| La corruption a pris de l'ampleur au Bénin au point d'inciter le gouvernement à la classer « menace prioritaire à traiter», a déclaré mercredi à Addis Abeba le président béninois Yayi Boni au cours de la présentation, dans la capitale éthiopienne du rapport du Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP) consacré à ce pays. Une Charte d'incorruptibilité, opérationnelle depuis deux ans, soumet les ministres à la procédure de déclaration de biens avant et après leur prise de fonction, un moyen, selon le président Boni, de combattre la corruption qui hypothèque le décollage économique du Bénin. En outre, une journée nationale contre la corruption a été instituée pour sensibiliser l'opinion sur les conséquences de ce fléau dont les effets pervers et les culpabilités reconnues sont combattues avec fermeté, a indiqué le président Yayi Boni qui s'est félicité du diagnostic «pertinent » établi par le MAEP dans son rapport. Lancée en 2005 sous l'ancien régime de Mathieu Kérékou, l'opération d'évaluation a été reconduite par le président Boni Yayi, arrivé au pouvoir suite à une alternance politique. Selon la présidente de l'équipe-pays du MAEP, Mme Marie Angélique Savané, l'enthousiasme de l'actuel chef de l'Etat a été un élément catalyseur de la réussite de la mission d'évaluation du Bénin. Pays pauvre à faibles revenus, le Bénin est le sixième pays à accepter de se soumettre à l'évaluation des pairs dans le but d'améliorer sa gouvernance politique et économique, avec l'implication de toutes les forces vives de la nation. Le rapport du MAEP passe en revue les forces et les faiblesses du pays, remontant le cours de son histoire pour comprendre les ressorts de sa situation actuelle à la lumière des exigences de la modernité et des nouveaux paramètres économiques. Le rapport recommande au Bénin une dépolitisation de son administration et la promotion des valeurs d'équité, de justice et de neutralité pour redorer son blason vis-à-vis des citoyens. Les femmes, reléguées au second plan alors qu'elles dynamisent l'économie nationale, sont réhabilitées dans le rapport qui invite le gouvernement béninois à reconsidérer leur rôle et leur place dans une société en quête de prospérité. «Pour bâtir un Bénin émergent, il faut nécessairement impliquer les jeunes qui constituent plus de 46% de la population », a déclaré Mme Savane qui restituait le rapport à la plénière du 8ème sommet des Chefs d'Etat du MAEP, un mécanisme d'engagement en faveur des normes de bonne gouvernance en Afrique mis en place en 2002 à l'instigation des fondateurs des pays à l'origine du NEPAD: Egypte, Algérie, Afrique du Sud, Sénégal et Nigeria. Vingt sept pays membres de l'Union africaine ont adhéré volontairement au Mécanisme. |