu'il entretenait avec le pays depuis son élection. (...) La France résiste au changement. Proclamer la nécessité des réformes est chose facile, mais on sait combien les Français aiment la rhétorique. Le passage à l'acte est plus difficile. Et donc tout le monde grince des dents. Surtout quand il s'agit de réanimer un pays qui étouffe sous le poids de son service public. (...) Des pans entiers de l'économie sont habitués de se cantonner à de faibles niveaux de productivité, et une part substantielle de la population tient à son petit train de vie digne d'un fonctionnaire. (...) Pour le moment, Sarkozy semble décidé à poursuivre ses réformes. (...) Tout dépend de savoir s'il va être capable de maintenir le cap durant cette dure épreuve à laquelle il va devoir soumettre son caractère." | | | | |