CHRONIQUE DU JOUR
Le pacte Soglo-Yayi en souffrance ?
7 février 2008
Des incertitudes et autres secrets des prochaines consultations électorales dégagent une grande inconnue dans une équation soulevée par la bataille annoncée pour le contrôle de la mairie de Cotonou. En fin de mandat, le maire Nicéphore Soglo ne manque pas d’appétit et affiche son intention de rempiler. Mais les forces du changement réunies au sein de la famille cauri ne tarissent pas d’ambition. Le décor semble idéal pour accueillir une belle affiche électorale avec une opposition Renaissance du Bénin (Rb)-Force cauri pour un Bénin émergent (Fcbe). Les municipales vont-elles sonner l’heure du divorce entre l’ancien président Nicéphore Soglo et l’actuel chef de l’Etat Boni Yayi ?
L’environnement politico-électoral dans la capitale économique libère un parfum de rivalités entre le parti du maire Soglo et Fcbe, principal soutien politique de Boni Yayi. Les trompettes gouvernementales et les clairons oppositionnels de la municipalité arrosent Cotonou depuis quelques jours. Les descentes répétées des membres du gouvernement sur le terrain ont mis Nicéphore Soglo dans une peur bleue de la finitude politique. Déboulonné par le caméléon, Hercule redoute que la parade des ministres du changement soit source de nouveaux désagréments dans les urnes. Pour ne pas se laisser incinérer dans les flammes apparentes des satellites du pouvoir, le maire active son arsenal de défense pour un coup de chalumeau visant à consumer les cauris : Hercule quitte l’éther prospectif dans lequel il se meut pour vaincre la fatalité électorale. Les chassés-croisés des autorités municipales et des délégations gouvernementales sèment un tohu-bohu déprimant dans les arrondissements. L’hypertrophie des ambitions entretient les rivalités. Des échanges acrimonieux s’invitent dans les déclarations. Réaction épidermique du ministre Alexandre Hountondji et coup de gueule à fleur de peau du président Soglo. Mais comme le dit Mao ``la politique est une guerre sans effusion de sang’’. Les camps Soglo et Yayi s’échauffent. C’est une question de démonstration de force. On s’embarque dans les flux de la propagande.
Il n’est cependant pas exclu que la bataille de Cotonou n’ait pas lieu sous la forme annoncée et avec l’intensité ruminée et brandie. Visiblement le chef de l’Etat refuse de plonger dans la polémique et rejette la caution de tout acte visant à assommer et esquinter politiquement son ancien maître. Soglo père évite méticuleusement toute attaque frontale contre son ancien protégé. La vieille amitié entre Soglo père et Boni Yayi pourrait donc résister à la guéguerre politique et générer un compromis pour Cotonou. Si la possibilité d’une liste unique s’évapore, une alliance à l’hôtel de ville serait vertueuse et placerait les copains banquiers dans la logique d’une nouvelle communion en 2011.
Nul doute que Cotonou reste le centre névralgique et le poumon économique de la République. Les clés de la municipalité, encore détenues par l’ancien président, sont perçues comme un trésor et il revient à la Rb de bien négocier le destin de son leader charismatique. Les rapports à fleurets mouchetés qui altèrent l’alliance Soglo-Yayi n’ont cependant pas abîmé le pont liant les deux hommes. La contagion électorale n’a elle aussi pas érodé les velléités de rapprochement dans le futur conseil municipal. Au-delà des effets d’une apparence miroitant une rude bataille sur fond de sortie musclée et de dénonciation, les tissus de l’alliance semblent solides.
Soglo père et Yayi ne rechigneraient pas à réchauffer leur amitié à l’allure de filiation. Ainsi Hercule sauvera sa peau et saint Thomas sera revigoré dans les lambris de la Marina. En entendant que l’histoire s’octroie les impondérables de la politique, le chemin de la mairie reste jalonné d’épines et les urnes réservent de grosses sensations. A chacun de jouer sa partition pour la survie du pacte.
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