Le baril du pétrole à Cent dollars
Par François Soudan, lundi 12 novembre 2007
A-t-on réfléchi à ce que va signifier, pour l’Afrique, le cap fatidique et inéluctable du baril à cent dollars ?
Incontestablement, les non-producteurs de pétrole vont souffrir.
Pour le Burkina, le Sénégal, le Maroc, le Mali, le Togo et le Bénin, la Centrafrique, le Rwanda, le Burundi et bien d’autres, surtout les pays enclavés, cela va signifier – cela signifie déjà – prix à la pompe en hausse, coûts de production en hausse, subventions publiques en hausse. Avec un accroissement inévitable des tensions sociales.
Bref, ça risque de secouer.
Mais les autres, les producteurs de pétrole, tous ceux qui depuis des mois déjà engrangent des surcroîts de pétrodollars tout en restant extrêmement discrets sur leurs bénéfices ? Leur population y gagnera-t-elle ?
Algérie, Guinée Equatoriale, Gabon, Congo Brazza, Angola, Nigeria, mais aussi Côte d’Ivoire, Tchad, Mauritanie… Les cagnottes de l’Etat se remplissent mais la liste des bénéficiaires ne s’allonge pas pour autant.
La raison en est simple : la bulle d’oxygène n’irrigue pas les finances publiques, mais elle enrichit la nomenklatura. Une situation qui là aussi risque de générer des troubles.
Apparemment, nul n’a pensé à ces désordres à venir et chacun subit la hausse du baril comme une fatalité ou une bénédiction – c’est selon.
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