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FÉRÉDATION BÉNINOISE DE TENNIS
Le tennis béninois en proie à une crise de leadership

22 novembre 2007

par La Rédaction

Le torchon brûle entre le Président Me Yves Edgar Monnou et certains de ses collaborateurs. Au lendemain de sa réélection en mars 2001, des voix se sont levées pour désapprouver les stratégies qui ont permis au président de rempiler. Sa nomination au poste d’ambassadeur du Bénin près la France en 2002 a sonné le glas de la fédération béninoise de tennis. Alors que le ministère avait demandé aux Fédérations de se conformer à la nouvelle charte des sports, le président Monnou qui n’est plus sur le territoire béninois a donné mandat à son Vice- président Gustave Gazard pour convoquer une assemblée générale avec pour ordre du jour, l’adoption des nouveaux textes. Ce qui a été fait. Au cours de cette assemblée, certains ont estimé que le président Monnou étant nommé Ambassadeur ne pourra plus occuper sa place et qu’il va falloir procéder à son remplacement. Ce qui n’est pas du goût du camp du bureau exécutif qui a rappelé que l’assemblée convoquée était pour adopter les nouveaux textes, tel que demandé par le ministère des sports. C’est de là qu’est née une nouvelle Fédération béninoise de tennis ayant à sa tête Jean-Claude Talon.

Le ras-le-bol des pratiquants au ministère des sports

« Le ralentissement des activités de la Fédération dû au bicéphalisme à la direction de la Fédération depuis décembre 2004 ». C’est le mobile de la marche de protestation des pratiquants lawn tennis le 7 novembre 2007. Dans leur déclaration, le porte-parole des manifestants a signifié que « depuis décembre 2004, il existe deux comités exécutifs de la Fédération béninoise de tennis, l’un dirigé par Edgar Yves Monnou et l’autre conduit par Jean-Claude Talon ». Pour eux, le mandat du bureau de Me Edgar Yves Monnou est arrivé à terme depuis le 29 mars 2004 et la seule solution qui semble s’imposer actuellement est le départ pur et simple du président Yves-Edgar Monnou qui, plusieurs années durant, a laissé le tennis béninois dans un état lamentable comme le signale d’ailleurs la motion de protestation rendue publique par l’ensemble de la famille du tennis béninois.

MOTION DE PROTESTATION

Considérant la nomination de maître Edgar-Yves Monnou Président de la Fédération Béninoise de Tennis comme ambassadeur du Bénin en France en 2003.

Considérant la nomination de Monsieur Gustave Gazard comme président par intérim de la Fédération Béninoise de tennis qui constitue une violation grave et flagrante des textes.

Considérant que le secrétaire Général Adjoint qui est en même temps le secrétaire particulier de maître Monnou joue le rôle de tous les autres membres du bureau.

Considérant que la confiscation du siège de la Fbt au cabinet de maître Monnou où les acteurs du tennis sont souvent considérés comme des gens qui dérangent, constitue une atteinte à la liberté des pratiquants que nous sommes, de nous rendre librement au siège de notre Fédération.

Considérant que la démission de certains membres du bureau que dirige maître Edgar-Yves Monnou met, à nu les dysfonctionnements et la gestion opaque des ressources par le Président et son Secrétaire.

Considérant que l’existence depuis le 11 décembre 2004 de deux bureaux fédéraux a créé depuis cette date une confusion totale dans le milieu tennistique aussi bien sur le plan national qu’international.

Considérant que l’absence totale d’une politique de développement à la base constitue un manque d’ambition pour l’émergence du tennis au Bénin.

Considérant que l’absence totale de compétition sur le plan national et le refus de faire participer notre pays aux rencontres internationales constitue la bonne manière d’enterrer les activités et de ne conserver que les titres.

Considérant que depuis 2004, il n’y a jamais eu d’Assemblée Générale statutaire.

Considérant que le dernier mandat du bureau de maître Edgar-Yves Monnou est arrivé à terme depuis le 29 mars 2006. Nous, les professionnels de tennis (les entraîneurs, les joueurs, les arbitres et les ramasseurs) et les parents exigeons d’une part une intervention urgente et immédiate du Ministre de la Jeunesse, des Sports et Loisirs pour mettre fin à la situation chaotique créée par maître Edgar-Yves Monnou dans le Tennis et d’autre part la relance immédiate des activités de la Fbt par une nouvelle structure.

