Les avocats des membres de l'association ont salué le "signe très encourageant" donné par le président tchadien. "Je souhaite qu'il le fasse dans les meilleurs délais", a affirmé Me Mario Stasi. Avant le déclenchement de l'offensive rebelle sur la capitale tchadienne, chacun des avocats avait adressé pour son client une demande de grâce. "Elle a été transmise à notre correspondant sur place, Me Jean-Bernard Padaré, qui devait regrouper les demandes avant de les adresser au garde des sceaux tchadien qui devait ensuite les remettre au président Déby", a détaillé un autre représentant des membres de l'association.
LES FAMILLES PRUDENTES
Interrogées par la radio RTL, les familles ont affiché leur satisfaction, tout en restant prudentes. "J'ai envie de dire que si M. Déby a eu l'envie de les gracier, je l'en remercie infiniment. Je suis absolument heureuse. Cela me surprend quand même, j'ai eu peur qu'il ne pense plus à eux", a déclaré Hélène Breteau, la mère du président de l'Arche de Zoé.
Antonia, l'épouse du médecin Philippe van Winkelberg, a quant à elle lancé un appel au président tchadien. "Au président Déby je fais cette demande de grâce pour Philippe, qui n'a jamais voulu offenser ni l'Etat tchadien, ni la justice tchadienne et encore moins nuire aux enfants qu'il a soignés." "Nous sommes vraiment désolés si son action humanitaire a été mal interprétée, en tout cas la demande de grâce c'est le dernier recours", a-t-elle conclu.
Arrêtés le 25 octobre à l'est du Tchad alors qu'ils s'apprêtaient à emmener en France 103 enfants, les six membres de l'Arche de Zoé ont été condamnés en décembre à huit ans de travaux forcés, par la cour criminelle de N'Djamena, pour tentative d'enlèvements. Ils ont été transférés en France le 28 décembre où leur peine a été convertie en huit ans de prison, conformément à un accord bilatéral. Ils sont actuellement incarcérés à la prison de Fresnes, dans le Val-de-Marne.
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