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La réforme constitutionnelle de M. Chavez divise les étudiants
LE MONDE | 17.11.07 | 15h19  •  Mis à jour le 17.11.07 | 15h19
CARACAS ENVOYÉE SPÉCIALE

a tension est perceptible à l'Université centrale du Venezuela (UCV), à Caracas, la plus grande université publique du pays. Vendredi 16 novembre, l'opposition y a remporté les élections universitaires. A deux semaines du référendum du 2 décembre sur la réforme constitutionnelle qui renforce les pouvoirs du président Hugo Chavez, le débat fait rage.

 

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Giovanna Mendez est étudiante en droit à l'UCV. "Comment Hugo Chavez ose-t-il dire que les étudiants qui manifestent contre la réforme constitutionnelle sont des fils de bourgeois ? C'est une insulte. Moi, je bosse pour me payer mes études", confie-t-elle. Elle récuse "ce président qui refuse d'écouter ceux qui ne sont pas d'accord avec lui". Un étudiant qui passe se retourne et lui lance, agressif : " La jeunesse du pays est avec la révolution. Arrête ta propagande." Il porte la chemise rouge des "chavistes". Carlos Sierra, président de la Fédération bolivarienne des étudiants (chaviste), juge que "les débordements de violence sont promus par une opposition qui cherche à déstabiliser le pays".

Les étudiants d'opposition revendiquent la non-violence et l'exercice des droits citoyens. "Nous voulons promouvoir le débat d'idées", affirme Yon Goicochea, secrétaire du "Parlement étudiant", qui regroupe des délégués des universités publiques et privées de tout le pays. "Nous sommes mobilisés contre une réforme constitutionnelle qui restreint les droits et libertés des citoyens", explique cet étudiant en droit à l'Université catholique de Caracas. Le texte "limite le pluralisme et l'alternance politique, restreint les libertés économiques et supprime la liberté d'information en cas d'état d'exception", dit-il.

Carlos Sierra ne partage pas son point de vue : "La réforme reconnaît, au sein des universités, le vote paritaire des professeurs, des étudiants, des employés et des ouvriers. Elle est une étape indispensable du processus révolutionnaire". Marlevi Hernandez, étudiante à l'Université bolivarienne récemment créée, acquiesce. Sa mère est femme de ménage. "Sans Chavez, je n'aurais jamais pu étudier", souligne-t-elle.

"La plupart des gens ignorent le contenu de la réforme", soutient Yon Goicochea. Le mouvement étudiant demande donc le report du référendum fixé au 2 décembre. Une requête a été déposée à la Cour suprême. Mercredi, la présidente de la Cour a accueilli les étudiants chavistes. "Oui à la réforme, oui à Chavez", scandaient-ils. "Nous, les partisans du non, on nous reçoit à coup de gaz lacrymogènes", s'indigne un étudiant d'opposition.

"Nous ne sommes pas dans la rue pour renverser le gouvernement, comme le voudraient certains. Les partis politiques doivent se mobiliser, eux aussi, et faire leur boulot", plaide Yon Goicochea. Faut-il s'abstenir ou voter "non" le 2 décembre ? Le débat est vif au "Parlement étudiant", qui devrait fixer une position commune. Geraldine Alvarez, déléguée de l'Université catholique, considère que "le problème n'est pas d'appeler les gens à voter, le problème est de pouvoir leur garantir que leur vote sera respecté".


Marie Delcas
Article paru dans l'édition du 18.11.07
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Tag(s) : #Veille juridique
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