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DESCENTE DES MINISTRES À COTONOU
Soglo attaque, Hountondji réplique

11 janvier 2008 - FRATERNITE

par Angelo DOSSOUMOU

 
Le ministre Alexandre Hountondji - 12.4 ko
Le ministre Alexandre Hountondji
Les récentes descentes des ministres du gouvernement dans les différents quartiers et arrondissements de Cotonou n’ont pas plu au maire de la ville, Nicéphore Soglo. Il l’a fait savoir le mercredi dernier lors de sa sortie dans le 5ème arrondissement. Le locataire de l’hôtel de ville n’a pas mâché ses mots pour exprimer que cette descente des ministres dans les quartiers de Cotonou est non seulement une atteinte à la démocratie et au processus de décentralisation mais surtout que cette démarche n’a rien d’autre comme objectif que d’empiéter sur ses prérogatives.

On en était là quand dans la soirée d’hier, le porte-parole du gouvernement, Alexandre Hountondji donne sa réplique au maire Soglo. Réponse du berger à la bergère. Le ministre Alexandre Hountondji dans sa déclaration regrette l’attitude du maire Soglo qui à l’en croire, tourne en dérision les efforts du chef de l’Etat pour sortir les populations de la pauvreté. Lire en intégralité, les déclarations du maire Nicéphore Soglo et du ministre Alexandre Hountondji.

Depuis quelques jours un bataillon de ministres sillonne les quartiers de Cotonou au mépris des lois de la décentralisation. Ils arrivent dans les quartiers sans prévenir les élus locaux et déversent des chapelets de promesses électorales à nos concitoyens : Ici on promet la reconstruction d’une école, là l’électrification à la vitesse V du quartier, ou encore la réfection des rues dont on n’a jamais programmé les financements. A croire que le père Noël leur a récemment rendu visite et leur a laissé une mine d’or.

Dans le cadre de la séparation des pouvoirs, le code des communes définit clairement les attributions du Maire.

L’Etat a pour rôle de doter les communes afin qu’elles puissent faire face aux diverses charges qu’il lui a transférées dans le cadre de la décentralisation.

Alors, à quoi jouent en ce moment le gouvernement et ses ministres ?

L’Etat dispose-t-il des moyens financiers pour honorer les promesses que font ses ministres à la veille des élections municipales et communales ?

Si oui, pourquoi les a-t-il gardés et ne les a pas transférés aux communes comme le prévoit la loi afin qu’elles puissent assurer leur mission ?

Il faut arrêter de prendre nos populations pour ce qu’elles ne sont pas. Elles sont analphabètes mais pas bêtes. Les ministres qui parcourent nos villes savent pertinemment qu’ils sont entrain de distraire le peuple.

Notre constitution ne prévoit pas la gestion des communes par les ministres, ni même par le préfet.

En agissant ainsi, le gouvernement se trompe d’époque. Le maire d’aujourd’hui n’est plus le chef de circonscription d’hier.

Si le gouvernement qui a dépêché ses ministres sur le terrain souhaite réellement répondre aux attentes des populations de Cotonou, il faudrait urgemment qu’il se rapproche de la mairie et du conseil municipal.

C’est dans la concertation et non dans l’opposition que nous trouverons les solutions adéquates aux souffrances de nos populations.


En ma qualité de porte parole du Gouvernement, j’ai vu et entendu le Président Dieu Donné Nicéphore SOGLO s’exprimer sur vos écrans en sa qualité de Maire de la ville de Cotonou.

Ville de tous les Béninois, Cotonou est la vitrine de notre pays et mérite l’attention particulière du Gouvernement à l’instar d’autres municipalités du Bénin, comme Porto Novo et Abomey en vue de leur donner l’image de ville moderne et attractive.

J’ai entendu le Maire de Cotonou qualifier d’activités électorales la prise de contact des Ministres avec les populations et les mesures prises par le Gouvernement pour lutter contre l’inflation.

Il importe de camper le décor. Le 1er janvier 2008 alors que le Chef de l’Etat visitait les localités d’Aglangandan, il a été surpris par l’extrême précarité dans laquelle vivent ces populations qui n’ont ni route, ni adduction d’eau, ni installation électrique appropriée et dont les déchets solides ne sont pas gérés. Il a alors dépêché certains de ses ministres sur le terrain pour s’enquérir des problèmes et y trouver des approches de solutions aux plus urgents, chose qu’il a décidé d’étendre aux treize(13) arrondissements de Cotonou.

On peut être surpris que le patriarche de la Mairie de Cotonou s’offusque de l’action dynamique du Gouvernement en faveur des populations.

N’est-il pas temps de quitter les chantiers virtuels de développement pour des actions concrètes de réhabilitations comme l’Avenue Monseigneur Steinmetz, la voie AKONSSOMBO place des martyrs et les trois échangeurs en cours de construction.

Est-ce que le processus de décentralisation en cours dans notre pays impose au gouvernement de ne plus s’occuper des problèmes des populations qui sont pourtant celles qui ont élu le Président de la République, qui leur a fait la promesse d’inscrire l’action gouvernementale dans une logique pragmatique axée sur l’obligation de résultat et l’obligation de compte rendu ?

Pour le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, le Docteur Boni YAYI, l’atteinte des objectifs telle que définie par ses orientations stratégiques de développement passe par le contact régulier avec les populations en vue de rapprocher le peuple du gouvernant.

La descente périodique des ministres sur le terrain participe donc d’une stratégie de communication de proximité initiée par le Chef de l’Etat pour lui permettre de toucher du doigt les problèmes du pays à la base et d’envisager les solutions idoines. Nous devons donc éviter d’être frileux chaque fois que les actions du gouvernement reçoivent l’approbation massive des populations.

Les échangeurs en chantier à Cotonou, les grands chantiers relatifs aux villas de type présidentiel en vue du sommet de la CEN-SAD, la route aéroport carrefour Novotel, ont conduit l’Etat qui a un rôle transversal de création des conditions de réalisations des objectifs de développement à investir en moins de deux ans près de 150 milliards de francs Cfa dans la ville de Cotonou sans le concours du père Noël.

Ce fait doit être considéré comme un appui à la municipalité de Cotonou qui peine à rendre visible ses projets virtuels de développement et d’assainissement malgré un budget annuel de plus de 10 milliards de francs Cfa géré de manière clanique.

La vieille méthode de gestion des années 60 doit céder la place à une gouvernance moderne axée sur des objectifs précis et non l’annonce mille fois rabâchée de gros milliards impossibles à mobiliser à l’échelle d’une commune.

Les jeunes générations attendent du patriarche au crépuscule de son mandat des conseils sages et des bénédictions et non qu’il tourne en dérision, les efforts immenses qu’accomplissent Ie chef de l’Etat et son Gouvernement. Comme si le délit du mérite existait ! En tout état de cause, dans la mise en œuvre de son programme d’action, je voudrais réitérer ici que le Gouvernement n’admettra aucune entrave d’où qu’elle vienne surtout pas du maire de Cotonou à qui le Docteur Boni YAYI voue une considération filiale.

Nous utiliserons les outils les plus performants de la bonne gouvernance, au 1er rang desquels se trouve le dialogue direct avec les populations qui seront impliquées dans les processus de prise de décision sur leurs problèmes quotidiens.

Je vous remercie.

Angelo DOSSOUMOU

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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