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Politique nationale : Le Prd tend la main à Yayi Boni [26 octobre 2007]

Adrien Houngbédji-Yayi Boni. C’est le mariage qui se profile à l’horizon. Si cela devient une réalité sur le terrain, les deux hommes vont devoir célébrer leur nuit de noces au lendemain des prochaines élections communales et municipales. Les déclarations de certains responsables du Prd montrent que ce parti tend la main au président Yayi Boni. ...

Quelque chose se trame du côté des choco choco pour revoir leur position par rapport au gouvernement en place. Faut-il continuer à entretenir le flou, ou mieux vaudrait-il s’afficher clairement ? Et, bien de quel côté ? Opposition ou mouvance ? Les interrogations hantent les esprits et ne tardent pas à trouver des réponses promptes. Sans ambages, certains ont ouvertement souhaité que le parti change de fusil d’épaule. Les déclarations du président du groupe parlementaire Prd, Augustin Ahouanvoébla, après la victoire de l’équipe nationale de football sur la sélection siéra léonaise le vendredi 12 octobre 2007, s’inscrivent parfaitement dans cette logique. Alors que le cadre ne s’y prêtait pas, il y est allé sans retenue en affirmant que le Prd souhaite depuis une collaboration avec le chef de l’Etat. C’est un cadre du parti qui s’exprimait ainsi. Celui-là, on le connaît. Il n’a pas sa langue dans la poche. C’est encore celui là qui après l’élection du bureau de l’Assemblée nationale remportée par la mouvance, n’a pas caché son amertume. Augustin Ahouanvoébla s’est particulièrement lancé dans des invectives violentes pour condamner la manière dont les opérations se sont déroulées. C’est dire que ce responsable du Prd a toujours parlé au nom de sa formation politique sans être contredit par son propre camp. Alors quand il parle d’une cohabitation entre les choco choco et les yayistes, il semble exprimer la vision de la majorité. On se pose la question de savoir, si Me Adrien Houngbédji et sa formation politique, le Prd ont décidé de rejoindre le camp présidentiel. Pour qui connaît les revirements spectaculaires du Parti du renouveau démocratique, on ne doit plus épiloguer sur la question. C’est oui. Le Prd de Me Adrien Houngbédji fait les yeux doux au chef de l’Etat. Yayi Boni dans ses discours n’a jamais rejeté un soutien, fut-il arc en ciel ou pas. Il l’a si bien manifesté au lendemain de la sortie de la section Littoral de Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) qui n’a pas fait de cadeau à la famille Soglo. Critiques, diatribes et déclarations va-t-en guerre sont lancées contre l’ancien chef de l’Etat Nicéphore Soglo et toute l’équipe municipale à qui on veut faire porter l’habit d’opposant. Mais aussitôt, les menus fretins, auteurs de ces propos ont été mis en déroute par le chef du gouvernement et leader de Fcbe. Ce qui laisse dans les esprits que Yayi Boni n’a pas besoin de l’opposition. Pourquoi refuserait-il la main tendue de son challenger au 2ème tour de la présidentielle de 2006. Ses partisans auraient beau faire grise mine, mais leur avis importe peu pour que Yayi Boni accepte cette opportunité. Il est vrai qu’une minorité au sein des choco choco ne veut pas entendre parler d’un rapprochement. Cette catégorie tient surtout à rappeler que des militants du parti ont été jetés en prison à la suite d’une bagarre rangée entre le Prd et Fcbe à Porto-Novo. Prétexte avancé par l’ancien premier ministre pour boycotter les festivités du 1er Août 2007. Ces tristes évènements continuent de marquer les esprits. Entre les deux positions, il y a une 3ème force. Les centristes. Ni mouvance, ni opposition. Mais ils sont vraiment minoritaires au point de ne pas faire entendre leurs voix. C’est une réalité que le Prd est miné aujourd’hui par des contradictions internes difficiles à gérer par le chef du parti. Tenu par les cheveux par les commerçants et les opérateurs économiques de même obédience, isolé par les autres formations de la classe politique, Houngbédji a le dos au mur et n’a pas d’autre choix que d’aller à la mouvance. Sous la menace de voir leurs affaires chuter, les commerçants et les opérateurs économiques de sa formation entendent le conduire à la mouvance pour sauvegarder leurs intérêts au sein de la République.

Eviter une autre tempête

Il faut rappeler qu’à l’approche des élections législatives de mars 2007, le Prd a connu une violente tempête. Nombre de ses cadres sont partis pour devenir les chantres de Yayi Boni et du changement. C’est le cas de Aloukou Minakodé, Timothée Zannou, André Koukoui, Tadjou Akadiri et autres Liamidi de Dravo. Revoilà encore le Prd menacé d’amputation de ses membres qui flairent les avantages de la mouvance, à moins de trois mois des élections municipales et communales. C’est pour quoi, on commence par agiter à visage découvert l’idée de se rapprocher de la mouvance. Une mouvance déjà trop surpeuplée de politiciens de toute race, de religieux, de ci et de çà. Il n’y a plus assez de place dans le bateau. Où restera alors le probable nouveau venu. Sur les bords. Le Prd ne refuse rien. Même étant « premier ministre kpayo » sous Kérékou, il a assumé avant de donner sa démission. Adrien Houngbédji. S’il ne suit pas la voix de ses fidèles il risque d’en perdre encore de nombreux, et peut-être les plus nantis. D’ailleurs le parti n’a plus de sérieux arguments financiers à faire valoir. Et, aller à la mouvance pourrait lui permettre de se faire une petite santé financière. En tout cas Augustin Ahouanvoébla a déjà annoncé les couleurs de la mouvance. Il ne reste qu’à les porter et les défendre. Les choco choco ne sont pas les premiers à souhaiter cette collaboration étroite avec le pouvoir. L’un après l’autre, les caciques de la classe politique nationale entre temps en désaccord avec le régime du changement courbant l’échine devant Yayi Boni et changeant de fusil d’épaule ont rejoint les rangs des mouvanciers. La Renaissance du Bénin (Rb) de Nicéphore, Rosine et Léhadi Soglo, le Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep) de Antoine Idji Kolawolé, le Parti social démocrate (Psd) de Bruno Amoussou se montrent davantage conciliants envers le gouvernement avec qui les relations ont connu quelques nuages lors des élections législatives de mars 2006, jusqu’à l’élection du bureau du Parlement. Considérés par certains proches du locataire de la Marina comme des opposants du chef de l’Etat, ils refusent de se faire appeler ainsi.

Fidèle H Nanga

 
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Tag(s) : #Politique Béninoise
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