Fait à Cotonou, le 07 novembre 2007

La part de vérité de Edgar Yves Monnou sur la crise

Accusé à tort ou à raison d’être responsable de la crise que traverse aujourd’hui le tennis béninois, Me Yves Edgar Monnou a donné sa part de vérité pour expliquer la procédure qui a abouti à la désignation de M. Gustave Gazard pour assumer son intérim à la tête de la Fédération béninoise de tennis. En effet, il a expliqué que cette décision fait suite à sa proposition au bureau exécutif de passer le témoin lors d’une réunion le 29 novembre 2003. Etaient présents à la réunion qui a consacré la désignation de M. Gazard, l’intéressé lui-même, responsable à l’organisation, Cherif Bankolé, trésorier général, Daniel Atinkpahoun, secrétaire général, son adjoint Léopold Somissou, Edgar-Yves Monnou, président de la Fédération et Reine Dogo, la vice-présidente. La deuxième décision prise ce 23 novembre 2003, selon Me Monnou est l’élection de Gustave Gazard pour assurer l’intérim du président après désistement de la vice-présidente Mme Dogo a qui revient en principe ce poste. Mais elle s’est désistée et préférerait que nous désignions entre nous quelqu’un d’autre pour assumer l’intérim », indique Me Monnou. Il déclare être surpris, dès son retour d’entendre les accusations de Mme Dogo qui avait pourtant « la latitude de convoquer à nouveau le bureau exécutif ou lui écrire pour manifester sa désapprobation par rapport à la décision du 23 novembre 2003 et faire d’autres propositions à travers la tenue d’une assemblée générale qui ne sera possible qu’après la démission du président et aussi celle de tous les membres du bureau ». Me Monnou affirme avoir tenu une réunion extraordinaire du bureau après son retour de Paris où Mme Dogo a été invitée.

Mais qu’elle s’est exclue de cette réunion. Cette façon de faire, selon Me Monnou est « ni plus ni moins instaurer le désordre dans le travail que nous avions fait patiemment depuis des décennies au niveau de la fédération béninoise de tennis ». Jouant la carte d’apaisement, Me Monnou a réaffirmé que tous les membres du bureau exécutif, y compris Mme Dogo, ont été élus au même titre en 2002 en présence du directeur national des sports pour un mandat de quatre ans. « Chacun va continuer d’assumer ses responsabilités, le bureau exécutif de la fédération n’est pas dissout, il y a eu une assemblée générale qui a été organisée ; pour convoquer une autre aujourd’hui, il faut réunir la majorité au niveau du bureau exécutif, obtenir un mandat puis convoquer », explique Me Monnou. Mais depuis aucune assemblé n’est tenue et la crise se poursuit à la Fédération béninoise de tennis.

Nécessité de la tenue d’une assemblée générale

Le mandat du bureau conduit par Me Yves Edgar Monnou étant arrivé à terme, il est alors impérieux de convoquer l’assemblée générale élective pour procéder à son renouvellement. Il est vrai que certains clubs ne se sont pas encore conformés aux nouveaux textes. Mais cela ne devrait pas empêcher le bureau exécutif de convoquer l’assemblée générale élective lorsqu’on sait que son mandat a déjà pris fin. Ceci pourrait permettre aux « dissidents » de se conformer à la nouvelle charte qui régit le sport en République du Bénin. Sinon, comment comprendre que le bureau dont le mandat est arrivé à expiration depuis plus d’un an, hésite à convoquer les assemblées d’adoption des textes et élective pour sortir le tennis béninois de cette crise qui, en réalité profite énormément à certains individus qui l’entretiennent.

Entretien avec Jean Marie da Silva

« La crise a eu pour noyau la nomination du Président Me Yves Edgar Monnou au poste d’ambassadeur en France en 2002 »

Entraîneur national de 2è degré, Jean Marie da Silva, qui a en charge l’équipe nationale des -14 et 16 ans se confie à votre journal Fraternité par rapport à la crise qui secoue la Fédération béninoise de tennis.

Fraternité : Dites-nous comment se porte le tennis béninois ?

Jean Marie da Silva : Le tennis béninois, je puis vous dire sans fausse modestie qu’il se porte bien. Les problèmes dont souffre aujourd’hui le tennis béninois résultent de la mauvaise volonté des encadreurs que nous sommes.

Selon vous, qu’est-ce qu’il y a lieu de faire ?

Je pense ma foi qu’on ne peut pas bâtir une nation dans la division. La discorde n’a rien résolu. Il va falloir que les différents acteurs se mettent au dessus de la mêlée pour que la paix revienne dans la maison du tennis béninois. Plus on conjugue les efforts, plus on devient plus fort.

Quelle est l’origine de cette crise ?

Pour ne plus réveiller les vieux démons, la crise a eu pour noyau la nomination du Président Me Yves Edgar Monnou au poste d’ambassadeur en France en 2002, un an après l’élection du nouveau bureau. En principe, cette nomination selon moi ne devrait pas constituer un problème puisque la Fédération se porte bien et est bien gérée. Le Bénin a toujours organisé ses compétitions statutaires, il a toujours participé aux compétitions statutaires et a remporté chaque fois des médailles et des trophées. Une Fédération, c’est une équipe et c’est ce à quoi se sont attelés le Vice président, le Secrétaire général, le Trésorier et pourquoi pas les autres membres. Malgré l’absence du Président Monnou, le bureau exécutif en fin de mandat a pu bien jouer son rôle jusqu’à ce jour.

Quels sont les impacts de cette crise sur la discipline ?

C’est vrai, une crise a toujours un impact négatif. Ce qui explique d’ailleurs les difficultés que nous vivons aujourd’hui. Les sponsors nous ont tourné dos, ils sont devenus réticents alors qu’avant, des bonnes volontés sont prêtes à nous accompagner pour l’organisation des tournois et des championnats. La crise a affaibli les activités de la Fédération. Mais vaille que vaille, le Trésorier général et le Secrétaire général se battent pour que les athlètes prennent part aux diverses compétitions sanction nées par des résultats alléchants.

