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24 octobre 2007

Les investisseurs américains sont invités à s'intéresser à l'infrastructure africaine

Le bilan de la conférence du Corporate Council on Africa sur l'infrastructure

Washington - Les chefs de file politiques et industriels d'Afrique et des États-Unis sont unanimes à inciter les sociétés américaines à adopter une attitude plus entreprenante face aux possibilités d'investissement que suscite la croissance économique rapide de l'Afrique.

Lors d'une conférence tenue en octobre sur l'infrastructure africaine par le Corporate Council on Africa (CCA), ils ont vivement encouragé les investisseurs américains à ne pas attendre que le climat des affaires passe au beau fixe dans ce continent, mais à profiter rapidement des occasions qui se présentent dans des pays subsahariens dont la situation paraît prometteuse.

Grâce à leur taux d'inflation raisonnable et à l'amélioration de leur situation budgétaire et économique, et profitant de leur stabilité politique retrouvée, ces États africains sont sur la voie d'une croissance économique soutenue. C'est d'ailleurs ce qui apparaît dans un rapport du Fonds monétaire international paru en octobre.

Les gouvernements africains cherchent particulièrement à attirer des investissements extérieurs dans l'infrastructure étant donné qu'ils ne sont pas encore en mesure, financièrement, de développer et de moderniser leur réseau routier, leurs ports et aéroports, ainsi que leurs centrales et réseaux électriques. Les besoins sont immenses, car l'infrastructure africaine ne s'est jamais beaucoup développée et que les conflits internes ont souvent endommagé celle qui existait. Afin d'atteindre les objectifs internationaux relatifs au recul de la pauvreté et à l'atténuation de la faim, les États africains auraient à doubler leurs investissements d'infrastructure pour les porter à environ 40 milliards de dollars par an, selon la Banque mondiale.

Faute d'amélioration de l'infrastructure, l'Afrique aura du mal à diversifier son économie et à accroître son commerce extérieur, indiquent les spécialistes.

Le directeur de la Banque export-Import des États-Unis (Ex-Im Bank), M. James Lambright, a indiqué que, lors de sa tournée récente en Afrique du Sud et en Namibie, on lui avait fait part de projets « énormes » d'infrastructure. « Même si seule une petite proportion d'entre eux voient le jour, il leur faudra des investissements gigantesques », a-t-il souligné.

L'Ex-Im Bank octroie des garanties de prêts, une assurance en matière de crédit et des prêts aux entreprises américaines qui exportent vers les marchés en développement.

Or il est difficile d'élaborer et de financer des projets d'infrastructure complexes et à forte intensité de capitaux, en particulier dans les pays dont les marchés financiers sont insuffisamment développées et où les risques politiques sont élevés. C'est pourquoi de tels projets, dont certains se montent dans les milliards de dollars, font l'objet de partenariats entre les secteurs public et privé et des partenaires aussi bien étrangers que locaux. La création de ce type d'association exige une bonne connaissance des particularités des marchés locaux, ainsi qu'une solide dose de confiance entre les partenaires potentiels.

M. Lambright a dit qu'il était parfois possible de vendre des biens d'équipement à une société peu connue dans un pays en développement si cette société avait un partenaire local ou régional mieux connu.

Mais dans bien d'autres cas, il est nécessaire de faire appel à un intermédiaire fiable pour nouer des associations entre des banques multilatérales, des agences de crédit à l'exportation, des entreprises ou des banques privées et les autorités compétentes du pays d'accueil, indiquent les spécialistes.

Le président du CCA, M. Stephen Hayes, a déclaré à l'USINFO que les banques et fonds d'investissement d'Afrique du Sud cherchaient de plus en plus à jouer un tel rôle auprès des sociétés des États-Unis et d'autres pays.

De même, les organismes américains de promotion du commerce extérieur ont commencé à s'intéresser de près à des projets d'infrastructure en Afrique. Par l'octroi d'une assistance technique, de garanties de crédit et d'une assurance contre les aléas politiques, ou encore par le financement d'études de faisabilité, ils ont appuyé des projets fort divers : chemin de fer, centrales hydroélectriques ou géothermiques, réseaux de télécommunications, oléoducs, gazoducs, projets de logements, etc.

M. Hayes est persuadé que les entreprises américaines peuvent se montrer concurrentielles dans plusieurs secteurs d'activité promis à un bel avenir, tels que le logement, les routes, l'hôtellerie, l'adduction d'eau et le traitement des eaux usées.

Pourtant, « nous ne déployons pas nos capitaux privés avec assez de dynamisme et en temps utile », a fait observer M. Robert Mosbacher, directeur de la Société de promotion des assurances privées à l'étranger (OPIC), qui fournit une assurance contre les risques politiques aux entreprises américaines implantées dans des pays en développement.

M. Hayes a déclaré, pour sa part, que les États-Unis étaient à la traîne en matière d'investissements en Afrique par rapport à l'Afrique du Sud, à la Chine, à l'Europe, à l'Inde et aux pays du golfe Persique. La prudence affichée par les sociétés et les banques américaines à l'égard de ce continent s'explique par la publicité défavorable dont celui-ci fait l'objet dans les médias aux États-Unis, a-t-il dit.

Un autre obstacle a trait au manque d'occasions intéressantes de financer des projets africains, surtout dans le domaine de l'infrastructure, a poursuivi le président du CCA.

Celui-ci entrevoit cependant des signes de changement dans ce domaine. Oracle et Citibank se sont positionnés en Afrique du Sud de manière à tirer parti des débouchés qui se multiplient dans l'ensemble du continent africain. Plusieurs sociétés de Wall Street ont mis sur pied des équipes d'investissement chargées d'explorer les possibilités d'infrastructure dans les pays en développement. De plus, la compagnie aérienne Delta Air Lines a inauguré en décembre 2006 le premier vol régulier entre Atlanta et Johannesburg et a l'intention d'étendre les vols vers l'Afrique à de nouvelles destinations.

Mais selon M. Hayes, les pouvoirs publics fédéraux américains doivent s'engager plus avant et appuyer davantage les entreprises américaines de manière à les inciter à s'impliquer beaucoup plus profondément en Afrique. Selon lui, ils n'ont pas soutenu le secteur privé américain aussi puissamment que ne l'ont fait les gouvernements chinois, indien et sud-africain en faveur de leurs propres entreprises.

Il y a cependant des limites à ce que peut faire le gouvernement des États-Unis, a déclaré M. Lambright de l'Ex-Im Bank. Ainsi, a-t-il dit, les entreprises et agences de crédit américaines sont défavorisées du fait qu'elles doivent respecter les divers règlements, relatifs notamment à la bonne gouvernance, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), auxquels échappent leurs homologues des marchés émergents. L'OCDE est une association de 30 États développés ayant pour mission de promouvoir la prospérité et la lutte contre la pauvreté grâce à des mesures propres à stimuler la croissance économique et à renforcer la stabilité financières de ses pays membres.

On trouvera des informations complémentaires sur les possibilités d'investissement en Afrique sur le site du CCA.

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Tag(s) : #Politique Internationale
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