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Controverse autour de l’acquisition de jets présidentiels en Afrique : Luxe ou nécessité ?
(Afriqu'Echos Magazine 07/01/2008)


Le président ougandais Yoweri Museveni et son homologue camerounais Paul Biya voudraient s’ offrir de nouveaux jets présidentiels d’après des informations contenues dans le carnet de commandes de la compagnie américaine Gulfstream, spécialisée dans la construction et la vente de jets privés. Cette information suscite une controverse qui oppose des arguments de sécurité , de réduction des coûts d’entretien et de la pollution aux accusations d’un luxe ostentatoire qui contraste avec la situation sociale et économique de leurs pays.

Selon les informations recueillies auprès d’un chargé des relations publiques de Gulfstream, le processus d’acquisition d’un jet privé par le président ougandais serait déjà très avancé pour ne pas dire quasiment bouclé. Ce que semble confirmer un rapport présenté à la commission des affaires présidentielles qui chiffre cet achat à près de 48 millions de dollars, soit environ 24 milliards de francs Cfa. Un coût qui représenterait quatre fois celui du jet G4 (sur la photo) que Museveni utilise actuellement qui aurait coûté 8 milliards de Francs Cfa auprès de la même compagnie.

L’achat d’un nouvel appareil se justifierait, selon le commandant de l’avion présidentiel, par le coût trop important de l’entretien de celui qu’il pilote actuellement acheté il y a sept ans et par sa consommation trop importante du kérosène. Les opinions critiques sur cette acquisition soulignent que cela est un luxe pour un pays ravagé récemment par des inondations et où sévit le choléra et le virus d’Ebola sans oublier le paludisme. Les opposants à cet achat font d’ailleurs remarquer que, lors du dernier sommet du Commonwealth, le premier ministre britannique Gordon Brown avait pris un vol commercial de la British Airways. Au delà de ce sujet, les détracteurs du président ougandais déplorent également la rénovation récente de son palais qui aurait coûté 27 milliards de Francs Cfa.

Au Cameroun, l’on parle d’une acquisition programmée d’un jet G5 par Paul Biya sans que le coût n’en soit précisé mais en regardant le catalogue du constructeur, ce coût avoisinerait 45 milliards de Francs Cfa. Un coût supérieur à celui de l’actuel Pélican présidentiel dont on estime le prix à 42,2 milliards de francs Cfa . L’entourage du président n’hésite pas à avancer des arguments écologiques incertains comme l’utilisation prévue d`un carburant bio et parallèlement des études seraient déjà menées dans le cadre de la mise en place d`une politique d`utilisation des carburants bio grâce à un financement américain.

Ces informations non-encore officielles remettent sur le tapis le débat sur le fossé, quelquefois abyssal, entre le train de vie des gouvernants africains et la situation sociale et économique de leurs pays. Entre une sécurité et un confort nécessaires à la fonction présidentielle et la légitime attente des populations des transports terrestres, ferrés, fluviaux et aériens réguliers et fiables, on a souvent le sentiment que les chefs d’Etat africains ont tendance à se préoccuper davantage de leurs propres cas.|Charles Atangana (AEM), UK



jeudi 3 janvier 2008 Charles Atangana(AEM) London -UK

 

 

© Copyright Afriqu'Echos Magazine

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Tag(s) : #Politique Africaine
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