Pourquoi cette marche sur le ministère ?

Je préfère ne pas y répondre pour des convenances personnelles.

Les apprenants sont-ils encore intéressés par le tennis ?

C’est vrai que la fédération est l’organe dirigeant de la discipline. C’est à elle de mettre en place des programmes. Malheureusement peut-être, ils ont leurs secrets. Mais la balle jaune roule toujours pour tout le monde, même pour les apprenants. C’est pour dire que malgré tout, on sent une ruée des jeunes vers le tennis. Cela pourrait être beaucoup plus que ça si les acteurs (encadreurs) que nous sommes, nous nous mettions ensemble pour travailler afin de mettre sur pied des programmes de développement.

A quand la fin de la crise ?

Toute chose qui a un début a une fin.Tout dépend de nous acteurs qui sont en amont et en aval de cette crise. Toutefois, l’autre véritable problème est celui de la mise en conformité des textes par les clubs. Avant les prochaines élections, il a été demandé aux clubs de se conformer aux nouveaux textes. Mais, force est de constater à regret que certains refusent de le faire tout en réclamant les prix.

Votre mot de fin ?

J’invite les uns et les autres et surtout les techniciens à taire les querelles parce que je sais que quand la passion gagne les cœurs, la maîtrise de soi n’est plus de mise. Qu’on se resserre véritablement les coudes pour pouvoir constituer un noyau afin de sortir le tennis béninois de sa léthargie. Le terrain est vierge.

Une crise alimentée par les encadreurs

« Le véritable problème de la crise au sein du tennis est celui des entraîneurs » a déclaré Jean Marie da Silva, entraîneur de 2è degré. La crise que traverse le tennis béninois aujourd’hui résulte de la mauvaise volonté des encadreurs qui, en principe doivent rester impartiaux. Mais ces derniers sont objet de manipulation, et c’est ce qui explique la marche qu’ils ont organisée sur le ministère de la jeunesse, des sports et loisirs il y a deux semaines. Alors que la crise a duré des années et aurait causé des préjudices aux athlètes, c’est maintenant que les encadreurs se sont réveillés pour appeler le ministre Ganiou Soglo à jouer le rôle de sapeur pompier. Si malgré la crise, les jeunes se battent comme de beaux diables pour participer aux différentes compétitions et garder la dragée haute aux autres nations de la sous région et de toute l’Afrique, il va alors falloir que les entraîneurs se ressaisissent. La crise ne résout rien. Et c’est triste qu’on associe les considérations personnelles et politiques aux disciplines sportives. Le mal est que ce ne sont pas les responsables qui en font les frais, mais les apprenants. Le tennis béninois, voilà une discipline qui a réalisé des exploits que le football, le sport- roi est très loin de réaliser. Lorsqu’on s’en tient aux résultats des compétitions de 2007, le tennis a permis au Bénin de gagner huit (08) médailles en or, huit (08) en bronze et en argent lors du Circuit minimes à Dakar. De même, au tournoi de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui a eu lieu en Côte d’Ivoire, le Bénin a enlevé huit (08) trophées et a fini 1er sur les 16 pays que compte la communauté. Pareil pour le tournoi amical de Lomé. Le Bénin s’apprête à abriter du 5 au 8 décembre 2007, le tournoi international Prize Money de la Cedeao et va participer du 6 au 14 janvier 2008 au championnat d’Afrique junior qui se tiendra à Abudja au Nigeria. Comment préparer les athlètes afin d’améliorer les résultats, c’est ce qui devrait préoccuper les différents encadreurs. Mais ils passent tout leur temps à entretenir les polémiques tout en sacrifiant des générations innocentes. Ils n’ont pas besoin d’organiser une marche pour se faire entendre. Ils se sont déjà constitués en association, quoi de plus normal pour se faire entendre. Le sport béninois n’a plus besoin de crise pour prendre son envol.

Ganiou Soglo pour mettre fin à la crise

« Nous, les professionnels de tennis (les entraîneurs, les joueurs, les arbitres et les ramasseurs) et les parents exigeons d’une part une intervention urgente et immédiate du Ministre de la Jeunesse, des Sports et Loisirs pour mettre fin à la situation chaotique créée par maître Edgar-Yves Monnou dans le Tennis et d’autre part la relance immédiate des activités de la Fédération béninoise de tennis par une nouvelle structure ». C’est l’appel lancé par les professionnels de tennis à l’endroit du patron des sports, le ministre Ganiou Soglo. Un appel qui doit normalement trouver une suite favorable lorsqu’on se rend compte que la crise qui dure cinq ans. Ce qui n’a pas été sans conséquence pour le tennis béninois. Dans ce cas, le ministre Ganiou Soglo est interpellé pour mettre fin à une crise de leadership qui n’a fait que trop durer. Ceci, par la tenue d’une assemblée générale élective. Surtout que Edgar Monnou est actuellement déchargé de ses fonctions d’ambassadeur du Bénin près la France.

La Rédaction

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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