Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

15 février 2008 - Résolution des grands problèmes de la Nation : Boni Yayi n’est pas content de ses ministres

Le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi n’est pas content de ses ministres. Jusque-là, ils ne lui donnent pas encore satisfaction dans la gestion de certains dossiers très sensibles. Les mouvements de grève qui paralysent certains secteurs clés du pays lui ont d’ailleurs donné la preuve qu’il n’y a que lui, Boni Yayi pour dégeler des situations embarrassantes pour le pouvoir. Entre le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi et la plupart des membres de son gouvernement, ce n’est plus le parfait amour. Les coulisses de la rencontre que le Chef de l’Etat a eue il y a quelques jours avec le collectif des médecins praticiens hospitaliers qui ont déclenché un mouvement de grève sans service minimum ont révélé que les membres du gouvernement ne donnent plus satisfaction au président de la République. Le temps qu’il s’est donné pour ne plus intervenir directement dans les dossiers concernant tel ou tel autre département ministériel lui a suffi pour se rendre compte de ce que l’image de certains de ses ministres ne passe pas dans l’opinion. Le peuple affligé veut rencontrer directement le Chef et lui poser ses problèmes. Il ne veut plus écouter des ministres qui passent tout leur temps à dire qu’ils vont rendre compte à la Haute autorité. C’est le constat que les ministres ont eux-mêmes fait lors du périple gouvernemental qui les a conduit dans toutes les communes du Bénin dans le cadre de la croisade contre la vie chère. Ce périple n’a d’ailleurs rien donné si non qu’il a révélé que les beaux discours qui se tiennent sur le concept du changement est sans impact sur le quotidien des Béninois du Bénin profond. Cette situation est devenue très embarrassante pour le Chef de l’Etat qui a d’ailleurs décidé de prendre en charge les choses lui-même. Son intervention a été d’ailleurs capitale dans le dénouement de la crise qui secoue les hôpitaux publics du Bénin. Il a suffi d’une rencontre suivie de déclaration d’intention pour que les médecins praticiens hospitaliers suspendent leur mouvement de grève pour lequel le ministre Késsilé Challa a tenté en vain de ramener la balle à terre. Entre les promesses du Chef de l’Etat et celles de leur ministre de tutelle, les praticiens hospitaliers ont préféré celles du Chef de l’Etat. L’image présentée par le ministre Emmanuel Tiando la fois dernière devant les syndicalistes lors des négociations gouvernement/syndicats était burlesque. Ce ministre dont on connaît pourtant les talents n’a pas pu convaincre les syndicalistes à poursuivre les négociations. Ceux-ci lui ont claqué la porte. Et depuis, c’est le statu quo. Les syndicalistes ne veulent plus négocier avec une délégation gouvernementale qui va les abreuver de promesses sans lendemain. Ils veulent rencontrer le Chef du gouvernement dont les propos ont valeur d’engagement. Cette situation profite fort heureusement au Chef de l’Etat qui passe dans l’opinion comme quelqu’un qui détient la réponse à tout.

Les raisons de la perte de confiance

L’image que projette aujourd’hui la fonction ministérielle dans l’opinion est négative. En dehors du Chef de l’Etat qui porte une lourde responsabilité dans la démythification de la fonction ministérielle, il y a que la plupart des ministres du gouvernement ne se prennent pas eux-mêmes au sérieux. Dans leur grande majorité, ils ont peur d’être limogé. Et pour cette raison, ils évitent d’aller au charbon. D’où la formule classique, « nous allons rendre compte à la Haute autorité ». C’est malheureusement l’effet pervers de cette formule qui amène les populations à ne plus faire confiance aux ministres du gouvernement qui n’ont pratiquement aucun pouvoir de décision. Résultat, le Chef de l’Etat ne peut que mener le pays à sa guise. Dans tous les cas, il a beau jeu. Et si une telle situation n’est pas pour l’avancée du pays, il en tire lui les dividendes. Revoir la méthode

Faut-il jeter le tort aux ministres seuls ? Sans doute non, puisqu’ils ne sont pas tous des crétins. En réalité, ils sont victimes, les pauvres, d’un mode de gestion qui fait d’eux des ministres sans pouvoir. Alors que faut-il en attendre ? Rien. Sinon qu’à jeter le tablier avant qu’un matin le vent du limogeage ne les emporte parce qu’ils auront osé, pour la première fois peut-être, s’affirmer en prenant des décisions qui contrarient la Haute Autorité. La méthode de gestion du pouvoir sous Boni Yayi est, en dépit de la volonté déclarée de la rendre concertée, dirigiste. C’est plutôt elle qui est en cause. Et c’est elle qui est à revoir.

E.B

Publicité
Tag(s) : #Politique Béninoise
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :